
(photo: Wired Magazine)
Imaginez vous en pleine guerre froide à la veille d’un évènement historique d’une importance monumentale. Un Américain va poser le pied sur la Lune et c’est vous qui avez conçu la caméra pour filmer ce moment pour la postérité. C’est le stress qu’a vécu Stan Lebar (à droite sur la photo) lors de l’alunissage d’Apollo 11 en 1969. Il avait alors 20 ans.
Quand il a vu les images, il s’est bien rendu compte que la qualité n’était pas aussi bonne qu’il ne l’avait prévu. La raison est que le signal avait subi deux dégradations avant d’être diffusé dans le monde. Tout d’abord, la caméra utilisée sur la Lune utilisait un standard différent de celui de la télévision commerciale pour tenir compte de la bande passante limitée entre la Lune et la Terre. Ce signal devait donc être convertit pour être diffusé sur les télés, provoquant une première dégradation. Ensuite, le signal devait être transmis de l’Australie, où il a été reçu, jusqu’à Houston, entrainant une autre dégradation. Bref, ce que les téléspectateurs ont vu, c’est une photocopie d’une photocopie des images originales.
Les images originales ont été enregistrés sur des rubans magnétiques et archivés quelque part à la NASA… mais où? À la fin de la course à l’espace, des mises-à-pieds et des coupures de programmes ont laissé des trous importants dans les archives de l’organisation. Le personnel à la retraite de la station d’Honeysuckle Creek en Australie, là où le signal original a été reçu, sont à la recherche des rubans originaux. Certains vétérans et employés de la NASA, dont Lebar, les aident dans cette mission bureaucratique.
Bien que la recherche n’a pas donné de résultats jusqu’à présent, ils ont au moins pu mettre la main sur une machine capable de lire les rubans. Mais le temps ne joue pas en leur faveur. La mémoire de gens qui peuvent les aider ne va pas en s’améliorant, ni la qualité des rubans. Plusieurs artisans de cette glorieuse époque de l’aérospatiale sont même décédés.
On ne peut que leur souhaité bonne chance. J’aurais bien aimé assisté à cet événement en direct. Ces vidéos de meilleure qualité feraient certainement partie de ma collection de DVD. En attendant, on peut lire leur histoire sur Wired, Space.com, le site de la station Honeysuckle creek, ou voir un quickTime VR d’Apollo 11.