La riche histoire du pont de Québec
Pour l’avoir traversé des centaines de fois lorsque j’habitais à St-Nicolas, je n’allais pas manquer la conférence grand publique de la FSG offerte hier à propos de l’histoire du pont de Québec. La présentation était donnée par le professeur en génie civil André Picard et s’intitulait “Le pont de Québec, 100 ans d’histoire et d’ingénierie”. M. Picard nous présentait son interprétation d’ingénieur civil des informations qu’il a recueillies entre autre à la Société historique de St-Romuald ainsi que dans le livre “Le Pont de Québec” écrit par l’Hébreux.
D’abord il nous apprend que le pont a été construit à une époque où Lévis avait une économie florissante alors que Québec trainait de la patte. Stratégiquement pour Québec, ça prenait un lien ferroviaire entre les deux. Alors que l’idée faisait son bout de chemin, une conférence de l’American Society of Civil Engineer a eu lieu à Québec. Dans la délégation se trouvait un célèbre ingénieur civil du nom de Theodore Cooper. M. Cooper a été amené à l’endroit pressenti pour le pont de Québec et il y a vu l’oeuvre de sa vie. Il voulait faire ce pont, ce serait la consécration de sa carrière.
Et c’est ce qui allait causer la mort de 76 personnes (dont 33 amérindiens) lors du premier effondrement des 1200 tonnes d’acier déjà assemblées sur la rive sud le 29 août 1907 (première photo ci-bas). En effet, le rapport ordonné suite à la tragédie conclura que Cooper a été négligeant, n’a pas été assez rigoureux dans la vérification des plans et est demeuré sourd face aux signes avant-coureurs des désastres. Une des raisons qui peut expliquer son obstination est qu’il voulait dépasser le record du plus long pont cantilever au monde, celui de de la rivière Forth, qui venait d’être complété et que Cooper qualifiait d’ailleurs de gâchis monumental.
Après le premier échec, l’étude de ses causes et le nettoyage des débris, un deuxième essai est tenté. Cette fois c’est la St-Lawrence Brige Company qui est responsable du chantier. Seul l’emplacement est conservé. Aucun plan ou pièce n’est récupéré du projet précédent. Le chantier va bon train jusqu’à l’installation de la travée centrale le 11 septembre 1916. Celle-ci décroche de la crémaillère supposée la monter et coule en une minute au fond du fleuve, entrainant dans la mort 13 personnes. La travée se trouve toujours au fond aujourd’hui.

(Photo: Archives Nationales du Canada)
Heureusement, les deux losanges sont intacts malgré l’accident et la compagnie complète le chantier un an plus tard, le 20 septembre 1917. C’est depuis ce temps que les deux rives sont reliées à Québec. Depuis il y a eu plusieurs modifications au pont, dont l’ajout d’une voie carrossable. Rappelons-nous aussi la performance des étudiants de génie civil dans la course à l’exploit de 1989 qui ont prouvé qu’il pouvait y avoir trois voies pour les voitures sur le pont, ce qui m’a évité du trafic à plusieurs reprises, j’en suis certain.
Tags: pont de Québec, Ville de Québec
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11 février 2007 à 17:25
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