Archive pour March 2007

Comment géo-positionner des photos?

Thursday 29 March 2007

Plusieurs sites comme Flickr et Panoramio permettent de partager vos photos en ligne et de les positionner sur une carte. Vous pouvez le faire manuellement. Il existe plusieurs méthodes pour le faire automatiquement, tel que discuté ici. Dans cet article, je vous présente la méthode que j’utilise en me servant d’un GPS et d’une caméra.

En fait, il existe des caméras comme celles offertes par Ricoh qui intègrent directement un GPS. Ce n’est pas nécessaire d’avoir un tel appareil pour géo-positionner vos photos. L’utilisation de n’importe quel GPS avec n’importe quel appareil photo numérique peut faire l’affaire.

Pour la méthode que j’utilise, j’ai besoin de trois items:

  • Un GPS. Dans mon cas, j’utilise le Garmin 60CSx. Des versions plus simples peuvent être utilisées. Sony ont leur CS1, qui est un GPS dans sa plus simple expression, sans écran. Il présente l’avantage d’être peu coûteux (130$ CDN) et petit. Cependant, sa précision est moins grande que mon Garmin. De plus, l’écran peut être pratique si vous utilisez votre GPS à autre chose que géo-positionner des photos, comme vous retrouvez dans le bois par exemple.
  • Un appareil photo numérique. N’importe quel. Aucune connexion n’est nécessaire entre les deux appareils.
  • Le logiciel JetPhoto. Ce logiciel peut être testé gratuitement pour 150 géo-positionnements. Si vous aimez ça, vous pourrez ensuite le débarrer pour 25$US.

Par la suite, voici ce que vous avez à faire:

  1. Une fois: ajustez l’heure de votre appareil photo pour qu’elle soit le plus près possible (jusqu’aux secondes si vous pouvez) de l’heure de votre GPS.
  2. Partez en expédition! Ouvrez votre GPS et mettez-le dans vos poches, ne vous en souciez plus. Prenez des photos.
  3. Au retour, transférez vos photos dans votre ordinateur. Ensuite, branchez votre GPS à l’ordinateur.. Ouvrez le GPS.
  4. Ouvrez JetPhoto. Ouvrez votre dossier de photo (File->Open Folder as Album). Ensuite, importez votre route de GPS pour trouver les positions d’où on été prises les photos (GPS->Locate Photos with GPS). Spécifiez que votre GPS est branché.
  5. Le tour est joué! Vous pouvez maintenant voir les photos sur Google Earth ou les exporter sur Flickr.

Comment le logiciel fait pour faire correspondre les positions du GPS aux photos sans que les appareils ne communiquent? L’indice se trouve dans l’étape 1. Le moment où a été prise une photo est enregistré dans le fichier de la photo. À chaque moment durant votre expédition, le GPS enregistrait votre position. Le logiciel associe donc la position du GPS au moment où la photo a été prise. Simple, et efficace. Maintenant vous pourrez photographier vos trophées de pêches et enregistrer où vous les avez pris! Mais n’allez pas les mettre sur Flickr pour pas vous faire voler vos spots!

Les cougars de retour chez nous?

Wednesday 28 March 2007

cougar

Est-ce qu’il y a des cougars au Québec autre que les Mercury sur les routes ou ceux sur les bouteilles de Wildcat? Cet article à propos de leur présence incertaine dans l’état voisin du Maine nous incite à nous poser la question. Selon cette source, les cougars sont considérés comme éteints à l’est du Mississipi, du Maine jusqu’en Caroline du Sud. La dernière preuve indiscutable de la présence du gros chat dans cet état remonte à 1938, alors que l’un d’eux avait été tué à la frontière Maine-Québec.

Selon la FAPAQ, quelques centaines d’observations ont été rapportées dans la province depuis 1955:

La majorité d’entre elles sont postérieures à 1991, période à partir de laquelle les mentions de cougar pour la province ont été systématiquement recueillies par les gestionnaires de la faune. Les mentions proviennent toutes de la partie méridionale de la province au sud du 50e parallèle, principalement des régions de l’Abitibi-Témiscamingue, de l’Estrie et du Bas-Saint-Laurent. Une seule de ces mentions a été confirmée formellement (preuves vérifiables) en 1992 lorsqu’un individu présentant un danger a été abattu en Abitibi-Témiscamingue. Cependant, une analyse de l’ADN a démontré que l’individu provenait d’une espèce présente en Amérique du Sud. L’hypothèse d’un animal échappé d’un jardin zoologique ou gardé en captivité est la plus plausible.

Selon cette page du ministère des ressources naturelles et de la faune, la présence du félin en sol québécois suscite plusieurs interrogations. Cependant, les nombreuses observations à chaque année laissent croire qu’il existe bel et bien une population qui survit. L’analyse récente de l’ADN de poils laissés en nature confirme d’ailleurs cette affirmation.

Le cougar, puma concolar, est aussi appelé puma. Si vous voyez des traces de félins, ou d’autres animaux, et que vous voulez savoir qui les a laissé, je vous invite à consulter ces photos (1, 2). Ces affiches, installées dans les sentiers du Massif du sud, présentent les empruntes avec les démarches en comparaison avec des pieds humains. On y trouve celles du puma.

Aile oscillante pour produire de l’électricité

Monday 26 March 2007

oscillating wing

Partout, y compris au Québec, l’énergie éolienne a la cote. Comme n’importe quoi, elle a aussi ses mauvais côtés. Plusieurs trouvent qu’elle brise le paysage, ce qui peut nuire au tourisme. C’est le cas entre autre autour du Massif du sud, dans les Appalaches. Ce site est pressenti pour accueillir des éoliennes. Dans une expédition récente, j’ai pu voir plusieurs stations de mesurage du vent, et aussi plusieurs affiches contre les éoliennes. L’autre argument principal contre celles-ci est leur nuisance sonore.

De l’autre côté, les barrages hydro-électriques présentent aussi leurs lots d’inconvénients. Ils coûtent cher, inondent des parties considérables de territoire et défigurent le paysage. Est-ce qu’il existerait une alternative entre ces deux approches?

Une piste de solution intéressante réside peut-être dans les ailes oscillantes (image). Ce dispositif, comme les turbines de barrage et les éoliennes, sert à extraire de l’énergie d’un fluide en mouvement. Contrairement aux deux autres, les ailes oscillantes ne tournent pas. Un peut comme la queue d’un dauphin, l’aile oscillante fait un mouvement de va et vient en inclinant son profil pour prendre de l’énergie au fluide et la convertir en électricité grâce à un alternateur. Une autre analogie est quand on sort notre bras d’une automobile en mouvement. L’écoulement de l’air tend à faire déplacer notre main vers le haut ou le bas selon son inclinaison.

Ce type de dispositif est étudié notamment à l’Université Laval par le laboratoire de fluide numérique et le laboratoire de robotique. L’image au haut de l’article est un mécanisme proposé par Louis-Alexis Allen-Demers. L’aile en jaune possède un profil symétrique. Le mécanisme lui impose un mouvement cyclique de haut en bas. Ce déplacement s’accompagne d’un changement d’inclinaison de l’aile au fil du cycle. En haut et en bas du cycle, l’aile est horizontale. Au centre, elle atteint une inclinaison maximale déterminée par les simulations pour extraire un maximum d’énergie du fluide, soit 34%.

L’avantage principal d’un tel dispositif est qu’il peut être installé au fond de l’eau. Il ne compromet donc pas le paysage. De plus, il utilise une section rectangulaire de l’écoulement. Ceci lui permet d’être installé dans des cours d’eau peu profonds, comme devant votre chalet par exemple.

La technologie développée à Laval n’est pas encore prête. Un prototype devra éventuellement être construit pour valider l’étude. Le Royaume-Uni a investi plusieurs millions dans le développement de technologies semblables. L’entreprise Pulse Generation offre maintenant un produit. Vous pouvez en voir une animation ici.

Un robot amphibie: la salamandre de l’EPFL

Thursday 22 March 2007

robot salamandre

Depuis quelques semaines, j’écoute le très intéressant podcast Talking Robots, qui présente des entrevues réalisées par un étudiant de l’EPFL Markus Waibel. Cette semaine, l’invité Auke Ijspeert parle d’un robot salamandre qui a été développé au Biologically Inspired Robotics Group.

Ce projet est à la rencontre de la robotique, de l’évolution et de la neurobiologie. Il est d’ailleurs l’évolution du robot lamproie qu’ils avaient déjà développé. L’évolution s’est faite en remplaçant certains modules par d’autres possédant des pattes. Le robot ne constitue pas une fin en soi. Son but premier est de valider des modèles neuro-biologiques qui expliquent la locomotion des animaux. Plus spécifiquement, leurs recherches visaient à répondre:

  • Comment la locomotion est contrôlée chez les amphibies comme la salamandre?
  • Comment les circuits nerveux de locomotion primitifs de la nage (comme ceux de la lamproie) se sont complexifiés pour permettre la marche?

Ijspeert cite des chercheurs ayant effectué des expériences sur des chats. Ceux-ci ont prouvé que la locomotion simple ne nécessite pas d’information sensorielle. Ils ont débranché le cerveau du système de locomotion (cruel, en effet), puis ont excité ce dernier avec un signal externe. Le chat marchait presque normalement. À mesure que le signal augmentait en amplitude, le chat marchait de plus en plus vite. Au-dessus d’un certain seuil, le chat changeait de type de démarche.

Le “circuit” nerveux qui gère l’amplitude du signal pour produire la locomotion chez les animaux se nomme un “Central Pattern Generation Module” (CPG, je ne sais pas ce que c’est en français). Un tel circuit a été implanté dans le robot salamandre à l’EPFL. Comme vous voyez sur la photo, le robot est constitué de plusieurs modules. Ils sont synchronisés pour faire déplacer le robot grâce au CPG intégré dans le robot. La modulation du signal du CPG se fait sans fil à partir d’un ordinateur. Ainsi, une commande simple de haut niveau est envoyée au robot. Selon l’amplitude de la commande, la vitesse ou le type (nage ou marche) de locomotion change.

Selon l’interviewé, il existe plusieurs robots marcheurs et quelques robots nageurs. Cependant, la transition entre les deux types de démarches est rarement rencontrée. En fait, leur robot peut même se déplacer d’une troisième façon, soit comme un serpent. Les prochaines versions présenteront plus d’articulations dans la colonne pour améliorer la nage de la salamandre. Ensuite, les articulations seront modifiées afin de permettre à la colonne de plier dans l’autre direction pour passer par-dessus des objets. Bref, l’évolution n’est pas terminée!

Des robots pour réparer des satellites

Wednesday 21 March 2007

Orbital express

Des centaines de satellites qui ne fonctionnent plus sont toujours en orbite. Souvent, c’est le bris d’une composante comme un gyroscope ou encore l’épuisement de carburant qui cause la fin de l’utilisation. Si on était capable de les réparer, plusieurs d’entre eux pourraient continuer leur service. Des montants énormes pourraient être économisés. C’est la motivation derrière plusieurs projets qui visent à envoyer des satellites-robots à la rescousse de leurs congénères.

Mars 2007: Orbital Express
La semaine dernière, la NASA et le DARPA ont procédé au lancement d’Orbital Express. Deux satellites connectés ensemble on été placés en orbite. Le but de la mission est de démontrer la capacité pour un des deux (nommé ASTRO) de rajouter du carburant à l’autre (NextSat) et de remplacer certaines composantes.

Sur cette page, on peut voir les différents tests qui seront effectués pour valider le concept. Ils effectueront certaines tâches lorsque connectés. Puis, il se sépareront de plus plus en plus loin pour tester les approches, la saisi de NextSat par ASTRO, et l’arrimage. Il ne s’agit réellement que d’un démonstrateur. Vous pouvez voir une animation ici. Cette application pourrait être utilisée commercialement autour de 2020.

Le défi est de taille. Lionel Birglen est un ancien collègue maintenant professeur à la Polytechnique de Montréal. Il s’intéresse dans ses recherches à la robotique spatiale. Il commente à propos d’Orbital Express:

Il s’agit en fait d’une seconde tentative, la première s’étant soldée par un échec. Il me semble qu’à l’époque les deux satellites s’étaient rapprochés avant de brusquement s’éloigner, ce qui laisse penser à un bug logiciel.

Une avenue pour réparer Hubble?
Dans cet article, l’auteur conclut qu’il est dommage que l’approche ne puisse être utilisée pour réparer le vieillissant Hubble. Selon l’auteur, aucune équipe n’avait réussi à prouver qu’ils étaient capable de réaliser le projet à temps. Une de celle-ci était canadienne. Il s’agit de MDA, l’entreprise qui a fabriqué les Canadarms. Ils étaient semble-t-il les seuls à pouvoir réaliser l’exploit. MDA a tout fait pour relever le défi. À un certain moment, à peu près toutes leurs forces de travail en robotique se consacraient à préparer leur soumission pour la NASA. Celle-ci a été rejetée.

Selon Thierry Laliberté, un autre collègue qui a déjà collaboré avec MDA, leur concept consistait à adapter le manipulateur agile spécialisé (SPDM). Le SPDM ressemble à un torse, avec deux bras. Il sera installé au bout du Canadarm 2, lui-même fixé à la station spatiale internationale. Thierry a conçu deux préhenseurs pour la compagnie dans des projets de ce type. La première est la main SARAH, une main mécaniquement intelligente capable de s’adapter à la forme des objets sans nécessiter de contrôle complexe. La seconde est une pince plus simple, dont le but aurait été de soulever la couverture thermique qui recouvre les satellites. C’est la plupart des cas la première étape à effectuer avant de pouvoir remplacer quoi que ce soit sur les appareils.

Les autres projets dans la course
Comme le mentionne Lionel:

C’est très intéressant car le marché est là et il est énorme, on parle de dizaines de milliards de dollars US. Par contre les moyens nécessaires sont eux aussi énormes ce qui explique le financement via des agences gouvernementales. De plus, cela prépare la voie vers des sondes robotiques plus autonomes pour l’exploration spatiale.

Puisque le marché est considérable, plusieurs équipes travaillent sur se sujet dans le monde. Lionel me mentionne que les Japonais ont leur concept nommé ETS-7. Les Européens ont aussi un projet de l’avant nommé TECSAS.

Ce qui rendra éventuellement cette approche faisable, c’est que de plus en plus, les satellites seront conçus de façon à pouvoir être réparés en orbite par un robot. Ceci facilitera grandement la tâche du robot.

Images spectaculaires de Saturne

Tuesday 20 March 2007

On doit à la sonde Cassini plusieurs images spectaculaire de Saturne et des ses lunes. En voici deux récentes tirées des archives de la NASA Astronomy Pictures of the Day. Cliquez sur les images pour voir les explications:

saturne cassini

hyperion

L’ensemble Cassini-Huygens a décollé en 1997 pour arriver en orbite autour de Saturne en 2004. Le module Huygens s’est posé en 2005 sur Titan. Durant sa descente et jusqu’un peu après l’atterrissage, il a relayé de l’information à Cassini sur la composition de l’atmosphère.

Un journée après l’éclipse lunaire du 3 mars dernier, les astronomes bien équipés on pu voir une éclipse des anneaux de Saturne par notre Lune. Encore une fois, cliquez l’image pour voir les détails de la photo:

éclipse Saturne

Qui a écrit la chanson de Mario Bros?

Friday 16 March 2007

mario_bros

Il s’agit d’une des chansons les plus accrocheuses jamais composées. C’était aussi le début de la musique à l’intérieur du média de création par excellence du 21e siècle. Si vous êtes de ma génération et avez eu la chance de jouer au Super Nintendo, vous la connaissez, c’est certain.

Le compositeur japonais derrière ce classique se nomme Koji Kondo. Lorsque engagé par Nintendo au début des années ‘80, il a du restreindre son art à une technologie peu avancée. Au départ, la puce de la console prenant en charge la musique permettait quatre “instruments”:

  • Deux canaux qui généraient des impulsions;
    impulsion pulse
  • Un qui générait des ondes triangulaires pour la basse;
    onde triangulaire
  • Et un autre qui générait du bruit, utilisé pour les percussions.
    noise bruit

Cet article de Wired parle de son apparition récente dans une conférence de conception de jeu vidéo. Mais ce qui vaut vraiment la peine d’être vu, et entendu, c’est le vidéo ci-dessous qu’ils présentent de Kondo en train de jouer au piano l’hymne de Mario. Et après, vous l’aurez dans la tête toute la journée!

Greenpeace cote les partis

Thursday 15 March 2007

green_peace_canada

Poursuivons sur notre spécial élection parce que c’est important, même si parfois on en doute. Puisque je n’ai pas pu entendre les partis parler de leur plate-forme environnementales, j’ai été content d’apprendre que Greenpeace avait décortiqué cet aspect des programmes pour moi. Ils ont envoyés le 27 février une lettre et 17 questions aux 5 partis principaux. Ceux-ci avaient 10 jours pour y répondre. Tel que mentionné dans le débat des chefs puis habilement détourné par Mario, l’ADQ sont les seuls à ne pas avoir répondu à l’appel.

Le bulletin de note ainsi que les réponses sont maintenant disponibles en ligne. Sans surprise (l’inverse aurait été gênant), le Parti Vert a reçu la meilleure note. Voici le classement:

  1. Parti Vert - 94%
  2. Québec Solidaire - 90%
  3. Parti québécois - 47%
  4. Parti libéral - 32%

Qu’est-ce que proposent les verts pour obtenir ce score? Vous pouvez consulter l’analyse de Greenpeace.

Le PLQ et l’ADQ annulent un débat sur l’environnement

Tuesday 13 March 2007

Débat des chefs Québec 2007

Hier soir, je devais me rendre à un débat à l’Université Laval opposant des représentants des cinq partis principaux candidats à l’élection du 26 mars prochain. Le débat, s’intitulant “Quel développement durable pour le Québec? Ce que proposent les partis politiques”, devait être animé par Johanne Gélinas, la présidente de l’IHQEDS et ancienne commissaire à l’environnement. En fin de semaine, ma déception était grande lorsque j’ai appris par courriel que l’évènement était annulé à cause du désistement de deux des partis. Lesquels? L’organisatrice m’a confirmé que les deux déserteurs sont le PLQ et l’ADQ.

Pourquoi ont-ils annulé? Je n’ai pas réussi à avoir une réponse. Et bien tant pis pour eux, ça ne fait qu’en soulever d’autres. Serait-ce parce que ces deux partis n’ont pas intérêt à aborder le sujet, surtout en terrain bien informé comme une université? Est-ce que le libéral appréhendait des échanges trop intenses avec des étudiants à propos de la privatisation du mont Orford? Est-ce que l’adéquiste avait peur de se frotter à d’autres candidats maitrisant nettement mieux leur sujet?

Aux deux dernières questions, on peut supposer que oui. Je vous invite à écouter le reportage intitulé “Le débat sur l’environnement a attiré un assistance peu nombreuse” sur cette page de Radio-Canada. Il semblerait justement que le débat à tourné autour du controversé projet des loi des Libéraux.

Le candidat à Mario, quant à lui, n’a pas brillé. Le passage retenu dans le reportage prouve trois chose:

  1. Il répond très honnêtement aux questions;
  2. Il ne connait pas bien son dossier;
  3. S’il a été envoyé à ce débat, c’est qu’on considérait que c’était le meilleur pour défendre la position de l’ADQ dans ce domaine. Considérant qu’il fait piètre figure, ça confirme l’argument du PQ et du PLQ que l’équipe de l’ADQ manque de profondeur.

En effet, questionné sur la position du parti sur l’étiquetage obligatoire des OGM, il répond:

“Moi, personnellement je suis en faveur. Est-ce que Lui l’est? Est-ce que notre partie s’est engagé là-dessus? (Grimace de je l’sais pas) Je l’sais pas pantoutte.”

Les autres sujets habituels sur l’environnement ont semblerait-il permis un consensus parmi les partis: GES, transport en commun, énergies vertes… Croyez le ou non, les partis s’entendent sur un sujet! Mais au fond, comment être contre l’environnement? Ce serait comme dire qu’on hais les bébés chats. Personne peut haïr un bébé chat! Alors pourquoi ils n’en parlent pas plus de l’environnement, et de la science en général?

La question a été posée aux “Années lumière” dans un reportage intitulé “Une campagne pauvre en sciences“. Les personnes interrogées avancent quelques hypothèses:

  • La science est un sujet complexe, qui se prête mal aux déclarations choc.
  • Elle ne n’offre pas d’images spectaculaires pour mettre en scène les déclarations des chefs. C’est presque dommage qu’on ait finalement eu de la neige cet hiver…
  • Il n’y a pas de solution immédiate. Ce sont des problèmes à longs termes. Les solutions mises en places devront s’échelonner sur plusieurs mandats.
  • Autant pour la prévention en santé, que pour l’amélioration de l’environnement, un gouvernement est difficilement imputable.

Les journalistes de leur côté se défendent de ne pas poser de question à ce sujet. Ils affirment que les points de presse se prêtent mal à ça. Je leur accorde. Justement, un débat à l’université aurait permis d’explorer ce thème plus en profondeur, supposément notre 2e priorité.

Les promesses éoliennes du PQ

Monday 12 March 2007

André Boiclair avec sa Feuille de route

La prioritié d’Hydro-Québec, jusqu’à tout récemment, demeurait l’hydro-électricité. Si le PQ est élu, il propose d’augmenter la proportion de production éolienne à 20% de la production totale d’ici 10 ans. C’est ce qu’on apprend dans leur feuille de route. Ce n’est pas une mauvaise idée puisque, contrairement à la croyance populaire, l’hydro-électricité produit des gaz à effet de serre (GES). C’est la décomposition des forêts et des sols innondés qui cause des émissions de CO2 et surtout, de méthane. Une étude datant de ‘97 suggère qu’au Canada, cette forme de production d’énergie est responsable de 3% des émissions de CO2 et de 17% du méthane. C’est non-négligeable, surtout considérant que le méthane est un GES 20 fois pire que le CO2 (voir cet article).

Vendredi passé, André Boiclair répondait aux questions posées par les monsieurs, madames invités de Claude Charron à son émission de TVA. Le plus jeune invité à poser sa question était Carlo Santamaria-Bouvier, un étudiant de 18 ans du Collège Lionel-Groulx. Sa question portait justement sur cette promesse du PQ de fournir 20% de la puissance de production par éolienne d’ici 2017. Selon ses calculs basés sur des chiffres d’Hydro-Québec, cette augmentation nécessiterait l’installation de 7771 éoliennes! C’est considérable compte-tenu qu’il n’y en aura autour de 600 installées d’ici la fin de 2007.

Son affirmation a piqué ma curiosité et je suis allé vérifié les données d’Hydro-Québec. Voici le calcul que j’en ai fait:

  1. Selon le rapport annuel 2005 de la société d’état, on avait à ce moment une puissance installée au Québec de 34 571 MW, dont seulement 212,5 MW provenaient de l’éolien. Il y avait donc 34 358,5 MW qui ne provenaient pas de l’éolien.
  2. On garde cette production qui ne vient pas de l’éolien. On ajoute de la production éolienne pour que celle-ci représente 20% du total selon l’objectif péquiste. On arrive à un total de 42 948 MW, dont 8 590 MW pour l’éolien.
  3. Selon cette page d’Hydro-Québec sur notre capacité éolienne, on apprend qu’il y aura au total 826,5 MW d’éoliennes installées d’ici la fin de 2007. Si on soustrait ce nombre du 8 590 MW d’objectif, ça laisse 7 763 MW à installer en 10 ans.
  4. Toujours selon les mêmes données, on peut calculer que les éoliennes installées au Québec produisent en moyenne 1,41 MW chacune. En divisant 7 763 MW par 1,41 , on obtient un nombre d’éolienne à installer de 5 506.

On n’est pas tout-à-fait au même nombre que Carlo. De plus, il y a déjà plusieurs installations d’éoliennes prévues entre 2007 et 2012. Néanmoins, son interrogation se justifie puisqu’il s’agit d’un objectif plutôt ambitieux. Le graphique ci-dessous montre la puissance éolienne installée prévue d’ici 2012, avec l’objectif du PQ en 2017.

production éolienne québec

Bref, il va falloir s’y mettre au plus vite si on veut atteindre cet objectif. Pour voir comment André Boiclair a répondu à la question de l’étudiant, visionnez ce vidéo à partir de 3:49.

Si vous regardez jusqu’à la fin, vous aurez la chance de voir l’étudiant avec un air interrogé couper la parole au chef sur le sujet de l’auto-production d’électricité. Boiclair, visionnaire, nous projette dans un futur vert où on pourra produire notre électricité et même en repousser dans le réseau d’Hydro pour recevoir des crédits! “Ça se fait déjà”, affirme sec le jeune, bien informé. Et il a raison, il s’agit du programme de mesurage net offert par Hydro-Québec depuis quelques mois.