Archive pour April 2007

Un cargo hybride: diésel-cerf-volant

Monday 30 April 2007

sky sail kite boat

À la lecture de la dernière Business 2.0, je suis tombé sur ce concept assez intéressant de bateau hybride (repris dans un de leur blogue). Et on parle pas de petite chaloupe de bois, mais de cargo de plusieurs tonnes!

L’idée présentée sur la photo est mise de l’avant par la compagnie allemande SkySail. Elle consiste à accrocher à l’avant du bateau un énorme cerf-volant. L’effet de cette source d’énergie gratuite est une réduction considérable de la consommation de carburant, de l’ordre entre 10% et 35% en moyenne. Selon l’entreprise, dans des conditions idéales, l’économie peut atteindre 50%!

Si vous avez déjà vu des gens faire du kite-surf, vous avez peut-être remarqué que le cerf-volant n’est jamais stable. Il fait des mouvements de va-et-vient continuels. C’est aussi vrai dans ce système, à la différence que tout se contrôle automatiquement, ce qui est plutôt impressionnant. Contrairement à une voile conventionnelle, le cerf-volant se trouve plus haut que la surface de l’eau, de 100m à 300m. Il profite donc d’un vent plus fort et plus constant. Ça vaut la peine de regardez ce vidéo qui montre le système en action.

C’est vraiment intéressant de voir de vieux concepts comme les voiles et les dirigeables refont surface pour des applications terrestres ou spatiales. De quoi réjouir notre collègue de McGill Meyer Nahon qui travaille sur ce type d’appareil.

Le cout environnemental réel de ce qu’on achète

Sunday 29 April 2007

Ampoule électrique fluo

Le chargé de cours de l’ÉTS Philippe Terrier se spécialise en énergies renouvelables et développement durable. Dans une lettre publiée dans la Presse, il se questionne sur les incitations des gouvernements à nous convertir des lampes à incandescence (LI) aux ampoules fluorescentes compactes (LFC). Voici son questionnement:

Est-ce que de passer de la lampe à incandescence (LI) à la fluorescente compacte (LFC) constitue réellement un choix écologique? Y a-t-il des facteurs externes que l’on aurait omis de nous présenter? Comment pourrait-on prendre une décision «éclairée» dans ce dossier?

Il admet que les LFC ont une durée de vie plus longue et une consommation énergétique moindre que les LI. Cependant, il émet certaines réserves sur les LFC:

  • Selon lui, les LFC disponibles aux Canada sont fabriquées à l’étranger. Leur transport produit des GES alors qu’il existe des fabricants de LI au pays. De plus, les LFC sont fabriquées dans des pays où les normes environnementales sont moins strictes qu’ici.
  • Les emballages des deux types d’ampoules sont différents. Les LFC sont en plastique et les autres en carton. Le cout environnemental des emballages doit être considéré.
  • Les LFC contiennent du mercure et des composantes électroniques. On ne peut donc pas les jeter aux poubelles. On doit en disposer de façon sécuritaire, comme pour la peinture, les piles ou les produits chimiques (voir Energy star).

L’impact environnemental d’un objet ne se résume pas à sa consommation énergétique. Selon lui, “les coûts écologiques liés au transport, au procédé de fabrication ainsi qu’au conditionnement du produit doivent être évalués.” En conclusion, il se demande si la recommandation du fédéral (Hydro-Québec le fait aussi, souvenez-vous de leurs annonces des frères-plugs dans l’allée des ampoules…) d’utiliser les fluo-compactes tiennent compte de ces aspects. À se fier sur cette page de l’office de l’efficacité énergétique, on peut en douter.

Son questionnement est d’autant plus valide qu’au Québec, l’électricité utilisée est plutôt propre. Il serait donc peut-être mieux ici de consommer plus d’électricité avec une LI qui aurait eu moins d’impact sur l’environnement durant sa fabrication, son transport et sa mise au déchets? Par contre Hydro économiserait moins d’énergie qu’elle pourrait vendre aux États-Unis et en Ontario, évitant que ceux-ci utilisent de l’énergie provenant de sources moins propres… Ouain, pas évident d’y voir clair! Imaginez pour les objets plus complexes comme les voitures et les maisons!

Premiers tests réussis pour Orbital Express

Friday 27 April 2007

NextSat

Il y quelques temps, je discutais de robotique spatiale et du projet Orbital Express. Cette mission consiste à envoyer deux satellites assemblés, puis de les séparer et de les réassembler à plusieurs reprises en orbite grâce entre autre à un bras robotique.

Comme me l’a fait remarquer mon collègue Cyril, les premiers tests ont été concluants. Astro a transféré du carburant à NextSat le 2 avril. Cinq jours plus tard, il lui a transféré une batterie en utilisant le bras. Finalement, le 17 avril, les deux se sont tout juste séparés pour se réassembler plus tard dans la journée.

Dans les semaines qui viennent, les deux se sépareront de plus en plus loin, d’abord de 10m, puis 20m, puis 60m pour arriver finalement à l’ultime test, une séparation de 7km. Vous pouvez voir des vidéos de tout ça et suivre cette démonstration technologique grâce à un fill RSS sur le site de la mission.

Alérion supermileage en route vers la France

Thursday 26 April 2007

alerion supermileage

C’est dommage qu’il n’y ait pas une belle route asphaltée entre Québec et la France. La pilote de Laval qui participe à l’Éco-marathon Shell le mois prochain aurait pu couvrir les 5700km pour environ 3,83$! L’objectif de consommation du nouveau bolide qu’ils dévoilaient ce soir est en effet de 1600km/l. En comparaison, la Honda Insight fait du 30km/l.

L’équipe d’Alérion Supermileage avait déjà connu une excellente 2e place au SAE Supermileage l’an dernier avec une consommation de 775.22 km/l. Ils visent donc à améliorer leur efficacité de plus de 100%. Ils sont confiants d’y arriver grâce à de nombreuses améliorations apportées: aérodynamisme, réduction de l’inertie du système d’entraînement, bolide plus léger, meilleurs pneus, modification du moteur, etc. Je leur souhaite la meilleure des chances!

Dextre est prêt pour l’espace

Thursday 26 April 2007

J’ai déjà fait référence à deux reprises au robot Dextre, aussi appelé SPDM (ici et ). L’Agence spatiale canadienne a annoncé aujourd’hui que le robot ambidextre est maintenant prêt pour l’espace. Tiré du communiqué:

Dextre est le troisième et dernier élément du service d’entretien mobile faisant partie de la contribution canadienne à la station. Avec ses deux bras, Dextre sera assez agile pour effectuer la majorité des tâches des astronautes à l’extérieur de la station, ce qui décroît significativement les risques pour ces derniers.

Aux deux extrémités de ce torse robotique risque de se retrouver la main SARAH, une beauté conçue et fabriquée au Laboratoire de robotique de l’Université Laval.

Robop: Un “robot” pour faire peur aux pigeons

Tuesday 24 April 2007

Il y quelques années j’ai travaillé dans un vignoble. Juste avant les vendanges, on a dû couvrir toutes les vignes de filets attachés avec des milliers d’attaches à pain. Ça devait empêcher que les oiseaux ne viennent manger les fruits bien mûrs. Ce n’était même pas assez. Il y avait plein de canons au propane qui détonnaient périodiquement pour éloigner les oiseaux. Mais rapidement, ceux-ci reconnaissaient que ce n’était pas vraiment une menace. La dernière pièce de l’arsenal était les “gunners”: des gars en VTT qui patrouillaient le vignoble avec des carabines et des balles à blanc pour faire peur aux oiseaux. En bon futur ingénieur, je me disais qu’il y avais sûrement une solution plus élégante…

Selon un article sur Gizmodo, une compagnie écossaise est sur une piste de solution. Leurs oiseaux de malheur, ce sont les pigeons et les goélands qui rendent les promenades en villes risquées, surtout si vous êtes habillés chic. Leur solution se nomme Robop, une réplique d’un faucon qui bouge les ailes, la tête et qui lâche des cris de façons aléatoires. Bref, ce n’est pas à mon avis un robot, rien qu’une machine qui suit des commandes de très bas niveau. On doit le changer d’endroit périodiquement afin qu’il ne perde pas son efficacité. Le kit de base coûte environ 4200$CDN, de quoi nourrir un vrai faucon pour quelques semaines.

Pour le rendre plus efficace, le département de R&D tente de faire détecter les oiseaux par Robop et ajuster son comportement en conséquence. Ce serait déjà plus un robot. Selon leur site, ils ont même tenté de développer une version autonome de Robop qui vole. Là ça commencerait à être sérieux! Mais après plusieurs crash, l’idée a été abandonnée malgré l’engouement qu’elle suscitait.

NeuroArm: un robot pour opérer dans le cerveau

Monday 23 April 2007


(Photo: Innovation Canada)

Une opération dans le cerveau peut avoir un impact sans mesure sur la vie d’un patient. Parlez-en à Jean, qui collabore parfois à ce blog, et qui n’est plus épileptique depuis une telle opération. Ça a changé sa vie. Évidemment, de telles opérations sont risquées. L’annonce récente du NeuroArm promet des opérations dans le cerveau plus précises et plus sécuritaires. En plus de l’impact important qu’il aura sur la vie des patients, la technologie de ce robot ambidextre est impressionnante.

À l’intérieur d’une machine d’imagerie à résonance magnétique (IRM)
L’idée du NeuroArm est de pouvoir opérer à l’intérieur d’une machine IRM. Ces machines permettent de “voir” à l’intérieur du corps humain. D’utiliser une représentation de l’intérieur du cerveau en temps réel pour l’opérer directement représente une avancée majeure de la neuro-chirurgie.

L’IRM, comme son nom l’indique, utilise un champ magnétique pour imager le corps. Cela pose d’importants défis techniques pour le roboticien. Tous les capteurs et les actionneurs qui produisent des champs magnétiques doivent être évités. De plus, les matériaux doivent être choisis pour ne pas interférer avec le champ magnétique. C’est pourquoi le NeuroArm est principalement constitué de titane et de PEEK, un composé plastique.

L’immersion du chirurgien
En plus d’avoir accès à la représentation 3D de l’IRM, des caméras stéréoscopiques filment les instruments en action. Le tout est projeté en stéréo dans les oculaires du médecin.

Celui-ci manipule deux manettes qui contrôlent les instruments sur le robot. Ces instruments ressemblent à des Phantom modifiés. Ils permettent un retour d’effort pour que le touché soit stimulé comme s’il manipulait de réels instruments en interaction avec les tissus humains. Les vibrations de l’utilisateur sont filtrées par le contrôle. Les outils qui opèrent sont donc parfaitement stables. Les opérations grâce à cette interface se feront au niveau des cellules (sous 50 microns) alors que les meilleurs chirurgiens ne peuvent qu’opérer qu’à 1-2mm.

Un Canadarm dans la tête
Le projet a été mené par des chercheurs de l’Université de Calgary, financés d’abord par des philanthropes du pétrole puis par divers fonds de recherches provinciaux et fédéraux. Le robot a été construit par MDA, constructeur du Canadarm. Dans la robotique spatiale tout comme dans le médical, la sécurité et la fiabilité nécessaires atteignent des niveaux incroyables: on joue avec des vies. MDA a donc pu mettre à profit son expérience avec des acquis du spatial. À voir le NeuroArm, on dirait même qu’il est le petit frère terrestre du robot Dextre, qui sera installé sur le bras de la station spatiale internationale.

La réalisation du robot est un bel exemple de collaboration pour la réalisation d’un défi technologique. Je vous invite à regarder un film produit par le service des communications de l’Université de Calgary ici. Messieurs dans la course au rectorat à l’Université Laval, prenez des notes…

L’indice “Live better” de Wal-Mart

Friday 20 April 2007

Certaines entreprises sont tellement globales qu’on utilise le prix de leur produit pour déterminer le coût de la vie dans différents pays. C’est le cas de l’indice Big Mac. D’autres compagnies ont tellement de données qu’elles ont une mesure précise de certaines tendances des habitants d’un pays. C’est le cas de Wal-Mart aux États-Unis où 90% des foyers y magasinent. Cette semaine, ils viennent de lancer l’indice “Live better”. Celui-ci mesure l’adoption de cinq produits verts de tous les jours:

  1. Les ampoules fluoro-compactes
  2. Le lait organique
  3. Les détergents concentrés à emballage réduit
  4. Les produits de papier à durée de vie allongée
  5. La nourriture pour bébé organique

Vous pouvez voir sur la carte du site (photo) quels états mènent le bal et pourquoi ces produits ont été choisis.

Les puristes vous diront que c’est pour faire plus d’argent que Wal-Mart prend cette initiative. Wal-Mart est une machine à faire de l’argent, pas de doute. Cependant, je pense que c’est pas mal mieux qu’un coup de pied sur les tibias. Je pense que c’est rêver en couleur que de penser que du jour au lendemain, M-Mme tout-le-monde qui a de la misère à arriver à la fin du mois va décider d’acheter vert même si ça coûte plus cher. Par contre, si Wal-Mart peut mettre de la pression sur ses fournisseurs pour qu’ils améliorent leurs méthodes, ça peut avoir une impact significatif rapidement.

De plus, ça risque de sensibiliser et d’informer une partie de la population qui n’est pas à l’avant-garde de la réalité environnementale. D’ailleurs, selon un sondage de Wal-Mart, ceci est un réel problème pour l’adoption de nouvelles habitudes: Alors que 40% des Américains se disent très préoccupés par l’environnement, seulement 18% se considèrent bien informés.

Bref, magasiner chez Wal-Mart n’est peut-être pas l’idéal. Mais au point où on en est, aussi bien qu’ils aillent dans cette direction que dans la direction inverse. Yvon Chouinard, l’exemple parfait de d’entrepreneur vert dont je parlais plus tôt cette semaine, est un conseiller de Wal-Mart dans leur transition du bon côté de la Force. Il affirme que “si Wal-Mart fait seulement un dixième de ce qu’ils annoncent qu’ils vont faire, ce sera incroyable”.

Sous la mer en 3D chez IMAX

Thursday 19 April 2007

L’évolution a vraiment donné de drôles de bibittes, particulièrement sous l’eau. Je vous avais déjà partagé mon émerveillement devant ces créatures quand j’avais parlé du film Deep Blue. Hier, j’ai vu un autre film sur le même sujet: Sous les mers du monde en 3D (Deep Sea 3D). Quoique moins grandiose que Deep Blue, Deep Sea 3D n’en demeure pas moins spectaculaire. C’est sûr que le 3D, la grosseur de l’écran et le son IMAX compensent.

Alors que Deep Blue présente surtout des créatures de la haute mer, Deep Sea 3D se déroule autour des coraux et des bancs d’algues brunes. Il met l’emphase sur les interactions entre les animaux: symbiose, compétition, prédation, etc. Non seulement les animaux ont des allures originales, mais leurs comportements sont encore plus spéciaux parfois. J’ai encore une fois connu des bestioles que je n’avais jamais vu auparavant, comme le calmar Humbolt (photo) qui émet des flashs plusieurs fois secondes lorsque trop excité. Je vous invite à aller en rencontrer d’autres sur le site du film dans la section creatures, ou encore mieux d’aller au IMAX le voir pour un 40 minutes de “WOW!”.

La conclusion du film, c’est qu’on est tous reliés. L’écosystème coralien en est un exemple frappant de par le nombre d’espèces qui y interagissent et son équilibre fragile. Ils racontent même que la pêche importante de requins est une des causes du dépérissement de plusieurs récifs. Et puisqu’à plus grande échelle nous aussi nous en faisons partie, on peut consulter Oceans Alive ou See Food Choices qui nous suggèrent des choix de poissons qui ont été pêchés ou élevés de manière respectueuse.

Le premier avion à réaction propulsé à l’hydrogène

Wednesday 18 April 2007

Le 6 avril, la compagnie Horizon Fuel Cell annonçait la réussite du premier avion à réaction propulsé par une pile à combustible. Ça vaut la peine de regarder le vidéo de ce vol inaugural. On y voit l’avion effectuer plusieurs manœuvres au- dessus de Bern, en Suisse. L’avion, mesurant 1,2 m de long, possédant une envergure d’aile de 1m et pesant 6kg a atteint près de 200km/h.

Globalement, l’aviation est le secteur qui connaît la plus forte croissance de production à gaz à effet de serre. Il compte en ce moment entre 4% et 9% des émissions totales. Il y donc un gain considérable à faire dans la lutte aux GES dans ce secteur. Nous sommes cependant loin de l’avion commercial qui n’émettra pas de GES. Techniquement, la propulsion d’un avion est très demandante. Les poussées générées sont énormes et la fiabilité primordiale. De plus, les nombreux processus de certification d’avions font que les fabricants aéronautiques doivent voir l’avantage considérable d’une technologie pour prendre le risque de la développer pour de nouveaux appareils. C’est vrai autant au niveau de l’avion lui-même que des procédés de fabrication qui doivent eux aussi être certifiés.

La première application visée par les développeurs est plutôt le véhicule aérien autonome. Le HyFish a d’ailleurs été conçu dans cette optique en collaboration avec le Centre aérospatial allemand à Stuttgart. Le HyFish est basé sur le design du SmartFish développé en Suisse pas différents partenaires. En août 2006, Horizon Fuel avait fait voler un avion, aussi propulsé par des piles à l’hydrogène mais cette fois à hélice. Vous pouvez voir le vidéo de cet appareil développé en collaboration avec la NASA ici.

J’ai appris cette nouvelle sur le blog Green Wombat de la revue Business 2.0. D’ailleurs hier, en lisant l’édition papier de Avril 2007, je prenais connaissance de Horizon Fuel. La revue a proclamé leur H-Racer un des 11 nouveaux produits les plus cool de la planète. Les critères pour le choix des gagnants étaient le design, le respect de l’environnement et le succès commercial. L’entreprise proclame d’ailleurs avec un clin d’oeil que le H-Racer est la voiture propulsée par pile à l’hydrogène la plus vendue au monde.