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LABLOGATOIRE


Archive pour mai 2007

Mike Arrington mesh 07
(photo: Stuart McDonald)

Parallèlement à mes travaux sur les robots, je contribue à la création d’un site Internet. C’est pour cette raison que je suis à la conférence Mesh à Toronto en ce moment et que je ne pourrai pas être au Q-Biz jeudi soir. Le keynote de ce matin était Mike Arrington, éditeur de Techcrunch (voir aussi la version française). Il nous a bien réveillé en nous exposant sa vision des nouveaux médias, de l’entrepreneuriat, avec en prime une petite escarmouche avec le fondateur de PayPerPost qui se trouvait dans la foule. On le voit s’énerver sur la photo.

Le vidéo de ça fera un bon bout de chemin quand il sera en ligne… Il demande à la blague “pourquoi on a laissé entrer cet individu dans la salle?” et nous prévient qu’il est “le plus evil de toute l’audience.” C’est que PayPerPost va complètement à l’encontre de la vision des blogues de Arrington. Ils offrent à des blogueurs de les payer pour qu’ils parlent de produits pour certains annonceurs, avec ou sans avis pour le lecteur que c’est de la publicité. Léger manque de transparence, et risque gros de perdre de la crédibilité à mon avis aussi.

C’est assez débile d’être dans cette foule, avec pleins de bloggueurs en direct. Si vous voulez connaître ce que Arrington nous a confié, je vous invite à visiter le blogue de l’un deux, qui a tout pris en note. (Pourquoi je n’avais pas un gars comme ça dans mes cours au bac?!) La nouvelle est aussi ici, sur le blogue officiel de la conférence. J’ai bien aimé l’anectode qu’il nous confiait: “Il y a deux ans, un des fondateurs de youtube était à un BBQ chez moi et on jasait de ça. Il me disait: bof, je ne sais pas trop si ça va lever…” Il nous racontait ça avec un peu de nostalgie, revenant sur son article où il affirme que Silicon Valley n’est pas aussi amusante qu’elle ne l’était il y a 3-4 ans: “Il y a trop d’argent, de PR et de marketing, on ne pense plus assez à la technologie elle-même.”

Je vous parle de mes découvertes et réflexions suite à la conférence.

plancton
(image: Planktos)

On dit que les forêts sont le poumon de la planète. Mais on appelle aussi notre planète la planète bleue, pas la verte. Plus des deux tiers de sa surface est recouverte d’eau. Se pourrait-il alors qu’une piste intéressante pour combattre les changements climatiques soit d’utiliser les ressources des océans?

Je ne parle pas d’enfouir le CO2 au fond des océans. Comme on peut le lire dans ce texte de vulgarisation, la méthode présente de nombreux effets secondaires négatifs. Je parle plutôt du concept mis de l’avant par l’entreprise Planktos.

Celle-ci propose de fertiliser l’océan avec des ions de fer pour favoriser la croissance du plancton (photo). Celui-ci absorbe du CO2 pour se développer. Une partie de ce plancton se retrouvera à la base de l’alimentation de plus grosses vies marines et demeurera dans le cycle du carbone. Une autre partie coulera pour éventuellement mourir et se retrouver à des centaines de mètres sous l’océan. Ce plancton apportera avec lui une quantité de CO2 qui peut prendre des centaines d’années, voire des milliers, pour retourner un jour dans l’atmosphère. Leur concept est illustré ici.

Le modèle d’affaire
Leur modèle d’affaire est basé sur les fameuses bourses du carbone. Les entreprises qui dépassent leurs quotas d’émissions pourront acheter des crédits à Planktos, qui élimine du CO2 de l’atmosphère. Le défi réside dans la mesure de l’efficacité de la méthode. Comment déterminer quelle quantité de CO2 se rend à quelle profondeur? C’est que, selon cet article, la fraction du plancton qui coule dépend grandement de la région où il se trouve, allant de 20% autour d’Hawaï, à environ 50% dans le nord-ouest du Pacifique. Pour mesurer l’efficacité de ses méthodes, Planktos propose d’utiliser une pléiade de méthodes de mesures comme des satellites, des sondes sur des ballons et d’autres sous-marines.

Et en prime…
Non seulement cette approche peut potentiellement séquestrer du CO2, elle contribuerait aussi à refaire les stocks de planctons mondiaux, qui sont en baisse. Puisqu’ils se trouvent à la base de presque toute la vie marine, la baisse du niveau de plancton a un impact sur les écosystèmes marins. Une des raisons de cette diminution est le manque de nutriments, comme le fer, qui proviennent habituellement par voie des airs.

Comme n’importe quoi, cette méthode pourrait avoir des effets négatifs si elle est poussée trop loin: baisse de l’oxygène, augmentation de la production de nitrogène, production d’acide carbonique. Selon l’article du magazine Business 2.0 dans lequel j’ai pris cette histoire, Planktos désire ramener les niveaux de plancton à ceux de 1980, puis arrêter. Je me demande drôlement comment une industrie de ce type pourra être règlementée…

Je glissais un mot il y a quelques jours sur ma curiosité pour le cycle de vie des entreprises technologiques. Ces entreprises doivent sans cesse se renouveler. Comment font-elle pour garder un bon équilibre entre investissement dans le développement technologique et la rentabilité de l’entreprise. Pour les très grandes entreprises, l’exercice doit être encore plus périlleux, les dirigeants devant en plus avoir à rendre des comptes aux actionnaires.

L’exemple de CAE


simulateur CAE
(photo: CAE)

L’entreprise montréalaise CAE est le plus important fabricant de simulateurs de vols (voir la photo) au monde. Leur plate-forme est basée sur le robot parallèle le plus répandu, la plate-forme de Gough-Stewart. La plate-forme a fait ses preuves. Ils en ont vendu des milliers depuis son développement, permettant de le rentabiliser.

Autant cette entreprise a innové avec sa plate-forme, autant rendue à maturité elle ne voulait plus lui toucher. Étudiant moi-même les robots parallèles, j’ai souvent discuté avec des directeurs du développement technologique lors de forums étudiants. Bien sûr, j’étais très enthousiaste face à toutes les possibilités de la recherche universitaire dans ce domaine: équilibrage statique, robots à câbles, nouvelles architectures, etc. Je me suis vite rendu-compte de la réalité des grosses entreprises en aérospatiale. Le fait qu’elles doivent faire certifier tous leurs appareils et leurs procédés de fabrication les rend plutôt frileuses à révolutionner leurs technologies, y allant plutôt par incréments. C’est vraiment paradoxal qu’un domaine que l’on considère si innovateur soit en fait plutôt conservateur.

Plus récemment, de nouveaux concurrents sont apparus aux limites des niches occupées par CAE. C’est le cas d’une autre entreprise de la métropole québécoise: Mechtronix. J’ai discuté avec des représentants de la compagnie l’été dernier et je leur ai demandé quelle était leur relation avec CAE. La réponse officielle, c’est qu’ils ne sont pas en compétition directe, les deux occupant des marchés un peu différents. Mais dans la réponse, je sentais bien que la souris chatouillait les pieds du gros éléphant. Mechtronix possède maintenant une gamme de simulateurs approuvés pour l’entraînement à une fraction du coût de ceux de CAE. Un des raisons de leur plus faible coût est qu’ils n’achètent pas tous les modules d’avionique des fabricants d’avion, mais seulement les licences pour les fabriquer eux-mêmes.

La semaine dernière, on offrait la possibilité dans la Presse Affaires de poser une question à Bob Brown, PDG de CAE. Ma question “Quelle est la stratégie de CAE face à l’arrivée de concurrents comme Mechtronix qui sont capables de produire des simulateurs à faible coût?” a été posées. Je me doutais bien que je n’allais pas recevoir une réponse du gars passionné de technologie du genre “nous allons orienter notre développement dans cette direction et nous allons révolutionner l’industrie, comme nous l’avons fait à nos débuts!” J’ai plutôt eu droit à un politiquement correct “Mechtronix n’est pas vraiment un compétiteur.”

D’accord, je prend la réponse une fois de plus. Mais gageons que les nouveaux concurrents réveillent CAE qui sort d’un doux confort. Ils auraient pu, avant que de nouveaux compétiteurs sérieux arrivent, courir encore plus vite vers l’avant et creuser d’avantage l’écart technologique qui les séparait du reste. Ils ont préféré encaisser durant quelques années, pour éventuellement se faire rapprocher. C’était peut-être la bonne stratégie. Maintenant, ils ont des sous pour faire des acquisitions de plus petites entreprises qui ont toujours la flamme d’innover. Est-ce que, rendues à une certaine taille, les grandes entreprises sont condamnées à en acheter des plus petites pour continuer à innover? Je n’ai pas la réponse. Tout ce que je peux dire, c’est que de bonnes idées, tout le monde peut en avoir, surtout les petits.

petit_singe.jpg

Combien d’individus se trouvent dans la communauté de ce petit primate? Combien de connaissances compte votre réseau social? Est-ce qu’il y a un lien entre ces nombres? Apparemment oui, basé sur la taille de son cerveau et de celle du nôtre, primates évolués que nous sommes.

Qu’est-ce que le nombre de Dunbar?
Le nombre de Dunbar, 150, représente la limite théorique du nombre d’individus avec lesquels on peut garder une relation personnelle. Ce nombre provient d’une étude de l’anthropologue britannique R.I.M. Dunbar publiée en 1993. Dans cette étude, le chercheur comparait la taille du néocortex de différents primates à la taille de leurs groupes. À partir de son étude, il extrapolait aux humains pour déterminer que la taille d’un groupe ne devrait pas dépasser 150 individus.
taille cerveau vs population
(image: BCG)

Au-dessus de ce nombre, la confiance mutuelle et la communication ne suffisent plus à assurer le fonctionnement du groupe. Ça prend alors une hiérarchie plus importante, avec des règles, etc. Il dénote plusieurs exemples au fil de l’histoire de groupes bien soudés dont la taille oscille autour de ce nombre: la taille des groupes au sein de l’armée romaine, certains groupes religieux ou équipes de travail.

Dunbar indique que le langage qu’on a développé joue un rôle important dans notre capacité à entretenir des liens avec environ 150 personnes. Le fait de pouvoir parler à plusieurs individus simultanément permet d’avoir des rapports efficaces entre nous. Sans cet outil, on passerait la moitié de notre temps à entretenir nos relations.

L’humain demeure, ses moyens de communication changent
Notre cerveau a cessé d’évoluer il y a environ 250 000 ans. Ça me dépasse complètement. Cette même machine qui nous servait à cueillir des fruits à cet époque est la même qui nous permet d’accomplir tous les miracles de la science moderne. Sachant que les moyens de communications ont grandement évolués et que la communication joue un rôle crucial dans l’organisation des communautés, comment se porte le nombre de Dunbar en 2007? Peut-on, grâce aux emails, blackberry, SMS et autres, entretenir de relations fortes avec plus de 150 congénères?

Il semble que non. J’avais entendu parler de ce principe dans le livre Tipping Point, qui a eu un impact important dans la communauté des créateurs de technologie. Plusieurs ont donc observé si le fameux 150 ressortait dans les communautés en ligne, tel que des blogues et des communautés de gamers. On peut voir cet article qui contient plusieurs exemples. Il est en fait apparu comme une limite supérieure, la grande majorité des ensembles possédant moins de 150 membres.

C’est toujours intéressant de voir ces études qui nous rappellent que, malgré toute cette technologie, nous ne sommes que de simples bibittes à deux pattes. Ça peut aussi nous aider à comprendre comment on peut se détacher des groupes auxquels on fait partie lorsqu’ils deviennent trop gros. Je pense entre autre aux gouvernements et aux grandes entreprises, dont la taille ne semble simplement pas coller à notre nature.

think tesla
Think et Tesla Motors sont deux constructeurs de voitures 100% électriques aux antipodes.

Le premier est originaire de Norvège. Leur voiture, la Think City, possède deux places, une autonomie de 180km et une vitesse maximale de 100 km/h. Leur idée est de développer une voiture abordable capable de vous mener du point A au point B le plus proprement et efficacement possible.

Tesla Motors, dans ses bureaux de Californie, développe un roadster aux performances dignes des grands fabricants sports. Il accélère de 0 à 60 mi/h en 4 secondes, aussi vite qu’une Porche Carrera GT! Leur raisonnement est le suivant: Les voitures électriques coûtent plus cher. “Est-ce que quelqu’un paiera 80 000$ seulement pour sauver l’environnement? Peut-être pas. Mais si pour ce prix il a la voiture la plus rapide sur la route, l’amateur de voiture sport - et il y en a pleins - sera certainement des plus motivé.”

Les contraires s’attirent, me direz-vous? Surtout quand il est question de piles électriques! On apprend aujourd’hui sur GreenWombat que Tesla fournira les piles pour la petite City. Tesla a développé un système de piles lithium-ion combiné à un inverseur qui fait office de transmission. Le tout est contrôlé par un ordinateur pour avoir le couple optimum aux roues de 0 à 13 000 rpm, ce qui est impossible à faire avec un moteur à combustion.

Pourquoi les piles ne viennent pas de Détroit ou de Tokyo, là où les grands fabricants travaillent sur des voitures hybrides depuis des années? Comme on le mentionnait dans cet article de Business 2.0, “la complexité des voitures électriques se situe au niveau de l’électronique et des piles. Où trouve-t-on cette expertise? À Sillicon Valley, pas à Détroit.”

C’est là la beauté de cette nouvelle: aucune entreprise n’est invincible. J’ai toujours été fasciné par le cycle de vie des géants. Un jour ils semblent installés à tout jamais, personne n’oserait affirmer le contraire. L’année suivante le contexte change, la technologie évolue, et de nouvelles opportunités se présentent pour que de nouveaux géants apparaissent. C’est là tout le pouvoir des idées et des gens.

La Think au Canada?
Avec l’hydro-électricité du Québec, la Think serait réellement propre et économique ici. Je leur ai exposé cet argument et demandé si la petite voiture sera disponible au Canada. Voici leur réponse:

“Think is currently working towards the launch of the new TH!NK city in the fall of 2007. The vehicles will initially be marketed in Norway and the UK, and we will evaluate new markets in early 2008. We have received a lot of interest from Canada, and that will certainly weigh in on our decision.

The new TH!NK city meets all US and European homologation and safety requirements. It has a range of 110 miles, a top speed of over 60 mph and has comfort and convenience features you would expect of a normal car such as, A/C, electric windows, mirrors, etc. The new TH!NK city is produced in Norway, where the winter is long. The car is therefore manufactured to perform well in the winter.”

Pleo
(image: make)

Pleo est une réplique robotique d’un dinosaure qui a réellement existé, la camarasaure. Pleo est conçu pour devenir un animal de compagnie pour les jeunes et les familles. Il perçoit des stimulus, évolue, exprime des émotions et communique avec les autres individus de son espèce. Tout est fait pour qu’il air l’air en vie.

Pour ce faire, Pleo possède une trentaine de capteurs pour la vue, l’ouïe, le toucher, la détection d’objet dans sa mâchoire, la force dans ses articulations, etc. Toute cette information est traitée par un système d’opération vital, un réseau de neurones qui s’adapte selon les interactions de Pleo avec son entourage. Soyez gentil avec lui et il sera affectueux, donnez-lui un coup sur la tête et il sera furieux puis vous en voudra pendant un moment.

Son créateur, Caleb Chung, présente une feuille de route assez originale. Avant de donner la vie à des jouets, il a été mime, puis travaillé à des effets spéciaux pour le cinéma. Il est le co-créateur du Furby, un jouet électronique qui s’est vendu à plus de 40 millions d’exemplaires.

Pleo avait été annoncé en 2006. Il devait même être disponible commercialement pour Noël passé, alors qu’il ne l’est pas encore. Hier, comme tous ceux inscrits à la liste de diffusion de la compagnie Ugobe, j’ai reçu un courriel me suggérant de surveiller ma boîte de réception le mois prochain pour connaître en primeur la date de lancement. Il y avait dans le message l’image suivante de l’emballage du dinosaure. Donc Pleo devrait arriver dans un Toys’r'us près de chez vous très bientôt… si tout va bien.

boite du pleo

Voir un vieux vidéo de Pleo ici.

Stanley
(image: wired)

Le DARPA Grand Challenge est un concours de robotique mobile. Son objectif est de faire parcourir des trajets à des véhicules totalement autonome. Les premiers gagnants de cette compétition ont été des membres de l’Université Stanford avec leur Touareg modifié nommé Stanley.

Pour que Stan se retrouve sur la route, l’équipe a développé un système pour acquisitionner l’environnement autour du véhicule fonctionnant avec des caméras et des capteurs laser. Leur approche produit supposément une vue style “Grand Theft Auto”, mais plus réaliste. Un genre de VirtualCity, mais en 3D. On annonçait cette semaine via Engadget et AI&R que Google allait vraisemblablement utiliser cette technologie pour bonifier de contenu 3D leur application Google Earth.

L’annonce n’est pas officielle mais devrait l’être d’ici la fin du mois. Cet article sur Techcrunch datant du mois de mars indique un signe qui semble confirmer cette hypothèse. Google aurait en effet acheté l’entreprise Vutool fondée par Sebastien Thrun, le chercheur à la tête du laboratoire d’intelligence artificielle de Stanford.

Tout ça implique, beaucoup, beaucoup de route à parcourir pour les automobiles munies du système d’acquisition. Non seulement il faut faire le tour des villes, mais il faudra ensuite tenir tout ça à jour. On peut cependant imaginer les possibilités… À quand un environnement Google à-la-Second-Life?

orignal

Un orignal égaré s’est retrouvé ce matin sur la campus de l’Université Laval. Le service de sécurité nous a écrit un email dont voici un extrait pour nous mettre en garde:

“On nous signale actuellement la présence d’un orignal en liberté sur le campus. Comme il semble apeuré, il est important de ne pas s’en approcher.

Nous vous demandons votre collaboration afin de suivre ses déplacements. Aussi, si vous l’apercevez, vous êtes priés d’aviser le Service de sécurité et de prévention de l’endroit où il se trouve en signalant le 656-5555.”

Je viens de les contacter pour savoir ce qui en était. Le pauvre animal a maintenant quitté le campus pour un quartier résidentiel voisin. Les services de la faune et la police sont à ses trousses.

À bien y penser, je préfère de loin un orignal en furie que d’autres visiteurs mal intentionnés comme on en a vu dans les nouvelles récemment. Hier midi, on discutait justement comment il y a 50 ans le campus était un champs. Le grand-père d’un collègue devait même venir à ses cours en raquette l’hiver! Vivement Québec, sa qualité de vie et ses bêtes de bois!

NextSat

J’ai parlé récemment (ici et ) de la mission Orbital Express, qui vise à démontrer les possibilités de réparer un satellite (NextSat) en orbite à l’aide d’un autre satellite robotisé (Astro). Cette mission semblait bien se dérouler, jusqu’à ce que…
Le 11 mai dernier, les deux engins effectuaient le scénario 3-1 de la mission, qui consistait à se séparer d’une distance de 10 mètres puis de s’arrimer de nouveau. C’est à ce moment qu’une anomalie de l’ordinateur de bord dédié au senseurs de Astro est survenue. On avait pu lire cette explication sur la page de la mission, qui maintenant est disparue (au moment d’écrire ce texte, elle est toujours dans la cache google):

During Scenario 3-1 execution on the evening of May 11, Orbital Express encountered a serious sensor flight computer anomaly on the ASTRO while stationkeeping at 10 meters separation distance from the NextSat. Onboard fault protection reacted immediately, placing the ASTRO into an abort trajectory which carried it to a hold-point 120 meters from the NextSat. The Orbital Express team has spent the past several days recovering from this fault and from problems associated with loss of relative navigation at the longer-than-anticipated separation distances for this scenario. The ASTRO has since coasted at distances of up to several kilometers from the NextSat. Both vehicles are safe. The ASTRO powered up its redundant sensor flight computer and is processing sensor data nominally. The team is in the process of developing a recovery scenario for ingress and remate, and hopes to execute this ingress in the next several days. (Posted 5/15/07)

Les satellites se sont par la suite éloignés graduellement pour se retrouver à plus de 6 km de distance. Oh que les ingénieurs de la mission devaient être stressés! Le 18 mai, heureusement pour leur cuir chevelu, Astro a finalement recapturé NextSat après huit jours de séparation. On en faisait l’annonce aujourd’hui via ce communiqué.

On y explique que Astro s’est rapproché à 3 km de son petit frère suite à plusieurs actionnements de ses propulseurs. À partir de ce moment, il a pu grâce à sa caméra infrarouge et son capteur de distance laser rétablir une trajectoire pour rejoindre NextSat. Les satellites se sont par la suite rapprochés jusqu’à ce que le mécanisme de mâchoire d’Astro agrippe NextSat.

Tout est bien qui finit bien! Même que cet accident de parcours ressemble drôlement au tout dernier scénario de la mission, où les satellites devront se séparer de 7km pour se rejoindre par la suite! Décidément, ce n’est pas évident de faire de la robotique en orbite.

pile crânes de bison
(pile de crânes de bisons, années 1870)

Selon la rubrique de wikipedia sur les animaux en voie de disparition, 40% de tous les organismes vivants répertoriés en 2006 ferait partie de cette catégorie. Ce triste état de fait a plusieurs causes: chasse (voir la photo!), destruction d’habitats, changements climatiques… Plusieurs chercheurs étudient cette question, dont Andrew Gonzalez et son groupe de collaborateurs de l’Université McGill. Ils publiaient la semaine dernière un article intitulé “Economic Inequality Predicts Biodiversity Loss” dans le journal collaboratif PLoS ONE.

Leur recherche indique que plus les inégalités économiques sont importantes sur un territoire, plus la biodiversité risque de diminuer. Ils ont comparé 45 états américains et 45 pays en regard de ces critères pour en arriver à cette conclusion. Leur modèle prédit que l’augmentation des inégalités en Grande-Bretagne ces années-ci provoquera la perte de plusieurs espèces dans les années à venir. Leur modèle indique aussi que si les États-Unis réduisaient leurs inégalités au niveau de la Suède, ceci réduirait de 44% le nombre de plantes et de vertébrés en voie de disparition dans ce pays.

Pourquoi est-ce ainsi? Les chercheurs pensent que “si on peut apprendre à partager les ressources économiques entre les membres de notre espèce, ça peut nous aider à partager les ressources biologiques avec les autres espèces.” Personnellement, j’imagine que l’éducation a un rôle à jouer dans cette histoire, encore une fois.

Source: McGill Reporter