Archive pour May 2007

Manger pour l’environnement ou pour sa santé?

Wednesday 16 May 2007

coeur terre

D’un côté, j’ai mon médecin qui me dit de manger diversifié: beaucoup de poisson, des petits fruits, boire du thé, utiliser l’huile d’olive à la place du beurre, etc. De l’autre, j’ai David Suzuki et les environnementalistes qui me disent de manger localement pour éviter de produire des GES. Le problème, c’est que les mûres, les feuilles de thé et le saumon, tout ça ne se récolte pas très bien à Québec, surtout l’hiver. C’était déjà compliqué d’avoir à choisir des aliments sains, il faut maintenant prendre en considération l’impact qu’ils ont sur la santé de la planète. Est-ce possible de concilier les deux?

Manger santé et local?
Je suis tombé sur cet article écrit par une nutritionniste qui traite du sujet. Elle réfère à ce rapport, plutôt indigeste lui-même, qui traite de la question pour le Québec. On y explique pourquoi manger local et on y suggère quelques alternatives aux aliments dont on aurait de la difficulté à se passer. Certaines suggestions font dans le grano hardcore, par exemple manger des pissenlits et remplacer le café par des infusions de glands broyés (!). D’autres sont plus réalistes, comme utiliser l’huile de canola au lieu de l’huile d’olive, remplacer le jus d’orange par le jus de pomme ou de canneberge, le sucre par le sirop, etc. Un tableau intéressant présente les fruits et légumes produits localement selon la période de l’année.

Manger du bio qui vient de loin ou du local avec pesticides?
L’alimentation a des impacts sur l’environnement, pas seulement par l’émission de GES. Les impacts peuvent être divers. Est-il préférable de manger local avec pesticides ou bio qui vient de loin? L’article “Au diable le bio… vive les pesticides!” de Daniel Chrétien dans l’Actualité du 1er juin vient nous éclairer à ce sujet.

On y apprend que faire venir 1 tonne de nourriture par bateau produit 9g de CO2/km, en train 20 g de CO2/km, en camion 114 g de CO2/km et en avion 1000 g de CO2/km. Le gros du problème réside donc dans le transport en camion, puisqu’à peu près tous les aliments passent par là. Les épiceries doivent faire leurs devoirs de logistique à ce propos. Il donne l’exemple du “brocoli cueilli au Saguenay, envoyé au centre de distribution à Montréal… pour retourner à l’épicerie du Saguenay.”

Évidemment, l’idéal serait de manger santé, bio et local. Et la plaisir de bien manger dans tout ça? Quand je suis à l’épicerie maintenant, j’ai l’impression d’être un algorithme qui fait de l’optimisation multi-critère! Mais je lâche prise assez vite en me rappelant la citation qui était accrochée au-dessus de la porte du bureau d’Einstein :

“Ce n’est pas tout ce qui compte qui peut être compté,
et ce n’est pas tout ce qui peut être compté qui compte.”

4 nouveaux robots au Temple de la renommée

Tuesday 15 May 2007

Je discutais il y a un moment du Temple de la renommée des robots. C’est aujourd’hui que la cohorte 2007 a été admise lors d’une présentation à RoboBusiness. L’université Carnegie Mellon présente dans ce communiqué les quatre nouveaux intronisés et les raisons pourquoi ils ont été choisis:


  • Nom: Lt. Cmdr. Data, personnage de Star Trek
    Raison: Pour son rôle dans l’évolution de l’idée du ‘droit de vie’ des robots et des relations humain-machine.

  • Nom: Raibert Hopper, le robot unijambiste capable de rester debout (vidéo).
    Raison: Pour avoir démontrer la possibilité qu’une machine peut garder son équilibre, laissant entrevoir les robots marcheurs. Son créateur a depuis fondé Boston Dynamics.

  • Nom: NavLab 5, véhicule autonome.
    Raison: Pas pour le design de sa carrosserie, non. Plutôt pour sa traversée des USA en 1995 “No Hands Across America.”

  • Nom: Lego Mindstorms
    Raison: Pour avoir approché les robots du grand public, et particulièrement des jeunes.

Quels robots seront choisis l’an prochain? Je vous rappelle que vous pouvez soumettre vos suggestions ici. Je viens de voter pour Optimus Primus! Pourquoi? Parce qu’il a vraiment marqué mon enfance, et celle de plusieurs autres… en voici la preuve:

Vidéo vu sur Je galère au Taff.

(Photos of Data ©Star Trek: The Next Generation Courtesy of CBS Paramount Network Television, a division of CBS Studios Inc. Photos of the Raibert Hopper ©The Leg Laboratory and Marc Raibert.)

SONIA, le sous-marin autonome de l’ÉTS

Monday 14 May 2007

SONIA submarine

Rencontrez S.O.N.I.A., le Système d’Opération Nautique Intelligent et Autonome conçu par des étudiants de premier cycle de l’ÉTS. Il s’agit d’un sous-marin complètement autonome capable d’effectuer certaines tâches grâce à son intelligence embarquée. Il peut par exemple maintenir sa profondeur, détecter et suivre un tuyau, détecter une balise, etc. Pour ce faire, il prend des décisions à la lumière de l’information fournies par ses multiples senseurs: caméras, sonars, IMU et capteur de pression. Le contrôle de la position et de l’attitude se fait grâce à l’actionnement de six turbines.

Les membres du projet viennent de remporter un Duke’s Choice Award récompensant la qualité d’une application utilisant la technologie Java. Ça se déroulait à la conférence JavaOne à San Francisco. Vous pouvez voir une entrevue donnée par un des membres et le communiqué de l’ÉTS ici, ainsi que leur présentation à la conférence ici.

Qu’est-ce qui rend unique cette application? Tout d’abord, elle fonctionne bien. L’équipe s’est classée dans le top-3 à la compétition internationale de véhicule sous-marin autonome de l’AUVSI et l’ONR les trois dernières années. Ensuite, elle utilise la technologie Java autant pour l’ordinateur embarqué que pour le simulateur du véhicule.

Pourquoi avoir choisi cette technologie pour le robot? Un membre explique en entrevue que la première raison est la facilité d’apprentissage du langage. C’est un avantage important considérant que de nouveaux membres inexpérimentés joignent leurs rangs à chaque année. Ensuite, Java leur permet d’éliminer les problèmes d’allocation de mémoire. Finalement, ça leur permet de programmer à un niveau assez élevé, sans avoir à comprendre en détail le hardware.

La prochaine compétition aura lieu en juillet, bonne chance! Ce serait certainement plaisant de gagner après cette bonne séquence, même “s’ils font ça parce qu’ils sont des geeks, pour le fun.”

Étudier l’évolution animale avec des robots

Thursday 10 May 2007

linuxBot

L’évolution animale s’est déroulée sur de longues périodes et on ne peut pas l’observer pour plusieurs espèces. On peut toujours la simuler par ordinateur, mais l’approche a ses limites. Laurent Keller, un biologiste spécialisé dans l’étude de l’évolution, discutait dans un récent podcast de “Talking Robots” de l’utilisation de populations de robots pour étudier l’évolution. Il y voit une méthode intéressante de comprendre l’interaction à l’intérieur et entre les espèces. Le plus grand défi, à son avis, consiste à trouver des personnes compétentes en biologie et en robotique pour les faire collaborer.

Il semble qu’une telle équipe dirigée par Alan FT Winfield vient de se former en Angleterre. Une annonce récente de subvention a donné le coup d’envoi du projet “Émergence de la culture artificielle dans des sociétés de robots”. Le groupe est formé d’ingénieurs, de biologistes, d’un philosophe et de théoriciens de la culture. La question profonde à laquelle ils veulent répondre est “comment la culture émerge et évolue à l’intérieur d’un groupe d’animaux sociaux?”

Pour y répondre, ils comptent placer dans un écosystème artificiel quelques dizaines de robots programmés avec certains comportements et capable d’interagir entre eux. Par exemple, ils copieront certains comportements de leurs congénères, à leur choix. À mesure que l’expérience avancera, les comportements évolueront. Les chercheurs pensent voir l’émergence de nouveaux comportements propres au groupe, une proto-culture, au cours de l’expérience. Il s’agit d’une expérience qui ne serait pas aussi réaliste si elle n’était que simulée. On lit à ce propos dans la description du projet:

Les hétérogénéités de vrais robots, ainsi que le bruit et les incertitudes du monde réel, augmentent considérablement les possibilités et la portée d’interactions inattendues entre les robots.

Avis aux intéressés, le professeur Winfield recherche des étudiants au doctorat.

Source: InternetActu

Le parc d’amusement Nintendo

Wednesday 9 May 2007

Nintendo Amusement Park

En cherchant de l’information en ligne sur les robots à câbles, je suis tombé sur le drôle de concept du parc d’amusement Nintendo. Imaginez-vous comme le vrai Mario, en train de sauter pour attraper des pièces d’or, écraser des champignons et éviter les méchants boulets de canons. Vous seriez suspendu par des élastiques, ou encore mieux un robot à câbles, qui lui-même se déplacerait sur des rails pour parcourir le trajet comme le ferait Mario. La façon dont ils s’y prendraient est présentée ici.

Le projet n’est pas endossé par Nintendo. Les concepteurs supplient la japonaise sur leur site de ne pas les trainer en cours.

Regardez le vidéo du concept, avec la narration en japonais. Checke!

Oubliez la réalité virtuelle, voici la réalité synthétique

Tuesday 8 May 2007

claytronics explication

Plusieurs interfaces existent pour visualiser et interagir avec des objets virtuels. La vue et l’ouïe peuvent être rendus assez fidèlement, quoique les casques et les environnements immersifs peuvent prendre des proportions qui rendent les systèmes de réalités virtuels peu élégants. Pour le toucher, les dispositifs deviennent rapidement encombrants. Dans une discussion récente avec mon ami Phil, il m’expliquait que les interfaces haptiques actuelles présentent toujours un compromis entre liberté de mouvement et fidélité de la sensation. Plus la sensation est réaliste, plus on est pris dans le mécanisme.

La claytronique (traduction libre de claytronics) propose une toute nouvelle façon d’aborder l’interaction avec le virtuel. Il s’agit d’un projet conjoint entre des chercheurs de Carnegie Mellon et de Intel. Ici, les objets ne sont pas que virtuels. Ils sont synthétiques et existent vraiment, on peut les toucher. Ils sont composés de minuscules sphères, les catomes, qui peuvent s’assembler pour produire différentes formes, voire changer de couleur.

L’approche permet de créer des répliques d’objets réels catome par catome. Imaginons que la forme 3D d’une personne est obtenue par des caméras. On peut transférer cette information à un site distant où sont arrangés les catomes afin qu’ils forment une réplique de la personne. Au revoir les vidéo-conférences! Par la suite, les catomes peuvent être assemblés de nouveau pour prendre une toute autre forme, comme un modèle réduit de voiture par exemple. Le vidéo ci-dessous présente le concept. D’autres vidéos, incluant certains des premiers prototypes sont disponibles ici. Plus de détails sur les caractéristiques des catomes ici.

Identifier les oiseaux dans la cours à Craig Newmark

Monday 7 May 2007

Cone experiment

Craig Newmark, le fondateur de craigslist, a installé une caméra robotisée derrière chez lui dans le cadre d’un projet nommé CONE ( pour “Collaborative Observatory for Natural Environment”). Grâce à une interface en ligne, n’importe qui peut contrôler l’orientation de la caméra, zoomer et prendre des clichés. Les photos sont ajoutées à une base de données, et les utilisateurs peuvent ensuite identifier les spécimens. Le but est d’identifier les oiseaux de la forêt Sutro et de faire participer les gens à la science.

Le projet CONE est un intéressant mélange d’ornithologie, de robotique et de jeu vidéo éducationnel, servi à la sauce web 2.0. C’est intéressant de voir le concept de web participatif aller plus loin que l’interface web. Ici, on ne fait pas que publier des messages, classer des nouvelles ou montrer nos photos. On agit sur le monde physique: on contrôle la caméra et on observe des oiseaux dans la nature pour les identifier. La quantité d’utilisateurs permet par la suite de classer des photos qui seraient difficiles à mon avis à identifier par vision artificielle. Je me demande s’ils utilisent ces données justement pour valider des algorithmes de détection…

Si le projet est concluant, d’autres caméras du genre seront installées à d’autres endroits. Le professeur Ken Goldberg de l’Université Berkeley a contribué à ce projet. J’avais déjà parlé de ce professeur, au moment où on annonçait qu’une caméra robotisée développée par son équipe était installée pour détecter un oiseau en voie de disparition.

Source: Wired.

Participez aux 24h de science 2007!

Sunday 6 May 2007

24 heures de science

Où que vous soyez au Québec les 11 et 12 mai, sortez les gamins et les moins jeunes pour le 24 heures de science.

Les activités au programme touchent pratiquement tous les domaines scientifiques: sciences naturelles, sciences humaines et sociales ainsi que les sciences pures et dures. Il y en a pour tous les goûts! Chaque activité est présentée avec le souci de rendre les sciences et les technologies stimulantes et amusantes.

Consultez la programmation pour toutes les régions sur le site officiel. Je compte bien aller voir une conférence sur les énergies nouvelles et faire mon tour à Imagine. Bon 24h de la science!

Mauna Kea, un site unique au monde

Friday 4 May 2007

Des grattes pour enlever la neige des rues à Hawaï? Surprenant, mais j’ai vu ça sur Mauna Kea, “la montagne blanche”. Cette montagne s’élève à près de 14 000 pieds. En haut, il faut pas s’énerver, l’air est rare. Et la pression est significativement plus faible. Notre paquet de Chips Ahoy, scellé à la pression normale, s’est gonflé au fil de la montée.

Mais Mauna Kea n’est pas spéciale à cause que son ascension entraine le gonflement des sacs de biscuits. Pour les Hawaïens, c’est un lieu unique, historique et un haut lieu de spiritualité. Pour les astronomes, il s’agit simplement du meilleur site d’astronomie au monde. Le site regroupe 13 télescopes utilisés par 11 pays, dont les plus grands dans les domaines optique, sub-millimétrique et infrarouge (voir spectre électromagnétique). Son emplacement est son altitude en font un lieu idéal pour observer le ciel:

  • Se trouvant au milieu de l’océan, l’écoulement de l’air autour d’Hawaï est très laminaire. Le déplacement de l’air n’est pas perturbé par les montagnes et le relief qu’on trouve sur les continents. Cette stabilité de l’atmosphère perturbe peu la lumière qui la traverse, permettant des images claires. Pour certains télescopes, ce n’était même pas assez, et ils ont installé des systèmes d’optique adaptative.
  • Les iles d’Hawaï sont les plus isolées au monde. Le ciel est noir, la pollution lumineuse peu importante. D’ailleurs partout sur l’ile, les lampadaires sont oranges, afin de faciliter la vie aux astronomes.
  • L’ile se trouve près de l’équateur, ce qui permet de voir une grande partie du ciel grâce à la rotation de la terre. Par opposition, un observatoire directement sur le pôle nord de la terre verrait toujours la même partie du ciel.
  • L’altitude est importante. Ceci permet aux télescopes d’être au dessus d’un bonne portion de l’atmosphère qui filtre la lumière. Ils obtiennent donc un signal plus complet provenant des étoiles.

Si vous avez la chance d’aller dans ce coins un jour, passez voir le coucher de soleil à Mauna Kea, c’est un spectacle incroyable (voir quelques-unes de mes photos). Certains télescopes peuvent être visités si on se prend à l’avance. Après le coucher de soleil vous pouvez redescendre au centre d’information où des étudiants bénévoles animent des soirées d’observation très intéressantes. Ne vous attendez pas à un pavillon grandiose pour accueillir les visiteurs et à une belle route asphaltée qui vous mène jusqu’au sommet. Je pense qu’ils gardent ça un peu difficile d’accès pour limiter le nombre de visiteur, qui est déjà à 100 000 par années. Autant les Hawaïens que les scientifiques ne veulent pas trop de foule sur la montagne.

À propos de la nouvelle entête

Wednesday 2 May 2007

Cliquez ici pour voir d’où vient l’image de la nouvelle entête. Je l’ai choisi parce que je trouve qu’elle représente bien les sujets traités sur le LaBlogAtoire.