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LABLOGATOIRE


Archive pour juin 2007

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Dans la série “C’est vendredi, cassons-nous pas trop la tête“, prenez deux minutes pour dire ce que vous feriez avec 12 000$ dans vos poches sur L’argent fait le bonheur.com. Ensuite, prenez deux minutes supplémentaires pour juger les suggestions des autres.

L’argent fais le bonheur est un clin d’oeil que DuProprio.com (l’entreprise de mon frère) fait au site de la chambre d’immeuble du grand Montréal L’agent fait le bonheur. Parions sur une guerre de suggestions entre particuliers et agents! D’ailleurs, je pense que c’est déjà commencé…

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Civic Hybride

Combien de pétrole a été économisé par l’utilisation des voitures hybrides durant les huit dernières années aux États-Unis? La réponse est 5,5 millions de barils de pétrole. Wow, le gros chiffre! Pas vraiment… considérant que les Américains importaient 8,5 millions de barils de pétrole par jour en 2003. On est donc loin de la coupe au lèvre, mais il faut un début à tout.

Ce nombre incroyable explique bien les enjeux économiques et politiques liés à l’énergie. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire la face cachée du pétrole. Selon l’auteur, les réserves de pétrole sont surévaluées et on risque de frapper un mur un jour ou l’autre. À 8,5 millions de barils par jour, ça risque de frapper. Quoique la plupart des pays se sont constitué des réserves importantes. On aura enfin le coup au derrière pour accélérer le développement de technologies plus propres, particulièrement dans le transport. Dans ce vidéo, l’entrepreneur environnementaliste Yvon Chouinard affirme avec un brin de sarcasme: “La bonne nouvelle, c’est qu’on va manquer de pétrole bientôt. La mauvaise, c’est qu’on a encore plus de charbon!” Tâchons de demeurer positifs…

[via GreenWombat]

Universités 2.0

26.06.2007

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[photo de la Merveille du Rouge et Or, Université Laval, Québec]

Les universités ont des clients que plusieurs entreprises, en ligne ou pas, rêveraient d’avoir:

  • Éduqués, plus à l’aise avec les nouvelles technologies que la moyenne;
  • Actifs dans des réseaux sociaux dynamiques;
  • Possédant un sentiment d’appartenance envers l’institution (voir la photo).

En fait, ces aspects ont probablement contribué au succès que Facebook connait. Devant toutes les opportunités qu’offre cette population, pourquoi les universités n’embrassent pas plus vite le web communautaire? Pour évoluer dans une université, je connais en partie la réponse: la lourdeur de l’administration et le manque de ressources. Je ne m’étendrai pas sur cet aspect, préférant plutôt discuter des avantages qu’une université aurait à y allouer plus de ressources, quitte à diminuer son budget de publicité traditionnelle.

  • Meilleure diffusion des connaissances. Le but premier d’une université est d’éduquer la population, et pas seulement ses étudiants. Souvent, les publications scientifiques prennent des mois voire des années à être publiées. Ensuite, les découvertes jugées majeures passent par le service des communications qui envoie des communiqués aux médias. Pourquoi ne pas profiter des plate-formes blogue, podcast ou videoblogue pour informer la population directement et plus régulièrement? Ces technologies sont accessibles et peu couteuses. Pour avoir été guide lors de visites pour le grand public au Laboratoire de robotique, je sais que les gens sont curieux de savoir. Ils n’ont juste pas assez l’occasion d’être en contact avec le monde universitaire. C’est d’ailleurs une des motivation derrière la création de ce blogue. Les gouvernements investissent gros pour mettre les jeunes en contact avec la science pour les y intéresser. Ce serait si simple de le faire de cette manière.
  • Contourner le manque de ressource du service de communication. Le service de communication ne fournit pas? Qu’il prenne le temps de mettre sur pied une plate-forme simple et qu’il laisse la base diffuser le message! Les étudiants, professionnels et professeurs sont dans des laboratoires et les salles de cours à longueur d’année. Ils sont passionnés de leur domaine. Donnez-leur un porte voix et ils se feront un plaisir de vulgariser leur recherche ou leur expérience pour le grand public et pour les médias.
  • Probablement le meilleur outil pour le recrutement. Les futurs étudiants sont eux aussi en ligne et participent à des communautés sur Internet. Quand ils cherchent où aller passer les trois-quatre prochaines années de leur vie pour étudier, quel est leur réflexe naturel d’après-vous? C’est certain qu’ils se dirigent sur les sites des universités. Quelle serait la réaction d’un étudiant au collégial qui veut étudier en génie, qui arrive sur un site, voit des vidéos d’un groupe d’étudiants en train d’expliquer leur travail sur une voiture de course, puis un chercheur qui explique la main robotique qu’il a conçu pour la station spatiale internationale, puis un autre qui parle de son télescope à miroir liquide qu’il rêve d’installer sur la Lune, pour finir avec un joueur-étudiant qui parle de expérience à la coupe Vanier et de l’ambiance aux matchs de football locaux? Pensez-vous que ça lui parlerait plus qu’une pancarte placée à grand frais sur le bord d’une autoroute où on peut lire le slogan vide de sens d’une université?
  • Mousser le sentiment d’appartenance pour aider au financement. J’aimerais bien, une fois gradué, savoir ce qui se passe chez mon alma mater. Ce serait à mon avis un outil intéressant pour les associations de diplômés et la fondation pour nourrir le sentiment d’appartenance et inciter à la générosité des diplômés.

Pour avoir échangé avec le responsable des communications Internet de mon université, je sais qu’ils se dirigent dans cette direction, comme bien d’autres universités. La première étape pourrait être aussi simple que d’alimenter leur fil de nouvelles plus régulièrement et de permettre aux gens de ne s’abonner qu’aux sujets qui les intéressent, comme dans mon cas pour les nouvelles scientifiques. De ce que j’ai vu, McGill est l’université québécoise qui réussit le mieux cet aspect. On est cependant très loins du MIT Tech TV.

MIT Tech TV, un exemple à suivre
J’ai découvert le MIT Tech TV la semaine dernière. Depuis, je l’ai ajouté à mon blogroll et j’aurais le goût de vous parler d’un vidéo qu’on y présente à chaque jour. Il s’agit d’un espèce de Youtube sur lequel les membres de la communauté du MIT, quiconque possédant une adresse courriel @mit.edu, peut contribuer. Leur but principal est d’y vulgariser en vidéo le résultat des recherches pour les gens de 12 ans et plus. Ainsi, les chercheurs et étudiants produisent des vidéos qu’ils présentent au grand public. Les films sont vraiment intéressants! Naturellement, le contenu est là. Cette université est à la fine pointe de plusieurs sujets technologiques qui se prêtent bien à la vulgarisation. Mais tout ça ne se fait pas tout seul. Les créateurs de contenu ont accès à du matériel et à des guides pour les aider à produire des films intéressants. En plus de présenter le savoir au grand public de façon compréhensible, les chercheurs développent leur capacité à vulgariser. Ceci doit certainement les aider dans leur travail d’enseignant et de communicateur scientifique. Bref, tout le monde y gagne, et ça ne coûte même pas cher! Quand est-ce qu’on commence?

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J’arrive d’une fin de semaine de camping, sans cellulaire ni connexion Internet sans fil. Ça fait du bien de déconnecter, au sens propre. Ça me fait réfléchir à la virtualisation des relations et à la tendance d’être de plus en plus connecté en permanence avec nos amis, nos collègues de travail, etc. Maintenant, grâce à Twitter, vous pouvez dire au monde ce que vous faites en tout temps. Sur l’image, on voir son ancêtre datant des années ‘30: une console avec des rubans de papier qui défilent et sur lesquelles vous pouvez dire à vos amis ce que vous faites. Twitter semble promis à un meilleur avenir que le messager robot (un autre abus du mot robot). Mais mon avis, c’est qu’il n’y a aucune technologie qui va battre la vraie présence de vos amis autour d’un feu de camp sur le bord d’un lac.

[ via Pasta&Vinegar, Modern Mechanix ]

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La semaine dernière, je présentais un article sur la “vallée de étrange”. La journée suivante, je tombais sur un vidéo produit par le MIT duquel les images en haut sont tirées. On y voit à gauche Domo, un robot humanoïde actuellement en développement. À droite se trouve une poupée robotisée développée par iRobot et la compagnie de jouet Hasbro.

Dans le vidéo, les créateurs des deux robots et une artiste résidente expliquent comment le concept de la vallée étrange s’applique à ces deux robots. Domo est assez loin de l’humain pour être attirant, alors que la poupée est directement dans la vallée de l’étrange et fait peur à plusieurs personnes. Il faut dire que la place qu’occupe la poupée Chucky dans l’imaginaire ne doit pas l’aider!

nao

“La robotique va passer par les mêmes phases que l’informatique personnelle” est une citation de Bruno Maisonnier, président de la compagnie Aldebaran Robotics. Il l’a énoncée dans cette entrevue à InternetActu où il parle de leur robot humanoïde Nao. Comme les ordinateurs, un robot est une machine programmable. La différence, c’est que les robots peuvent agir sur leur environnement. Il prédit que les premières plate-formes auront peu d’applications, puis que des programmes seront développés pour leur faire effectuer différentes tâches.

Cette citation va dans la même direction que le rapport dont je parlais en début de semaine. On semble s’approcher d’une époque où des standards apparaitront (systèmes d’exploitations, capteurs, actionneurs, membres complets, etc.). En fait, cette étape sera nécessaire pour faire diminuer le coût des automates et permettre leur adoption à grande échelle. Maisonnier pousse l’analogie en comparant leur Nao au premier Mac… sauf qu’il roule sur Linux. Parions que l’open source changera l’allure d’une lutte pour les standards en robotique! La NASA vient justement de rendre disponible gratuitement CLARAty, un logiciel libre pour contrôler des robots.

Monsieur Patate Transformer

Voici une photo de Optimus Patate, tirée du site du fabricant du célèbre M. Patate. Très drôle comme produit dérivé à l’approche du lancement du film des Transformers!

[via Poil]

On a tous vu des dessins animés complètement fantaisistes qui nous entraînaient dans l’histoire malgré le manque évident de réalisme. À l’inverse, vous avez certainement déjà regardé un film avec des personnages animés qui se devaient d’être réalistes, mais de petits détails, très subtils, vous empêchaient d’y croire. Vous vous trouviez alors en pleine vallée de l’étrange.

Ce concept s’applique autant à la robotique humanoïde qu’aux animations d’humains. Il est imagé dans le graphique suivant:

Vallée de l'image illustrée
Vallée de l’étrange illustrée, image adaptée de wikipedia.

L’axe vertical est la familiarité ou l’empathie: plus on est haut dans le graphique, plus on est familier avec un personnage. En-dessous de l’axe horizontal, on est révulsé. L’axe horizontal représente la ressemblance à l’humain. Complètement à gauche, on n’a presque aucune ressemblance, comme le robot industriel Kuka. Complètement à droite se trouve un humain en santé, dans ce cas-ci un gentil cowboy. La courbe pointillée représente des personnages qui bougent alors que la courbe pleine représente les objets inertes.

En partant de la gauche, plus on s’en va vers la droite, plus on devient familier. Ainsi, on ressent quelque chose de positif pour l’humanoïde Asimo ou un ourson en peluche. Puis, avant d’arriver à l’humain en santé, on passe par des personnages qui ressemblent à l’humain, mais pas tout à fait. Et ça nous dérange. Ainsi, un cadavre (inanimé) ou un Marilyn Manson (animé) nous répugne. C’est cette région dans le graphique qui se nomme la vallée de l’étrange.

Selon wikipedia, cette théorie élaborée au Japon dans les années ‘70 est contestée. Certains affirment qu’il n’y a aucune preuve scientifique pouvant la confirmer ou l’infirmer. D’un autre côté, plusieurs théories ont été tentées pour l’expliquer:

  1. Les caractéristiques humaines d’un personnage loin d’être humain ressortent. À l’inverse, ce sont les caractéristiques d’un personnage presque humain qui indiquent qu’il ne l’est pas qui ressortent.
  2. Une autre explication est que les personnages presque humains présentent des caractéristiques qu’on associe inconsciemment à un cadavre, ce qui nous répugne.
  3. Finalement, certains prétendent que ce phénomène est dû à l’évolution. Selon la psychologie évolutive, la sélection naturelle aurait favorisé des caractéristiques du cerveau qui fournissent une sensibilité et une répulsion aux petites anomalies dans l’apparence d’un membre de même espèce. Ils suggèrent que ces anomalies auraient révélé une génétique déficiente.

Disons que la dernière explication doit être considérée avec précaution. Il ne faudrait quand même pas l’utiliser pour expliquer les guerres civiles et la rivalité Québec-Montréal!

robotics challenge

Le World Technology Evaluation Center (WTEC) est une organisation américaine qui évalue l’état des technologies partout dans le monde. Ces études peuvent être commandées par différentes branches du gouvernement américain oeuvrant dans les sciences et les technologies, par exemple la NSF, la NASA, le DARPA, le NIST, etc.

Dans le cadre de nos démarches pour éventuellement démarrer une entreprise en robotique, je viens de parcourir un de leur rapport sorti en 2006 intitulé “International Assessment of Research and Development in Robotics“. Celui-ci a été écrit par des chercheurs spécialistes dans le domaine. Pour ce faire, ils ont effectué des visites et des entrevues avec des chercheurs provenant d’entreprises et de centres de recherche de différents pays: USA, Japon, Corée du Sud, Australie et en Europe. Le rapport présente l’état actuel de la robotique, compare les USA avec le reste du monde (c’est le but du rapport), et discute des défis futurs de la robotique. C’est ce dernier aspect qui m’intéressait plus particulièrement.

Suivez le lien pour voir le résumé (dont l’image en haut est tirée) que j’ai fait des défis en robotique présentés dans ce document. Ils sont séparés suivant la classification du rapport:

  1. Véhicules robotiques
  2. Robotique spatiale
  3. Humanoïdes
  4. Robots industriels, personnels et de service
  5. Robotique médicale et applications biologiques
  6. Réseaux de robots

Bien que chacun de ces domaines présente certaines particularités, il y a plusieurs thèmes qui se répétaient:

  • L’interaction avec le monde réel. Les robots devront aller plus loin qu’observer le monde qui les entoure. Ils devront être capable de prendre des objets, les manipuler, assembler, construire, réparer, etc. Pour ce faire, leur mécanique devra s’améliorer conjointement avec leurs programmes. Ceux-ci devront mieux intégrer l’information provenant de différents capteurs tactiles, visuels et autres.
  • La mobilité et la navigation. Que ce soit pour un véhicule mobile sur terre, sous la mer ou dans l’espace, plusieurs défis demeurent. Le robot devra être plus en mesure de savoir où il se trouve et de prendre des décisions sur les chemins à parcourir pour accomplir la tâche commandée. Les méthodes utilisées en ce moment devront être améliorées pour couvrir de plus grands espaces et être plus robustes.
  • L’interaction humain-robot. Les robots ont de plus en plus la capacité d’évoluer dans des environnements non structurés. La diminution de la main-d’oeuvre disponible et l’augmentation des personnes à s’occuper entraîneront un vide dans la société que les robots pourront remplir. Pour ce faire, ils devront pouvoir cohabiter et collaborer avec les humains de façon sécuritaire et efficace. Pour la sécurité, de grandes améliorations devront avoir lieu tant au niveau mécanique que logiciel. De plus, l’interaction avec les robots devra se faire de façon plus naturelle que par la programmation pure et dure. Ceci permettra à plus de gens de pouvoir interagir avec eux et ainsi favoriser leur acceptation.
  • L’accessibilité des composantes. Comme n’importe quel domaine nouveau, les chercheurs en robotique développent beaucoup de composantes sur mesure. Afin de rendre les robots accessibles, certaines composantes (capteurs, actionneurs, voire bras, mains, etc.) deviendront des standards, seront produites en bonne quantité et leur coût diminuera.

Suite à la lecture de ce document, je suis encore plus convaincu que la robotique s’apprête à connaître une période de forte croissance. C’est même déjà commencé. D’un côté, les changements dans la société feront que plus de gens voudront des robots. En même temps, les technologies arrivent à maturité. On a justement offert au paternel un Dirt Dog de iRobot pour la fête des pères. C’est le premier robot qu’il côtoiera. Parions que ses petits enfants n’auront pas à attendre jusqu’à 60 ans pour voir arriver un robot dans leur maison!

Si ça ne mord pas, j’ai presque le goût d’essayer ça, une flash-light et la chanson de Top Gun! J’ai quand même préparé un article pour mardi et un autre pour mercredi.