Archive pour juin 2007

Quelques compagnies web dans la Canada Profit 100

Mardi 5 juin 2007

profit 100 logo

Le classement des 100 entreprises canadiennes ayant la plus forte croissance du chiffre d’affaires durant les 5 dernières années vient de sortir. On dénombre du lot plusieurs compagnies qui touchent au web comme des hébergeurs, des compagnie de IT, etc. Cependant, peu d’entre-elles sont des entreprises dont la principale activité est d’opérer un ou des sites web.

On note quand même la présence de:

  • Kaboose, No 16, un portail destiné aux familles qui a le vent dans les voiles.
  • Communicate.com, No 17, un ensemble d’excellents noms de domaines qui doivent générer du trafic en bonne quantité.
  • CoastalContacts.com, No 18, qui vend des lentilles cornéennes par Internet.
  • MediaWave, No 49, qui vend des produits pour la maison en ligne.
  • DuProprio.com, No 90, site de vente d’immobilier sans intermédiaire dirigé par mon frère, Nicolas Bouchard. Voir l’annonce sur le blogue de ByTheOwner.

À votre avis, est-ce qu’il y aura plus d’entreprises web dans ce classement dans les années à venir?

Google Transit prend la voie rapide

Lundi 4 juin 2007

Google transit example

Google vient d’améliorer son Google transit, qu’il avait lancé en décembre 2005. Ce système permet de créer votre itinéraire de transport en commun du point A au point B. Google Transit vous indiquera où prendre le bus, le métro ou le train, le prix qu’il vous en coûtera, et la distance que vous aurez à marcher.

Malheureusement, ce service n’est disponible pour l’instant que dans quelques villes américaines et dans une ville japonaise. Ce sont les agences de transport qui doivent intégrer leurs horaires et itinéraires. Cependant, elles peuvent le faire gratuitement. Vous voulez que Montréal ou Québec soit la première ville canadienne à utiliser le service, dépêchez-vous de contacter la STM ou le RTC! À moins que vous ne soyez une équipe de programmeurs et désirez faire un stunt publicitaire en le faisant pour eux…?

Les nouveautés sont principalement une meilleure intégration du système à Google Earth et Google Maps. Par exemple, des icônes des arrêts d’autobus seront visibles à même les cartes. Quand on recherche l’itinéraire pour se rendre à un commerce, Google suggère un itinéraire via le transport en commun.

J’imagine qu’avec le nombre de personnes qui utilisent Google Maps pour trouver leur chemin, ça donnera un coup de pouce au transport en commun. Ça vient régler un problème du transport en commun qui est de savoir où, quand, comment prendre le bus.

Vaincre les dernières barrières à l’entrée
À mon avis, un service comme Google Transit pourrait devenir une des plus grandes raisons de l’adoption du transport en commun.

Un des aspects désagréables du transport en commun est l’attente. Si les bus étaient équipés d’un système de GPS (plusieurs le sont déjà) et transmettaient l’information de leur position en temps réel, on pourrait savoir quand ils arriveraient à notre arrêt à la minute près. On ne s’y rendrait qu’au bon moment.

Un autre désavantage du transport en commun est le manque de flexibilité. C’est en quelque sorte du transport à la chaîne: beaucoup de personnes voyageant dans peu de gros bus. Pourrait-on s’imaginer un système où les trajets et les véhicules sont ajustés en temps réel pour fournir à la demande? On se connecte, on indique comme des centaines d’autres l’heure à laquelle on veut prendre le bus et notre destination, et on reçoit un message nous indiquant l’heure exacte de notre départ. Combinez ça à un système de transit personnel tel que celui offert par la compagnie Advanced Transport System (photo) et vous avez un tout nouveau mode de transport qui fait vraiment paraître le tramway comme un dinosaure.

prt.jpg

 

Si j’étais un service de covoiturage comme Allo-Stop ou CarPoolTool, je sauterais sur l’occasion offerte par Google Transit. Ce serait trop efficace d’avoir l’emplacement des gens qui veulent voyager sur un carte Google, avec le moment désiré pour leur voyage. Et pourquoi pas tant qu’à y être faire un Allo-Stock, où des marchandises pourraient combler des espaces vides dans des véhicules pour se rendre à destination à faible coût?[Via WorldChanging]

Est-ce que le Kazakhstan exporte vraiment du potassium?

Lundi 4 juin 2007

J’ai finalement regardé Borat en fin de semaine. Dans l’hymne nationale qu’il chante au Texas (vidéo), il nous informe que le Kazakhstan est le plus important exportateur de potassium au monde.

Est-ce que c’est vraiment important dans ma vie? Non, mais ma curiosité l’a emporté. Quand je me pose une question du genre sur un pays, je me dirige tout de suite vers le petit livre des pays écrit par la CIA. Ce guide est idéal pour avoir une idée rapide de ce qui se passe dans un pays. Ce doit être très pratique quand tu es un espion de la CIA. Sur la page du Kazakhstan, on ne trouve aucun mention du potassium… laissant croire que Borat est vraiment une comédie. L’information est aussi confirmée ici.

Robots SME : L’initiative robotique européenne

Dimanche 3 juin 2007

sme_robot.JPG

Mais où sont donc les robots? Dans les années 70-80, on s’imaginait les voir partout en l’an 2000, nous aidant dans nos tâches de tous les jours. Les robots sont là, il y en a plus d’un million en utilisation dans le monde. Mais on ne les voit pas, la grande majorité se trouvant dans les grandes usines. Et même dans les usines, ils sont isolés des employés pour éviter des accidents. S’il n’en tient qu’aux industriels et chercheurs membres du consortium européen SME Robots, cette situation est sur le point de changer.

La robotique au service des PME
SME, c’est pour “small-medium enterprise”. Le but du projet est donc de concevoir une nouvelle génération de robots que les PME (250 employés et moins) pourraient utiliser. Actuellement, le coût des robots et leur manque de flexibilité (longs et compliqués à programmer, difficulté à changer de tâches, lourds, etc.) les tiennent à l’écart des PME. Pour régler cette situation, trois innovations clés sont nécessaires:

  1. Les robots doivent être capable de comprendre des instructions en langage humain (voix, geste, graphique, touché, etc.).
  2. Les robots et les humains doivent pouvoir occuper un même espace en toute sécurité et collaborer.
  3. Les robots doivent pouvoir être fonctionnels en maximum trois jours.

Les robots développés devront se vendre au tiers du prix des robots actuels. Pour y arriver, une production de masse sera inévitable. Une approche modulaire sera nécessaire, pour avoir des robots de type plug & play.

Mon superviseur (via Ilian Bonev) nous a référé à ce vidéo très intéressant, produit par SME robots, qui explique le but et les défis reliés au projet. On y voit deux employés d’un atelier qui s’imaginent le robot idéal pour les aider. Dans les animations, on peut reconnaître une adaptation du bras de l’agence spatiale allemande (DLR), le plus proche rival du bras canadien.

GM, en collaboration avec le Laboratoire de Robotique de l’Université Laval, avance un projet de collaboration humain-robot qui poursuit sensiblement les mêmes objectifs.

MnemoPark: théâtre technologique touchant

Dimanche 3 juin 2007

mnemopark train

Je suis allé voir MnemoPark vendredi passé à la Bordée. Pour cette pièce, un modèle réduit à l’échelle 1/87 d’un village suisse est installé sur la scène. Un petit train équipé d’une caméra peut la parcourir (photo, + de photos ici) et les images qu’il capte sont projetées sur un écran. Un écran vert permet aussi à certains moments de superposer les acteurs à l’image projetée, pour faire comme s’ils se trouvaient dans la maquette. En fait, les cinq acteurs n’en sont pas vraiment. Quatre d’entre eux sont des retraités suisses qui ont fabriqué la maquette dans leurs passe-temps. Pour en savoir plus sur le contenu de la pièce, je vous invite à lire ce texte de mon parrain, qui m’a offert les billets (merci Jean!). Je me suis bien amusé durant la pièce… et après la pièce, puisqu’on peut aller visiter la mini-Suisse et discuter avec ses créateurs.

Combiner art et technologie
Cette pièce est un exemple bien de son temps d’un hybride entre l’art et la technologie. L’informatique et l’électronique envahissent l’art, comme tous les autres champs de connaissances. C’est intéressant de voir comment les créateurs utilisent ces nouveaux moyens.

Plusieurs centres de recherche sur les arts technologiques sont apparus ces dernières années un peu partout dans le monde. Ceux que je connais près de nous: Hexagram et la SAT à Montréal, le LAMIC et le LANTISS à l’Université Laval.

D’ailleurs, le LAMIC travaille à une idée similaire à celle de MnemoPark en collaboration avec le laboratoire de robotique de l’Université de Sherbrooke. Ceux-ci vont équiper un de leur robot mobile avec une caméra pour des expériences en muséologie.

Pour ceux que ça intéresse, le LANTISS participera à une journée de démonstrations samedi le 9 juin à Méduse pour souligner les dix ans de la Caserne de Robert Lepage, pionnier dans le domaine. Jean-Philippe Jobin, un collègue du Laboratoire de Robotique de l’Université Laval, présentera pour la première fois la scène déformable qu’il a construite en collaboration avec le LANTISS et le LVSN. Vous pouvez avoir un aperçu de son travail ici.

La place du Québec dans le paysage web canadien

Vendredi 1 juin 2007

Mesh logo modifié

Est-ce que les “deux solitudes” de Michaëlle Jean existerait même sur l’Internet? Même si ce média est ouvert et transcende les frontières, est-ce que l’isolement culturel entre les francophones et les anglophones du pays se retrouve aussi en ligne?

J’arrive de la conférence Mesh, où j’ai pu rencontrer une communauté d’entrepreneurs toute autre que celle dont je lis les blogues écrits au Québec. Sur 400 participants, je n’ai rencontré que 4-5 qui venaient du Québec à part nous, dont un étudiant de McGill, les fondateurs de StandoutJobs.com, et évidemment quelques représentants de Canoë, qui commanditait le premier dîner (merci pour les sandwiches les gars). Il n’y avait personne de Québec à part moi et Bass, de DuProprio.com. Pourtant, les invités valaient vraiment le déplacement, avec des présentateurs de Techcrunch, Edelman (CEO de la plus importante firme de PR au monde), boss de eBay Canada, responsable du forum de Dell, CEO de Craigslist, fondateur de Expedia, et j’en passe.

Dans l’auditoire se trouvaient plein d’entrepreneurs gonflés à bloc qui échangeaient sur leurs projets. Je me sentais vraiment en pleine ruée vers l’or. Tout le monde veut profiter des nouvelles opportunités du web 2.0. La plupart des projets ne se limitaient pas au Canada. C’était très intéressant de discuter avec eux. Ça m’a aussi fait remarquer la particularité de notre situation au Québec et comment ça influence le développement de sites web et de communautés en ligne à partir d’ici.

Au Québec, on parle français.
Ouais pis, qu’est-ce que ça implique? À mon avis, c’est un couteau à double tranchant.

Le danger, c’est de se limiter à ce marché, de se contenter de faire une version québécoise de ce qui marche ailleurs pour couvrir notre petite île culturelle. Canoë sont des experts là-dedans, avec leurs sites de jobs, de rencontres et plus récemment leur réseau social. Leur situation est particulière. Leur convergence leur a permis de booster leurs sites et de prendre beaucoup d’espace rapidement, s’assurant une grande part du petit marché. Qu’en est-il des autres sites qui visent à créer une communauté pour assurer la croissance du site, et qui n’ont pas TVA pour se promouvoir? De ce que je vois, ça ne semble pas facile. Je pense entre autre à Nuouz et je suis curieux de voir comment MonAvis se développera.

J’ai posé la question à plusieurs personnes à Mesh: “Allez-vous faire une version francophone?” Dans tous les cas, la réponse a été non. Le monde se fout du Québec, ils visent le marché anglophones, des centaines de fois plus important. Le bon côté d’évoluer dans une langue dont personne ne veut se casser la tête avec, c’est que ça va nous créer une pochette protectrice. C’est notre ligne défensive qui nous donne le temps de développer nos trucs en paix, de préparer la longue passe. Servons-nous de ce répit pour développer des trucs splendides en français sans être sous les radars, mais toujours avec l’idée de créer un produit universel qu’on peut flipper en anglais rapidement. L’argent recueilli au Québec peut même solidifier la compagnie pour affronter la compétition en anglais.

De plus, la francophonie ne se limite pas au Québec, si je me fie à la proportion de visiteurs qui viennent sur ce blogue en provenance d’ailleurs dans le monde. Plusieurs gros sites communautaires ont de la difficulté à convertir leur site à d’autres langues et cultures lorsqu’ils veulent joindre plus de gens. Le gars de Dell nous expliquait que c’était un de leur gros défi pour les prochaines années. Nous, ça vient par défaut, on n’a pas le choix de toujours penser en deux langues quand on développe. Pourquoi pas en 20?

Les avantages du Québec
Honnêtement, on a tout ici pour lancer de belles compagnies technologiques qui s’exporteront: Des gens compétents, créatifs, une qualité de vie incomparable, un coût de la vie décent, quatre saisons, du plein-air, une culture originale, des liens avec l’Europe et l’Amérique… Même des gens de Toronto pensent que Québec est sous-évalué.

On est tout de même bien placés pour tirer notre carte du jeu. Pendant que tout le monde part à la ruée vers l’or des communautés en ligne, le Québec fournit quelques pelles: jeux vidéos et hardware de télécoms. Tâchons de capitaliser là-dessus.

Tout ce qu’il nous manque, je pense, c’est un peu de vision et de confiance. Et c’est sûr que les investisseurs auraient avantage à se réveiller. On est tous un peu Gratton. Faisons ressortir notre côté “Think big” un peu plus! Et soyons plus nombreux à Mesh l’an prochain, ça vaut la peine.