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LABLOGATOIRE


Archive pour août 2007

cnn robots
[photo CNN Money]

Mes amis étudiants en robotique seront heureux d’apprendre que leur profession est en forte demande actuellement, résultant en des salaires plutôt intéressants. Ils peuvent remercier pour ça la concurrence mondiale que tout le monde craint. Selon le petit article de CNN, “Pour comptitionner, les manufacturiers doivent automatiser davantage la production afin de la rendre moins coûteuse.” Ça sonne presque cliché. Dommage que pour l’instant, ils doivent s’exiler hors du Québec. On essaiera de remédier à ça à notre façon en faisant ce qu’on peut pour sortir les robots du laboratoire

[via Artificial Intelligence and Robotics]

anatomy of buzz cover image
[image sur la couverture de "The Anatomy of Buzz"]

Cet article est le troisième et dernier article inspiré de ma lecture de “The Anatomy of Buzz”, un livre qui explique le fonctionnement du bouche-à-oreille (les deux autres sont celui sur les blogueurs corbeaux et celui sur les noeuds principaux dans les réseaux sociaux).

La première condition pour faire parler de votre produit, c’est qu’il soit exceptionnel. Qu’est-ce qui fait donc qu’un produit est assez spécial pour qu’il soit digne que des gens en parlent entre eux? Ici, on peut prendre produit dans un sens assez large. Ce peut être un objet ou un service certes, mais par expérience on peut aussi appliquer ça à des articles de blog ou des publications scientifiques. Dans le livre, l’auteur présente six caractéristiques d’un produit qui favorisent le bouche-à-oreille.

  1. Provoquer une émotion
    À la question “qu’est-ce que t’as fait aujourd’hui?”, on répond toujours en premier ce qui nous a fait vivre quelque chose un tant soit peu spécial. Pas étonnant que tant de commerces mettent l’emphase sur l’expérience que vivent leurs clients. L’auteur donne l’exemple du Projet Blair et d’autres films d’horreur qui provoquent la peur, et dont on adore parler. Naturellement, ce n’est pas tout le monde qui a la chance que ce soit positif de faire peur à ses clients. D’autres produits sont plus sexys que d’autres. On n’a pas tous des BMW décapotables à vendre. Peut importe ce qu’on a à offrir, une bonne façon de créer de l’émotion est d’arborer une attitude humble tout en présentant un produit superbe. D’aller au delà des attentes est une bonne façon de satisfaire les gens.
  2. S’annoncer lui-même
    Si votre produit se distingue à l’oeil par rapport au reste, vous êtes déjà bien partis. Si en plus il se déplace, s’envoie ou se transmet pour toucher différents réseaux, alors c’est encore mieux. Pour reprendre un exemple de voiture, une New Beatle présentait à sa sortie cet aspect de se distinguer au travers de la foule. Vous vous souvenez des babioles qui devenaient populaires à l’école primaire? À chaque fois qu’il en avait une qui sortait, tout le monde demandait d’où elle venait et c’était parti. Un autre exemple est ce que j’ai devant moi au moment d’écrire ce texte, un iMac. Cette compagnie a toujours joué la carte du design distinctif pour que ses produits s’annoncent par eux-mêmes. Je me rappelle aussi les premières fois que j’ai vu un snowboard sur des pistes de skis…
  3. Laisser des traces
    L’exemple classique est Hotmail à ses débuts. Chaque courriel envoyé avait comme pied de page un petite phrase faisant la promotion du service. Plus récemment, BlackBerry utilise la même technique en ajoutant un “Envoyé avec un BlackBerry” à la fin de tous les messages. De façon similaire, les logos de Kodak derrière les photos de notre enfance sont toujours visibles à chaque fois qu’on retourne les voir.
  4. Devenir plus utile avec plus d’utilisateurs
    Disons que cet aspect est drôlement mis à profit dans toute la vague de réseaux sociaux actuelle. À quoi ça me sert d’être sur Facebook si aucun de mes amis ne s’y trouve? À rien, alors je les invite. Au Moyen-Âge, on a vécu la même chose avec les machines de fax. Plus mes partenaires d’affaires avaient de fax, plus mon fax avait de la valeur.
  5. Être compatible
    Cet aspect est clair pour tout ce qui touche à l’informatique. L’incompatibilité est réellement un buzz-block. Ça rend l’adoption d’un produit très difficile, voire impossible. Comment voulez-vous qu’on en parle si on n’est même pas capable de l’essayer?
  6. Simplifier la vie à quelqu’un
    Encore une fois, le but est de rendre l’acceptation plus facile afin de pouvoir toucher plus de monde. Autrefois, prendre une photo était compliqué. Lorsque Kodak sont arrivés avec une caméra où on n’avait qu’à appuyer sur un bouton, ça a été un succès éclatant. Les gens adorent la simplicité et ce qui leur fait sauver du temps. En plus, ça rend leur tâche d’en parler à leurs amis beaucoup plus facile: “Tu appuies sur le bouton, et le robot-aspirateur se met à nettoyer la pièce!”

Voyez-vous comment ces exemples peuvent s’appliquer à ce que vous faites? Sachez cependant que, d’après l’auteur, d’avoir un produit exceptionnel n’est pas tout. Il faut mettre de l’énergie pour accélérer la contagion naturelle. Pour reprendre son expression, “il faut qu’il y ait quelqu’un qui soit complètement obsédé par l’idée de passer le mot”. Je dois avouer là-dessus qu’il m’a confronté. Avant cette lecture, j’étais plutôt d’avis qu’un excellent produit finissait par se promouvoir par lui-même. Mes expériences récentes autant pour waka.ca que pour mes projets de démarrer une entreprise de robotique m’ont confirmé qu’il a raison. Il faut faire beaucoup d’effort pour générer le bouche-à-oreille autour de ce qu’on fait. À moins bien sûr que vous soyez une célébrité controversée qui fait les beaux jours des paparazzis!

3D models

L’image ci-dessus présente le résultat de travaux que j’ai effectué avec des amis du Laboratoire de vision et systèmes numériques (LVSN). Il s’agit de modèles 3D d’objets de différentes tailles qu’on a acquisitionné avec le robot à câbles montré ci-dessous.

cable robot

J’avait glissé un mot sur notre projet dans cet article sur la numérisation 3D automatisée. J’en reparle aujourd’hui parce que mes collègues du LVSN présentaient la semaine dernière notre papier intitulé “A Cable-driven Parallel Mechanism for Capturing Object Appearance from Multiple Viewpoints” à la conférence 3DIM.

Les modèles présentés sont le résultat de la combinaisons de plusieurs centaines de photos prises automatiquement par une caméra embarquée sur un robot à câbles. La géométrie est approximative comparativement à ce que d’autres méthodes pourraient donner, comme avec un laser par exemple. Cependant, puisqu’on part de photos, le rendu est vraiment réaliste. L’utilisation de photographies permet aussi de tenir compte qu’un point de l’objet peut avoir différentes couleurs selon le point de vue duquel on le regarde. De plus, une caméra photo est vraiment moins chère que les capteurs lasers.

Un autre point intéressant du système est sa capacité à s’adapter à plusieurs échelles. On peut l’utiliser pour numériser une motoneige de 2.8 m de long, un buste de Richelieu d’une soixantaine de cm, un panache de chevreuil ou encore une petite statuette. D’ailleurs, c’était assez drôle de descendre la motoneige de mon père dans le sous-sol de l’Université pour aller la prendre en photo…

Une fois qu’on a eu plusieurs résultats, on a parlé à quelques personnes pour voir si ça ne pourrait pas les intéresser. On est allé voir des gens de jeux vidéo. Bien qu’ils aient trouvé les résultats intéressants, mon sentiment est que leurs affaires vont tellement vite et bien qu’une technologie doit être vraiment prête et avantageuse pour qu’ils se mettent à l’utiliser. De plus, la méthode doit s’arrimer parfaitement avec les outils qu’ils utilisent déjà. Dans notre cas, ce n’était pas évident parce que notre forme 3D n’était pas du tout obtenue en fonction d’être animée par la suite. De plus, même si on a une méthode automatisée, elle doit être vraiment pas chère parce que dans la conception 3D comme ailleurs, le cheap labor existe.

Une application qui, je pense, pourrait être intéressante est la numérisation pour le commerce en ligne. En effet, imaginez un commerce qui vend des objets dont l’apparence est importante et dont l’inventaire est considérable, comme les meubles par exemple. Si un IKEA de ce monde a un système pareil dans son entrepôt, tous ses meubles passent par le scanner et on les retrouve en ligne en 3D. On peut alors les regarder de tous les sens pour avoir une bien meilleure idée du produit. En plus de servir celui qui se cherche un divan, j’imagine que ça le ferait jaser.

Par ailleurs, avec tous les mondes virtuels qui se bâtissent à grande vitesse, je suis certain que Michel Leblanc trouverait une application à notre robot.

depart demi-marathon

En fin de semaine je prenais part au demi-marathon des deux-rives, reliant Lévis au Vieux-Québec. On y présentait aussi le marathon, le 10km et le 5km. J’ai eu beaucoup de plaisir à courir avec les quelques milliers d’autres personnes qui prenaient par à la course. Si vous avez un intérêt pour la course et que vous songez à participer à un événement du genre un jour, je vous donne sept raisons pour que ce soit à l’édition 2008 du marathon des deux rives:

  1. Pour le départ
    On a beau faire ça pour le plaisir, le matin de la course, on est toujours nerveux. Quand on se pointe au départ, on vit un bain de foule avec une frénésie que j’ai rarement vécue ailleurs. On sent une grande solidarité, tout le monde s’apprête à donner tout ce qu’il a.
  2. Parce que Québec aura 400 ans
    En 1608, les premiers colons s’installaient dans la Vieille Capitale. J’ai un énorme respect pour ces aventuriers qui risquaient gros pour venir jusqu’ici, et qui par la suite ont dû travailler dur pour y survivre. L’an prochain, inspirez-vous de ces hommes et femmes pour vous lancer un défi, peu importe la distance. Venez leur faire honneur en marchant ou en courant sur Québec, 400 ans après leur arrivée.
  3. Pour traverser en plein milieu du pont de Québec à la course
    Le pont de Québec, le plus long pont cantilever au monde, est un monument du génie civil possédant une riche histoire. De courir en plein milieu, au dessus de fleuve St-Laurent, constitue un moment unique qui vous donnera certainement autant d’énergie qu’un verre de Gatorade.
  4. Pour courir sur le boulevard Champlain tout neuf
    Après avoir traversé sur la rive nord, on emprunte le boulevard Champlain (nommé justement en l’honneur du fondateur de Québec) qui longe le fleuve. Jusqu’à l’arrivée, on cours au fil de l’eau. L’an prochain, des travaux visant à le retaper pour l’anniversaire de la ville seront complétés. Cette artère était déjà un plaisir à emprunter, ce sera encore plus vrai l’année prochaine!
  5. Pour vous motiver à vous tenir en forme toute l’été
    La course a lieu à la fin août. Ayant cette date en tête au début de l’été, ça donne un but concret pour aller courir dès qu’on le peut durant la belle saison.
  6. Pour le dernier kilomètre
    Le dernier kilomètre peut être éprouvant, mais la foule saura vous donner l’énergie qu’il faut pour aller jusqu’au bout. Ce ne sont pas que les gagnants qui sont acclamés. La foule sait reconnaître quelqu’un qui a donné un effort durant sa marche ou sa course. Aujourd’hui, il y a une dame qui a arrêté de courir 200m avant la fin, faisant signe qu’elle n’en pouvait plus. La foule s’est mise à crier, assez fort pour qu’elle reparte à la course jusqu’au fil d’arrivée. J’imagine les frissons qu’elle a eus à ce moment!
  7. Pour votre satisfaction personnelle
    Ce genre de défi, on le fait en premier pour soi. La distance importe peu. C’est un contrat avec soi-même. Au final, on éprouve une grande satisfaction et une fierté personnelle.

Je vous ai convaincu? L’événement a lieu le 24 août l’an prochain.

headphones baby
[photo: Beaukiss Steve sur Flickr]

Si vous êtes un amateur de musique, il vous est sûrement arrivé d’avoir un moment de délire joyeux et intense à l’écoute d’une chanson qui vous “parle”. D’où est-ce que ce sentiment provient? Après tout, ce ne sont que des vibrations produites par des cordes, des percussions ou des cuivres. Daniel Levitin, professeur de psychologie à l’Université McGill, tente de répondre à cette question dans son livre qui sortira la semaine prochaine : “This Is Your Brain on Music“.

Évidemment, je n’ai pas lu le livre. Mais une entrevue sur CBC et un document sur son site web (bon site pour un chercheur d’ailleurs!) nous donnent quelques pistes. D’abord, la question vaut la peine de se poser. Comme il le mentionne, “Partout où les humains se rassemblent, il y a de la musique: mariages, funérailles, graduation, guerre, événements sportifs, prières, dîners romantiques…” C’est vrai pour toutes les cultures, peu importe le degré d’avancement technologique.

Qu’est-ce qui se passe donc dans notre cerveau quand on écoute une musique qui nous plaît? Il semblerait qu’elle “active littéralement toutes les régions du cerveau qui ont été analysées par les neuro-scientifiques.” Plus particulièrement, la musique aide à activer les régions qui modulent le niveau de dopamine — l’hormone du plaisir — dans le cerveau. Ces régions sont clairement identifiées comme le centre de la récompense quand un addict (drogue, jeux de hasard, etc.) reçoit sa dose. Donc pas étonnant que certains se considèrent comme accro de la musique! Elle joue aussi un rôle sur la régulation d’autres hormones dans le cerveau et peut avoir un impact direct sur le rythme cardiaque, la respiration et la pression sanguine.

D’un point de vue psychologique, Levin affirme que notre cerveau est toujours en train d’anticiper, consciemment ou pas, ce qui va arriver ensuite. Les bons compositeurs savent jouer sur ça et créer quelques “surprises” dans leurs chansons. Quand on écoute des chansons pour la première fois, notre cerveau est exité car il vient d’apprendre quelque chose de nouveau.

Voilà ce qui explique très sommairement ce qui se passe quand la musique entre dans nos oreilles. Pourquoi est-ce ainsi? C’est un peu comme se demander pourquoi les lois de la nature sont ce qu’elles sont. Même Levin l’ignore. Toujours est-il que ça nous permet d’utiliser la musique pour augmenter nos émotions, ou pour nous mettre dans un état émotif souhaité. On peut l’utiliser pour le motiver, se relaxer, se concentrer, selon nos goûts musicaux. Parce que ce qui me détend peut très bien vous énerver, surtout si je vous l’impose.

Il soulève aussi un point que je trouve intéressant. La musique est en nous, même à partir d’un jeune âge. Alors pourquoi est-ce qu’on arrête, pour la plupart, d’en jouer? Le chercheur affirme que ça n’a pas toujours été comme ça. Avant, la musique était participative, tout le monde y prenait part. Ce n’est que depuis l’arrivée des salles de concerts il y a 400-500 ans que les performeurs et l’audience se sont séparés. Aujourd’hui, chaque fois qu’on ose chanter, on se compare aux professionnels. Parce que ça sonne la canne, on s’abstient. Mais c’est peut-être la raison qui explique le succès de Guitar Hero!

scène robotique de l'Université Laval
[photo: Jean-Philippe Jobin, Laboratoire de robotique de l'Université Laval]

Au début du mois se déroulait la conférence SIGGRAPH à San Diego, qui rassemble un beau mélange d’artistes numériques, de chercheurs et de gens de l’industrie dans le domaine de l’infographie et des techniques interactives. Plusieurs universitaires et entreprises y présentent des innovations à la fine pointe dans les applications du 3D, les effets spéciaux au cinéma, etc. Des collègues du Laboratoire de robotique, du Laboratoire de vision numérique et du LANTISS ont eu le privilège de présenter leur travail sur une scène de spectacle dynamiquement reconfigurable (photo). Je vous invite à visionner le vidéo de la scène qu’ils y ont présenté. L’effet de la surface discrétisée qui se déforme est vraiment intéressant. À mon avis (biaisé, naturellement), la scène pourrait faire un spectacle à elle seule! Pour avoir des explications sur le projet, visitez la page bien détaillée du laboratoire de robotique sur la scène de spectacle dynamiquement reconfigurable.

angelina jolie latin tatoo
[photo: Magazine Rolling Stone]

Angelina Jolie arbore un tatouage écrit en latin sur lequel on peut lire “Quod me nutrit me destruit”: “Ce qui me nourrit me détruit” (photo). Cette phrase, plutôt noire à prime abord, m’a souvent fait réfléchir. Je ne sais pas ce que signifie précisément cette phrase pour madame Pitt, mais je trouve qu’elle s’applique de façon plutôt générale à plusieurs aspects de la vie.

  • Évolution
    L’évolution nous a doté à une certaine époque de plusieurs mécanismes qui aujourd’hui sont devenus des désavantages. Pour la première fois depuis longtemps, l’espérance de vie des nord-américains sera plus courte que celle de leurs parents. La raison est l’obésité. De pouvoir emmagasiner de l’énergie sous forme de graisse à une époque lointaine a permis à nos ancêtres de survivre et de passer leurs gènes à leurs enfants. Cette caractéristique qui nous a nourrit durant des générations cause à présent notre perte. De la même manière, notre tempérament agressif nous a aidé à nous défendre avec ardeur dans le passé pour survivre. Aujourd’hui, on nie cet aspect de notre nature pour pouvoir fonctionner en société. Quand ça ressort, les résultats sont souvent désastreux. On ne peut aussi s’empêcher de penser à l’industrialisation, qui nous a bien servi un moment, mais qui aujourd’hui menace l’environnement qui nous soutient.
  • Tourisme et développement urbain
    En voyage sur des îles d’Hawaï, j’ai ressenti une certaine tristesse chez les habitants. Sur la grande île par exemple, on a accepté de construire des télescopes sur une montagne sacrée à un moment où l’économie était à plat. Tout le monde avait alors accueilli la nouvelle positivement. De la même manière, la progression du tourisme sur l’archipelle a permis à plusieurs familles d’augmenter leur niveau de vie. Aujourd’hui, ces développement ont complètement dénaturé ce que les touristes eux-mêmes sont venus voir. Ce qui a nourrit les locaux à une certaine époque est aujourd’hui la cause de leur malheur.
    Plus près de nous, je suis un vrai partisan de Québec, la ville que j’habite. La raison est la combinaison de la qualité de vie qu’on y trouve, des opportunités professionnelles et de la proximité de la nature. J’y travaille à développer des entreprises avec un sentiment de contribuer à sa croissance. Or, ce qui est positif pour la ville aujourd’hui finira un jour par dégrader sa nature, ce pourquoi on veut la développer.
  • Croissance personnelle
    À mesure qu’on avance dans la vie, on acquiert des aptitudes et des connaissances. Celles-ci nous permettent de se créer un certain confort: on vit plus à l’aise, on a moins besoin d’apprendre, etc. On a travaillé fort pour arriver là, mais une fois à destination, on arrête d’avancer. Ce qui nous a permis de progresser au départ finit par nous empêcher d’aller plus loin, on se crée des “patterns”, on arrête d’apprendre. C’est pour cette raison qu’on doit consciemment se botter le derrière pour essayer de sortir de notre zone de confort et entreprendre de nouvelles aventures sans cesse.
  • Entreprises
    Le but de la majorité des PME est de croître. Or, les entreprises qui deviennent trop grosses perdent de leur efficacité. Tout devient lourd: La direction perd le contact avec les employés et les clients, ce qui entraîne la mise en place de plein de processus administratifs. Les employés déconnectés se sentent moins concernés par la réussite de l’entreprise, ce qui les démotive. Tout coûte plus cher, les décisions sont plus longues à prendre, etc. Ainsi, le but de l’entreprise finit par la rendre moins efficace.
    De la même manière, le contexte changeant, ce qui a pu être un avantage pour une entreprise finira par lui nuire éventuellement. Prenons un exemple que je connais plutôt bien, celui de l’immobilier au Canada. Il existe une organisation qui rassemble toutes les maisons à vendre par les agents immobiliers: SIA. Une de leur force jadis a été de contrôler leur information, rendant l’utilisation de leurs catalogues essentielle à tous les agents. À l’ère d’Internet, leur attitude de vouloir contrôler et cacher de l’information a fait que les acheteurs et les agents se sont tournés vers de nouveaux systèmes, ce qui effrite leur position de monopole. Il s’agit d’un exemple parmi tant d’autres.
  • Culture
    Par définition, une mode qui devient trop importante perd de son attrait. C’est ce qui arrive pour les styles musicaux, l’habillement, etc. À mesure que leur popularité augmente, ils perdent de leur attrait.

On dirait donc que naturellement, un système qui devient trop gros tend à s’auto-détruire à long terme. On aimerait être éternel et tout ça semble ainsi négatif. Mais je crois que c’est l’inverse. C’est ce qui permet entre autre à chaque génération de prendre sa place dans le monde. En ce moment, c’est au tour de la mienne de le faire. Un jour, ce sera nous les dinosaures mésadaptés. Donc pour l’instant, profitons de notre statut de petit mammifère et amusons-nous!

Il y a un petit moment, j’écrivais sur les réseaux décentralisés comme l’Internet et les réseaux sociaux. J’y expliquais comment certains noeuds particulièrement bien connectés (”network hub” en anglais, disons “noeuds principaux” en français) ont une importance capitale dans ces structures pour la diffusion rapide de l’information. Pour promouvoir un produit ou un service à l’intérieur d’une communauté, une bonne stratégie consiste donc à parler avec ces noeuds principaux pour que le message se propage naturellement par la suite, de bouche à oreille. Mais qui sont-ils ces fameux noeuds? Comment peut-on les reconnaître? “The Anatomy of Buzz”, un livre qui m’avait aussi inspiré mon histoire de corbeaux, répond à cette question. Voici donc, selon l’auteur, à quoi on peut reconnaître un noeud principal dans un réseau social.

  1. Ils adoptent tôt
    En général, les noeuds principaux adopteront des produits avant la masse. Ils sont moins frileux à l’innovation, osent essayer de nouveaux trucs.
  2. Ils sont connectés
    Par définition, ils entretiennent beaucoup de liens. De plus, ils feront souvent le pont entre différentes sous-communautés et sources d’information à l’intérieur du réseau. Ils sont connectés à plusieurs autre noeuds principaux, ils participent à des foires commerciales, des conférences spécialisées, etc.
  3. Ils voyagent
    Plusieurs études dans différents domaines (e.g. pharmaceutique, agriculture) ont montré que des professionnels qui voyagent adoptent plus rapidement des nouveautés. Ceci a peut-être une relation avec le fait que les liens faibles et lointains des noeuds principaux sont important pour les connecter à des communautés qui ont d’autres sources d’information, une autre vision de leur domaine.
  4. Ils sont boulimiques d’information
    Parce que les noeuds principaux sont des experts à plus ou moins grande échelle, ils veulent toujours être informés. Ils sont curieux de nature et consomment donc beaucoup d’information, que ce soit en ligne ou dans les médias traditionnels. Ils aiment donc en général des faits pur et dur.
  5. Ils s’expriment
    Non seulement ces noeuds ont plusieurs liens variés, mais ils s’en servent pour passer des message via différent médiums de communication.

Est-ce que cette description vous fait penser à des individus dans le réseau qui vous intéresse? Une fois que vous les avez identifiés, il reste maintenant à trouver la bonne façon d’établir la relation: communiqué, essai de produits, simple email, etc. Mais ne faites pas la gaffe de les approcher avec vos chaudières dans les pieds. S’ils sentent que vous ne vous intéressez à eux que pour vous en servir comme moyen de communication, ça risque de ne pas fonctionner, voire d’avoir l’effet inverse (Voir à cet effet quelques conseils pour approcher les blogueurs).

ravens

[photo: Swigart sur Flickr]

Je suis en train de lire “The Anatomy of Buzz”, un livre de Emanuel Rosen, qui dissèque le phénomène du bouche à oreille. Dans le troisième chapitre, il explique à son avis pourquoi on communique. Il donne un exemple pour “illustrer que parler n’est pas une activité banale qu’on engage quand on n’a rien de mieux à faire. C’est un besoin profondément ancré qui existe chez plusieurs autres animaux.”

Un de ces animaux est le corbeau. Il présente ses discussions avec Bernd Heinrich, professeur à l’Université du Vermont. Celui-ci étudie la biologie nordique et entre autre les corbeaux. Il s’est déjà posé une question que je me pose toujours quand je vois de pauvres oiseaux traverser l’hiver du Nord de l’Amérique: “Comment font-il pour manger dans ce climat?”

Afin de répondre à la question pour les corbeaux, son équipe et lui ont obtenu une carcasse de vache d’un fermier et sont allé la porter dans la forêt enneigée. Après quelques jours d’observation, un corbeau est passé dans le coin et a détecté la carcasse. Même s’il pouvait se gaver pour des semaines entières, il n’en a pas pris une bouchée et a disparu pour encore quelques jours. Il est ensuite revenu, cette fois avec des douzaines d’amis corbeaux. Pourquoi le corbeau n’a-t-il pas gardé le secret pour se remplir la panse en solo? Quel avantage l’évolution a trouvé à ce partage? Selon le scientifique, “D’avoir plus de pairs d’yeux augmente la possibilité que tous les oiseaux seront nourris, et nourris régulièrement.”

De la même manière, plusieurs blogueurs partagent des festins intellectuels: leurs expériences et leurs trouvailles. Ne serait-ce pas plus avantageux de conserver ce précieux savoir et de ne l’utiliser que pour eux-même? Apparemment non, car plus leur savoir est précieux, plus ils le partagent. C’est dans notre nature de communiquer, de connecter, de diffuser ce que l’ont a appris. Et on y trouve notre compte en bout de ligne. En partageant, ils en apprennent encore plus. Tout ce qui se partage se multiplie, comme aime le dire mon frère. En solidifiant notre communauté, on améliore notre sort. Tandis qu’on en parle, voici mon top 6 des corbeaux qui me donnent de la bonne viande à me mettre sous le bec régulièrement:

  1. Artificial Intelligence and Robotics (qui a justement écrit un article récemment sur l’intelligence des corbeaux)
  2. Talking Robots
  3. TechCrunch
  4. Steph Guérin
  5. Yaro Starak
  6. Montreal Tech Watch

Je vous fais signe quand je tombe sur une belle pièce! Mais rassurez-vous, je ne le ferai pas aux petites heures du matin en vous le criant par la fenêtre avec ma voix rauque…

Je vous invite à regarder le vidéo ci-dessous du robot ATHLETE (All Terrain Hex Limbed Extra Terrestrial Explorer) développé par le Jet Propulsion Lab. Cette bibitte à six pattes robotisées est vraiment spectaculaire!


Chacune des pattes est munie d’une petite roue pour se déplacer sur un terrain moins accidenté. Au besoin, les roues peuvent être bloquées et le robot se déplace alors en marchant. Chaque face de la base est équipée de caméras stéréos pour permettre à la personne qui le contrôle de bien se représenter l’environnement autour du robot.

ATHLETE semble une plate-forme vraiment polyvalente. Il peut évidemment se déplacer sur une multitude de terrains. De plus, il peut se stabiliser avec cinq pattes et utiliser la sixième comme un bras pour manipuler des outils comme des pinces, des perceuses, des grattes, etc. Il pourrait même servir comme base pour un alunissage, permettant ensuite de déplacer le module qu’il supporte.

[via Artificial Intelligence and Robotics]

ATHLETE me fait penser à mon jouet de rêve, l’excavatrice suisse Menzi Muck. Celle-ci est munie de quatre pattes avec des roues au bout. Comme on le voit sur le vidéo suivant, l’agencement roue-patte permet dans ce cas aussi d’atteindre des terrains très accidentés.