Entre génie et folie
[image tirée du vidéo de TED]
Je sors de Las Vegas et cette ville est complètement improbable. Située au milieu de nulle part, dans un climat affreusement chaud et sec, Las Vegas abrite plusieurs projets qui ont dû sembler initialement complètement fous. La plupart des gros hôtels sont un exemple. Le succès du Cirque du Soleil en est un autre. Après avoir assisté au spectacle KA, j’ai été envahi par un sentiment de “tout est possible!” C’est très inspirant de voir ces idées complètement folles à prime abord se révéler comme de très bon coups quelques années plus tard.
Il faut oser et innover pour avoir un impact important, peu importe son domaine. Je voulais déjà parler de ce sujet quand j’ai reçu un courriel automatisé de TED m’annonçant la mise en ligne d’un vidéo de Dean Kamen présentant le bras prosthétique que son équipe et lui ont construit (photo). Ce travail résulte d’une proposition de l’armée américaine qui désire remplacer les bras perdus de 1600 soldats en Irak. Initialement, Kamen affirmait que ce qu’ils demandaient était simplement impossible. Plusieurs mois plus tard, un prototype montre la faisabilité de cette idée audacieuse. Un article de Engadget du mois de mai présentait un autre extrait vidéo.
À la lecture de l’article à son propos sur wikipedia et d’un autre de Wired datant de 2000, je me rend compte que cet inventeur/entrepreneur incarne la puissance des idées folles. Après avoir laissé tomber l’université, il a inventé plusieurs applications mécaniques qui lui ont donné les moyens de ses ambitions. Parmi celles-ci, notons le Segway, la chaise roulante capable de monter les marches iBot ainsi que plusieurs appareils médicaux. Sa dernière idée “farfelue”? Faire en sorte que les scientifiques deviennent des vedettes et des modèles pour la jeunesse, au même titre que les étoiles du sport professionnel. Pour ce faire, il a lancé FIRST (For Inspiration and Recognition of Science and Technology). Cette organisation met sur pied des concours de robotique où des étudiants du secondaire sont jumelés à des scientifiques de leur localité pour réaliser un robot dans un délai prescrit. Ces différentes équipes se rencontrent ensuite dans une compétition. Kamen ambitionne d’en faire une sorte de télé-réalité. Est-ce que son rêve de rendre les scientifiques des célébrités populaires se réalisera? À voir le profil médiatique de plusieurs geeks comme Bill Gates, les fondateurs de Apple, de Google ou de Digg, on peut s’imaginer que le timing est bon. Ça me rappelle aussi la prédiction de Robert Lepage, un autre personnage qui mène à terme ses idées folles, qui affirmait cet été en entrevue à la télévision que “le prochain siècle sera celui de la science”.
À voir ces exemples, de folie à génie, il y a toujours beaucoup de travail. Ce n’est pas tout d’avoir les idées. Toutes ces personnes qui réalisent leurs visions de grandeur ont une confiance indéfectible en leur projet et une volonté à toute épreuve. Les défis à relever sont grands, comme la somme de travail, comme les retombées. Après tout, si c’était facile, ce serait déjà fait!
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10 septembre 2007 à 7:57
article tres intéressant, juste un commentaire sur FIRST: je ne pense pas que ce soit une bonne idée. la célébrité pour moi fait diminuer de beaucoup la productivité d’un scientifique. (reference: voir ce que font apres les récipenditaires de prix Nobel)
par contre, ce qui est possible, c que des icones celebres comme Kevin Rose de Digg change la perception populaire des scientifiques et développeurs (voir son videocast diggnation ou il célèbre la technologie, tout en restant fun et proche des gens)
10 septembre 2007 à 18:20
Est-ce que les prix Nobel cessent de produire parce qu’ils ont reçu un prix? Peut-être que c’est seulement l’âge qui fait son oeuvre… Je ne sais pas. Je pense que même si un chercheur devient moins productif et que ça incite 1000 jeunes à s’intéresser aux sciences, ça vaut la peine. À la conférence la semaine dernière, il y avait très peu d’étudiants d’origine nord-américaine qui présentaient. La plupart venaient d’Asie. L’Amérique, et plus spécialement les USA, produisent beaucoup moins de scientifiques qu’auparavant. Au Québec, les universités font des pieds et des mains pour recruter des étudiants en sciences et en génie. Je pense que d’avoir des modèles de scientifiques plus visible ne peut qu’aider la cause de la science.