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Archive pour octobre 2007

Jeff Bezos
[Jeff Bezos par dfarber sur Flickr]

Je suis tombé sur un article dans le Harvard Business Review intitulé “Amazon Course”. Jeff Bezos, le fondateur et CEO d’Amazon a certainement quelque chose de bon à dire si on se fit à la feuille de route de l’entreprise. Fondée en 1995, le chiffre d’affaire prévu en 2007 est de 13,4 milliards. Pas mal pour un fondateur qui ne connaissait rien au monde de l’édition. En fait, plusieurs observateurs de cette industrie le prédisait cuit quand les grandes chaînes de magasins de livres ont lancé leurs magasins en ligne. Voici un résumé de ses enseignements transmis dans son entrevue du HBR de novembre.

  • Être obsédé par la satisfaction des clients.
    C’est le message qui ressort le plus clairement de tout cet article. Révolutionnaire? Non, plutôt banal même. Cependant, Bezos explique pourquoi dans le climat actuel de grande compétitivité et d’évolution rapide de la technologie, l’approche client est la meilleure selon lui. Si on adapte notre technologie aux compétiteurs, on sera toujours en retard tellement le contexte change rapidement. À l’inverse, il y a certaines constantes dans les préoccupations de clients. En temps troubles, Bezos a déjà rassemblé ses troupes paniquées par l’arrivée de gros compétiteurs en leur disant: “N’ayez pas peur de notre compétition, mais plutôt de nos clients. Ce sont eux qui ont l’argent. Nos compétiteurs ne nous donnerons jamais d’argent.” De plus, en focusant sur les clients, on peut toujours faire mieux alors que si on ne s’occupe que de la compétition, on tendra à ralentir quand on devient le leader. Par ailleurs, prioriser le client permet de répondre à certaines questions trop difficiles. Ça leur est arrivé quand ils travaillaient sur leur système de tierce partie, permettant à d’autres vendeurs d’utiliser leur plate-forme. Ils ont longtemps hésité, de peur de se cannibaliser. En bout de ligne, le fait d’avoir plus de choix pour le consommateur les a fait pencher pour accepter que des revendeurs utilisent Amazon pour transiger, ce qui a finit par être une bonne décision d’affaires à long terme.
  • Qu’est-ce qui ne changera pas?
    En relation avec le point précédent, on se demande toujours quelle sera la prochaine grosse opportunité pour pouvoir la saisir. Selon Bezos, ce qui est certain de ne pas changer est aussi important que ce qui va changer. Dans leur cas, c’est évident que personne n’affirmera “j’aime bien magasiner sur Amazon mais j’aimerais qu’il me livre en retard et aussi payer mon livre plus cher.” C’est une évidence, un no-brainer. “Justement, un no-brainer est un no-brainer précisément parce que c’est important,” affirme le CEO. En travaillant sur les priorités des clients qui changent plus doucement que l’environnement technologique et les compétiteurs, on est certain que notre travail nous rapportera en bout de ligne.
  • Pourquoi pas?
    Parfois des opportunités se présentent et la logique suggérerait à prime abord de les ignorer et de se concentrer sur ce qu’on fait déjà. Pour éviter de se fossiliser dans ce qui ne changera pas, il est important de se poser la question “pourquoi pas?” En fait, il y a peut-être pleins de raisons pourquoi ne pas s’engager dans un projet, on peut manquer de ressource, ne pas avoir l’expertise, etc. Il faut au moins se poser la question. Si on a des doutes que ça peut fonctionner, il faut tenter d’expérimenter rapidement et à peu de frais. Parfois, on ne peut pas tout prédire et il n’y a rien comme l’expérimentation. Naturellement, il faut mesurer les résultats de ces expériences. Amazon ont un Web Lab qui teste continuellement des modifications à l’interface pour voir celle qui fonctionne le mieux.
  • Créer une culture d’entreprise.
    La culture d’entreprise est très stable au fil du temps selon Bezos. C’est en quelque sorte une boucle qui s’entretient d’elle-même: Vous attirez les gens qui aiment votre approche. Quelqu’un qui ne cadre pas dans vos valeurs se convertira après son embauche s’il trouve que vous avez raison. À l’inverse, il sera malheureux et quittera si ses valeurs discordent avec celles de l’entreprise. C’est donc important de s’entourer du bon noyau pour votre mission au départ car l’attitude de ces quelques personnes entraînera toute l’entreprise dans une direction.
  • Embrasser une cause plus grande que soi.
    Pendant longtemps, les fabricants japonais devaient non seulement convaincre les consommateurs que leurs produits étaient de qualité, ils devaient d’abord faire connaître le Japon comme un endroit où se fabrique de la qualité. Je crois qu’ils ont réussi. De la même manière, Bezos veut que le monde parle positivement de son approche-client dans les années à venir. Il travaille pour faire croître l’entreprise, mais aussi pour évangéliser le monde des affaires à propos de ses façons de faire. D’avoir une cause plus grande que soi est très inspirant selon l’interviewé.
  • Rester impliqué dans les opérations névralgiques.
    À mesure que l’entreprise grandit, on passe naturellement de se poser la question “comment faire?” à “quoi faire?” pour finir par avoir à se poser “qui peut le faire?” À mesure que vous vous déconnectez de certains aspects, il est important de se concentrer sur l’essentiel. Quelles opérations sont vitales à l’entreprise? C’est de celles-là que vous devez vous occuper. Pour Bezos, il garde encore un œil sur tout ce qui touche le prix de la marchandise. Dans le même ordre d’idée, chacun de ses employés doit faire du service à la clientèle au bout d’un certain temps. Ça permet de rester connecté sur ce qui se passe et de comprendre l’importance de la qualité d’exécution. Chez Amazon, le téléphone sonne uniquement quand il y a un problème et l’élimination des défauts est par conséquent importante.
  • Amitié et intensité.
    Jeff Bezos est reconnu pour son optimisme chronique. Ça ne l’empêche pas d’être intense au travail. Selon lui, il n’y a pas de contradiction entre être amical et intense. L’atmosphère informelle de l’entreprise incite les gens à dire ce qu’ils pensent vraiment. Quand la vérité sort, belle ou laide, c’est tout le monde qui y gagne.

zeno
[Zeno à RoboDevelopment 2007]

 

La nécessité est à mon avis une bonne façon de démarrer une entreprise. Vous avez un problème, vous le réglez, puis vous réalisez que vous n’étiez pas le seul à l’avoir. Votre solution se transforme alors en projet d’entreprise. Plusieurs sont nées de cette façon, dont Craigslist.

Lorsqu’il travaillait comme animateur sur le Seigneur des Anneaux, Stephen Regelous avait à réaliser des scènes avec des milliers de personnages. De définir l’animation pour chacun représentait un réel travail de moine. À l’inverse, faire des copier-coller des comportements pour sauver du temps nuisait au réalisme. Il a donc développé un logiciel de création faisant appel à l’intelligence artificielle (AI authoring). Au lieu de définir ce qui se passe au fil du temps comme c’est habituellement le cas en animation, il définit le cerveau de la scène. Si tel événement survient, alors tel personnage exécute telle action, adopte telle attitude, etc. Ainsi, une fois que les personnages sont créés et que les comportements qu’ils peuvent adopter sont définis, le cerveau s’occupe de générer l’action. La création automatisée devient en quelque sorte une simulation de l’évolution d’une foule dont on a modélisé les individus. L’animateur sauve du temps sans compromettre le réalisme. Naturellement, il n’était pas le seul à avoir cette problématique, et son logiciel a donné naissance à Massive Software. L’entreprise est aujourd’hui basée à Auckland en Nouvelle-Zélande. Mise à part le Seigneur des Anneaux, Massive a aussi été utilisé jusqu’à maintenant pour plusieurs films importants.

 

Leur expertise en intelligence artificielle pour animer des personnages a récemment intéressé une aute entreprise en démarrage: Hanson Robotics. Celle-ci est le fruit des études doctorales de David Hanson. Son projet consistait à analyser la perception des humains des expressions faciales d’un robot. Pour les besoins de l’étude, il a développé un nouveau matériaux, le Frubber, ne nécessitant qu’une très petite force pour être déformé et ainsi faire une « peau » plus réaliste. Jusqu’à maintenant, son entreprise a créé plusieurs robots, dont Zeno:

Zeno est un petit bonhomme d’une trentaine de centimètre qui deviendra éventuellement un jouet. Il a un petit air sympathique de cartoon qui le place hors de la vallée de l’étrange. En plus de pouvoir le programmer et l’animer, les gens chez Hanson ont créé tout un univers, comme celui des dessins animés, autour de Zeno. L’histoire en gros est que lui et ses camarades iront à l’école des robots pour devenir de meilleurs robots et sauver le monde. Rien de révolutionnaire, mais certainement une bonne idée pour ajouter de la profondeur et augmenter la durée de vie d’un jouet de quelques centaines de dollars. Par ailleurs, l’expertise de Hanson pour faire des robots bien perçus par les humains aura une valeur certaine dans un contexte où tout le monde s’entend que le prochain défi de la robotique est de la faire interagir de plus près avec les humains.

 

Dans le logiciel de Massive, un personnage peut réagir à ce qu’il perçoit dans le monde virtuel: vue, ouïe, toucher. Massive et Hanson ont travaillé conjointement pour contrôler Zeno à l’aide du moteur d’intelligence artificielle de Massive. Dans ce cas, les stimulus proviennent de capteurs intégrés au robot: caméra, micro et capteur tactile. Ils espèrent livrer le jouet avec une version simplifiée de Massive, ce qui permettra de programmer le comportement du personnage et de l’utiliser pour faire de l’animatronique.

 

Cette collaboration est un bel exemple d’une façon que je suggérais pour créer un produit unique: combiner plusieurs champs d’expertise. Dans ce cas, il s’agit de la robotique et des technologies d’animations. C’est un mariage naturel. On peut s’imaginer que d’autres projets semblables verront le jours combinant robotique, animation et certainement les jeux vidéos.

pierre-esprit radisson
[Portrait de Pierre-Esprit Radisson, Bibliothèque et Archives Canada/C-15497]

Je partais hier soir de Québec vers Montréal, un fois de plus, comme bien des gens. Je partais pour aller prendre l’avion en direction de San Jose, participer à la conférence RoboDevelopement qui commence demain. Je suis certain que la conférence va être intéressante mais le chemin me pesait un peu sur le dos: Il pleuvait, j’était fatigué et j’avais oublié mon adapteur à iPod… Je me suis tourné vers la radio et je suis tombé sur un récit très inspirant.

C’était l’histoire hallucinante de Pierre-Esprit Radisson à l’émission Les remarquables oubliés. La vie de cet explorateur commerçant du début de la colonie remplirait quatre films hollywoodiens. À l’adolescence, il s’est fait enlever et torturer par les Iroquois deux fois. Il a vécu avec eux une certaine période. Il est allé explorer de nouveaux territoires pour faire la traite de fourrure au péril de sa vie. Au retour d’une expédition, il s’est fait taxer par les entreprises en place: les Jésuites et les autorités de la Nouvelle-France. Frustré, il s’est tourné vers les Américains, puis les Anglais et de nouveau les Français. Il a été pirate dans les Caraïbes, a fait de nombreux naufrages. Il a mis son expertise pour aller commercer dans le nord canadien. Avec son comparse Des Groseillers, il a été à la base d’une compagnie d’une importance historique: la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il semblerait même qu’il ait joué un rôle dans l’évincement des Hollandais de New Amsterdam (ajourd’hui New York) par les Américains. Il en a payé le prix un peu plus tard lorsqu’il a croisé ces même Hollandais en mer et qu’ils ont coulé son bateau. En tout, il aura traversé l’Atlantique 24 fois en bateau, dont quelques-unes en tant que prisonnier… Je passe vite mais si vous avez une heure pour vous faire raconter une histoire captivante, écoutez le récit de Radisson.

À l’écoute de ces péripéties, je trouvais mon périple plutôt banal. Je faisais aussi des rapprochements entre son attitude et celle requise chez les entrepreneurs, encore aujourd’hui. Radisson était énergique, motivé, ingénieux et il savait bien s’entourer pour faire avancer ses projets. À de nombreuses reprises, il a échoué pour recommencer d’une nouvelle façon. Il a essayé plusieurs chemins, il a exploré de nouveaux territoires pour trouver des fourrures à commercer. Malgré la grande exigence de ses entreprises, il avait toujours de nouveaux projets. Il savait parler français, anglais et quatre langues amérindiennes. Il pouvait commercer avec des gens de différentes cultures. Pour faire un lien avec mon article précédent présentant des conseils aux entrepreneurs, Radisson semblait avoir le goût d’entreprendre plus que le goût de la richesse, et il maîtrisait certainement l’art de convaincre.

Suite à la présentation de l’histoire, il y avait une ligne ouverte co-animée par Martin Fournier, historien et professeur à l’Université Laval. Dany Gauthier, un entrepreneur a appelé pour partager un point de vue similaire au mien. Lui-même revenait d’Angleterre et de France par affaires et l’histoire de Radisson semblait le rejoindre autant qu’elle me rejoingnait. La prochaine fois que vous recevrez une brique sur la tête dans votre projet d’entreprise, pensez à Radisson. Dites-vous que c’est probablement moins pire que de se faire attacher à un poteau par des Iroquois puis de vous faire asséner un coup de hache sur le pied pensant que vous allez mourir. Si vous êtes plutôt dans une épreuve d’endurance, alors comparez-la avec leur déplacement à la barque pour faire le tour du Québec par le Nord. Parfois on oublie que la vie n’est pas nécessairement supposée être facile…

guy kawasaki
[Guy Kawasaki, photo shelisrael1 sur Flickr]

L’IEEE est une gigantesque organisation dont l’objectif est l’avancement de la technologie. Elle publie plusieurs journaux scientifiques et organise plusieurs conférences, dont la plus importante en robotique. Récemment, ils ont ajouté à leur portail IEEE.tv. Ils y présentent plusieurs documentaires ou petits vidéos résumant les grandes lignes de conférences passées. Plusieurs vidéos sont accessibles aux non-membres et sont très bien vulgarisés. Ils ont laissé certains vidéos accessibles uniquement aux membres, ce qui est une erreur à mon avis. Toujours est-il que dans un de ces vidéos, Guy Kawasaki et d’autres VCs donnent des conseils pour le démarrage d’entreprise. En voici un petit résumé.

  1. Le but premier
    Évidemment que votre entreprise devra faire de l’argent pour survivre, mais selon Kawasaki, ça ne doit pas être la première motivation. Un entrepreneur, comme un inventeur, est quelqu’un qui ne peut supporter de voir le monde dans son état actuel. Il veut l’améliorer et il ne peut rien y faire, c’est plus fort que lui. C’est ce feu qui doit vous animer. Si vous vous concentrez trop sur l’argent, vous attirerez les mauvaises personnes.
  2. Un mantra au lieu d’une mission
    J’ai toujours trouvé drôle les missions d’entreprises: longues, déconnectées des opérations au jour-le-jour, utilisant de beaux grands mots qui ne parlent à personne… Kawasaki suggère plutôt de se définir 2-3 mots, un mantra, qui résument pourquoi l’entreprise existe. Il donne l’exemple d’un restaurant de fast-food dont la mission parle “d’innovation, de partenariat et de leadership.” Avez-vous déjà été touché par l’innovation, les partenariats et le leadership dans un fast-food? Pas vraiment, on ne va là que pour manger. Par contre, on comprend un une chaîne de restaurants dont le mantra est “fast-food santé”. Quand vous vous lèverez le matin, d’avoir un mantra rendra clair ce que vous aurez à accomplir dans la journée.
  3. Votre modèle d’affaires en deux paragraphes
    Répondez à la question “qui a mon argent et comment je fais pour le sortir de son sac?” Le modèle d’affaire doit être simple. Qu’est-ce que vous faites? C’est ce qui se retrouve dans les deux ou trois premiers paragraphes du sommaire exécutif d’un plan d’affaire. Ce n’est pas l’aspect de l’entreprise où on doit innover. Il suggère de demander l’avis aux femmes quand on veut tester notre modèle d’affaires. Selon lui, l’homme a une déviance génétique le poussant à vouloir tuer. N’importe quel plan fou où vous voudrez tuer google grâce à un concept révolutionnaire par exemple plaira aux hommes, mais pas nécessairement aux femmes qui sont plus raisonnables.
  4. Votre vie à convaincre
    Quand vous être entrepreneurs, vous passez votre vie à convaincre. Que ce soit pour vendre votre produit, pour engager, pour avoir du financement, vous êtes toujours en train de convaincre quelqu’un. Vous devez maîtriser cet aspect. Pour une présentation d’une heure sur PowerPoint, tenez-vous à la règle du 10/20/30: 10 diapositives, 20 minutes au total, 30 points de grosseur de caractère minimum.
  5. À propos du financement
    Toujours selon le conférencier, le VC n’a pas la vision, il réagit aux visions inspirantes. Mais avant d’aller les voir, en avez-vous vraiment besoin? Est-ce qu’un client peut garantir une commande pour votre premier produit? Est-ce que vous avez du financement accessible dans votre entourage? Pour une bonne revue de la question, lisez ce guide d’introduction au financement d’un startup. Si vous devez prendre le chemin des VCs, ceux dans le vidéo s’entendent pour dire que c’est de mettre le pied dans la porte qui est le plus important. Pour ce faire, n’hésitez pas à passer par d’autres entrepreneurs qui ont été financés par eux ou simplement à contacter les VCs pour leur demander des conseils de façon non formelle.

oscillating wing prototype
[Photo: Louis-Alexis Allen Demers, visionner le vidéo de l'aile oscillante]

Jeudi et vendredi passé se déroulait le Lab’oratoire Publique, le concours de vulgarisation scientifique des étudiants gradués de l’Université Laval. Mon vote est allé à Pascal Bochud et Julie Lefrançois du Laboratoire de Mécanique des Fluides Numériques. J’avais déjà expliqué en quoi consiste l’appareil dans cet article sur les ailes oscillantes. La nouveauté, c’est qu’ils présentaient un prototype fonctionnel construit en collaboration avec le Laboratoire de Robotique.

Cette technologie permet d’extraire de l’énergie d’un fluide en mouvement comme une éolienne ou un barrage hydro-électrique, sans présenter leurs désavantages sur l’environnement (inondation, bruit ou impact sur le paysage). Idéalement, on la mettrait au fond d’un cours d’eau sans avoir à construire un barrage. Dans le contexte énergétique actuel, cette approche me semble vraiment intéressante. Des brevets ont été déposés par les chercheurs pour protéger la propriété intellectuelle. Ce vidéo avait aussi été présenté à la conférence ASME IDETC 2007.

J’avais parlé du robot tripode STriDER il a quelques semaines, qui nous venait de RoMeLa, le laboratoire de robotique de Virginia Tech. Discovery Channel est allé les visiter récemment pour filmer leurs différents robots. Vous pouvez voir le vidéo ci-haut ou en suivant ce lien. J’aime bien qu’ils montrent l’arrière-scène du lab et pas juste des démos truqués.

Hacker son cerveau

15.10.2007

brain hack
[photo: NewScientist]

Je viens de lire l’article de New Scientist intitulé “Mind Tricks: Six ways to explore your brain” qui me convainc une fois de plus que notre perception de la réalité n’est que très partielle. L’article n’est pas disponible en ligne mais voici des liens vers des démos cités qui illustrent plusieurs phénomènes vraiment intéressants.

  • Qui dans l’image ci-dessus paraît le plus content? Si vous êtes comme moi et la majorité des gens, vous allez opter pour celui du bas alors que c’est la même photo n’ayant subie qu’une transformation miroir. C’est la différence entre nos deux hémisphères qui cause cet effet. Visionnez un vidéo impressionnant d’un patient qui s’est fait sectionné le corps calleux reliant ses deux hémisphères.
  • Nos oreilles aussi peuvent nous jouer des tours. Le cerveau anticipe toujours ce qu’il perçoit comme du langage. Dans cet exemple, écoutez des phrases distortionnées et vous ne comprendrez rien. Écoutez la phrase originale, puis réécoutez la phrase modifiée. Celle devient alors intelligible! Dans cet autre exemple, on illustre comment notre cerveau remplit les trous qu’il ne comprend pas pour comprendre la parole. Quand on coupe une phrase avec des blancs trop longs, on ne la comprend plus. Quand ces blancs sont remplis de bruit, on la comprend de nouveau. Dans ce vidéo, on entend différentes choses en écoutant les yeux fermés ou ouverts! Et dans cet exemple, on voit différemment selon ce qu’on entend…
  • Essayez de trouver la différence entre les deux images présentées dans ces vidéos. Comme les images sont séparées par une image grise et qu’elles changent rapidement, on n’a pas le temps de fixer notre attention. Ça prend vraiment longtemps pour voir la différence. Ces autres vidéos montrent comment on ne dénote pas certains changements sur lesquels on ne se concentre pas. Particulièrement tordant: regardez ce vidéo et comptez attentivement combien de passes l’équipe blanche fait. Regardez de nouveau le vidéo sans compter les passes…

Faites-vous encore confiance à ce que vous voyez?

silicon valley de nuit
[Silicon Valley de nuit, photo d'IvanoMak sur Flickr]

Est-ce nécessaire d’évoluer dans un foyer de startups pour démarrer une entreprise technologique? À croire le dernier essai de Paul Graham, la réponse est oui. Graham parle en connaissance de cause. En 1995, il démarrait une entreprise pour faire des magasins en ligne qui a été vendue par la suite à Yahoo. Plus récemment, il a mis sur pied YCombinator, un concept intéressant de capital de risque de très petits montants contre de petits pourcentages d’équité. Deux fois par année, des entrepreneurs qui sont sélectionnés travaillent ensemble pendant trois mois. Cette période ressemble à un cours intensif pratique de démarrage d’entreprise, mais avec un projet bien réel mis de l’avant par les participants.

On aurait tendance à penser que le web permet de rouler une compagnie de n’importe où, voire en plusieurs endroits. Or, la technologie ne change pas tout. Graham avait présenté son argument principal en faveur des foyers de startups comme Silicon Valley dans un essai précédent sur le futur des startups web:

“The value of startup hubs, like centers for any kind of business, lies in something very old-fashioned: face to face meetings. No technology in the immediate future will replace walking down University Ave and running into a friend who tells you how to fix a bug that’s been bothering you all weekend, or visiting a friend’s startup down the street and ending up in a conversation with one of their investors.

Ça m’a rappelé un texte que j’avais lu il y a un moment (et que je ne retrouve plus…) qui comparait la Valley à la route 128 à Boston. Au début de l’informatique commerciale, les deux régions se développaient en parallèle. Chacune avait ses fleurons et ils couraient nez-à-nez. Or aujourd’hui, l’ouest domine clairement le jeu. Que s’est-il passé? Il semblerait que l’attitude des entreprises a joué pour beaucoup. À Boston, on voulait garder tout secret et à l’interne. Dans la vallée, les employés n’avaient aucune loyauté si ce n’est qu’envers eux-mêmes. Plusieurs changeaient de compagnie, emportant avec eux quelques secrets mais beaucoup de savoir-faire. En gros, le maillage a été beaucoup plus intense qu’à Boston, nivelant le savoir vers le haut. Ce sont donc les contacts humains qui font l’avantage d’un foyer de startups. Voilà pourquoi les foyers sont de très petites régions et qu’on ne peut parler de ce concept à l’échelle de pays.

Le résultat, selon Graham, c’est que la vallée est l’endroit où se trouvent des ressources excellentes qui savent comment démarrer une entreprise. On n’a donc pas besoin d’y aller pour partir son entreprise. Cependant, si on y va, on rencontrera des employés compétents, mais aussi des investisseurs compétents. Ce n’est pas tout d’avoir de l’argent. Les connaissances et le réseau d’un investisseur peuvent faire une grande différence. Faut-il rappeler l’importance des humains pour la croissance d’une entreprise?
Il ne voit pas le jour où Silicon Valley sera surpassée comme milieu idéal pour démarrer une entreprise web. En effet, ce type de grappe se bâti un intervenant à la fois. Comme discuté dans un article précédent sur la formation de réseaux, les nœuds les plus anciens ont plus de chances d’attirer le plus de liens. Un nœud a beaucoup de connexions, ce qui en attire encore plus, ce qui en attire encore plus, etc. Évidemment, Graham parle surtout de startups web. Si votre entreprise œuvre dans un autre domaine, il se peut bien que le foyer d’entreprises qui serait le meilleur terreau pour la voir grandir se trouve ailleurs.

Justement, quels sont les foyers propres au Québec? Je ne connais pas l’économie du savoir dans son ensemble, mais voici des domaines où le réseau d’entreprises semble se comparer avantageusement sur l’échiquier mondial:

  • Aérospatiale
    Saviez-vous que Montréal est la seule ville dans le monde où on peut fabriquer un avion d’un bout à l’autre? On a des fabricants d’aéronefs, des moteurs, des trains d’atterrissage, de l’avionique, bref, tout ce que ça prend pour faire voler. De plus, plusieurs universités et centres de recherche offrent des formations de qualité en aérospatiale. C’est le secteur de haute technologie qui emploie le plus de personnes au Québec. Les intervenants comprennent bien l’importance de l’échange et ont créé des structure pour la favoriser comme le CRIAQ et la Grappe aérospatiale du Montréal Métro.
  • Jeux vidéos
    Les jeux vidéos ne sont plus que pour les geeks. À notre époque, il s’agit du média de création culturelle par excellence et ça représente une industrie gigantesque. Tellement que même Téléfilm Canada y investit. Des jeux vidéos classiques sont sortis des studios de Montréal et de Québec. Si vous voulez comprendre le dynamisme et l’importance de ce secteur dans la province, rendez-vous au Sommet international du jeu de Montréal le mois prochain.
  • Arts et spectacles
    La créativité québécoise est aujourd’hui reconnue à travers le monde. Les exemples les plus évidents, Le Cirque du Soleil ou Ex Machina, sont carrément en train de définir de nouvelles formes d’arts de la scène en utilisant judicieusement des nouvelles technologies. Quand j’ai visité l’arrière-scène de Kâ à Vegas, les directeurs savaient que nous venions du monde académique. Ils suppliaient les professeurs de donner des cours sur ce qu’ils faisaient. C’est tellement nouveau qu’on ne peut pas encore l’apprendre à l’école et qu’ils ont toutes les misères de trouver de la main-d’œuvre. Voilà donc une niche où le Québec s’est installé et qui représente une belle opportunité.

Est-ce que je vais déménager à Silicon Valley? Rien de prévu dans ce sens pour l’instant, je suis très bien et très stimulé à Québec. Je serais plutôt du genre à me greffer à une grappe déjà existante ici. N’empêche que je serais vraiment curieux d’aller y faire un tour un jour…

vancouver 2010 tickets

Le site web des jeux Olympiques de Vancouver 2010 est bien fait: beaucoup d’info, beaucoup de nouvelles, beau, utilisation efficace de fils RSS et d’alertes email. Justement, aujourd’hui, j’ai reçu la nouvelle que j’attendais depuis que je me suis abonné à leur liste il y a plus d’un an. Ils ont annoncé quand et comment on pourra acheter des billets. Comme je suis un corbeau, je partage l’info avec vous tous qui souhaitez comme moi assister au match de finale opposant Team Canada aux Russes. Tout ça est expliqué dans ce communiqué.

free beer
[photo: Tom T sur Flickr]

Mon beau-père, toujours à l’affût de bonnes affaires chez Canadian Tire, m’arrive souvent avec des achats récents dont le prix est ridiculement bas. Hier encore, il est arrivé en me disant “regarde ça Sam, un multimètre: 9$.” Le bas prix de plusieurs items dans les quincailleries ou les magasins d’électronique me surprend souvent, quand on pense seulement aux composantes qu’ils contiennent. Je mentionnais hier que le prochain livre de Chris Anderson s’intitulera Free, et qu’il y expliquera pourquoi et comment faire des affaires en donnant notre produit. Durant la même conférence Infopresse, le professeur du HEC Montréal Christian Dussart nous a d’ailleurs expliqué pourquoi tout tendait à être gratuit à notre époque. En jargon universitaire, il parlait de la dévalorisation accélérée de l’offre.

La raison, c’est que nous sommes à la croisée de deux courants importants dont les effets vont dans le même sens: la mondialisation des marchés et la numérisation de l’économie.

  1. Mondialisation – À cause de la mondialisation, on peut produire à certains endroits à faible coût. De plus, ça crée une prolifération de marques, ce qui amenuise les différences distinctives des produits et fait baisser naturellement les prix.
  2. Numérisation — Avec le web et les autres TI, toute l’économie se virtualise. Ceci donne plus de choix au consommateur. Ça devient très facile de comparer des produits. Les inventaires peuvent être n’importe où. De plus en plus, le consommateur a le pouvoir de connaître, choisir et préciser ce qu’il veut. Les services en lignes peuvent d’ailleurs être adaptés facilemement à un grand nombre de personnes.

Qu’est-ce que tout ça implique? en gros, la conclusion de sa présentation est que les seules entreprises qui grandiront en santé seront celles avec un modèle d’affaire à faible coût et à grande valeur. Avant, on offrait soit quelque chose de pas cher qui ne valait pas cher, soit quelque chose de cher qui offrait une valeur importante. Aujourd’hui, les entreprises doivent tout donner pour pas cher.

Comment y arriver? C’est la question que tous les dirigeants d’entreprises se posent. Il faut travailler intelligemment pour créer de la valeur tout en réduisant les coûts. On doit tenter d’automatiser, d’optimiser les processus en ligne et hors ligne pour être le plus efficace. Il faut innover sans cesse, créer des nouvelles catégories de produits et services. Il faut faire du sur mesure pour la masse et faire participer nos clients à notre entreprise.