Archive pour November 2007

Alerte: 1cm de neige!

Thursday 29 November 2007

le massif neige

J’ai reçu une alerte email, code rouge: Le Massif est enseveli sous UN centimètre de neige! Peut-être que l’équipe qui gère le web est rouillée étant donné que la saison commence… Bonne saison tout le monde!

Pourquoi tout s’accélère?

Thursday 29 November 2007

going fast

La technologie avance de plus en plus vite. Est-ce une impression? “Ben oui, vous vous dites, dans le tempe de nos grands-parents, ils étaient aussi dépassés que nous le sommes aujourd’hui!” Faux, le contexte actuel est réellement particulier. En fait, je crois qu’on le regardera dans les livres d’histoire dans 200 ans comme une période charnière de l’humanité, probablement plus importante même que la révolution industrielle. Hier j’assistais à une conférence philosophique/technologique donnée par Denis Poussart, professeur émérite en génie électrique à l’Université Laval. J’avais déjà vu la même présentation il y a un moment, mais il y avait clairement matière à la revoir. Vous pouvez accéder à ses diapos sur la convergence et la complexité. C’est cette réflexion qui alimente celle que je vous présente aujourd’hui.

Alors, pourquoi le développement technologique s’accélère?

  • Des outils qui conçoivent des outils
    À une époque de son histoire, l’homme a commencé à accroître les capacités de son corps en utilisant des outils. Rappelez-vous la fameuse scène de la bataille pour le trou d’eau dans 2001, l’Odyssée de l’espace où l’homme triomphant lève son outil — un os — pour souligner la victoire… L’histoire s’est poursuivie, d’abord avec des pierres: silex, javelot, etc. Ensuite les outils en métal sont apparus et ont coïncidés avec les débuts de l’agriculture. Au Moyen-Âge, l’étape suivante a été d’utiliser des sources d’énergie, l’eau et le vent, pour la faire travailler à notre place. À la révolution industrielle, on a fabriqué des outils qui nous ont servis pour en fabriqué d’autres. Et vous me voyez venir, aujourd’hui, on a des outils qui en conçoivent d’autre. Par exemple, les chemins sur les circuits microélectroniques sont réalisés par un compilateur. On lui donne la liste d’états qu’on veut réaliser et il conçoit les routes nécessaires. Le robot que j’ai réalisé dans mes études, je ne l’ai pas conçu. J’ai fait un algorithme d’optimisation inspiré de l’évolution qui m’a indiqué quelle géométrie était la meilleure. Maintenant, on peut modéliser et simuler des objets avant de les fabriquer. Avez-vous idée du temps qu’on peut sauver en fonctionnant ainsi?! Et même quand on est rendu au stade de construire l’objet, on peut faire appel à des machines à prototypage rapide avant d’aller à l’usinage ou à la production.
  • L’accessibilité de l’information
    Il y a 200 ans, ce qui se passait à San Francisco prenaient des mois à se rendre jusqu’à Québec. Aujourd’hui, c’est en temps réel. Lisez Techcrunch et vous allez savoir à la minute près s’il se passe quelque chose digne de mention à Sillicon Valley, la Mecque technologique. Les distances et le temps n’existent plus pour les connaissances. Quand je suis assis à mon poste à l’université, je peux chercher toute la littérature scientifique à travers plusieurs bases de données, dont évidemment une par Google qui fonctionne très bien: Google Scholar. En cliquant sur les résultats de recherche, je vois si on a un accès via la bibliothèque, ce qui est habituellement le cas. Le site reconnaît que je viens de l’université et j’accède au “papier” qui m’intéresse instantanément. Et il n’y a rien d’unique là-dedans. L’étudiant en Inde, en Corée ou à Pittsburg peut faire la même chose. Imaginez d’abord comment les bonnes idées voyagent vite, ce qui créer un nivellement vers le haut. Et imaginez ensuite la compétitivité entre chercheurs qui est produite naturellement par cette situation.
  • Convergence des domaines
    Avant, les savoirs s’additionnaient. Aujourd’hui, ils se multiplient. Quand la vitesse des processeurs doublent, ce n’est pas que le monde de l’électronique qui en profite, ce sont tous les champs de connaissance: biologie, médecine, télécom, nommez-les! Et ça va dans les deux directions. La compréhension de la biologie peut donner lieu à des innovations dans d’autres domaines, par exemple la robotique. Les découvertes ont des impacts multiples et dans plusieurs directions. Le mur qui se dresse à l’horizon avec tout ça, selon Poussart, sera de gérer la complexité qui résulte de toutes ces interactions.

Les liens entre les humains, l’instantané et la virtualisation font en sorte que nous sommes en train de former une intelligence collective à l’échelle planétaire, la nooshpère. J’ai toujours été fasciné par les bancs de poissons qui se déplacent à l’unissons dans le courant. On dirait vraiment qu’ils ont une conscience collective. Toutes les connexions qui nous établissons nous mettent mettent de plus en plus en résonance. On commence clairement à en voir les effets, particulièrement sur le web.

Salut Lulu!

Monday 26 November 2007

get real

BLNK a reçu son premier colis aujourd’hui, il provenait de Lulu.com. Dans la boîte se trouvait le livre de 37signals intitulé Getting Real. 37signals font des applications en ligne ultra simples (gestionnaire de projet, gestion des contacts…) qui, en bon français, font la job. Étant un utilisateur quotidien satisfait de leur produit, j’avais commencé à lire la version en ligne quand Bass me l’avait suggéré. Un peu tanné de m’arracher les yeux sur mon écran, j’ai voulu commander la version papier. Quand j’ai vu qu’ils auto-publiaient sur Lulu, j’ai eu une raison de plus de commander. Ça faisait longtemps que j’étais curieux de ce service.

Qu’est-ce que Lulu?
Un site où vous auto-publiez vos documents, livres, calendriers, etc. Si vous ou quelqu’un d’autre veut le commander, il est imprimé puis envoyé. Grâce à d’énormes presses numériques, les livres sont imprimés sur demande, pas de lots, pas de pertes, pas de magasins. Même s’ils coûtent plus chers à imprimer, il y a moins d’intermédiaire entre le lecteur et l’auteur, ce qui laisse à ce dernier plus d’argent dans ses poches. C’est l’entrepreneur canadien Bob Young qui a fondé et qui est toujours à la tête de cette compagnie. Young a déjà connu passablement de succès par le passé. Après avoir fait la passe avec RedHat, il a pu acquérir les TigerCats d’Hamilton, une équipe de la ligue canadienne de football.

Ma commande s’est déroulée comme sur des roulettes. Il y a deux semaines, j’ai commandé. Le temps de l’imprimer et de me le faire parvenir était pile dans le délai annoncé. La qualité de l’impression est tout-à-fait comparable à celle de n’importe quel autre livre.

Quel est l’intérêt?
J’adore ces concepts qui ont un pied dans le web et un pied dans le tangible. Avec la flexibilité des moyens de production, on peut aujourd’hui agir sur le réel et faire du sur mesure pour la masse. Lulu est un exemple super. Avec ces presses numériques, il y a aussi des compagnies qui font du suivi de client vraiment personnalisé. J’avais assisté à une journée Infopresse il y a un moment et on parlait de ces nouvelles possibilités, d’envoyer des documents complètement sur mesures créés à partir de gigantesques bases de données. J’avais déjà parlé de quickparts, où vous envoyé vos modèles d’objets, il les fabriquent puis vous les renvoient. (En fait, j’ai appris qu’ils faisaient fabriquer tout à l’externe et qu’ils ne faisaient que la logistique. Mais bon, le résultat est le même.) Il y naturellement Dell, qui vous fabriquent votre PC sur mesure.

Évidemment, ça demande beaucoup de logistique et de flexibilité au niveau de la fabrication. Certains, comme la compagnie de vélos Cannondale, se sont cassé les dents sur un tel projet. Cependant, il y a plusieurs autres domaines simples qui ne demandent qu’à embrasser cette idée. Certains de ces domaines pourraient même profiter d’une saveur communautaires pour grandir à vitesse grand V. Quelles seront les prochaines étapes de la fabrication sur mesure? Vos meubles, les jouets de votre fils, votre déco, votre auto, votre maison?

Prédire le futur

Sunday 25 November 2007

guesser
[Voir pleins d’exemples de prévisions technologiques loufoques et ici-même]

Est-ce que les futurologues avaient prédit leur futur? Ils sont en train de disparaître! Dans leurs prévisions de 2008, The Economist présentent un article sur le futur (pas très reluisant) de la futurologie. Voici quelques conseils qui sont énoncées dans l’article pour les apprentis-futurologues:

  1. Penser petit, micro-tendance.
  2. Penser court terme.
  3. Dire que vous ne le savez pas.
  4. Parler moins, écoutez plus.

Pas étonnant que la profession soit en perdition… Je suis tombé là-dessus via Pasta & Vinegar et ça m’incite à revenir sur un article que j’avais lu et dont j’avais promis un résumé: Six Rules for Effective Forecasting. Voyons comment les deux articles se rejoignent. Les six règles du second article sont résumées ci-dessous:

  1. Définir un cône d’incertitude
    cone uncertainty
    Pour prendre une décision, on se fie sur notre intuition, aidé de l’information qu’on connaît. Une façon de visualiser pour aider à la prise de décision est de se tracer un cône d’incertitude (voir l’image ci-dessus). Un cône limite les possibilités à partir d’un certain point, au meilleur de votre connaissance. Le cône doit être mis à jour de façon dynamique, à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. C’est pour cette raison qu’il y a encore plein d’espaces libres dans le cône. Au sommet de celui-ci se trouve l’élément déclencheur qui mènera à l’ouverture du cône. Dans l’exemple de la robotique, cet événement est le “Steve Jobs de la robotique arrive”, l’entrepreneur qui amorcera l’accélération de l’industrie. Plus on s’éloigne de l’axe central, plus on a affaire à des événements improbables.
  2. Surveiller la courbe en “S”
    Les développements d’une industrie apparaissent d’abord lentement et discrètement, pour éventuellement exploser et voir une croissance fulgurante et finalement décélérer en douceur. Cette évolution trace une courbe en forme de S. L’art de la prédiction est de reconnaître le point d’inflexion assez longtemps à l’avance. Pour ce faire, il faut être sensible aux événements précurseurs de la révolution. Pour la robotique, il s’agit par exemple de la maturité du domaine académique et industriel, des succès commerciaux des dernières années (LEGO Mindstorms, Roomba, Aibo, Robosapien, robotique militaire) et des événements spéciaux (par exemple les DARPA Grand Challenges). Souvent, la première partie du S peut prendre de nombreuses années. La TV a pris 20 ans pour passer d’une invention aux salons, même chose pour l’Internet. Cependant, quand le point d’inflexion survient, nous sommes souvent soufflés par la vitesse des changements. Tout est donc une question de timing.
  3. Embrasser ce qui ne cadre pas
    Si c’est vraiment nouveau et innovateur, probablement que ça ne cadrera pas dans aucune catégorie existante. Pour cette raison, on tend à ignorer les indicateurs qui ne trouvent pas de place dans notre vision du monde. Souvent, un indicateur nous semblera comme une curiosité, quelque chose d’ésotérique, voire de dérangeant. Je m’en confesse, c’est mon cas avec Second Life. J’ai essayé et ça ma répugné. J’ai fermé mon ordinateur et je suis sortie dehors pour crier “C’est donc ben beau le monde réel!” Pour cette raison, j’ai tendance à ne pas trop considérer toute la frénésie qui entoure ce monde virtuel. Pourtant, d’autre indicateurs montrent un grand potentiel à Second Life comme à d’autres mondes/marchandises virtuels.
  4. Ne pas trop tenir à ses certitudes
    Parfois, il vaut mieux écouter plusieurs signaux faibles et incohérents que de s’en tenir à une information que l’on considère comme une certitude. En science, quand une théorie devient largement acceptée, il s’ensuit une longue période de stabilité durant laquelle la théorie est considérée comme une vérité. Durant cette période, de petites contradictions s’accumulent pour éventuellement mener à une nouvelle théorie révolutionnaire. D’avoir des certitudes permet d’arriver à des conclusions rapidement, mais il faut toujours savoir les remettre en question pour les laisser de côté au moment opportun.
  5. Regarder deux fois plus lois derrière que devant
    Dans l’histoire, plusieurs schémas semblables peuvent être identifiés. “L’histoire ne se répète pas, mais parfois elle rime.” Celui qui fait des prévision doit regarder assez loin dans l’histoire pour reconnaître ces rimes. Plusieurs points dans le passé peuvent être reliés pour voir dans quelle direction on s’en va. Le passé récent est rarement garant de l’avenir. Il faut justement regarder assez loin pour voir les grandes tendances. Il faut faire attention aux comparaisons douteuses, car l’histoire ne répètent jamais exactement, surtout pas l’histoire récente. Dans l’article, on croit reconnaître la sagesse de Jeff Bezos quand on lit que “même dans des périodes de transformations dramatiques et rapides, il y a beaucoup plus d’éléments qui ne changent pas que de nouveautés qui émergent.” La bulle des dot-com en est un exemple. Combien de défuntes compagnies ne se sont attardées qu’aux nouveautés technologiques en oubliant de vieux concepts? Les consommateurs utilisaient les nouvelle technologies pour acheter des items pas très techno comme des livres, s’adonner au potinage ou à de la pornographie, rien de très nouveau. Les vieux impératifs commerciaux se sont vengés sur cette bulle, comme sur toutes les bulles précédentes. Plusieurs avaient prédit cette explosionse basant sur l’histoire.
  6. Savoir quand ne pas faire de prévision
    À d’autres occasions, les prévisions sont beaucoup moins évidentes, et il faut accepter de ne pas se prononcer. On reste alors attentifs aux indicateurs, à mesure qu’ils se matérialisent.

En résumé, il faut être sceptique des changements apparents et ne jamais prendre les prévisions qu’on nous présente à la lettre. Lloyd Spencer, que j’avais vu en présentation et qui avait parlé de cet article, contait une anecdote à propos de son ancien emploi chez Sun Microsystems. Ils était allé à une conférence et ses patrons voulait qu’il rapporte de l’information sur un sujet donné dont on ne parle plus depuis longtemps. En fin de compte, il était revenu avec un dépliant expliquant un tout nouveau concept: le world wide web. Il a présenté ce document à ses patrons, jugeant que ça avait un certain potentiel. Ceux-ci l’ont ignoré… pour s’en mordre les doigts six mois plus tard.

Brainstorm: jeux vidéos et robotique

Tuesday 20 November 2007

megaman
[MegaMan via MPD sur Flickr]

Ça fait longtemps que les robots, comme MegaMan, sont dans les jeux vidéos. Les robots inspirent les technophiles que sont les concepteurs de jeux vidéos. De plus, les deux technologies ont évolué en parallèle depuis les années 70, suivant l’avancée de la force de calcul des processeurs. Autre point commun, selon des discussions que j’ai eu avec des professeurs, les deux domaines sont responsables d’une grande quantité d’inscriptions dans les universités et collèges en Amérique. Les jeunes aiment les robots et les jeux vidéos. Serait-on sur le point de les voir converger?

Comme on reçoit demain de la visite de l’industrie des jeux vidéos dans différents laboratoires à l’Université Laval, j’ai pris quelques minutes pour brainstormer sur les applications potentielles mélangeant robotique et jeux vidéos. Cet article n’est donc pas complètement structuré ni exhaustif, mais il m’a permis de délirer un peu sur les possibilités.

Le jeu vidéo

  • Est une industrie florissante dans laquelle le Québec tire bien son épingle du jeu.
  • Est le média de création par excellence de notre époque et influence grandement la culture, particulièrement des plus jeunes.
  • Est addictif! Les créateurs savent comment créer l’anticipation, l’intrigue et le défi pour nous accrocher à un jeu.
  • Fait en sorte que les jeunes qui y allouent trop de temps développent certains problèmes liés à la sédentarité.
  • Sont là pour rester, les gamers n’arrêterons pas de jouer, ça fait partie de leur vie.

De son côté, la robotique

  • Interagit physiquement avec le monde réel, l’environnement ou l’utilisateur. Elle peut mesurer des quantités physiques (vision, force, biométrie, etc.) et produire un output en conséquence.
  • Est une industrie qui s’organise rapidement pour sortir des laboratoires et des usines afin de s’insérer dans notre quotidien.
  • Peut très bien être ludique et formatrice en même temps. Les LEGO Mindstorm permettent d’apprendre autant que de s’amuser.

Et si on mélangeait les deux?!

En fait, ça se fait déjà. Plusieurs jeux vidéos utilisent des moteurs d’intelligence artificielle pour contrôler des personnages. La prochaine étape serait de doter le logiciel d’actionneurs et de capteurs pour qu’il interagisse avec le monde tangible. Voici quelques idées et trucs dont j’ai pris connaissance, en désordre:

  • Le robot contrôleur
    L’haptique fait référence aux sensations du toucher qu’une machine peut faire sentir à un utilisateur. Les volants pour les jeux de voiture en sont un exemple. Dans le domaine de la réalité virtuelle, on a aussi des gants pour “prendre” des objets. Récemment, le Falcon a fait son entrée sur le marché. Il s’agit d’une manette permettant d’exercer une force à l’utilisateur. Le problème avec ces appareils particuliers, c’est que ça prend les jeux qui viennent avec et que c’est difficile d’avoir un résultat à la fois convainquant et peu cher. Par contre, on pourrait avoir des jeux dédiés pour une console. Par exemple, l’aspect jeu vidéo pourrait ajouter le fun factor qui manque cruellement à plusieurs appareils d’entraînement sportif et de réhabilitation. La mesure du rythme cardiaque permettrait d’ajuster le jeu en fonction des objectifs et de la personne. Imaginez qu’au lieu de faire du vélo stationnaire devant un TV qui griche dans un gym, vous seriez devant un écran sur lequel défilerait un sentier de Moab, avec des compagnons qui roulent à vos côtés. J’en rêve avec l’hiver qui arrive.
  • Le robot avatar
    Je parlais récemment de Zeno, un prototype de robot jouet représentant un personnage d’une histoire de dessin animé. De la même manière, on pourrait s’imaginer qu’un robot soit le prolongement d’un personnage d’un jeu vidéo massivement multi-joueur (MMOG). Quand j’étais plus jeune, je jouait à des jeux de rôle et ça se passait tout dans notre tête. Quand on se faisait des maquettes et on peinturait nos figurines, alors tout ça se matérialisait et on trippait. De la même manière, d’avoir un robot réel qui bouge selon se qui se passe dans un jeu pourrait être vraiment cool. Le robot pourrait aussi incarner un allié par exemple, qui agit physiquement et dans le jeu selon comment on interagit avec lui. Dans le même ordre d’idée, les Mindstorm et Microsoft Robotics Studio permettent de simuler les robots. Une prochaine étape pourrait être de lier toutes les simulations dans un environnement commun.
  • Le robot simulateur de mouvement
    Un simulateur de vol comme ceux de CAE permettent au pilote d’obtenir ses certifications sans jamais avoir piloté certains avions. Le cockpit est réaliste, les graphiques, mais les mouvements aussi. La base mobile permet de simuler des accélérations qui ajoutent grandement au réalisme. En arcade ou dans des parcs d’amusement, on pourrait imaginer de telles plate-formes, moins coûteuses, pour nous donner une meilleure impression des mouvements de notre bolide ou vaisseau spatial. Qui sait, on pourrait aller jusqu’à se transformer en Mario Bros?
  • Le robot console
    Les Japonais et les Coréens sont friands de ce genre de truc: un petit robot avec un écran qui peut se déplacer, interagir en parlant, nous écoutant et en jouant avec nous. C’est un type de console qui pourrait certainement aller plus loins. Une autre approche dont je viens de prendre connaissance via Talking Robots est la tuile intelligente de Entertainement Robotics. Ces tuiles d’un pied carré sont assemblées sur un mur ou un plancher. Elles peuvent sentir la force, émettre différentes couleurs et différents sons. Elles peuvent servir à jouer plusieurs jeux sans graphique 3D mais qui semblent très intéressants. Il y a entre autre le Bug Smasher. Dans ce jeu, une tuile d’une certaine couleur symbolisera une bestiole. L’enfant court alors pour frapper la tuile et entend un bruit d’insecte qui grille. L’insecte disparait pour apparaître à l’autre bout du plancher, et ainsi de suite. Ils ont aussi fait une version de Pong où vous êtes la barre qui reçoit la balle, symbolisée par une couleur qui se déplace au travers des tuiles. De tels jeux permettent de faire bouger les jeunes tout en les divertissant, tout le monde est content.
  • Le robot concepteur
    Et si les robots devenaient des outils ou des interfaces pour créer? Je pense par exemple à la numérisation automatisée d’objets en 3D qui permettrait d’avoir des modèles à partir d’objets réel. Ça se fait déjà dans le domaine, amis à ma connaissance, ce n’est pas automatisé. Et toutes ces mesures de paysages urbains en 3D que google fait en ce moment à partir de technologies du DARPA Grand Challenge, il me semble que ça ferait de bases pour des tableaux hyper-réalistes… Je pense aussi au castelet électonique qui pourrait servir pour faire des scénarios pour des tableaux. Au lieu de coder le mouvement des personnages, on les déplace manuellement et la machine acquisitionne les données.

Ce ne sont que quelques idées tirées comme ça. Et si le divertissement était aussi la killer app que les roboticiens cherchent tant en ce moment, comme il l’a été pour l’ordinateur?

Gérer son énergie, pas son temps

Sunday 18 November 2007

energie.jpg
[Énergie? Photo de Ben Beltran sur Flickr]

Stressé, fatigué, irrité? Vous en avez trop à faire et faites la course pour sauver les minutes afin de pouvoir compléter votre journée? Vous travaillez plus pour faire tout ce que vous avez à faire, vous coupez dans le sommeil, les repas et dans l’exercice, ce qui vous rend moins productif, ce qui ajoute à votre stress… et la roue tourne! (Tiens, ça me rappelle une comptine pour les enfants [écouter]). Peut-être que votre focus n’est pas au bon endroit… Et si vous mettiez plus d’emphase pour augmenter votre niveau d’énergie que sur la gestion de votre horaire?

Je viens de lire un article de Harvard Business Review (le même volume que l’autre fois à propos de Jeff Bezos) intitulé “Manage Your Energy, Not Your Time” et c’est plein de bon sens. J’aime me rappeler qu’on fait aujourd’hui plusieurs activités avec une machine qui a cessé d’évoluer il y a quelques milliers d’années: le corps humain. La machine n’a pas évolué en fonction des tâches qu’on exécute à notre époque, qui elles découlent d’impératifs qui ne collent pas à notre nature. Vestiges de la révolution industrielle et du travail en chaîne, on fonctionne sur des horaires rigides à l’intérieur desquels on est productif seulement une fraction du temps. Le reste de la journée, on fait des efforts pour rester concentré. On reste à l’ordinateur se disant que c’est comme ça que ça doit être. On aurait le goût d’aller prendre une marche ou de partir à courir dans le bois, mais ce ne serait pas convenable. Pourtant, c’est ce que notre physionomie et nos cycles naturels nous dictent.

L’auteur de l’article est Tony Schwartz du Energy Project. Il nous rappelle que l’énergie est définie en physique comme la capacité d’effectuer un travail. Fondamentalement, nous tirons l’énergie de ce que nous mangeons. Cependant, on peut moduler notre énergie avec notre corps, notre émotions, notre intellect et notre esprit. Voici un sommaire de ses suggestions à propos des différents types d’énergie.

  • Le corps: l’énergie physique
    • Bien manger, dormir et bouger. C’est la base qui permet d’avoir un niveau minimum d’énergie, qui nous aide à gérer nos émotions (ma blonde va aimer lire ça…) et à se concentrer.
    • Notre corps a un cycle naturel de 90 à 120 minutes tout au long de la journée. Durant ce cycle, on passe d’un niveau de grande énergie à une période où notre corps a besoin d’une pause pour récupérer. Vous savez, quand on n’est plus concentré, qu’on a faim et qu’on baille… En ignorant ces signaux et en continuant à travailler, on épuise nos réserves plus rapidement pour la suite de la journée. De prendre de courtes pauses pour décrocher de notre poste de travail (marcher, parler à un ami, écouter de la musique) permet de maintenir une énergie constante tout au long de la journée.
    • Insérez dans votre routine un moment pour bouger. Non seulement c’est bon pour le corps mais cette période peut être la plus créative de votre journée. Quand on bouge, on ne cogite pas activement, ce qui permet à notre hémisphère droit de prendre le dessus. Sa capacité plus grande à avoir une vue d’ensemble limite moins l’imagination et permet de faire des bons vers l’avant dans nos raisonnements. Par expérience personnelle, je confirme cette affirmation. Les grandes lignes d’une bonne partie de ma thèse ou d’idées d’affaires ont été élaborées en courant sur le bord de la rivière Chaudière.
  • Les émotions: La qualité de l’énergie
    • On est plus performant dans un état positif. Malheureusement, on ne peut pas physiologiquement être sur un high continuel. On doit refaire le plein de positif quand on glisse dans le négatifs. Schwartz suggère trois trucs:
    1. Savoir reconnaître les événements qui déclenchent les émotions négatives puis essayer de gagner du temps en prenant plusieurs bonnes respirations profondes. Souvent, ce sera suffisant pour désamorcer une réaction explosive provoquée par le négatif.
    2. Exprimez votre gratitude aux autres. C’est aussi bénéfique pour celui qui donne la tappe d’encouragement dans le dos que pour celui qui la reçoit.
    3. Apprenez à changez les histoires que vous vous racontez. Les événements surviennent, mais la perception qu’on en a ne dépend que de nous. Et c’est cette perception qui nous provoque des émotions. Si on réussit à adapter notre perception — sans évidemment jouer à l’autruche ou se mettre des lunettes roses — on peur réagir mieux à un événement à prime abord négatif. Combien de fois dans notre vie avons-nous eu des moments difficiles? La vie est une série de hauts et de bas. Pourtant, à chaque fois qu’on est dans un bas, on oublie que ça va s’améliorer, comme les 12 000 fois précédentes. Un truc proposé est justement de se demander quelle sera notre perception de cet événement dans six mois. La plupart du temps, on n’y pensera même plus. Un truc que j’utilise personnellement est de me m’imaginer dans Google Earth et de dézoomer au maximum. Déjà la Terre est ridiculement petite à cette échelle, je suis encore plus petit, et mon problème aussi. Changer de perspective permet de remettre les choses en contexte.
  • L’intellect: L’énergie de concentration
    • On pense souvent que d’opérer en mode multi-tâches est une nécessité pour réaliser tout ce qu’on a à faire. En fait, c’est l’inverse, ça diminue grandement la productivité. Un changement d’attention pour répondre au téléphone ou à un email peut augmenter la durée de la tâche initiale jusqu’à 25%. C’est beaucoup plus efficace de se concentrer 90-120 minutes sur une activité, de prendre une pause et de se concentrer de nouveau sur une autre. Différents trucs sont:
    1. Fermer les téléphones et les blackberry durant les rencontres. Répondre aux messages par la suite.
    2. Répondre à ses emails seulement à 2-3 moments déterminés par jours.
    3. Identifier à chaque soir l’activité la plus importante à compléter le lendemain et l’attaquer dès l’arrivée au bureau, avant même de regarder ses emails.
  • L’esprit: L’énergie de la réalisation personnelle
    • Si nos activités au travail sont bien alignées avec nos valeurs, on sentira que ce que nous faisons a du sens, on se sent mieux et plus positifs. Quel est votre zone, les activités dans lesquelles vous excellez et dans lesquelles vous êtes absorbées quand vous les réalisez? Comment faire en sorte que votre travail vous permette d’opérer le plus possible dans cette zone?

Il insiste que les entreprises doivent non pas en demander plus aux employés mais plutôt investir d’avantages en eux, afin qu’ils soient motivés et qu’ils donnent le meilleur d’eux-même. D’ailleurs, plusieurs le font déjà en construisant des salles pour relaxer et se changer les idées, en payant une partie des frais de centre d’entraînement, en installant des douches permettant aux employés d’arriver à vélo. Certains vont jusqu’à faire des réunions en s’entraînant. Facilement, deux mesures qui peuvent avoir un impact sont de définir une plage sans réunion à tous les jours où chacun peut se concentrer sur ce qu’il a à faire, et arrêter de prendre ses emails dans les réunions. Les individus, de leur côté, doivent reconnaître les comportements qui les appauvrissent en énergie et s’engager à les modifier. Bon, je suis dû pour une pause.

Lancement du castelet électronique

Thursday 15 November 2007

castelet électronique
[Puma Freytag, marionnettiste et Clément Gosselin, professeur en robotique, photo du Média Matin Québec]

Mercredi se déroulait le lancement du castelet électronique, un projet de scène robotisée à échelle 1:10 dont j’avais parlé en août. C’était l’aboutissement de trois ans de collaboration entre trois laboratoires de l’Université Laval, le Laboratoire des nouvelles technologies de l’image, du son et de la scène (LANTISS), le Laboratoire de robotique et le Laboratoire de vision et de systèmes numériques. Pour l’occasion, Puma Freytag, un marionnettiste et professeur de théâtre, a présenté un spectacle miniature d’une vingtaine de minutes nous laissant entrevoir les possibilités de l’installation.

J’avais déjà vue la partie mécanique de la scène principalement développée par Jean-Philippe Jobin et Sylvain Comptois. Je vous montre de nouveau leur vidéo présenté à SIGGRAPH plus tôt cet automne:

Mais ce que je n’avais jamais vu, c’est que la castelet n’est pas que la scène. C’est aussi un système d’éclairage LED sur mesure permettant de simuler un éclairage de scène. Il y a aussi un système de projection et d’écrans, dont certains sont semi-opaques pour permettre l’ajout de réalité augmentée. Tous ces aspects techniques mis ensembles dans les mains d’artistes permettent de créer un espace scénique dynamique offrant de nouvelles formes d’expression.

Le seul spectateur qui a posé une question suite à la présentation est Jacques Plante, non pas le gardien de but mais l’architecte de salle de spectacle et aussi professeur à Laval:

“Est-ce qu’on peut se permettre de rêver non pas à une mise en scène mais carrément à une mise en salle, où les spectateurs feraient eux aussi partie de cet espace dynamique, effaçant la frontière entre eux et la scène?”

C’est beau de rêver, et pourquoi pas? Quand on a vu l’arrière-scène de spectacles à Vegas, on se dit que tout est possible. Justement lors de cette visite, on suppliait les professeurs du groupe de donner des formations d’arts technologiques. Robert Faguy, le responsable du projet du castelet, a justement lancé une invitation en ce sens aux doyens des différentes facultés présents. Québec est à son avis un terreau fertile pour ce genre de projet multi-diciplinaire et nous avons tout ce qu’il faut pour développer ce créneau. Il espère donc que son projet fera des petits.

La prochaine étape pour le castelet est la conclusion de l’aspect collaboratif pour la conception de spectacles à distance. Le LVSN travaille déjà à un système permettant à différents artistes répartis à travers le monde de collaborer à la conception de spectacles. On peut imaginer certains qui travaillent dans la version virtuelle du castelet pour contrôler le modèle réel à distance. À l’inverse, ceux qui y ont accès physiquement pourront déplacer des objets dans l’environnement, qui seront acquisitionnés par des caméras et reproduits dans l’environnement virtuel à l’autre bout.

Le lancement a eu une couverture médiatique intéressante, notamment dans la presse écrite:

La NASA dans le nord canadien

Wednesday 14 November 2007

haughton_crater.gif

En juillet passé, j’aurais bien aimé passer quelques semaines de vacance sur l’île Devon au Nunavut, dans le grand nord canadien. “Pardon?!” Oui c’est pas des farces, pour voir les deux robots K-10 de la NASA se promener dans le cratère Haughton. Ce cratère météorique situé à 75 degrés de latitude nord a été choisi pour des essais de leurs robots en raison de sa ressemblance avec un environnement lunaire, et plus particulièrement le cratère Shackleton sur le pôle sud lunaire.

J’ai appris tout ça durant la présentation de Terry Fong, directeur du groupe de robotique intelligente à la NASA lors de son allocution à RoboDevelopment07 (voir mon article résumé de la conférence sur la robotique de service). Le cratère terrien mimique fidèlement son homologue lunaire tant du point de vue opérationnel (isolation, contrôle à distance, etc.) que du point de vue scientifique (échelle, structure, etc.). Le séjour au cratère visait à acquérir une expertise sur l’étude systématique d’un site avec deux robots et sur les opérations robotiques isolées.

Du 10 juillet au 3 août, Tit-noir et Tit-rouge (Black et Red, les deux robots K-10) ont dont sillonner l’endroit, l’un avec un LIDAR (fournit par la compagnie canadienne Optech), l’autre avec un radar pour pénétrer le sol et en connaître sa composition. Le tout était diffusé en direct sur Google Earth.

Les photos suivantes tirées de la présentation montrent les robots en action:

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Celles-ci montrent des informations obtenues par les robots:

k-10k-10k-10

Ce n’est pas la première fois que cet endroit est visité pour simuler des opérations extra-planétaires. En 2000, la station Flashline avait été érigée par des bénévoles de la Mars Society pour simuler une base habitée sur la planète rouge.

Une éolienne à 2$

Tuesday 13 November 2007

éolienne vibration

Regardez ce vidéo d’une éolienne on ne peu plus cheap: une lamelle qui vibre, déplaçant une aimant à l’intérieur d’une bobine pour générer du courant. Fascinant concept la résonnance!

Ci-dessous le vidéo du pont qui s’écroule dont il dit s’être inspiré. Si vous êtes passé au CÉGEP en sciences, vous l’avez probablement déjà vu mais bon, c’est un classique!

Mise-à-jour WordPress complétée

Monday 12 November 2007

Bon, désolé si vous avez tentez d’accéder au site durant la fin de semaine et ce matin, j’ai eu de la difficulté à mettre à jour Wordpress. Je voulais mettre à niveau pour pouvoir profiter de certains plugins. Merci à Tony et Fred d’avoir résolu le problème. Je peux recommencer à écrire, à demain!