Gérer son énergie, pas son temps

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[Énergie? Photo de Ben Beltran sur Flickr]

Stressé, fatigué, irrité? Vous en avez trop à faire et faites la course pour sauver les minutes afin de pouvoir compléter votre journée? Vous travaillez plus pour faire tout ce que vous avez à faire, vous coupez dans le sommeil, les repas et dans l’exercice, ce qui vous rend moins productif, ce qui ajoute à votre stress… et la roue tourne! (Tiens, ça me rappelle une comptine pour les enfants [écouter]). Peut-être que votre focus n’est pas au bon endroit… Et si vous mettiez plus d’emphase pour augmenter votre niveau d’énergie que sur la gestion de votre horaire?

Je viens de lire un article de Harvard Business Review (le même volume que l’autre fois à propos de Jeff Bezos) intitulé “Manage Your Energy, Not Your Time” et c’est plein de bon sens. J’aime me rappeler qu’on fait aujourd’hui plusieurs activités avec une machine qui a cessé d’évoluer il y a quelques milliers d’années: le corps humain. La machine n’a pas évolué en fonction des tâches qu’on exécute à notre époque, qui elles découlent d’impératifs qui ne collent pas à notre nature. Vestiges de la révolution industrielle et du travail en chaîne, on fonctionne sur des horaires rigides à l’intérieur desquels on est productif seulement une fraction du temps. Le reste de la journée, on fait des efforts pour rester concentré. On reste à l’ordinateur se disant que c’est comme ça que ça doit être. On aurait le goût d’aller prendre une marche ou de partir à courir dans le bois, mais ce ne serait pas convenable. Pourtant, c’est ce que notre physionomie et nos cycles naturels nous dictent.

L’auteur de l’article est Tony Schwartz du Energy Project. Il nous rappelle que l’énergie est définie en physique comme la capacité d’effectuer un travail. Fondamentalement, nous tirons l’énergie de ce que nous mangeons. Cependant, on peut moduler notre énergie avec notre corps, notre émotions, notre intellect et notre esprit. Voici un sommaire de ses suggestions à propos des différents types d’énergie.

  • Le corps: l’énergie physique
    • Bien manger, dormir et bouger. C’est la base qui permet d’avoir un niveau minimum d’énergie, qui nous aide à gérer nos émotions (ma blonde va aimer lire ça…) et à se concentrer.
    • Notre corps a un cycle naturel de 90 à 120 minutes tout au long de la journée. Durant ce cycle, on passe d’un niveau de grande énergie à une période où notre corps a besoin d’une pause pour récupérer. Vous savez, quand on n’est plus concentré, qu’on a faim et qu’on baille… En ignorant ces signaux et en continuant à travailler, on épuise nos réserves plus rapidement pour la suite de la journée. De prendre de courtes pauses pour décrocher de notre poste de travail (marcher, parler à un ami, écouter de la musique) permet de maintenir une énergie constante tout au long de la journée.
    • Insérez dans votre routine un moment pour bouger. Non seulement c’est bon pour le corps mais cette période peut être la plus créative de votre journée. Quand on bouge, on ne cogite pas activement, ce qui permet à notre hémisphère droit de prendre le dessus. Sa capacité plus grande à avoir une vue d’ensemble limite moins l’imagination et permet de faire des bons vers l’avant dans nos raisonnements. Par expérience personnelle, je confirme cette affirmation. Les grandes lignes d’une bonne partie de ma thèse ou d’idées d’affaires ont été élaborées en courant sur le bord de la rivière Chaudière.
  • Les émotions: La qualité de l’énergie
    • On est plus performant dans un état positif. Malheureusement, on ne peut pas physiologiquement être sur un high continuel. On doit refaire le plein de positif quand on glisse dans le négatifs. Schwartz suggère trois trucs:
    1. Savoir reconnaître les événements qui déclenchent les émotions négatives puis essayer de gagner du temps en prenant plusieurs bonnes respirations profondes. Souvent, ce sera suffisant pour désamorcer une réaction explosive provoquée par le négatif.
    2. Exprimez votre gratitude aux autres. C’est aussi bénéfique pour celui qui donne la tappe d’encouragement dans le dos que pour celui qui la reçoit.
    3. Apprenez à changez les histoires que vous vous racontez. Les événements surviennent, mais la perception qu’on en a ne dépend que de nous. Et c’est cette perception qui nous provoque des émotions. Si on réussit à adapter notre perception — sans évidemment jouer à l’autruche ou se mettre des lunettes roses — on peur réagir mieux à un événement à prime abord négatif. Combien de fois dans notre vie avons-nous eu des moments difficiles? La vie est une série de hauts et de bas. Pourtant, à chaque fois qu’on est dans un bas, on oublie que ça va s’améliorer, comme les 12 000 fois précédentes. Un truc proposé est justement de se demander quelle sera notre perception de cet événement dans six mois. La plupart du temps, on n’y pensera même plus. Un truc que j’utilise personnellement est de me m’imaginer dans Google Earth et de dézoomer au maximum. Déjà la Terre est ridiculement petite à cette échelle, je suis encore plus petit, et mon problème aussi. Changer de perspective permet de remettre les choses en contexte.
  • L’intellect: L’énergie de concentration
    • On pense souvent que d’opérer en mode multi-tâches est une nécessité pour réaliser tout ce qu’on a à faire. En fait, c’est l’inverse, ça diminue grandement la productivité. Un changement d’attention pour répondre au téléphone ou à un email peut augmenter la durée de la tâche initiale jusqu’à 25%. C’est beaucoup plus efficace de se concentrer 90-120 minutes sur une activité, de prendre une pause et de se concentrer de nouveau sur une autre. Différents trucs sont:
    1. Fermer les téléphones et les blackberry durant les rencontres. Répondre aux messages par la suite.
    2. Répondre à ses emails seulement à 2-3 moments déterminés par jours.
    3. Identifier à chaque soir l’activité la plus importante à compléter le lendemain et l’attaquer dès l’arrivée au bureau, avant même de regarder ses emails.
  • L’esprit: L’énergie de la réalisation personnelle
    • Si nos activités au travail sont bien alignées avec nos valeurs, on sentira que ce que nous faisons a du sens, on se sent mieux et plus positifs. Quel est votre zone, les activités dans lesquelles vous excellez et dans lesquelles vous êtes absorbées quand vous les réalisez? Comment faire en sorte que votre travail vous permette d’opérer le plus possible dans cette zone?

Il insiste que les entreprises doivent non pas en demander plus aux employés mais plutôt investir d’avantages en eux, afin qu’ils soient motivés et qu’ils donnent le meilleur d’eux-même. D’ailleurs, plusieurs le font déjà en construisant des salles pour relaxer et se changer les idées, en payant une partie des frais de centre d’entraînement, en installant des douches permettant aux employés d’arriver à vélo. Certains vont jusqu’à faire des réunions en s’entraînant. Facilement, deux mesures qui peuvent avoir un impact sont de définir une plage sans réunion à tous les jours où chacun peut se concentrer sur ce qu’il a à faire, et arrêter de prendre ses emails dans les réunions. Les individus, de leur côté, doivent reconnaître les comportements qui les appauvrissent en énergie et s’engager à les modifier. Bon, je suis dû pour une pause.

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4 commentaires pour “Gérer son énergie, pas son temps”

  1. xm carreira dit :

    Well, the song was a bit heavy for babies but it was nice. Good for Sarkozy and his famous saying: travailler plus pour gagner plus.

  2. Samuel dit :

    I didn’t know that it was Sarko’s moto! He must like this song then. :P

  3. nadège LOSSON dit :

    bravo pour le ton simple et détendu de l’article! et les conseils pratiques dignes d’intérêt. faudrait l’offrir à tous les cadres de la terre des fous!

    relaxologue, j’interviens dans le domaine de l’entreprise (mes débuts…) à Metz et au luxembourg en terme de gestion du stress et évidemment gestion de l’énergie.

    MERCI;
    que tout se passe bien pour toi!
    seais ravie que tu m’accordes un temps pour entretien téléphonique
    ça se fait? (oui, c’est en tout bien tout honneur, suis mère de famille en couple - et toi t’as une blonde)
    06 63 56 71 71

  4. Samuel dit :

    Nadège. comme je suis à Québec, on peut commencer la discussion par email? Merci de ton intérêt.

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