Abonnez-vous au fil RSS du Lablogatoire

LABLOGATOIRE


Archive pour février 2008

foule jaune

Personnalisation de masse, n’est-ce pas une contradiction? À l’ère industrielle, certainement. Aujourd’hui, c’est une opportunité rendue possible par l’intégration de systèmes intelligents. Elle consiste à offrir des produits sur mesure à grande échelle, avec une efficacité se rapprochant de la production de masse.

Des exemples d’implémentation de personnalisation de masse sont:

Il existe différentes façons de personnaliser un bien ou un service. On peut par exemple utiliser des modules qu’on assemble ou avoir un produit de base dont on modifie les options. À la limite du spectre se trouve la personnalisation collaborative, où la compagnie obtient les spécifications exactes du client pour lui produire le bien ou le service sur mesure. Cet article est le premier de quatre qui traite de ce type de personnalisation. La série résumera plusieurs lectures, auxquelles j’ai ajouté mon avis personnel touchant deux domaines que je connais d’avantage: la robotique et le web. Un fichier pdf seras mis en ligne à la fin de la série avec les références pour ceux qui veulent en savoir plus.

1. COMMENT ÇA FONCTIONNE?

Le procédé est composé de trois éléments principaux

  • Élicitation
  • Procédés flexibles
  • Logistique

1.1. Élicitation

L’élicitation consiste à obtenir l’information nécessaire du client pour définir le produit qu’il désire. Selon le produit et le niveau de personnalisation, différentes informations peuvent être nécessaires.

  • L’identification, comme le nom et l’adresse.
  • La sélection d’attributs dans différents menus.
  • Les dimensions physiques.
  • La réaction aux prototypes.

Les deux premiers items se prêtent bien au web ou à un logiciel. D’ailleurs, certains produits ne traitent que de l’information tout le long du procédé (p. ex. assurances, itinéraires de voyage) et peuvent fonctionner avec ces deux types d’input. Selon le produit, les deux derniers peuvent demander une plus grande expertise, que ce soit du client ou de l’entreprise. Par exemple, les dimensions d’une personne peuvent avoir à être prises manuellement pour produire un jeans sur mesure. Ou encore, les dimensions d’une fenêtre ou de cabinets d’armoire peuvent être fournies par un contre-maître. Finalement, des prototypes virtuels ou réels peuvent être présentés au client pour qu’il l’ajuste en fonction de ses préférences.

1.2. Procédés flexibles

L’étape suivante est de prendre l’information recueillie du client et de la transformer en produit ou service grâce à des procédés flexibles. Le défi est d’avoir un système capable de produire en grande quantité à faible coût et avec une grande flexibilité.

S’il n’y a que de l’information à manipuler, tout se fait du côté logiciel. Si en bout de ligne un objet doit être construit, on fera alors appel à des machines spécialisées, des CNC ou encore des robots. Selon la nature de l’objet et de la tâche, le procédé peut se complexifier considérablement. S’il ne s’agit que de couper un tube de la bonne longueur (une dimension), la tâche est simple. En général, les tâches en 2D ne causent pas de problème non plus (p. ex. graver du bois, couper un tissu, etc.). En 3D, ça peut devenir plus compliqué, toujours selon les formes et l’apparence à obtenir en sortie. Le développement de ces procédés peut demander beaucoup de ressources.

1.3. Logistique

La logistique commence dès la commande du client. Tout le long que le produit est fabriqué, il doit être identifié à la bonne commande. Un grand volume arrive à la sortie du procédé de fabrication. chaque item doit par la suite être acheminé directement au client, un à la fois. On est donc bien loin du transport par lot, ce qui le bonheur des UPS et FedEx de ce monde.
Prochain article: Quel est l’intérêt de la personnalisation de masse?

[Photo: Twose sur Flickr]

Ecologez 2008

26.02.2008

Ecologez

Je parlais l’an dernier du concours Écologez, une initiative de l’ÉTS et d’Équiterre à l’intention des étudiants universitaires québecois intéressés par le bâtiment durable. Cet événement vise à leur offrir une expérience concrète de conception intégrée, où tous les intervenants travaillent de concert dès le début du projet.

L’édition 2008 se tiend toujours à l’ÉTS, cette fois les 8-9 mars. Le projet soumis demeure confidentiel mais je peux vous assurer que les yeux des étudiants deviendront ronds lorsqu’ils apprendrons de quoi il s’agit. D’ailleurs, il reste encore des places pour les étudiants que ça intéresse.

Cette année, le publique est invité a venir voir les présentations des participants, dimanche le 9 à partir de 15h, au 1100 rue Notre-Dame Ouest à Montréal. Pour ceux qui ne pourront y être, vous pourrez voir des reportages tournés durant la fin de semaine sur DuProprio.TV. C’est que DuProprio.com s’implique cette année au côté des autres commanditaires, entre autre en fournissant la conception du site web de l’événement.

Voir le communiqué de l’ÉTS.

Joignez le groupe Facebook.

J’assistais jeudi passé à la présentation de Pierre Talbot, chercheur à la compagnie de Rivière-du-Loup Premier Tech, à propos du rôle des étudiants gradués en entreprise privée. D’abord, j’ai été très impressionné de la façon dont ils ont su se diversifier depuis les années ‘60 à partir de leur produit initial: la tourbe. Évidemment, l’innovation a un grand rôle à jouer dans cette histoire. Souvent, leurs nouveautés demandaient de nouveaux procédés et de nouveaux produits que eux-mêmes ont dû développer, faute de fournisseurs. Le résultat est qu’aujourd’hui, ils ne vendent pas que des produits d’horticulture et d’agriculture, mais aussi de technologies environnementales, d’emballage et d’automatisation. Un des défis, admet M. Talbot, a été de garder un minimum de focus pour mener les projets à terme.

À la fin de sa présentation, il a fait une courte réflexion sur les différences d’être un chercheur en industrie ou dans le milieu académique. Étant moi-même assis sur deux chaises depuis un moment, je trouvais son analyse plutôt intéressante.

  • Qui est à l’avant-plan?
    En université, c’est d’abord le chercheur qui est reconnu. Sous le chercheur, le laboratoire auquel il appartient, puis son institution jouissent d’un certain rayonnement. En industrie, c’est l’inverse. Le chercheur est souvent méconnu. C’est le produit qui est d’abord reconnu et parfois l’entreprise qui le produit.
  • Quel est votre objectif?
    Quand vous êtes en université, votre objectif est de chercher la vérité et de former la relève. En industrie, c’est de faire le lien avec ce que vous savez possible et un produit qui deviendra éventuellement rentable.
  • Quel est votre capital?
    Par capital, j’entends ce qui vous permet d’aller chercher de nouveaux budgets pour poursuivre vos travaux. En université, il faut publier dans des journaux scientifiques au plus grand facteur d’impact (l’équivalent du PageRank pour les journaux). Vos travaux doivent être cités, vous devez superviser de nombreux étudiants. C’est ce que vous ferez valoir dans vos demandes de subvention, en général gouvernementales. En industrie, ce sont vos succès commerciaux passés et les brevets obtenus qui vous donnent la crédibilité nécessaire à aller chercher de nouveaux budgets de R&D dans votre organisation.
  • Quel est votre rôle dans la société?
    En université, vous êtes 10 ans à l’avance. Vous êtes un catalyseur pour une industrie, vous créez un foyer de connaissances et formez des étudiants. Quand vous êtes chercheur en entreprise, vous prenez les nouvelles connaissances et les nouveaux outils disponibles, puis vous les transformez en savoir-faire. On sait à quel point l’innovation est vitale pour nos entreprises. En industrie, vous êtes donc une partie importante d’une économie régionale. À la limite, de nombreuses familles peuvent dépendre de votre capacité d’innover.

Peu importe le milieu, je crois qu’une majorité de scientifiques ou technologues veulent à peu près la même chose: Des projets stimulants, de moyens pour réaliser leurs travaux, une bonne qualité de vie et une paye décente.

Cerveau humain

L’entreprise de la ville de Québec Brain Center exportera son logiciel d’entraînement cérébral NeuroActive aux États-Unis et en Europe d’ici la fin de l’année. Ce programme breveté d’entraînement du cerveau a été conçu par des médecins et des neuropsychologues de la région. C’est ce qu’on apprenait aux nouvelles hier.

Selon cet article récent du New Scientist à propos de cette industrie, ce marché était de 2M$ en 2005 mais devait être de 80M$ en 2007. On y apprend que ce secteur a été catalysée par le jeu de Nintendo Brain Age. L’auteur se posait la question “est-ce que ça fonctionne vraiment?” et la réponse était mitigée. Oui il est possible d’entraîner le cerveau et ce à n’importe quel âge. Il y a plusieurs évidences scientifiques qui vont dans ce sens. Cependant, la plupart des entreprises qui vendent ce type de jeux n’ont pas les moyens d’effectuer une véritable étude scientifique sur les résultats de leur produit en particulier. Mais bon, sûrement que ça ne nuit pas.

Ça me rappelle aussi ce que j’ai déjà lu dans Making a Good Brain Great, un livre écrit par le psychiatre Daniel Amen. Un point important selon cet expert, c’est qu’il faut toujours stimuler notre cerveau avec de nouvelles activités pour le garder allumé. L’activité n’a pas besoin d’être difficile, seulement nouvelle. En fait, même si vous faites quelque chose de très exigeant intellectuellement mais que vous le faites depuis toujours, ce n’est pas si bénéfique pour votre cerveau. Il suggère par exemple de prendre sa souris par sa main faible (ça a réglé en plus un problème que j’avais dans le dos), même chose pour sa brosse à dent, son rasoir ou pour écrire. Apprendre une nouvelle langue est excellent, un nouveau sport pareil. Bref, il faut continuellement apprendre de nouveaux trucs pour garder notre cerveau en forme.

[photo: Gaetan Lee sur Flickr]

da vinci robot

Hier était annoncée l’arrivée d’un robot médical da Vinci nouvelle génération à l’hôpital général juif de Montréal, le troisième du genre au pays. Ce robot est le plus célèbre des robots médicaux et est un franc succès commercial. Il permet d’effectuer des opérations de précision contrôlé par un médecin. Il semblerait — rumeur non confirmée — que la compagnie canadienne Quanser ait participé au développement du robot.

Une information qui m’a frappé au journal télévisé de TVA où j’ai pris connaissance de la nouvelle est que “l’appareil dont on a fait l’acquisition au coût de 4 millions de dollars sera utilisé pour une centaine d’opérations par années.” Quand il est question de santé et de sécurité, on dirait que la notion de valeur n’existe plus. Étrangement, ce sont les deux secteurs où la robotique commerciale est la plus florissante en ce moment, particulièrement en Amérique du nord.

[photo: Intuitive Surgical]

On savait que les Soviétiques ont envoyé le premier satellite, le premier animal, et le premier homme dans l’espace. Le volet robotique de leur conquête spatiale est beaucoup moins connu. Pourtant, il n’en n’est pas moins impressionnant. Dans les années 60, alors que les Américains se concentrent à envoyer un homme sur la Lune, à l’Est on planche en secret sur le Lunakhod. Ces robots mobiles commandés depuis la Terre de 1970 à 1973 on parcouru des dizaines de kilomètres, recueilli des images et des données scientifiques de grande valeur sur notre satellite naturel.

L’exploit d’envoyer un robot sur une autre planète et de le contrôler avec succès n’a été répété qu’en 1996 par l’équipe de Mars Pathfinder. Bien que spectaculaire — surtout pour l’époque — la réussite du programme Lunakhod est peu connue. Le programme a été top secret durant de nombreuses années.

Visionnez un documentaire passionnant à propos de cette histoire sur toile de fond de guerre froide (partie 1, 2, 3 et 4). Il se termine par le dernier exploit de l’équipe d’ingénieurs: adapter leur design de robot lunaire en trois mois pour concevoir un char téléguidé afin d’aider le nettoyage du toit du réacteur 3 après la catastrophe de Chernobyl.

[Merci à Cyril pour la suggestion]

On apprend ce matin que Frima Studio achète Humagade. Dans une entrevue à la radio de Radio-Canada, le président de Frima Steve Couture indiquait que “Les deux compagnies de jeux vidéos de la région de Québec unissent leur effort pour pouvoir demeurer indépendant et ne pas devenir une filiale d’une multinationale.”

Dans une rencontre récente avec Steve Couture, aussi chargé de cours à Laval, il me mentionnait qu’il devait refuser des contrats intéressants par manque de main-d’oeuvre. La nouvelle alliance et leur déménagement imminent dans des nouveaux locaux permettra d’éviter cette situation fâcheuse.

Frima fait beaucoup dans le jeu en ligne et le jeu massivement multi-joueur alors que Humagade se spécialise dans le jeu sur plate-forme mobile. La nouvelle entité entend poursuivre dans ces directions, mais aussi développer sur les grandes consoles comme la Wii.

foire comerciale

Les foires commerciales sont intéressantes à plusieurs niveau pour faire du développement des affaires:

  • C’est plein de clients potentiels! Non seulement on peut y faire des ventes, mais ce bain de foule est toujours un bon exercice pour se reconnecter sur leurs préoccupations réelles.
  • On peut aussi y rencontrer des des partenaires d’affaires potentiels qu’on ne rencontrerait pas autrement. Le contact humain peut faire toute la différence pour initier une relation d’affaires fructueuse.
  • Ce type d’événement vous donne une vue d’ensemble de votre domaine. Ça permet de mieux saisir le contexte dans lequel vous travaillez, d’anticiper en voyant les tendances qui se dessinent.
  • Dans ce bouillonnement, on a souvent de bonnes idées qui surgissent qu’on n’aurait jamais eu en restant dans notre milieu.

Les expos commerciales ou les conférences commerciales peuvent donc être de bon tremplin de donner une énergie nouvelle à vos vendeurs et penseurs. Le prix à payer pour tout ça: des frais d’inscription, de transport, d’hôtel et de resto, devoir quitter la maison et le bureau. Temporairement, on perd en productivité. De plus, le voyage en avion est tellement rendu inneficace que parfois il serait plus vite de faire le voyage en voiture. Mais bon, souvent, ça vaut la peine.

Pourrait-on penser à un autre moyen de faire des foires commerciales? C’est ce que propose Expo21xx, une foire commerciale en ligne pour l’industrie développée en Allemagne. Le concept n’est pas révolutionnaire, c’est un genre de répertoire bonifié.  Jamais ça ne battra les poignées de mains non plus, mais au moins ça a le mérite de ressembler en un endroit un sommaire de l’information sur un domaine en particulier. Une “aile” est sur l’automatisation et le Laboratoire de Robotique de l’Université Laval s’est fait offrir un “kiosque“. On verra ce que ça donnera.

[Photo: Tarosastic sur Flickr]

oeil rouge

Ces jours-ci je suis en train de réviser ma thèse. Une fois de plus, je me rends compte à quel point je ne vois rien quand je lis à l’écran comparativement à quand je lis sur papier.

Pourquoi est-ce ainsi? Je n’ai pas trouvé d’article donnant une réponse complète mais voici quelques éléments:

  • La principale différence est que la lumière d’un écran est émise alors que celle venant du papier est réfléchie.
  • L’écran possède aussi un taux de rafraîchissement qui peut fatiguer les yeux.
  • À l’écran, nos yeux et notre cou sont plus sollicités car ils ont une plus grande  surface à couvrir. Tiré de cet article: “Le regard se déplace plus ou moins rapidement, et se porte sur les documents, le clavier et l’écran. Ce travail met en jeu les mécanismes physiologiques d’accommodation, d’adaptation et de convergence, de façon dynamique et statique.
    • L’accommodation permet à l’œil de mettre au point pour voir net de près, grâce au cristallin et à des petits muscles ciliaires.
    • L’adaptation assure l’ajustement selon les conditions de lumière par variation du diamètre de la pupille.
    • La convergence permet la fusion des deux images rétiniennes grâce à la contraction de muscles situés autour de l’œil.”

Qu’est-ce que ça implique?

  • Ceci fait en sorte que sur papier, on est plus discipliné: on commence en haut à gauche. À l’inverse, à l’écran, on regarde plus l’ensemble au premier coup d’œil: on survole à la recherche d’éléments plus qu’on ne lit.  Ainsi, si vous créez des interfaces qui apparaissent à l’écran, vous devez porter une attention particulière à la structure de la page. Les textes doivent être courts et vous devez offrir aux yeux plusieurs points de repères.
  • Selon ce powerpoint, on lit environ 25% moins vite sur un écran.
  • Finalement, est-ce que l’écran peut diminuer vos capacités visuelles? Non, pas de façon permanente. Cependant, il peut révéler des anomalies dont vous n’étiez pas au courant auparavant. Les spécialistes suggèrent de prendre des pauses au maximum à chaque deux heures de travail à l’écran.

Peut-être que les créateurs de l’encre électronique, utilisée entre autre dans le Kindle d’Amazon et le Sony Reader sont vraiment sur quelque chose…

[photo: Sean Thamer sur Flickr]

sarah robot hand

SARAH (Self-Adaptive Robot auxiliary Hand), la main créée par l’inventeur en résidence au laboratoire de robotique de l’Université Laval Thierry Laliberté, se retrouve sur Popular Science puisqu’elle fait partie de la boite à outils de Dextre. Ce-dernier est un torse robotique qui se retrouvera au bout du CANADARM-2, sur la Station spatiale internationale. SARAH est une main dont la mécanique s’adapte naturellement à la forme des objets, sans contrôle complexe. Sa robustesse en font une candidate idéale pour les missions spatiales. Le BMT (Blanket Manipulation Tool), petit frère de SARAH permettant d’enlever une couverture de protection thermique pour l’entretien de satellite se trouve aussi dans la boite à Dextre présentée par le magazine. SARAH a aussi une cousine au Royaume-Uni, SARAH-UK, qui sert pour faire le ménage de déchets radioactifs.

Voir plus d’information et des vidéos de la main sur le site du Labo.