On savait que les Soviétiques ont envoyé le premier satellite, le premier animal, et le premier homme dans l’espace. Le volet robotique de leur conquête spatiale est beaucoup moins connu. Pourtant, il n’en n’est pas moins impressionnant. Dans les années 60, alors que les Américains se concentrent à envoyer un homme sur la Lune, à l’Est on planche en secret sur le Lunakhod. Ces robots mobiles commandés depuis la Terre de 1970 à 1973 on parcouru des dizaines de kilomètres, recueilli des images et des données scientifiques de grande valeur sur notre satellite naturel.
L’exploit d’envoyer un robot sur une autre planète et de le contrôler avec succès n’a été répété qu’en 1996 par l’équipe de Mars Pathfinder. Bien que spectaculaire — surtout pour l’époque — la réussite du programme Lunakhod est peu connue. Le programme a été top secret durant de nombreuses années.
Visionnez un documentaire passionnant à propos de cette histoire sur toile de fond de guerre froide (partie 1, 2, 3 et 4). Il se termine par le dernier exploit de l’équipe d’ingénieurs: adapter leur design de robot lunaire en trois mois pour concevoir un char téléguidé afin d’aider le nettoyage du toit du réacteur 3 après la catastrophe de Chernobyl.
[Merci à Cyril pour la suggestion]
Mots-clefs : lanakhod, robotique spatiale





Intéressant
Non, ce programme n’était pas du tout totalement secret. J’avais 7 ans à l’époque et je lisais déjà dans la seule revue soviétique disponible au Viet Nam (Ha Noi) des nouvelles de cette mission, ce pendant plusieurs mois. Donc pas de secret pour un enfant de 7 ans. Depuis, ça fait près de 40 ans je n’ai plus ressorti ce mot de ma mémoire.
Aujourd’hui (20/7/2009), devant le tapage médiatique sur la mission américaine, j’ai voulu savoir ce qu’il en est de Lunakhod. Surprise : à l’Ouest, très peu de gens en parlent. Sur Internet, seuls quelques sites en relatent des détails.
Un engin tel que les Lunakhod qui fonctionne pendant des mois et parcourt des dizaines de km avec des instruments à bord aurait été plus efficace qu’une descente humaine de quelques heures. Quant à la question du risque humain, il n’y a pas photo. De plus, les retombées en téléguidage et en instrumentation embarquée seraient nombreuses.
Minh, c’est un super commentaire ça! Passionnant de voir l’information soviétique passé par tes mains au Viet Nam et me revenir aujourd’hui. Merci des précisions. C’était de belles machines, avant leur temps.
En bon roboticien, je suis d’accord que le retour scientifique sur investissement des opérations robotiques est probablement meilleur. Par contre d’envoyer des gens sur une autre planète apporte d’autres éléments non quantifiables. Ça frappe l’imagination collective de toute l’humanité, ça change notre perception du monde.
Un peu de culture, ça fait du bien
J’esserais de resortir ça en soirée^^