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LABLOGATOIRE


Archive pour août 2008

Mais que prépare Microsoft? On sait que le géant aime les robots, à commencer par son fondateur. Ils ont développé la plate-forme logicielle Microsoft Robotics Studio qui permet de simuler et programmer plusieurs robots. Ils sont les commanditaires principaux de RoboDevelopement, une conférence sur les applications de la robotique de service. On dirait maintenant qu’ils voient plus loin que le logiciel si je me fie à cette offre pour un poste d’ingénieur mécanique qui sera responsable de

  • Defining hardware and component recommendations / references for next-generation mobile and dexterous manipulation PC-based robots.
  • Designing and building actual next-generation robot and robot component prototypes.
  • Architecting and project management of the main development tasks (including mechanical and embedded hardware design, software design, low-level control and coordination).
  • Working on the necessary software implementation from a high and low-level control and application level features.
  • Managing outside resources and consultants as required.
  • Participating in discussions on how technologies based on the next generation platform(s) could be used by other groups at Microsoft and vice versa
  • Work with selected outside vendors to help influence the direction and developments.

On s’en reparle dans cinq ans…

Delfly

20.08.2008

L’université de Delft au Pays-Bas développe plusieurs mécanismes intéressants. Philippe a récemment porté à notre attention Delfy micro,  un ornithoptère d’une dizaine de cm. Voici deux vidéos, un de son vol inaugural et l’autre montrant les différentes composantes:

ROV vs animaux

18.08.2008

En voulant voir comment les gens travaillent avec des ROV sous-marins, je suis tombé sur plusieurs vidéos de rencontres entre ces machines et des animaux marins.

Il semblerait que les baleines affectionnent les cages d’acier:

Pour les pieuvres, c’est plutôt le contraire:

Et les raies, ça va… tant que le robot partage les poissons:

Finalement il n’y a pas de robot dans celui-là, mais c’est juste trop bizarre!

hubert reeves

Durant les quelques jours de vacances cet été, j’ai renoué avec un vrai plaisir: lire un livre. Pas une revue, un journal ou un blog qu’on lit pour se tenir au courant: un livre. Quelque chose de vraiment dense et nourrissant pour la tête. (D’ailleurs j’ai fait un bon ménage de mes fils RSS au retour…) Il s’agissait des mémoires de Hubert Reeves intitulées comme la chanson “Je n’aurai pas le temps“.

Il s’agit en fait de plusieurs livres en un. L’auteur part de son enfance dans un Québec religieux et des expériences qui l’ont incité à s’intéresser aux sciences. Puis il décrit son cheminement à l’université et dans sa vie de chercheur. J’ai particulièrement aimé le récit de son séjour en URSS où on plonge d’un coup dans une ambiance de roman d’espionnage. Vers la fin, ça se transforme en une suite d’essais. Il présente le guide de survie du chercheur, qui jette un regard éclairé sur ce monde unique et plutôt incompris. Il termine avec sa nouvelle vocation, celle de préserver la diversité de la vie sur notre planète. La citation qui m’a fait le plus de bien dans le livre est certainement:

“Nous avons trop peu de temps pour le gaspiller à nous presser!”

Il la doit à un de ses professeurs du Collège Brébeuf. Si elle résonne autant, c’est que j’étais précisément en réflexion sur cette question. On souffre tous de manque de temps chronique. Il faut se faire à l’idée: nous n’aurons pas le temps nous non-plus. Pas le temps d’apprendre tout ce qu’on veut apprendre, pas le temps de jouer assez dehors avec notre famille, pas le temps de monter tous les projets que l’on souhaiterait… Une fois que l’on a accepté ça avec sérénité, il nous reste à choisir avec soins ce qu’on fait en priorité, et ne pas gaspiller le précieux temps à nous presser.

[Photo: Benoît Derrier sur Flickr]

locomotion interface

Ça fait un moment que je voulais parler du projet NELI (A Network-Enabled Locomotion Interface) actuellement en cours à l’Université Laval. L’idée de ce projet est illustrée ci-haut. Elle consiste à embarquer un utilisateur sur plusieurs plate-formes entraînées par des câbles. L’utilisateur est immergé dans un environnement de réalité virtuelle (son et image) et le robot lui procure les sensations tactiles. Par exemple, lorsqu’un pied est dans le vide, le robot le suit sans opposer d’effort. Lorsqu’il touche le sol, le robot bloque pour simuler le sol. Au final, l’idée serait d’avoir plusieurs interfaces reliées par réseau.

Je vous en parle maintenant parce que de nouveaux vidéos sont disponibles, démontrant le concept:

Les applications potentielles de ce type de système sont la réhabilitation et l’entraînement. En ce moment, les systèmes similaires sont des tapis roulants. Leur nature (contraintes mécaniques, inertie) font qu’il est difficile de simuler différentes nature du sol. Avec NELI, on peut s’imaginer simuler la marche sur le sable, la boue, un plan incliné…

Ce projet de recherche représente plusieurs défis importants de contrôle et d’intégration. Il est une collaboration entre le LVSN et le Laboratoire de robotique de l’Université Laval.

[Merci à Martin Otis pour le vidéo et l'image]

Je reviens de Brooklyn où j’assistais à la conférence de ASME IDETC-CIE 2008. Il s’agit d’une des bonnes conférences mondiales qui porte sur la mécanique en robotique. Voici quelques informations/réflexions en vrac de ce court séjour à New York.

Clément Gosselin honoré

À chaque édition de cette conférence, un chercheur est honoré pour les contributions au domaine des mécanismes et de la robotique et reçoit le Mechanisms and Robotics Committee Award. Cette année, l’honneur est revenu à mon superviseur de thèse Clément Gosselin, de l’Université Laval. Ce prix lui a été décerné d’abord pour ses contributions théoriques: Clément est un des chercheurs les plus cités dans le domaine, particulièrement pour ses travaux sur les robots parallèles. De plus, le laboratoire a donné naissance à plusieurs mécanismes innovateurs que je vous invite à aller voir en action sur la page du labo. Il a évidemment accepté le prix avec sa légendaire humilité, en remerciant au passage famille et collègues. Son superviseur, Jorge Angeles de McGill, avait lui-même reçu cette distinction dans les années précédentes.

Robots à câbles

Ces robots sur lesquels j’ai travaillé pour ma thèse ont été bien en vue cette année à la conférence. D’abord, le premier symposium sur les robots à câbles et de tenségrité a été tenu à l’initiative de Saeed Behzadipour de l’Université d’Alberta. J’y ai d’ailleurs présenté une portion de mes travaux intitulés On the Ability of a Cable-Driven Robot to Generate a Prescribed Set of Wrenches. Le powerpoint de la présentation se trouve sur slide-share: cable-driven robot. De plus, Clément présentait un keynote sur ce qui a été fait au labo dans ce domaine. Il présentait les aspects théoriques mais aussi certains prototypes pour un simulateur de vol, un scanner 3d et une interface de réalité virtuelle dont je souhaite vous parler sous peu.

Bonne discussion sur la Chine

Les longs trajets, ça permet de discuter avec mes collègues Chinois. On peut leur en vouloir de polluer et de ne pas respecter les droits de l’homme. Mais en apprenant que son grand-père est mort de la faim, ça met les choses en perspective. Sa génération se souvient de cette époque. Lui-même n’avait pas de soulier et avait travaillé tout un été pour 40 sous. Avec cette information, on comprend un peu mieux ce qui se passe aujourd’hui. Il m’a aussi rappelé ce qu’est une administration communiste, vraiment très éclairant… voire rassurant pour l’occident.

Pour ce qui est des trucs qui m’ont impressionné, je me promet de vous en montrer quelques uns dans les prochains jours.