Archive pour septembre 2008

Accepter notre banalité

Lundi 29 septembre 2008

rodney brooks

Dans la série d’excellentes conférences TED, on mettait en ligne hier une présentation de Rodney Brooks,  longtemps professeur au MIT et maintenant CTO chez iRobot.

Parmi les thèmes plus philosophiques qu’il aborde en discutant de robotique est notre “retreat from specialness”. Il présente l’évolution du point de vue de l’homme à propos de lui-même. À chaque nouvelle époque, nous nous voyons un peu moins au centre de l’univers. Nous réalisons qu’on fond, nous ne sommes pas si spéciaux. Contrairement à ce que nos ancêtres croyaient, le Soleil ne tourne pas autour de nous, nous venons de l’évolution de la vie comme nos cousins primates, etc. Un jour, nous apprendrons sûrement que d’autres formes de vie intelligente existent ailleurs. Un jour aussi, selon Brooks, nous accepteront que les robots sont des vivants. Et pourquoi pas?

Bref, en regard de la grande histoire de l’organisation de la matière, il ne faut pas nous voir comme une finalité. Nous faisons partie du processus. On doit avoir l’humilité d’admettre que le processus ne s’arrête pas à nous, individus aussi extraordinaires que nous puissions être. Brooks présente les robots comme une étape subséquente de cette organisation. En fait, à mon avis, avant les robots, il y a bien des systèmes créés par les humains que nous pouvons considéré comme la suite de l’organisation de la matière: les villes, la culture, les pensées qui circulent dans notre infrastructure de communication… Pourquoi la matière tend inexorablement à s’organiser de façon toujours plus complexe?!

Rendez-vous de l’automatisation 2008

Mardi 23 septembre 2008

Mon collègue Vincent Duchaine présentera au Rendez-vous de l’automatisation 2008 organisé par le CRIQ, qui se tient le 24-25 septembre. Il abordera le thème de la collaboration humain-robot, sujet de ses travaux de recherche et préoccupation très actuelle de la communauté robotique dans le monde. Vous pouvez voir sa présentation ci-dessous.

5 leçons d’Yvon Chouinard

Jeudi 18 septembre 2008

chouinard

Je viens de terminer le guide de l’entrepreneur atypique Yvon Chouinard,  fondateur et propriétaire de Patagonia. Un peu comme les mémoires d’Hubert Reeves, “Let my people go surfing” consiste en plusieurs livres en un seul. Il raconte d’abord son enfance de jeune canadien français émigré au États-Unis avec un nom qui sonne en anglais comme un nom de fille. On comprend alors ce qui a mené à la fondation de sa compagnie, qui était au départ une shop d’équipement pour l’escalade. La dernière partie, comme la dernière partie du livre de Reeves, traite de la préservation de l’environnement sauvage. Le centre du livre présente ses leçons d’entrepreneurs, dont voici quelques unes:

  1. Faire ce que doit.
    À chaque fois qu’ils ont eu le courage de prendre des décisions en fonction de leurs convistions profondes, ça s’est avéré être une bonne décision d’affaires. Parfois, les choix allaient complètement contre la logique d’affaire habituelle de minimiser les risques, les coûts et de ne pas choquer l’opinion publique. Par exemple, à ses débuts, il a arrêté de produire le produit d’escalade qui l’avait rendu célèbre dans la communauté et qui assurait sa rentabilité. Plus tard, ils ont décidé de passer au cotton organique alors qu’il coutait de deux à trois fois plus cher que le cotton non-organique. À toutes les fois, la compagnie a profité monétairement de ces décisions.
  2. Découvrir au lieu d’inventer.
    Tout va trop vite, on n’a pas le temps d’inventer. Il faut être attentif et opportuniste, faire le lien entre nos besoins et les nouvelles technologies disponibles.
  3. Faire travailler le designer avec le fabricant.
    C’est le concept du design intégré. Les coûts du design représentent un petit montant comparativement aux coûts de fabrication. Cependant, 80% des coûts de fabrication découlent de décisions prises durant la phase de design. En faisant travailler ensemble tout le monde impliqué dans la chaine tôt dans le processus, on assure la cohérence entre design et fabrication et on obtient une meilleure qualité en bout de ligne.
  4. Demander “pourquoi?” cinq fois.
    Il dit prendre ça de la philosophie de Toyota. Quand un problème survient,on se demande une première fois pourquoi. À la première réponse, on repose la question pourquoi, et ainsi de suite jusqu’à cinq fois. On s’attaque ainsi aux vraies sources, on évite les patches temporaires et les problèmes récurrents.
  5. Faire de l’argent.
    Chouinard veut changer le monde. Il veut montrer au monde des affaires qu’il est possible d’avoir une compagnie prospère qui respecte l’environnement et ses employés. S’il ne fait pas d’argent, il n’a aucune crédibilité auprès des gens qu’il veut influencer.

J’avais cité Chouinard plus tôt cette semaine et j’avais présenté un résumé d’une entrevue il y a un moment.

Présidentielles et technologies

Mardi 16 septembre 2008

Tout le monde regarde avec grand intérêt les candidats à la présidentielle américaine. Qu’est-ce que le prochain président regardera, lui, à son arrivée en poste à la fin de l’année? Selon cet article de ComputerWorld, il aura sur son bureau un rapport intitulé “Global Trends 2025″. Ce document, préparé par les différentes agences d’information nationales, contient une analyse des risques et opportunités qui planent sur les États-Unis: Compétiteurs, environnement, vieillissement de la population, technologies perturbatrices, etc.

Je ne sais pas si “technologie perturbatrice” est la traduction correcte de “disruptive technology”. Ils entendent par cette expression “une technologie qui a le potentiel de causer une dégradation ou une amélioration notable de l’un des aspects de la puissance américaine”. Ce rapport présente six technologies que l’administration devra surveiller et encourager. Disons que les deux dernières me font plaisir.

  1. Biogérontotechnologie –  Première fois queje l’entend celle-là. Signifie des technologies qui augmentent la durée de vie.
  2. Système de stockage d’énergie — Pour remplacer le pétrole, de nouvelles piles, ultracondensateurs ou autres devront être développés.
  3. Biocarburants — Et les techniques qui permettent de les obtenir, toujours pour réduire la dépendance au pétrole.
  4. Technologie du charbon “propre” — Avez-vous dit énergie? Pour produire de l’énergie plus efficacement et plus proprement. Comme le disait Yvon Chouinard, “c’est une bonne chose que les réserves de pétrole achèvent. Le problème, c’est qu’on a dix fois plus de charbon de disponible…”
  5. Robots – Qui pourront combler le manque de main d’oeuvre, au front, à l’usine ou à l’hopital.
  6. Omniprésence d’Internet – Tout, tout sera connecté, jusqu’aux objets de tous les jours. Cette virtualisation de tout ce qui nous entoure permettra de réduire les coûts et la dépendance à une main d’oeuvre toujours plus rare.

La tour de BaBell

Mardi 9 septembre 2008

bell canada mauvais service

Je préfère écrire sur des sujets exceptionnels, mais Bell a un exceptionnellement mauvais service digne de mention. Je croyais que ce serait dur de battre le technicien de Videotron qui me demandait d’aller visiter “www.lecornichon.com” pour tester mon Internet qui ne fonctionnait pas. (Avez-vous déjà vu un gars bleu au téléphone?) Mais Bell, ils sont vraiment forts. Ça fait plusieurs semaines que je tente de les rejoindre pour acheter un service dont ils ont l’exclusivité: la liste d’exclusion des téléphones, aussi connue comme la do-not-call list. Cette liste permettra au Canadiens de ne plus recevoir d’appel de télémarketing. Pour en savoir plus sur ce système déjà tout croche, je vous invite à lire Michael Geist qui en a abondamment traité.

Mais revenons à Bell, une version moderne de la maison des fous des 12 travaux d’Asterix. Un email: pas de réponse. Un deuxième même chose. Un troisième: oh, je reçois un courriel de réponse. Je dois plutôt communiquer avec la division PME, j’étais sur le site des grandes entreprises. Ce que je fais. Quelqu’un m’appelle une semaine plus tard! Mais il a mal compris ma demande, il appelait pour me vendre une ligne. Il ne connaît pas le système. J’appelle directement au service au PME. Après dix minutes d’attente (vive le main libre), quelqu’un me répond. Je dois lui expliquer ce qu’est la liste d’exclusion, il n’en a pas la moindre idée… Le clou dans tout ça, c’est que pendant mes dix minutes d’attente, le message enregistré faisait la promotion en boucle du nouveau service de la liste d’exclusion, gérée par Bell… Bravo les gars! Le crois que votre nouveau logo va vraiment faire la différence.

Utiliser le web pour promouvoir ses recherches

Lundi 8 septembre 2008

cable-drive robot, google

J’ai déjà parlé des similitudes entre l’écriture d’un blog et l’écriture scientifique. Dans le même ordre d’idée, le web peut servir au chercheur. Celui-ci a avantage à être cité le plus possible, c’est son capital. C’est ainsi qu’il devient reconnu dans son domaine, ce qui lui sert d’argument pour financer ses recherches.

Ce qu’on voit sur l’image, c’est le résultat de recherche sur Google pour les termes “cable-driven robot”, le type de robot sur lesquels j’ai fait ma thèse. En deuxième position se trouve le pdf d’une de mes présentations sur slideshare. Pourquoi ça sort avant les sites de d’autres laboratoires qui font des recherches sur le sujet depuis longtemps et qui ont plein de contenu pertinent? Parce que les labos sont des experts en robotique et que slideshare sont des experts en SEO. En mettant vos documents sur slideshare ou sur scribd, vous devenez la puce sur le dos du cheval. Celui-ci peut vous faire faire un bon bout de chemin. Évidemment, cette idée peut aussi servir à l’indexation pour autre chose que des présentations scientifiques…

Penser fait grossir

Jeudi 4 septembre 2008

homer ordinateur

Penser fait grossir. La preuve est sur l’image et dans le plus récent numéro de la revue Psychosomatic Medicine. C’est en effet ce qu’ont découvert un groupe de chercheurs de l’université Laval (voir le communiqué) qui ont comparé l’appétit de différents groupes soumis à différents efforts mentaux. Résultat: ceux qui avaient fourni un plus grand effort mental mangeaient plus. Le problème, c’est qu’on ne dépense pas plus de calories à penser fort qu’à relaxer. Plusieurs solutions s’offrent à nous: penser moins, manger moins ou finalement, revoir l’interface des ordinateurs pour dépenser plus en travaillant.

Les Affaires sur l’automatisation

Mercredi 3 septembre 2008

les affaires automatisation

Le journal Les Affaires présente dans son édition du 30 août un dossier sur l’automatisation au Québec. Les différents textes se retrouvent aussi en ligne:

C’est un bon point de départ si vous songez à un projet d’automatisation dans votre entreprise. L’étape suivante serait probablement de participer à un atelier d’une demi-journée donné par le CRIQ sur la planification d’un projet d’automatisation. Vous pourriez aussi assister au rendez-vous de l’automatisation 2008.

[Merci à Lionel pour le lien]