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5 leçons d’Yvon Chouinard

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Je viens de terminer le guide de l’entrepreneur atypique Yvon Chouinard,  fondateur et propriétaire de Patagonia. Un peu comme les mémoires d’Hubert Reeves, “Let my people go surfing” consiste en plusieurs livres en un seul. Il raconte d’abord son enfance de jeune canadien français émigré au États-Unis avec un nom qui sonne en anglais comme un nom de fille. On comprend alors ce qui a mené à la fondation de sa compagnie, qui était au départ une shop d’équipement pour l’escalade. La dernière partie, comme la dernière partie du livre de Reeves, traite de la préservation de l’environnement sauvage. Le centre du livre présente ses leçons d’entrepreneurs, dont voici quelques unes:

  1. Faire ce que doit.
    À chaque fois qu’ils ont eu le courage de prendre des décisions en fonction de leurs convistions profondes, ça s’est avéré être une bonne décision d’affaires. Parfois, les choix allaient complètement contre la logique d’affaire habituelle de minimiser les risques, les coûts et de ne pas choquer l’opinion publique. Par exemple, à ses débuts, il a arrêté de produire le produit d’escalade qui l’avait rendu célèbre dans la communauté et qui assurait sa rentabilité. Plus tard, ils ont décidé de passer au cotton organique alors qu’il coutait de deux à trois fois plus cher que le cotton non-organique. À toutes les fois, la compagnie a profité monétairement de ces décisions.
  2. Découvrir au lieu d’inventer.
    Tout va trop vite, on n’a pas le temps d’inventer. Il faut être attentif et opportuniste, faire le lien entre nos besoins et les nouvelles technologies disponibles.
  3. Faire travailler le designer avec le fabricant.
    C’est le concept du design intégré. Les coûts du design représentent un petit montant comparativement aux coûts de fabrication. Cependant, 80% des coûts de fabrication découlent de décisions prises durant la phase de design. En faisant travailler ensemble tout le monde impliqué dans la chaine tôt dans le processus, on assure la cohérence entre design et fabrication et on obtient une meilleure qualité en bout de ligne.
  4. Demander “pourquoi?” cinq fois.
    Il dit prendre ça de la philosophie de Toyota. Quand un problème survient,on se demande une première fois pourquoi. À la première réponse, on repose la question pourquoi, et ainsi de suite jusqu’à cinq fois. On s’attaque ainsi aux vraies sources, on évite les patches temporaires et les problèmes récurrents.
  5. Faire de l’argent.
    Chouinard veut changer le monde. Il veut montrer au monde des affaires qu’il est possible d’avoir une compagnie prospère qui respecte l’environnement et ses employés. S’il ne fait pas d’argent, il n’a aucune crédibilité auprès des gens qu’il veut influencer.

J’avais cité Chouinard plus tôt cette semaine et j’avais présenté un résumé d’une entrevue il y a un moment.

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3 commentaires sur “5 leçons d’Yvon Chouinard”

  1. Je suis profondément en désaccord avec le point 2. Peut-être que ce principe s’applique quand on vend des vêtements, mais en général, en affaires, je suis persuadé que l’innovation offre un meilleur retour sur investissement que la recherche d’innovations déjà existantes et de surcroît, aussi disponible à la compétition …

    Le produit qui innove aura toujours une longueur d’avance sur les autres, et ce, même après avoir été copié par la compétition. C’est prouvé, les gens adoptent et font confiance à l’original.

    Anyway, si tout le monde se mets à rechercher les nouvelles technologies disponibles plutôt que de créer quelque chose de nouveau, on va tous finir par tourner en rond à se partager les mêmes bebelles non? Qu’est-ce qui empêche Nike d’utiliser le cotton non-organique et de faire une campagne marketing monstre pour aller prendre des parts de marché à Pantagonia?

  2. Samuel dit :

    Un exemple qu’il donne, c’est qu’il ne peut se permettre de développer un nouveau textile. Il doit être au courant des innovateurs dans ce domaine et être capable de faire le lien entre ces nouveautés et ses besoins actuels.

    Il y a beaucoup d’idées et d’innovations disponibles qui ne sont pas encore utilisées. Elles peuvent être dans des domaines très différents.

    Bref, il y a moyen d’être innovateur en intégrant plusieurs technologies qu’on découvre, que d’autres ont développé.

  3. On comprend alors ce qui a mené à la fondation de sa compagnie, qui était au départ une shop d’équipement pour l’escalade. La dernière partie, comme la dernière partie du livre de Reeves, traite de la préservation de l’environnement sauvage.

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