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Archive pour octobre 2008

On a offert un GPS au beau-père pour ses 60 ans. Sur la boîte, on présente les caractéristiques de l’appareil. Le premier avantage qu’on lui donne: il est future-proof, à l’épreuve du futur. Première fois que je voyais ça et ça m’a accroché. Il y a pleins d’appareils électroniques dans un coin au bureau et dans nos maisons qui n’ont pas survécu à l’épreuve du temps: des Commodore 64, des lecteurs Syquest, des téléphones cellulaires pas bluetooth… À la NASA, c’est la même chose, en pire. Dans les débuts de l’électronique, il n’y avait pas de standards établis. Tellement qu’ajourd’hui, même si on avait encore les originaux du premier allunissage, on aurait de la difficulté à trouver un lecteur fonctionnel et quelqu’un capable de l’opérer. Pour des domaines comme l’archivage, j’imagine que cette notion est au cœur de leur travail.

Mon appareil photo se clâme à l’épreuve des chocs mais je ne crois pas qu’il survivrait à une chute du pont de Québec sur le boulevard Champlain. De la même manière, je crois qu’il est impossible d’avoir une technologie complètement future proof, d’autant plus que tout se développe tellement rapidement. Dans le cas du GPS, l’aspect future-proof consiste en la possibilité de tenir ses cartes à jour facilement, permettant au GPS de rester utile dans le temps. Plutôt élégant “future-proof” comme tournure de phrase pour expliquer ça.

Dans les domaines bien établis, on peut penser construire des technologies un minimum résistantes au temps. Si on mise sur le bon cheval (le bon standard, la bonne plate-forme), le produit peut faire un bout dans le futur. Pour des domaines qui sont encore en train de se définir, c’est plus difficile. J’aime bien le concept. Comment concevoir et réaliser des produits qui vont bien vieillir? Jusqu’à quel point est-il justifié de complexifier le développement pour rendre un produit fonctionnel dans le futur? Ça peut sembler insignifiant dans une époque où les cycles de vie des produits technologiques sont de plus en plus courts, mais la nécessité de développement durable risque de ramener cette notion à l’avant plan… dans un futur rapproché.

[photo: Vermininc sur flickr]

L’autre samedi je soupais au Soleil Rouge. J’ai choisi les côtes levées sur le menu… un peu décevantes. À la fin du repas, la serveuse me demande comment je les ai trouvées. “Bien correctes”, que je répond, pour ne pas faire de vague. Au fond, j’aurais dû lui dire ce que j’en pensait, ça l’aurait aidé à améliorer la bouffe. J’ai plutôt répondu pour ne pas déranger, confirmant ce que je venais de lire la journée même dans “The Art of Innovation“, de Tom Kelley. L’auteur travaille chez IDEO, un boîte de design industriel fort prolifique.

Mon expérience du resto fait un lien avec son chapitre intitulé “Innovation begins with an eye”, jeu de mot qu’on ne peut pas vraiment traduire. Il expose le fait qu’on apprend beaucoup sur des besoins latents en observant, souvent plus qu’en posant des questions comme on le fait plus souvent. Si la serveuse m’avais observé du coin de l’oeil, elle aurait pu déceler ma déception sans avoir à me le demander. Dans le développement technologique, observer de vrais utilisateurs dans un contexte le plus naturel possible vaut son pesant d’or. Voici pourquoi et comment:

  • Allez plus loin que vous mettre dans la peau de l’utilisateur. Le fait est que nous ne sommes pas nos utilisateurs. Nous sommes complètement biaisés, plongés dans le développement, on ne voit plus rien. En observant, on voit comment les gens utilisent des technologies de façon intuitive. Il ne faut pas se battre contre la nature humaine. Il faut l’embrasser, adapter le design et les fonctionnalités pour lui coller le plus possible.
  • Parfois, les utilisateurs ne savent pas exactement ce qu’ils veulent. Il donne dans le livre l’exemple de tests d’utilisation d’un logiciel où les gens se grattaient la tête devant la difficulté d’utilisation. À la fin, ils répondaient à un questionnaire où on leur demandait de suggérer des améliorations, ce qu’ils ne pouvaient faire, n’étant pas du domaine et étant peu en confiance. Dans certains cas, les utilisateurs n’ont même pas le vocabulaire pour décrire ce qu’ils aimeraient. C’est vous l’expert. Par l’observation, tentez d’abord de déceler les émotions sous-jacentes. Portez attention, tentez de comprendre et soyez sensibles à ce qu’ils ressentent. Ensuite, voyez comment vous pouvez améliorer significativement leur vie dans le contexte à l’étude.
  • Immergez vos sens. Ne regardez pas l’objet seul sur une tabe blanche dans votre bureau. Rendez-vous où il sera utilisé pour bien comprendre le contexte. Tout est connecté. Regardez les objets comme des verbes plutôt que des noms. Les produits sont utilisés de façon dynamique. Ils doivent interagir avec les gens, s’intégrer dans leur vie actuelle, leurs façons de faire. Utiliser un verbe pour décrire un produit vous met d’avantage dans l’état d’esprit de son utilisation.
  • Intéressez-vous aux excentriques. Certains utilisateurs peuvent avoir beaucoup d’imagination pour trouver de nouvelles utilités à des produits qui étaient conçus à d’autres fins. Ces hyper-sensibles n’en pouvaient plus d’endurer une frustration et on trouvé le moyen de la régler avec les moyens du bord. On peut parfois partir de leur initiative pour développer de toutes nouvelles approches.

Bien que les exemples datent d’il y a quelques années, ce livre est vraiment stimulant à lire jusqu’à maintenant. Je vous tient au courant.

[photo: CoinCoyote sur Flickr] [Merci à Vincent pour la suggestion de lecture]

Il y a deux semaines, j’assistais à une présentation de Hugo Morin organisée par Pôle Québec Chaudières-Appalaches. Hugo est le fondateur de Humagade, une compagnie de jeu vidéo de la région qui a récemment fusionné avec Frima. Il y allait de ses conseils durant son énoncé intitulé “Ce que j’aurais dû savoir avant de me lancer en affaires.” Je résume ici quelques-un de ses enseignements que je trouve du beau bon pratique.

  1. Communications
    On a pleins de nouvelles façons de communiquer efficacement? D’accord, mais attention à leur utilisation. Hugo est d’avis que biens des conflits résultent de problèmes de communication. Certaines choses ne se disent pas au téléphone et encore moins par email. Par écrit, les mots sont laissés à eux-mêmes, face aux perceptions et aux humeurs du ou des lecteurs. Parfois, ça vaut la peine de se déplacer pour une bonne vieille rencontre en face à face.
  2. Le bon partenaire
    C’est presque cliché et ça doit donc être pour une raison. Cherchez à travailler avec des gens qui vous complètent, pas des clônes de vous-mêmes. C’est valide à l’intérieur de l’entreprise, comme entre entreprises. Le monde est complexe, on ne peut tout faire soi-même. Il faut choisir les bons alliés!
  3. Focus / Alignement
    C’est bien de lancer du spaghetti partout sur les murs pour voir ce qui colle mais à un moment, il faut en choisir un et le pousser à fond.  Si vous avez autant de réponses qu’il y a de membres de votre équipe quand vous leur posez la question “qu’est-ce qu’on fait dans l’entreprise?”, c’est très mauvais signe.
  4. Ventes
    Les ventes ne sont pas tout… elles sont la seule chose qui compte. Les ventes sont l’air que l’entreprise a besoin pour vivre.
  5. Flux de trésorerie
    Une entreprise qui n’a plus d’argent est complètement vulnérable. C’est stressant, dangereux pour la survie de l’entreprise et difficile sur le morale des troupes. C’est aussi le message qu’avait envoyé Ryan Carson: un entrepreneur doit devenir un expert en cashflow.
  6. Vision client
    Une autre évidence qui est trop souvent oubliée par les passionnés de technologie. “Mon approche permet de faire ça et ça et c’est vraiment super!”, dit l’entrepreneur au client. “Mais moi je m’en fout complètement de ça”, de se dire dans sa tête le client. Il faut poser des questions au client, sentir sa douleur, ce qu’il désire profondément. Puis on a l’information qu’il faut pour faire valoir notre offre ou l’adapter à ses besoins.
  7. Financement
    Tant qu’à aller chercher 500k$, Hugo suggère d’y aller pour plus gros, cosidérant tout le temps et les frais encourus par de telles démarches. Et un petit détail: si vous faites des demandes de subventions, informez-vous s’il reste de l’argent disponible pour le programme…

Je suis en mise-à-jour, désolé des inconvénients…

Un entrepôt vivant

16.10.2008

Reportage sur les robots mobiles de KIVA systems, capable de gérer l’inventaire d’un entrepôt de façon dynamique.  Vraiment génial! La robotique dans ce projet n’est pas ce qui se fait de plus poussé, mais la combinaison avec la logistique donne une application drôlement intéressante. C’est d’ailleurs un bel exemple de système robotique dont la valeur est facile à évaluer pour un client.

On vient de mettre plusieurs nouveautés sur le site DuProprio.com, dont les photographies HDR. L’animation ci-haut présente le résultat de cette approche: des photos d’intérieur plus lumineuses et une meilleure vision de l’extérieur.

L’idée de cette application du HDR m’est venue lors d’une discussion dans les tunnels de l’Université Laval avec mon collègue Phil (étudiant chercheur au LVSN et partenaire chez Polyrix). Évidemment, c’est Phil qui m’a parlé de cette technologie. J’ai fait le lien avec un problème qu’on avait chez DuProprio.com: la qualité inégale et les contre-jours dans les photos d’intérieur. Ce que j’ai appris/apprécié de ce projet:

  • C’est possible de faire affaire avec un startup.
    Polyrix a déjà plusieurs projets complétés à son actif. Toujours est-il que l’entreprise est plus petite que plusieurs de nos fournisseurs. Les premiers prototypes ont laissé plusieurs sceptiques à l’interne chez nous. Au final (et à mon grand soulagement), les résultats sont là. Un startup peut faire du bon travail. Le manque de structure est compensé par le talent et l’assiduité de l’équipe qui le compose. Il faut choisir des gens de confiance!
  • C’est possible d’utiliser de la technologie de niveau universitaire.
    Pour avoir eu un pied dans le milieu universitaire et l’autre dans le milieu des affaires pendant plusieurs années, je sais qu’il y a un fossé entre les deux. C’est normal et c’est tant mieux, car les objectifs ne sont pas les mêmes. Je crois aussi qu’une meilleure communication entre les deux mondes pourrait avoir des impacts très positifs, surtout pour les entreprises. Tous s’entendent que l’innovation est la clé pour prospérer en 2008. Quand quelqu’un de l’entreprise est mis en contact avec des technologies universitaires, il doit accepter que ce n’est pas un produit fini. Certains gens d’affaires dénigrent la recherche, prétextant que ce n’est pas appliqué. Ils ont raison. Le travail à l’université, c’est de découvrir. Par contre c’est à l’entreprise d’avoir un minimum de vision pour saisir le potentiel de la découverte, puis d’imaginer comment elle peut ajouter de la valeur.
  • Le design intégré est réellement la voie à suivre.
    C’est un message que j’ai reçu dans plusieurs lectures: il faut que tous les intervenants impliqués dans un projet participent dès le début, et non séquentiellement. Au lieu de travailler les uns après les autres, on fait ensemble plusieurs itérations successives. L’utilisateur final est le plus important à impliquer. Encore une fois, c’est lors de la première phase que toutes les décisions importantes et difficilement réversibles sont prises. D’impliquer les gens concernés, c’est plus long au début, mais moins long par la suite et la qualité finale s’en trouve meilleure.
  • Améliorer les procédés de travail aide sérieusement à faire accepter le changement.
    Un des plus grands défis de Polyrix et de l’équipe chez DuProprio a été de prendre une méthode relativement complexe, de la simplifier et de l’automatiser pour qu’en bout de ligne, des dizaines de personnes l’utilisent chaque jour avec le sourire. Lors de la livraison du produit fini aux représentants qui prennent les photos, ceux-ci ont été séduits par le fait que la méthode les rendait de meilleurs photographes. Mais l’étincelle est apparue dans les yeux quand ils ont réalisé que le logiciel leur faisait sauver du temps. Bref, des meilleures photos avec une technique plus laborieuse aurait beaucoup moins bien passé.

Voici des liens vers quelques annonces qui démontrent l’intérêt de l’utilisation de photos HDR:

http://duproprio.com/maison-a-vendre-petite-riviere-st-francois-quebec-102547
http://duproprio.com/maison-a-vendre-cantley-quebec-104737
http://duproprio.com/chalet-a-vendre-la-malbaie-quebec-104592
http://duproprio.com/maison-a-vendre-ste-julienne-quebec-104026
http://duproprio.com/maison-a-vendre-cap-rouge-quebec-103371
http://duproprio.com/maison-a-vendre-victoriaville-quebec-104393

Ça contraste avec les pires photos prises sur MLS (tiré du blog de DP)…