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LABLOGATOIRE


Archive pour novembre 2008

Bill Gates disait qu’on arrive dans l’ère des robots. Certains nuancent plutôt que arrive à l’ère de la robotique. Ils estiment que la robotique prendra le chemin de l’électronique plutôt que celui de l’informatique. Au lieu de voir des robots partout autour de nous, il y aura un peu de robotique dans les objets de tous les jours: voitures, jouets, logiciels, etc. Regardez justement le vidéo suivant de la recherche qui se fait chez Adobe, un outil de montage vidéo, à la sauce vision numérique.


Interactive Video Object Manipulation from Dan Goldman on Vimeo.

[Vu sur AI and Robotics]

Je viens de relire un article de Shuichi Fukuda dans les comptes-rendus de l’ASME IDETC 2008 intitulé “How can Man and Machine Trust Each Other and Work Better Together?”. C’est une réflexion intéressante sur les interactions de plus en plus complexes qu’on a avec nos outils.

Tout le monde sait à quoi s’attendre quand il a un marteau ou une perceuse en main. On travaille un peu avec, on assimile la dynamique et si on est manuel, on est capable de faire quelque chose de bien. On fait confiance aux technologies les plus simples car on sait à quoi s’attendre. On commande la machine simple, elle obéit. La communication est unidirectionnelle.

Or, les technologies ne cessent de se complexifier. En même temps, leur durée de vie diminue. On a donc moins de temps pour apprendre à utiliser des machines de plus en plus compliquées. Fukuda parle donc de notre époque comme étant une de non-experts. Si l’interaction est inefficace, on voit l’objet que nous utilisons comme une boite noire. Ne la comprenant pas pas très bien, on devient confus on perd confiance en elle. On tente de lui imposer un fonctionnement, ça ne marche pas à notre goût, ça peut devenir très frustrant. Ça peut aussi être dangereux, voire mortel. Il parle dans l’article d’accidents d’avion où le pilote combattait une commande automatique qu’il avait activée sans s’en rendre compte. Quand la relation s’envenime entre l’humain et la machine, ce n’est rien pour régler le problème: Il semblerait que quelqu’un de contrarié n’utilise son cerveau qu’au tiers de ce qu’il utilise dans un état normal.

On ne peut faire marche arrière. Les technologies vont continuer à se complexifier, il sera possible de les utiliser dans des situations de plus en plus diverses. On ne commandera plus nos machines, on collaborera avec eux. Comment composer avec cette complexité grandissante? L’auteur suggère deux pistes:

  1. S’inspirer du logiciel. Les produits mécaniques aujourd’hui ont généralement des caractéristiques fixes. C’était le cas pour les logiciels à leurs début. Aujourd’hui, on a plus tendance à itérer, à ajouter les fonctionnalités à mesure que l’utilisateur apprend à utiliser le logiciel. Puisque de plus en plus de produits comprennent un aspect électronique et logiciel, on peut s’imaginer aller dans cette direction dans le futur.
  2. Permettres aux machines de développer une personnalité. Il existe des théories sur la formation d’équipe efficace entre humains. De la même manière, il pense qu’une machine avec le bon “tempérament” (ce qu’il appèle mécanicalité) pour l’utilisateur permettra une collaboration plus efficace. Il pense que si les machines ont des fonctions simples au départ et des capacités d’interaction, elles pourront s’adapter à la personnalité de l’utilisateur. À ce moment, les machines pourront interpréter nos actions et anticiper ce qu’on veut qu’elles fassent. On aura alors l’impression qu’elles nous comprennent et elles gagneront ainsi notre confiance.

Ces notions sont intéressantes d’un point de vue de conception d’interface logicielle ou de collaboration humain-robot. Tant que ces machines fonctionnent mieux que la foutue trombonne Word qui anticipe tout sauf ce qu’on a en tête!

[Photo: Davezilla sur Flickr]

g-speak

17.11.2008

Pour ceux qui n’en n’auront pas assez de la “big ass table” de Microsoft pour visualiser et manipuler des données, Oblong Industries a développé le g-speak:

Quand même intéressant comme interface de création, ça a presque l’air intuitif.

Design itératif

Je vous parlais récemment de “The Art of Innovation“, que je lis lentement mais avec intérêt. L’auteur touche le sujet du prototypage. Je ne sais pas si c’est mon passage dans un labo universitaire ou ma phobie des gros projets, mais j’aime bien le prototypage. Au lab de robotique, la machine à prototypage rapide a fait à mon avis une énorme différence sur la qualité et la crédibilité des travaux. Dans le web et le logiciel, on peut prototyper encore plus facilement qu’en mécanique. Voici donc 6 bonnes raisons de faire un prototype:

  1. Pour faire des erreurs — La première version n’est jamais la bonne. Cependant, on  s’en rend compte souvent qu’en ne l’utilisant. Plus on a un prototype tôt, plus on se rend compte de ses erreurs et plus on peu ajuster rapidement.
  2. Pour avancer – En étant trop longtemps dans la planification et la conception abstraite, on ne gagne pas de momentum. Faire un prototype permet de se motiver, nous donne l’impression d’avancer et nous permet de briser un projet trop gros en plus petites pièces digestibles.
  3. Pour forcer sa chance — Il arrive souvent en prototypant que l’on fasse des découvertes accidentelles. La naissance d’une idée est une chose mystérieuse. Quand on construit, manipule ou utilise un prototype, on risque de faire naître des idées qui ne seraient jamais venues à regarder une simple maquette.
  4. Parce que c’est convainquant – Nous sommes tous incrédules et les clients le sont encore plus. À l’intérieur de l’équipe, un prototype permet de cristalliser certaines “certitudes”, des points sur lesquels on peut se baser pour la suite du développement. Pour un client, un prototype démontre le savoir-faire de l’équipe, que ce sont des gens capable de faire de dont ils parlent.
  5. Pour avoir un feedback de qualité — Tout le monde peut se rendre compte de quelque chose d’important en utilisant un prototype, particulièrement un client (ou un patron). Ce feedback permet de rajuster le tir durant le projet, avant d’arriver à la fin avec un produit fini qui n’a été conçu qu’avec des spécifications initiales qui nous avaient placé sur une mauvaise trajectoire.
  6. Pour favoriser la simplicité — Tant qu’on n’est que sur papier, tout est facile: amenez-en des fonctionnalités et des designs complexes! Quand on sait qu’on a à faire un prototype rapidement et pas cher, on n’a pas le choix d’arriver avec une solution simple. Et la beauté de l’innovation, c’est à mon avis d’arriver avec une solution simple et élégante. Naturellement, les prototypes nous poussent dans cette direction.

À Go, on fait quelque chose!

[photo: Sachapohflep sur Flickr]

JIQ 2008

11.11.2008

On se voit mercredi le 12 au matin à la Journée informatique du Québec! Je participerai à la table-ronde du matin avec le CFD (iXmedia), Ian Delisle (Wanted), et M. Thériault (Terdor). Au sujet de la discussion: la place du Québec dans le monde numérique, ce qui se passe avec l’arrivée au travail de ceux qui sont nés dedans et, bien sûr, on joue à la boule de cristal.

Jambes Honda

10.11.2008

Regardez ce vidéo du nouveau produit de Honda: une paire de jambes supportant un banc sur lequel vous pouvez vous asseoir et marcher. Les jambes supportent environ 15% de votre poids. Cette solution est plutôt élégante comparativement aux exo-squelettes habituellement utilisés pour ce genre d’application (voir le vidéo ci-dessous)

Honda vise à aider les travailleurs et les gens en perte d’autonomie. Au delà de la presse reçue sur leur programme de robots humanoïdes, il est intéressant de voir des produits robotiques émerger de chez le géant automobile.

[Merci à Vincent pour le lien du vidéo Honda]

Plusieurs trouvent que le monde est de plus en plus débile. Moi je trouve que notre époque est le retour à la normale, je l’aime bien.

  • Retour des relations - Après des années de communications à travers de grands canaux difficilement accessibles, on arrive à un point où tous les secteurs de l’information se démocratisent: vidéo, écrit, musique… On ne parle plus de batch, on parle de personnalisation, de groupes d’intérêts, de relations humaines. Mêmes les bonnes compagnies recommencent à parler directement avec leurs clients. Après l’époque frustrante de la boite vocale, on redécouvre le plaisir d’interagir avec un humain compétent.
  • Fin de la bullshit - Terminée la publicité à la Willy-waller. On ne les croyait plus depuis tellement longtemps, ceux qui essayaient de nous enfoncer des produits dans le gosier. Les gens veulent du vrai, du simple, point. C’est valide pour les produits, et ce l’est aussi pour les individus.
  • Désagrégation des codes inutiles - Ça fait dresser le poil de certains aînés plus traditionnels: Moins  d’étiquette, de code vestimentaire, etc. Je crois bien sûr à la politesse car c’est une question de respect. Mais j’ai toujours trouvé ridicule tous ces codes d’étiquette complètement arbitraires qui datent du Moyen-Âge et qui ne font que fausser les rapports dans des situations guindées. Un humain est un humain, peu importe son statut. Et à part de ça, une cravate, ça m’empêche de bien respirer et ça nuit à l’alimentation sanguine de mon cerveau.
  • Situations non viables. J’ai toujours rêvé de voir un avocat crier “objection!” à propos de la loi de la gravité alors qu’il tombe sur le derrière sur une plaque de glace. Ce que je veux dire, c’est que les lois humaines, qu’elles soient d’ordre légal ou économique, doivent respecter les lois de la nature. Une des conclusions du rapport sur le grand black-out de 2003: la cause était une suite de décisions douteuses faisant fi des avis techniques, ne se souciant que de données financières à court terme. Lorsque les lois de l’économie et celles de la physique sont face à face, c’est toujours la physique qui gagne. Particulièrement avec le débat sur l’environnement, on sent une réelle volonté de se réinsérer aux cycles naturels de la planète. On réalise qu’on a pas le choix.

Vous vous doutez de ce qui m’a inspiré cet article. J’avais déjà expliqué pourquoi à mon avis les jeunes sont capables de grandes choses et aussi exprimé ma fascination pour le cycle des générations. Hier, j’étais ému d’entendre les témoignages des noirs qui étaient envahis d’une bouffée de confiance et de fierté. Ce qui m’a touché plus personnellement, c’est l’aspect générationnel de l’élection américaine. Quand je suis allé coucher mon fils alors qu’Obama était en avance, j’avais en tête “mon gars, c’est à notre tour”. C’est à notre génération, avec notre savoir-faire et nos valeurs, de prendre le flambeau et de faire quelque chose de beau. Aujourd’hui, il sourit de ses trois dents le plus sincèrement du monde en toute insouciance. C’est le moment de travailler pour que son sourire continue d’illuminer son visage même quand il réalisera que la vie n’est pas rose, parce qu’on aura été dans la bonne direction depuis au moins un petit moment.

[photo: Wired campus via Engadget]