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Une grappe robotique québécoise

J’ai déjà discuté du fait que, dans un réseau, ce ne sont pas les éléments qui sont importants mais plutôt comment ils sont connectés les uns aux autres. C’est justement le concept derrière les grappes industrielles, qui tentent d’établir des ponts entre des intervenants qui ne se parleraient pas naturellement. L’objectif est de créer des réactions entre les éléments et idéalement  créer une masse critique d’interaction pour que le phénomène s’entretienne par lui-même. Un exemple de grappe est le CRIAQ, qui regroupe les intervenants du secteur aérospatial québécois : grandes entreprises, PME, universités, centres de recherches et étudiants. Des événements et du financement sont mis en place pour favoriser les collaborations. J’ai discuté cette semaine avec Clément Gosselin (Laboratoire de robotique de l’Université Laval) , Martin Duchaîne (TechnoMontréal) et mes collègues de Robotiq de la possibilité d’une organisation de ce genre pour la robotique au Québec. Voici un résumé de notre échange.

Pourquoi une grappe québécoise en robotique?

  • La nature de la robotique
    La robotique est un des domaines du génie les plus multidisciplinaires. Pour faire des robots, on a besoin d’expertise pointue dans différents domaines qui doivent s’intégrer. Il y a un mouvement de standardisation dans la robotique en ce moment. Au lieu de réinventer la roue chacun de notre côté, il faut concevoir de façon modulaire pour pouvoir intégrer nos composantes à d’autres applications.

    Par ailleurs, les robots, comme les ordinateurs, peuvent être utilisés comme outil par différents domaines. Il serait donc intéressant d’avoir une organisation officielle pour favoriser les interactions avec d’autres secteurs d’activité comme la médecine, le militaire, l’aérospatiale, la manufacturier, la réadaptation, etc. C’est à ce moment que les applications vraiment intéressantes naissent.

  • Masse critique latente
    Il y a au Québec une masse impressionnante d’expertise en robotique, répartie dans différentes organisations. J’en avais fait un résumé dans cet article sur la robotique au Québec. Il y a des laboratoires universitaires, centres de recherche publics incluant trois lieux uniques au monde (Institut de recherche d’Hydro-Québec, Agence Spatiale Canadienne, Centre des technologies en fabrication en aérospatiale), plusieurs intégrateurs et quelques entreprises. Il existe déjà quelques collaborations intéressantes. Une grappe permettrait de les intensifier.
  • Les intérêts pour le Québec
    Le marché mondial des plates-formes robotiques est aujourd’hui évalué à 20 milliards de dollars. Les analystes prédisent qu’il triplera d’ici 15 ans. La province a la chance de capitaliser sur sa grande expertise pour se tailler une place dans cette niche. Comme le jeu vidéo et l’aérospatiale, deux secteurs importants de notre économie, la robotique est un secteur à forte valeur ajoutée basé sur le savoir.

    Pour continuer la comparaison avec le jeu vidéo et l’aérospatiale, la robotique a cet intérêt supplémentaire : elle peut contribuer directement à la compétitivité de tous les secteurs de notre économie, particulièrement le secteur manufacturier. Le Québec a la chance d’avoir encore une diversité et une vitalité de ses entreprises manufacturières. Cependant, tout le monde sait qu’il est précaire en ce moment, principalement à cause de la compétition de pays où la main d’œuvre est au moins un ordre de grandeur moins chère. Il le sera encore plus dans 5 à 10 ans lorsque la structure de notre démographie créera un grand vide sur le marché du travail. La robotique sera obligatoire pour la survie de plusieurs entreprises québécoise. Aujourd’hui, la densité de robots / travailleurs est plus petite au Canada que dans la plupart des autres pays industrialisés. Nous  avons donc un important retard à rattraper. De plus, les robots d’aujourd’hui ne sont pas faits pour nos entreprises, qui fabriquent pour la plupart de petites à moyennes séries. Voilà une réelle opportunité de développer des technologies qu’on pourra exporter, mais qui pourront servir à la maison.

    Le dernier point en faveur d’un pôle robotique québécois est au niveau du recrutement des étudiants pour des carrières en sciences et en génie. À notre époque, la robotique attire les jeunes plus que n’importe quel autre domaine de génie. Une des missions du pôle pourrait être de développer des programmes d’initiation à la robotique au secondaire et au CÉGEP qui serviraient l’ensemble des programmes de génie.

Les défis de former une telle organisation

Tout ça est bien beau, mais ce n’est pas fait. Voici quelques défis qu’on peut d’ores et déjà identifier :

  • Le tissu industriel encore à compléter
    Contrairement à d’autres industries qui se sont organisées, il n’y a peu voire pas de grosses entreprises en robotique au Québec. Cet élément complexifiera le financement de la grappe et son influence auprès des gouvernements.
  • Le fossé entre les intervenants
    Pour avoir visité quelques entreprises manufacturières et avoir rencontré de nombreux intégrateurs, je confirme qu’il y a un monde entre la réalité des centres de recherche  et celles des entreprises touchant à la robotique en ce moment. Il faudra trouver le fil conducteur pour que tous voient l’intérêt de collaborer au jour un.
  • Qui prend le leadership?
    S’il y avait de grosses compagnies québécoises en robotique qui avaient peur de la concurrence mondiale, ils auraient les ressources et les motivations de prendre ce dossier en main. Mais ce n’est pas le cas. Pour ce qui est des centres de recherche, ce n’est pas leur mandat et ils sont pour la plupart auto-suffisants en fonds de recherche. Reste donc les organisations comme TechnoMontréal, le peu de fabricants déjà en place, les intégrateurs déjà rassemblés et, surtout, le secteur manufacturier québécois qui doit se réveiller.

Il existe déjà des grappes en robotique formées naturellement autour des grands laboratoires américains (Boston / MIT, Pittsburgh / Carnegie Mellon, Silicon Valley / Stanford). Plus ce genre d’organisation nait tôt, plus le temps joue en sa faveur. Nous avons encore la chance de pouvoir se donner une masse critique et de profiter de notre proximité avec eux. Qui embarque?

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21 commentaires sur “Une grappe robotique québécoise”

  1. Guillaume Lambert dit :

    Bonjour Samuel

    Très intéressant comme question et comme concept. J’ai toutefois pu observer une ou deux caractéristiques des grappes, qui touche à l’aspect de leadership dont tu parles. Il y a toujours eu un/des compagnies partie de cette grappe qui généraient déjà de bons gros chiffres d’affaires à l’origine de ces grappes.

    Donc si on suit ce raisonnement, si on n’a pas d’entreprises de ce groupe qui génère déjà des revenus significatifs en robotique, la grappe aurait du mal à prendre de la force ? C’est du moins ce que je décode en analysant les grappes de d’autres secteurs.

    Du coups, ca suggère que cette grappe pourrait être difficilement utilisée pour consolider le démarrage d’enteprises.

    Deuxième caractéristique, aux USA il y avait aussi une association nationale de la robotique qui a servi de cataliseur entre les efforts des domaines académiques, privés et gouvernementaux (militaire ou autres). Aurait-on la même chose içi ?

    Est-ce que mon observation est conforme à ce que tu vois ou que d’autres voient ? J’attends vos commentaires car si a pouvait fonctionner, ca fait plusieurs années que j’attends ca …

  2. Intéressant, mais pas facile à mettre en place. Je suis d’accord avec Guillaume Lambert : beaucoup de grappes sont nées autour de grands donneurs d’ordres. C’est le cas de la grappe aéronautique, AéroMontréal, où les entreprises « tournent » autour de Bombardier, Pratt&Whitney, Bell. Dans le cas du CRIAQ, ça fonctionne parce que le Gouvernement du Québec lui a assuré un financement sur 5 ou 8 ans (ma mémoire fait défaut) afin que le CRIAQ puisse initier (et supporter financièrement) des projets de collaboration entreprises-universités.

    Je vois deux types de robotique au Québec : ceux qui développent des nouveaux robots ou composantes de robots (comme Robotiq, comme Kinova qui faisait l’objet d’un reportage à Découverte hier) et ceux qui utilisent et intègrent des robots « tablette » (comme les membres du Regroupement des équipementiers en automatisation industrielle). Ces deux groupes ont intérêt à créer des échanges, mais n’ont pas les mêmes objectifs. À la lecture de ta réflexion, je crois (corrige moi si je me trompe), que ta grappe vise principalement le premier groupe. Il serait intéressant de connaître le nombre d’organisations ou d’entreprises qui font de la R&D en robotique au Québec afin de s’assurer qu’il y a une masse critique suffisante pour créer une grappe.

    Hormis ces réserves, je crois que c’est au niveau conceptuel une bonne idée. Au lieu que plusieurs PME développent des technologies en vase clos, il serait préférable qu’elles partagent leurs expertises afin que l’ensemble de l’industrie progresse plus rapidement.

  3. Guillaume Lambert dit :

    Re-bonjour à tous

    En repensant à mon propre commentaire, je crois que je mettrais l’emphase encore plus sur le fait qu’il faut que les donneurs d’ordres s’adressent à des marchés substantiels. Très substantiels.

    Les marchés visés doivent être assez gros pour avoir un impact majeur sur l’économie du pays. Pour l’aérospatiale ca l’a été au Québec, et les pays de l’occident en général. Est-ce que ce le serait pour la robotique pour le Québec un jour ? Aux États-Unis, ce l’est devenu. Même la tranche “Robotique de service (robotique mobile) est devenue immense, surtout avec l’implication de l’Effort militaire et des robots de consommation et les jouets. Mais de quel marché robotique pouvons-nous ou pourrons-nous nous réclamer au Québec sachant que nous ne sommes pas du tout dans les premiers, les leaders au niveau commercial ?

    Parfois, j’ai l’impression que la pente est très abrupte pour nous au Québec ; Et attention, je suis moi-même entrepreneur en robotique. Alors c’est loin d’être un exercice de pessimisme. Mais je me pose simplement ces questions à chaque jour pour assurer la pérénité de mon entreprise.

    Si la part commerciale visée par cette grappe n’est pas suffisante, trop peu y adhéreront pour former cette dite masse critique.

    J’ai parfois l’impression que si l’on vise la robotique pour la robotique, c’est trop large et trop diversifié, il y a trop d’avenues différentes pour créer concensus dans une région économique. Il doit y avoir un focus à un certain niveau pour créer un engagement commun. Je dirais même plus, si il y avait une “Mission” arrimée à un marché de taille, peut-être que ca accrocherait.

    En terme précis, je prend l’exemple des États-Unis qui ont mais l’emphase sur la robotique militaire, pour protéger leur pays après 9-11 et qui est devenu un marché substantiel de l’ordre de plusieurs milliards de $ par an, en quelques années à peine. Ok, on pourra remettre en question la moralité de la robotique militaire, mais le principe fonctionne pour faire naître une grappe forte. C’est leur moteur de développement.

    Au Japon, on sens clairement une motivation profonde dans la majorité des développements pour aider les personnes malades et les ainés. C’est leur moteur de développement. Et il y a les chiffres bien réels des dépenses sur la santé des ainés pour les ancrer.

    Alors au Québec, de quoi nous réclamerons-nous pour fonder notre industrie robotique ? Serait-ce la robotique spatiale ? La robotique de sécurité ? La robotiqe industrielle (de fabrication-Zut, pris par le Japon et la Corée …) ? La robotique Ludique (Jouets et consommation) ? Laquelle nous attire assez en tant que société pour qu’elle nous interpelle et qu’elle annonce un marché prometteur ?

    Une dernière Note. L’an dernier, le président de Irobot (le fameux Packbot), probablement la plus grosse compagnie de robotique mobile aux États-Unis à, lors de la conférence de Pittsburg ouvertement questionné et même douté de la force de sa propre industrie. Malgré les apparences, même aux États-Unis on a de la difficulté à voir un souffle long terme à cette industrie et on ne parlera pas du reste du monde encore. Ca en dit long sur le travail qui reste à faire pour en faire une industrie mondialement viable et amener les consommateurs à acheter des produits robotiques comme il le font pour les autres produits. Mais on en est pas encore là. Et tant que ce phénomène n’aura pas lieu, la grappe sera faible.

    Alors, la grappe, je la veux depuis 10 ans dont 7 à temps plein, mais sous quelle forme et avec qui ? Alimentons ce Blog et on le saura peut-être !

    Bonsoir et au plaisir de vous lire.

    Guillaume Lambert - Collineo inc.

  4. Samuel dit :

    Merci de vos commentaires Guillaume et Luc. Je vois que vous avez le même questionnement sur la formation d’un tel regroupement sans de gros “hubs” dans le réseau avec lesquels tout serait connecté.

    À ma connaissance Guillaume, il n’y a aucune organisation qui regroupe tous les joueurs en robotique au Québec. La seule que je connaisse, c’est le regroupement des équipementiers qui rassemble les intégrateurs, la deuxième catégorie dont parle Luc. Qui sait, peut être que ça pourrait être le noyau de départ. Et bien qu’on n’ait pas de gros donneurs d’ordre, on a définitivement une masse critique de chercheurs qui se connaissent à peu près tous. Il serait donc possible je crois de rassembler tout ce monde.

    Justement par rapport à ta question Luc, je suis d’accord qu’en effet les intégrateurs et les fabricants de composantes robotiques ont des objectifs différents à court terme. Je crois cependant que les deux auraient avantage à se parler pour développer ensemble à moyen et long terme. Que les intégrateurs expliquent les problèmes qu’ils ont aujourd’hui qu’ils ne peuvent pas résoudre et que les gens de R&D présentent des stratégies issues de la recherche pour y répondre. On pourrait ainsi développer ici de nouvelles technologies “tablette” utiles au Québec et ailleurs.

    Pour ce qui est de ton idée d’avoir un thème central à la robotique Guillaume, je crois que c’est en effet une bonne idée. Dans ta liste, tu n’as pas mentionné l’Europe, qui focus aussi beaucoup sur le manufacturier, et particulièrement récemment sur les PME. C’est un thème qui collerait bien au Québec, j’en suis certain. Il serait aussi possible de se coller à une grosse industrie québécoise comme l’aérospatiale, le jeu vidéo ou les arts de la scène, où la robotique commence déjà à faire sa place.

  5. Guillaume Lambert dit :

    Rebonjour à tous !

    J’ai lu dans la dernière année un rapport économique des USA, et une discussion avec des gens de l’Alberta, mais qui siègent sur un comité de financement de technologies pour la sécurité au niveau Canadien (Le CRTI). Les deux avaient essentiellement le même discours : Actuellement, on a pas tant besoin de nouvelles technologies que d’implanter, intégrer et appliquer correctement toutes celles qu’on a.

    Si je me fie à ces commentaires, le défi serait plus à cibler les applications pour des technologies existantes et de pousser les ventes.

    Je vais essayer de ressortir ce rapport et le rendre disponible.

    Donc il serait peut-être utile à court terme de faire l’inventaire des technologies émergentes et surtout celles qui sont proche de la maturité au Québec. Cet exercice pourrait peut-être révéler des forces et des avenues insoupsonnées.

    Qu’en pensez-vous ?

    Samuel, concernant ton dernier commentaire, c’est vrai que le Québec a un coté manufacturier très fort. En Beauce, à Montréal, au Centre du Québec, au Saguenay, (et j’en passe) les industries de la sous-traitance manufacturière sont très développées. Je parie que nous nous y retrouvrions assez bien.

    Pour être un bon consommateur de pièces usinées moi-même, et j’ai approvisionné à plusieurs adresses, on a rien à envier à personne. Ce qui est fabriqué içi est de calibre.

  6. Samuel dit :

    Article intéressant sur le milieu robotique autour de Boston: http://www.boston.com/business/technology/articles/2008/08/31/robots_on_the_move/?page=1

  7. Samuel dit :

    Merci Guillaume, très intéressant.

  8. Brian Moore dit :

    J’ai bien aime ton article sur ton blog concernant la “grappe québécoise”. Moi je suis partant :-) Tiens moi au courant si ca va plus loin ou si tu as besoin d’aide…

  9. Guillaume Lambert dit :

    Concernant l’existance d’un groupe qui pourrait nous aider à se “regrouper”, il y a le AUVSI CANADA - http://www.auvsi-canada.org/

    On pourrait peut-être envisager le chapitre “Québec” ? J’avais essayé de pousser l’idée en 2000, mais ca n’avait pas vraiment pris. C’était peut-être un peu trop tôt.

    À suivre.

  10. Yves Matte dit :

    Intéressant ton blogue, mais je suis d’accord avec les commentaires de Guillaume Lambert et de Luc.

    J’ajouterais de plus que ça prends, pour que la politique appuie une telle initiative, au moins deux choses importantes soit une masse critique de chercheurs locale (à Québec) et l’existence de plusieurs compagnies (au Québec et au Canada pour avoir l’appui des deux gouvernements). Je pense que c’est trop tôt pour la robotique pour ici à Québec en tous cas.

    Pour la masse critique des chercheurs, c’est bien parti à Laval avec le groupe à Clément mais, si on compare avec le COPL qui a amené l’INO dans la région, regarde sur leur site le nombre de membres-chercheurs réguliers (plus de 30 http://www.copl.ulaval.ca/membres/ ) dont certains proviennent d’autres universités au Québec sans tenir compte de plus d’une centaines d’étudiants gradués et une reconnaissance canadienne du centre comme étant le centre de recherche leader au Canada avec le Centre d’excellence du CIPI. De plus, il y a RDDC Valcatier qui est un pionnier dans l’Optique au Canada avec le laser CO2.

    Et pour la masse critique de compagnies au Canada, ce n’est pas le cas encore en robotique si on compare avec l’optique photonique. Juste à Québec. il y a plusieurs compagnies à l’origine comme Exfo, Bomem (ABB), R-D Tech (Oplympus), Lyrtech, CorActive en plus de beaucoup d’autres au Canada (Montréal, Ottawa, etc)) voir : http://www.photonics.com/Content/ReadArticle.aspx?ArticleID=39776 et http://www.investquebec.com/documents/en/secteur/OpticsPhotonics.pdf.

    Cependant, il y a eu un début dans le domaine de l’optique à Québec (tout comme l’aéronautique à Montréal) dans les années 60-70. une masse critique de personnel s’est formée dans les années 80-90 et ça s’est développé beaucoup dans les années 90-2000. Je pense que la robotique pourrait être une prochaine opportunité dans la prochaine décennie mais il reste du travail à faire.

  11. Guillaume Lambert dit :

    Rebonjour à tous

    Près de la forêt on ne voit plus les arbres. Je collabore de façon hebdomadaire avec un embryon de grappe robotique Canadienne et je n’y avais même pas pensé. La protection civile, notamment policière dans la région d’Ottawa et périphérique de Toronto.

    Juste dans cette région on compte les manufacturiers de robotique mobile pour les applications policières suivantes :
    - Icor technology - Robots EOD
    - Pedsco Canada
    - Allen-Vanguard
    - Frontline Robotics
    - ESI
    - Et j’en passe.

    Sans compter les orhanismes fédéraux qui sont de gros noyaux d’activité, de formation et de regroupement des affaires commerciales et académiques reliés aux robots pour usages policier. Ils ne sont pas au Québec certes, mais c’est un gros noyau solide et ils sont au Canada à 3 hrs de route de nous et les affaires qu’ils génèrent en plus de la R&D sont imposantes et mondialement reconnues.

    Selon les chiffres que j’ai compilé moi-même, même si je n’ai pas terminé de compiler, les manufacturiers Canadiens de cette région comptent pour probablement 30% des manufacturiers mondiaux de robots EOD. Ok, ca ne tient pas compte içi des unités vendues (c’est impossible de se comparer à Irobot ou Foster-miller ou Telerob…), mais c’est une présence tout à fait remarquable.

    Les policiers qui s’entrainent au Collège de Police de la GRC viennent de partout dans le monde et repartent avec un entrainement fait sur des équipements Canadiens qu’ils diffusent dans toutes les unités du monde entier. Voila un exemple de grappe Canadienne très tangible. Toutefois elle n’est pas robotique par nature, elle est centrée aur le métier de technicien anti-bombe (EOD), mais la robotique y joue un rôle majeur (50%+ de la nature du métier).
    -
    - Ca aussi on pourrait s’en inspirer.
    -

  12. Salut Samuel. Félicitations pour ton blogue. Pour les autres , je me présente, Mario Tremblay, Président fondateur de RobotShop.

    À mon avis, ce que ça prends, c’est une grappe industrielle qui focus sur les besoin DU marché en émergence; the next big thing. J’ai nommé ici la robotique personnelle et professionnel. comme Bill Gates l’a soulevé dans son article de 2007 dans Scientific American « A Robot in Every Home ».

    Voilà de cela un certain temps que j’évolue dan le domaine et nous sous sommes au première loge, directement connecté sur la demande du client et nous avons peine à fournir, en moyenne 85% de croissance annuel depuis les 6 dernières année , plusieurs millions de chiffres d’affaires, nous avons plus de 3500 produits (actuellement, le rythme est en moyenne 200 nouveaux par mois) et représentons plus de 250 manufacturiers. Combien de ce nombre sont Québécois? Un gros 0, mise à part quelques produits de RobotShop, malgré que nous ne focussons pas sur la conception. Nous avons décidé de focusser sur la distribution. Mais encore, si on fabrique des produits au Québec, avoir dans ses rangs un leader mondiale sur Internet spécialisé dans la distribution et le service, sa peu pas faire de tord.

    The next « killer » en robotique et il est déjà commencé, c’est en éducation. De plus en plus d’écoles forme des programmes scolaires partout sur la planète. C’est une nouvelle guerre froide et nous sommes très en retard, derrière l’Europe, les USA, le Japon… Mais encore, il y a beaucoup de potentiel dans les « pièces » détachées qui servent à construire les robots, et aussi dans les robots domestiques et professionnels. Le Robot Packbot de iRobot coute plus de 100k$. C’est trop cher, et un ancien employé de iRobot l’a prouvé. En quittant iRobot, il a créé son propre produit (Le Negociator) qu revenait à beaucoup moins cher et il a gagné un appel d’offre de 400 millions de l’armée pour des robots en Irak. iRobot ont résussi à prouvé que le negociator contrevenait aux droits d’iRobot et ils ont tuer le startup… mais tout cela pour dire qu’il y a moyen de faire mieux, ce type l’a fais tout seul contre les centaine d’ingénieurs d’iRobot… les avocats d’irobots ont combler la carence des ingénieurs… (LOL)

    À savoir quel produits sortir le marché, il nous serais relativement facile de présenter qu’est-ce qui se vends et qu’est ce qui se vends pas, mais aussi quel technologie sont en carence afin de déterminer un road map. Mais encore, quel produits se vends pas parce que c’est trop cher. J’ai d’ailleurs travaillé avec Robomotio dans le passé (qui n’existe plus) afin de créer une version pré-commerciale de notre prototype robot tondeuse RobotKut… un exemple de produit killer qui pourrait toucher le marché (un robot tondeuse en bas de 1000$, simple d’utilisation pour les petites maison de banlieue)… iRobot tarde à en sortir tout simplement car il y a des guerre de brevets derrière cela avec Husquvarna , Zuchetti Systemi et Belrobotics…. Juste au Québec, il y a 60 000 nouvelles tondeuses à gazon vendu par année… des machines polluantes qui font du bruit et nous devons pousser à la main… c’est tellement archaïque. Dans 10 ans, celui qui poussera sa tondeuse se fera pointer du doigt.

    Je connais de mon coté plusieurs intervenants qui pourrait faire parti d’un comité fondateur, dont moi même. Je crois que pour partir le bal, il suffit de se lancer. C’est inutile d’essayer de voir toutes l’échelle car elle est trop haute. Commençons à monter tranquillement, une marche à la fois. Je propose de construite une liste de potentiel membre fondateurs et de se faire une journée événement avec des présentations. À la fin de cette journée, les gens intéressé signe une lettre pour devenir membre fondateur et formeront le premier comité de la prochaine industrie robotique québécoise et canadienne. Ensuite, on fais des rencontre, on construit un RaodMap et on fais bouger les choses.

    J’ai d’ailleurs une discussion avec Samuel ce mercredi. Ce sujet est à l’ordre du jour.

    Salutations,

  13. Guillaume Lambert dit :

    Bonjour à tous, Bonjour Mario

    Excellente intervention. Tu touches un bon point et sous-jacent à tout ce que tu as dit, tu viens chercher ce que nous on disait plus tôt, il faut un/des marché important pour supporter tout ca.

    Et toi tu es en plein dedans. Ta croissance en est un bon indicateur.
    -
    Pour cette rencontre du comité fondateur, je suis partant. On se rencontre ou et quand ? Je suis mobile, je me déplacerai.

    -

  14. Bonjour à tous,
    ce texte est fort intéressant et me fait rêver. Mais je pense qu’il y a une nette part de réalité dans ce rêve. Comme Samuel le dit, nous avons au Québec une forte densité de chercheurs en robotique par rapport au reste du Canada ou même des USA. La capacité d’innovation est clairement là. En volume, nous ne pouvons nous comparer à la photonique (par exemple) comme le fait remarquer Yves mais je ne pense pas que le volume soit nécessaire à ce moment-ci. Par ailleurs, le volume pourrait augmenter rapidement au besoin. Pour ma part, je dois refuser au moins la moitié des étudiants qui me contactent pour des études graduées, faute de temps/place. Nous sommes prêts à`fournir des gens qualifiés pour cette industrie robotique naissante.
    Bien-sûr nous n’avons pas de gros porteur de ballon industriel (comme dans le CRIAQ par exemple) mais qui en a dans le domaine de la robotique? Il y a peu de fabricants de robots dans le monde et ceux-ci sont en général plutôt conservateurs. Les robots du 21ème siècle dont on parle maintenant n’émergeront probablement pas de ces compagnies. L’innovation est ailleurs, chez les Willow et les RobotIQ. Nous avons une belle opportunité à saisir, un peu comme l’a fait l’industrie du jeu video. Il suffit peut-être de quelques éléments déclencheurs, comme la volonté politique l’a été pour l’industrie du jeu video (Bernard Landry en l’occurence).
    Pour une rencontre éventuelle, je suggère d’inviter des représentants des labos universitaires (je serais prêt à aider pour cela) de même que des représentants de certaines instances gouvernementales. Yves a peut-être des suggestions là-dessus.

    Clément Gosselin

  15. Très intéressant ton blog, comme discuté au téléphone, un regroupement robotique au Québec serait un atout incomparable pour notre compétitivité à l’international… très, très, très heureux de savoir que d’autres partages cette opinion! Il est certain que notre axe principal soit la santé, mais nos technologies ont aussi un fort potentiel dans d’autre marchés, de plus, la plupart des centres de recherches et entreprises Québécoise en robotique sont très complémentaires… un grand potentiel pour sécuriser une place importante dans cette industrie.

  16. [...] en robotique au Québec. Dans le cadre de l’initiative IROQ mise en place depuis mon appel à la collaboration, j’ai refait un portrait des différents joueurs en robotique au [...]

  17. a l’attention de Guillaume LAMBERT

    Bonjour,

    L’Université Pierre et Marie Curie a lancé une opération spéciale visant à retrouver les diplômés de trois promotions afin connaître leur devenir professionnel.
    Je participe également à cette opération en toute bonne volonté et est memebre du personnel de l’Université

    Vous êtes apparemment diplômé ayant comme diplôme un DEA SCIENCES Optique et photonique (promotion 2004).

    Si c’est bien le cas, pouvez-vous simplement m’envoyer une adresse email permettant de vous contacter autrement que par GOOGLE ?

    Ceci me permettra de vous faire envoyer un message vous indiquant comment mettre à jour votre fiche personnelle dans l’annuaire d’UPMC Pro.

    Si vous n’êtiez pas le diplômé en question, je vous prie d’excuser mon erreur et vous remercie par avance de m’avertir afin que vous ne soyez pas de nouveau sollicité pour le même objet.

    Cordialement,

  18. Guillaume Lambert dit :

    Bonjour Mr. Jamet

  19. Guillaume Lambert dit :

    Bonjour mr. Jamet

    Je n’ai pas le privilège d’être un finissant de cette faculté et de cette cohorte. Bonne recherche.

    Amicalement, Guillaume Lambert

  20. hott joseph dit :

    je suis un jeune cameroun etudiant en Informatique Industrielle. j’aimerai faire le robotique au canada , j’ai besoin d’un soutien
    merci

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