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L’histoire du Québec inc.

J’ai eu une discussion intéressante sur la culture entrepreneuriale québécoise avec Ghislain Nadeau lors d’une entrevue effectuée pour son éventuel TV entrepreneurs. Le constat était qu’il y a un vide entre notre côté entrepreneurial naturel et le savoir-faire nécessaire pour amener des entreprises au second niveau. Pourtant, ce n’est pas d’hier qu’on a la créativité et l’initiative pour entreprendre. Je vous invite pour vous en convaincre à revisiter l’histoire de Radisson. Pour moi, ce n’est qu’une question de quelques générations encore avant que le Québec inc. ne soit pleinement déployé. Il y a des raisons qui expliquent pourquoi nous n’y sommes pas encore.

  • Le Québec et l’argent
    Les Québécois entretiennent une relation d’amour-haine envers l’argent. Durant une bonne période de notre histoire, nous n’étions pas aux commandes. Nous voulons de l’agent, mais dans notre inconscient collectif faire de l’argent c’est mal (à part peut-être à la lotto). L’argent est un des derniers taboo de notre société. On évite systématiquement les questions du genre “Combien tu gagnes?”. Il faudra régler cet inconfort que nous avons avec l’argent, accepter que ce n’est qu’un moyen qu’on se donne pour réaliser nos projets.
  • Le Québec et ses matières premières
    On a déjà vendu notre fer à quelque sous la tonne pour créer des emplois dans les mines. On vend encore nos forêts à un rythme insoutenable et à un prix ridicule pour soutenir des emplois forestiers. Avec l’électricité, la situation est similaire. La matière première de notre époque, c’est la matière grise. Allons-nous encore une fois la laisser aller pour des peanuts pour que le gros de la richesse créée s’en aille ailleurs?
  • Le Québec et les technologies
    Ça, c’est l’exemple positif. Au 50e anniversaire du département de génie mécanique de l’Université Laval il y a quelques années, on nous avait posé la question suivante: “Savez-vous combien il y avait de canadiens-français qui étudiaient le génie mécanique à travers le Canada au moment de la création du département?”. La réponse est 3! Vous vous rendez compte du chemin qu’on a parcouru depuis? En 50 ans, nous avons bâti toute une expertise et une culture scientifique de classe mondiale. Aujourd’hui au Québec, vous pouvez facilement trouver des spécialistes dans à peu près tous les domaines techniques pour vous aider à bâtir des satellites, des avions, des jeux vidéos, des médicaments, des appareils de télécoms…

Ce n’est pas le cas si vous cherchez un spécialiste en commercialisation de technologies. Il est beaucoup plus difficile d’identifier les gens avec les bonnes expertises pour compléter une équipe. Mais j’ai confiance que ça viendra. Le gouvernement a mis à peu près tout les leviers à la portée de ses moyens pour aider les entreprises technologiques. Les investissements privés sont plus ou moins là. Ainsi soit-il. Comme tout les groupes qui s’organisent, la solution durable viendra de l’intérieur. Les gens réalisent qu’on a presque tout pour réussir et les ils sont en train d’aller chercher ce qui manque à la sauce, entre autre avec des événements du genre Croissance Québec-Techno.

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