Archive pour la catégorie 'Aérospatiale'

Vente de MDA annulée.

Sunday 11 May 2008

Belle nouvelle pour l’industrie aérospatiale canadienne et pour tous les contribuables que nous sommes: MDA, le fabricant des bras robotiques spatiaux canadiens et des satellites RADARSAT, ne sera pas vendu à des intérêts étrangers.

La nouvelle de la vente de MDA m’avait mise en beau fusil. Je n’étais pas le seul à trouver cette transaction inconcevable. Plusieurs ont protesté. Pour ma part, j’ai profité du lancement du manipulateur Dextre pour écrire au premier ministre et lui signifier mon désaccord quant à la transaction. Je lui disais qu’il serait sûrement sensible à mes préoccupations, lui qui se soucie tellement de la souveraineté du pays.

À quel point une lettre à un politicien change quelque chose? Aucune idée mais comme dirait le grand Wayne, si tu ne tires pas au but, c’est 100% certain que tu ne compteras pas.

[Merci à Nicolas Lauzier pour le lien]

Vente de MDA, la suite

Thursday 17 January 2008

Je mentionnais la semaine dernière la vente de MDA, fabricant du bras canadien et des RADARSAT, à une compagnie d’armement américaine. Voici un nouvel article sur Radio-Canada BC. Le gouvernement et Marc Garneau s’en mêlent. Des employés ont même commencer à quitter, n’acceptant pas de travailler pour une entreprise qui fait des missiles nucléaires et des mines. Franchement content que les gens concernés réagissent!!!

Le bras américain

Thursday 10 January 2008

Je n’étais pas supposé reprendre du service sur mon blog si tôt mais Boris nous a envoyé un lien digne de mention:

Les États-Unis mettent la main sur le bras canadien.

Et oui, une compagnie militaire américaine a acheté MDA, l’entreprise canadienne fabricant le bras canadien et de nombreux satellites, dont RADARSAT. Le Canadarm et RADARSAT sont les deux plus belles réussites canadiennes dans l’espace, payées par vous et moi. Radio-Canada compare cette nouvelle à la fin tragique du projet d’avion de chasse Avro Arrow dont vous pouvez lire l’histoire passionnante et crève-coeur.

Ce qui fait encore plus mal au coeur pour MDA, c’est que cette compagnie fonctionne sur des projets gouvernementaux depuis le début. Je serais curieux  de savoir le montant de subventions qu’ils ont reçu. MDA, comme bien d’autres grandes entreprises (Bombardier, GM, les forestières, etc.) sont de gros bien-être corporatifs qui utilisent leur poid d’employeur pour soutirer de l’argent aux gouvernements. Ils peuvent le faire car ils sont des pôles autour desquels gravitent des secteurs en entier. Pour Bombardier, c’est l’aviation, pour MDA, le spatial.

Ça prend des projets pour garder nos chercheurs ici! Une étude récente montre que ce sont eux qui permettent à tous les autres diplômés de créer de la richesse. Ils sont des catalyseurs pour l’économie. Et il faut avoir une bonne économie créative sinon on est à la merci de ceux qui ont de l’argent. Et tandis qu’on parle de projets pour les scientifiques et de spatial, savez quel-est le budget de l’agence spatiale canadienne? 300 Millions$, gelé depuis plusieurs années. Savez combien coûte un seul lancement d’une navette américaine? 500 Millions $…

La NASA dans le nord canadien

Wednesday 14 November 2007

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En juillet passé, j’aurais bien aimé passer quelques semaines de vacance sur l’île Devon au Nunavut, dans le grand nord canadien. “Pardon?!” Oui c’est pas des farces, pour voir les deux robots K-10 de la NASA se promener dans le cratère Haughton. Ce cratère météorique situé à 75 degrés de latitude nord a été choisi pour des essais de leurs robots en raison de sa ressemblance avec un environnement lunaire, et plus particulièrement le cratère Shackleton sur le pôle sud lunaire.

J’ai appris tout ça durant la présentation de Terry Fong, directeur du groupe de robotique intelligente à la NASA lors de son allocution à RoboDevelopment07 (voir mon article résumé de la conférence sur la robotique de service). Le cratère terrien mimique fidèlement son homologue lunaire tant du point de vue opérationnel (isolation, contrôle à distance, etc.) que du point de vue scientifique (échelle, structure, etc.). Le séjour au cratère visait à acquérir une expertise sur l’étude systématique d’un site avec deux robots et sur les opérations robotiques isolées.

Du 10 juillet au 3 août, Tit-noir et Tit-rouge (Black et Red, les deux robots K-10) ont dont sillonner l’endroit, l’un avec un LIDAR (fournit par la compagnie canadienne Optech), l’autre avec un radar pour pénétrer le sol et en connaître sa composition. Le tout était diffusé en direct sur Google Earth.

Les photos suivantes tirées de la présentation montrent les robots en action:

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Celles-ci montrent des informations obtenues par les robots:

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Ce n’est pas la première fois que cet endroit est visité pour simuler des opérations extra-planétaires. En 2000, la station Flashline avait été érigée par des bénévoles de la Mars Society pour simuler une base habitée sur la planète rouge.

Les fortunes du web financent l’exploration spatiale

Monday 17 September 2007

Les concours ont souvent été de bonnes façons de créer la compétition nécessaire au développement rapide de technologie. On peut penser entre autre aux débuts de l’aviation et au X Prize pour les vols suborbitaux. Voilà justement que jeudi passé, comme me le soulignait mon collègue Cyril, on annonçait un nouveau X Prize: Le Google Lunar X Prize (vidéo).

La NASA avait lancé un projet similaire de robotique via ses Centennial Challenges mais le projet n’avait jamais vraiment levé. Avec l’appui financier et de visibilité de Google, cette nouvelle compétition est beaucoup plus ambitieuse. Il y a 30 millions de dollars US en prix pour les vainqueurs. Pour se mériter le Grand Prix de 20M$, “une équipe doit réussir, exclusivement grâce à des fonds privés, à faire atterrir sur la Lune un engin spatial, à parcourir un minimum de 500 mètres en surface et à transmettre vers la Terre un ensemble spécifique de vidéos, d’images et de données.” Google espèrent que cette initiative permettra à un petite équipe déterminée de mettre en valeur leur savoir-faire.

Il faut croire que l’espace a fait rêver toute une génération d’ingénieurs et de programmeurs. Parmi les partenaires, notons Elon Musk, un autre richissime du web. Il avait vendu PayPal à eBay, pour réinvestir sa fortune dans SpaceX, une entreprise visant à produire des lanceurs de faible coût. Pour le Google XPrize, il fournit son lanceur Falcon avec un rabais de 10%.

D’autres entrepreneurs web, quoique non liés au Google X Prize, sont aussi actifs dans le développement de technologies spatiales. Notons entre autre Jeff Bezos (Amazon), qui développe le lanceur Blue Origin et Paul Allen (Microsoft), investisseur dans SpaceShip One.

Un homme à l’image de Las Vegas

Wednesday 5 September 2007

hughues airplane

Je suis présentement à Las Vegas pour une conférence sur les mécanismes et la robotique organisée par l’American Society of Mechnical Engineering (ASME). On a pu visiter ce soir le pavillon d’ingénierie de l’Université du Nevada à Las Vegas. L’aspect le plus intéressant était peut-être l’identification du pavillon, nommé en l’honneur de Howard Hughes.

Cet aviateur, ingénieur et réalisateur a eu une vie haute en couleur, à l’image de Vegas. Ayant hérité d’une somme importante dont il a pu disposer à sa majorité, il a arrêté les études en génie pour aller faire du cinéma à Hollywood. Un de ses succès, intitulé Hell’s Angels, rassemblait d’ailleurs sa passion pour le cinéma et celle de l’aviation. Durant le tournage de ce film, il a maintenu un flotte de 100 avions. En plein tournage, le cinéma avec son a fait son apparition, et il a dû tourner de nouveau une bonne partie du film avec de nouveaux acteurs possédant les bons accents. Parallèlement à ce travail, il a décidé de construire un l’avion le plus rapide à l’époque, le H-1, dont une réplique se trouve dans le pavillon d’ingénierie de UNLV (photo). C’est d’ailleurs en l’honneur de cette division de l’armée de l’air américaine que le célèbre groupe de motard a choisi son nom, mais ça c’est une autre histoire.

Dans les années 60, Hughes a déménagé à Las Vegas et a acheté plusieurs hôtels à la Mafia. Il voulait changer la perception que les gens avaient de Vegas d’une ville dirigée par les bandits. Il aimait voir Las Vegas en termes “d’un homme habillé avec classe accompagné d’une femme aux bijoux sublimes, vêtue de fourrure et sortant d’une voiture luxueuse.” On lui doit aussi l’invention du “vidéo”. En effet, s’étant approprié des stations de télévision de la ville, il appelait souvent pour qu’on y diffuse le film qu’il désirait voir. Naturellement, sa vie s’est terminée dans la drogue et les problèmes de santé…

Le robot ATHLETE du JPL

Monday 13 August 2007

Je vous invite à regarder le vidéo ci-dessous du robot ATHLETE (All Terrain Hex Limbed Extra Terrestrial Explorer) développé par le Jet Propulsion Lab. Cette bibitte à six pattes robotisées est vraiment spectaculaire!


Chacune des pattes est munie d’une petite roue pour se déplacer sur un terrain moins accidenté. Au besoin, les roues peuvent être bloquées et le robot se déplace alors en marchant. Chaque face de la base est équipée de caméras stéréos pour permettre à la personne qui le contrôle de bien se représenter l’environnement autour du robot.

ATHLETE semble une plate-forme vraiment polyvalente. Il peut évidemment se déplacer sur une multitude de terrains. De plus, il peut se stabiliser avec cinq pattes et utiliser la sixième comme un bras pour manipuler des outils comme des pinces, des perceuses, des grattes, etc. Il pourrait même servir comme base pour un alunissage, permettant ensuite de déplacer le module qu’il supporte.

[via Artificial Intelligence and Robotics]

ATHLETE me fait penser à mon jouet de rêve, l’excavatrice suisse Menzi Muck. Celle-ci est munie de quatre pattes avec des roues au bout. Comme on le voit sur le vidéo suivant, l’agencement roue-patte permet dans ce cas aussi d’atteindre des terrains très accidentés.

Orbital Express : mission réussie

Thursday 5 July 2007

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NextSat (photo) et Astro, les deux satellites de la mission Orbital Express dont j’avais parlé précédemment (ici et ici) ont complété leur mission avec succès. Ils ont réussi à se séparer en orbite de 7 km, puis à se rapprocher et se réassembler. Presque tout a été automatique. Une petite intervention humaine a été nécessaire pour réaligner les satellites pour l’assemblage final.

Cette mission visait à démontrer la faisabilité de réparer des satellites en orbite par un autre satellite robotisé. Dans le futur, plusieurs satellites de grande valeur pourront voir leur durée de vie s’allonger si de tels systèmes peuvent aller les réparer à un coût raisonnable. J’avais discuté plus longuement auparavant de la possibilité de réparer des satellites en orbite.

Séparation inattendue de Astro et NextSat

Monday 21 May 2007

NextSat

J’ai parlé récemment (ici et ) de la mission Orbital Express, qui vise à démontrer les possibilités de réparer un satellite (NextSat) en orbite à l’aide d’un autre satellite robotisé (Astro). Cette mission semblait bien se dérouler, jusqu’à ce que…
Le 11 mai dernier, les deux engins effectuaient le scénario 3-1 de la mission, qui consistait à se séparer d’une distance de 10 mètres puis de s’arrimer de nouveau. C’est à ce moment qu’une anomalie de l’ordinateur de bord dédié au senseurs de Astro est survenue. On avait pu lire cette explication sur la page de la mission, qui maintenant est disparue (au moment d’écrire ce texte, elle est toujours dans la cache google):

During Scenario 3-1 execution on the evening of May 11, Orbital Express encountered a serious sensor flight computer anomaly on the ASTRO while stationkeeping at 10 meters separation distance from the NextSat. Onboard fault protection reacted immediately, placing the ASTRO into an abort trajectory which carried it to a hold-point 120 meters from the NextSat. The Orbital Express team has spent the past several days recovering from this fault and from problems associated with loss of relative navigation at the longer-than-anticipated separation distances for this scenario. The ASTRO has since coasted at distances of up to several kilometers from the NextSat. Both vehicles are safe. The ASTRO powered up its redundant sensor flight computer and is processing sensor data nominally. The team is in the process of developing a recovery scenario for ingress and remate, and hopes to execute this ingress in the next several days. (Posted 5/15/07)

Les satellites se sont par la suite éloignés graduellement pour se retrouver à plus de 6 km de distance. Oh que les ingénieurs de la mission devaient être stressés! Le 18 mai, heureusement pour leur cuir chevelu, Astro a finalement recapturé NextSat après huit jours de séparation. On en faisait l’annonce aujourd’hui via ce communiqué.

On y explique que Astro s’est rapproché à 3 km de son petit frère suite à plusieurs actionnements de ses propulseurs. À partir de ce moment, il a pu grâce à sa caméra infrarouge et son capteur de distance laser rétablir une trajectoire pour rejoindre NextSat. Les satellites se sont par la suite rapprochés jusqu’à ce que le mécanisme de mâchoire d’Astro agrippe NextSat.

Tout est bien qui finit bien! Même que cet accident de parcours ressemble drôlement au tout dernier scénario de la mission, où les satellites devront se séparer de 7km pour se rejoindre par la suite! Décidément, ce n’est pas évident de faire de la robotique en orbite.

Premiers tests réussis pour Orbital Express

Friday 27 April 2007

NextSat

Il y quelques temps, je discutais de robotique spatiale et du projet Orbital Express. Cette mission consiste à envoyer deux satellites assemblés, puis de les séparer et de les réassembler à plusieurs reprises en orbite grâce entre autre à un bras robotique.

Comme me l’a fait remarquer mon collègue Cyril, les premiers tests ont été concluants. Astro a transféré du carburant à NextSat le 2 avril. Cinq jours plus tard, il lui a transféré une batterie en utilisant le bras. Finalement, le 17 avril, les deux se sont tout juste séparés pour se réassembler plus tard dans la journée.

Dans les semaines qui viennent, les deux se sépareront de plus en plus loin, d’abord de 10m, puis 20m, puis 60m pour arriver finalement à l’ultime test, une séparation de 7km. Vous pouvez voir des vidéos de tout ça et suivre cette démonstration technologique grâce à un fill RSS sur le site de la mission.