Archive pour la catégorie ‘Aérospatiale’

Dextre est prêt pour l’espace

Jeudi 26 avril 2007

J’ai déjà fait référence à deux reprises au robot Dextre, aussi appelé SPDM (ici et ). L’Agence spatiale canadienne a annoncé aujourd’hui que le robot ambidextre est maintenant prêt pour l’espace. Tiré du communiqué:

Dextre est le troisième et dernier élément du service d’entretien mobile faisant partie de la contribution canadienne à la station. Avec ses deux bras, Dextre sera assez agile pour effectuer la majorité des tâches des astronautes à l’extérieur de la station, ce qui décroît significativement les risques pour ces derniers.

Aux deux extrémités de ce torse robotique risque de se retrouver la main SARAH, une beauté conçue et fabriquée au Laboratoire de robotique de l’Université Laval.

Le premier avion à réaction propulsé à l’hydrogène

Mercredi 18 avril 2007

Le 6 avril, la compagnie Horizon Fuel Cell annonçait la réussite du premier avion à réaction propulsé par une pile à combustible. Ça vaut la peine de regarder le vidéo de ce vol inaugural. On y voit l’avion effectuer plusieurs manœuvres au- dessus de Bern, en Suisse. L’avion, mesurant 1,2 m de long, possédant une envergure d’aile de 1m et pesant 6kg a atteint près de 200km/h.

Globalement, l’aviation est le secteur qui connaît la plus forte croissance de production à gaz à effet de serre. Il compte en ce moment entre 4% et 9% des émissions totales. Il y donc un gain considérable à faire dans la lutte aux GES dans ce secteur. Nous sommes cependant loin de l’avion commercial qui n’émettra pas de GES. Techniquement, la propulsion d’un avion est très demandante. Les poussées générées sont énormes et la fiabilité primordiale. De plus, les nombreux processus de certification d’avions font que les fabricants aéronautiques doivent voir l’avantage considérable d’une technologie pour prendre le risque de la développer pour de nouveaux appareils. C’est vrai autant au niveau de l’avion lui-même que des procédés de fabrication qui doivent eux aussi être certifiés.

La première application visée par les développeurs est plutôt le véhicule aérien autonome. Le HyFish a d’ailleurs été conçu dans cette optique en collaboration avec le Centre aérospatial allemand à Stuttgart. Le HyFish est basé sur le design du SmartFish développé en Suisse pas différents partenaires. En août 2006, Horizon Fuel avait fait voler un avion, aussi propulsé par des piles à l’hydrogène mais cette fois à hélice. Vous pouvez voir le vidéo de cet appareil développé en collaboration avec la NASA ici.

J’ai appris cette nouvelle sur le blog Green Wombat de la revue Business 2.0. D’ailleurs hier, en lisant l’édition papier de Avril 2007, je prenais connaissance de Horizon Fuel. La revue a proclamé leur H-Racer un des 11 nouveaux produits les plus cool de la planète. Les critères pour le choix des gagnants étaient le design, le respect de l’environnement et le succès commercial. L’entreprise proclame d’ailleurs avec un clin d’oeil que le H-Racer est la voiture propulsée par pile à l’hydrogène la plus vendue au monde.

Des robots pour réparer des satellites

Mercredi 21 mars 2007

Orbital express

Des centaines de satellites qui ne fonctionnent plus sont toujours en orbite. Souvent, c’est le bris d’une composante comme un gyroscope ou encore l’épuisement de carburant qui cause la fin de l’utilisation. Si on était capable de les réparer, plusieurs d’entre eux pourraient continuer leur service. Des montants énormes pourraient être économisés. C’est la motivation derrière plusieurs projets qui visent à envoyer des satellites-robots à la rescousse de leurs congénères.

Mars 2007: Orbital Express
La semaine dernière, la NASA et le DARPA ont procédé au lancement d’Orbital Express. Deux satellites connectés ensemble on été placés en orbite. Le but de la mission est de démontrer la capacité pour un des deux (nommé ASTRO) de rajouter du carburant à l’autre (NextSat) et de remplacer certaines composantes.

Sur cette page, on peut voir les différents tests qui seront effectués pour valider le concept. Ils effectueront certaines tâches lorsque connectés. Puis, il se sépareront de plus plus en plus loin pour tester les approches, la saisi de NextSat par ASTRO, et l’arrimage. Il ne s’agit réellement que d’un démonstrateur. Vous pouvez voir une animation ici. Cette application pourrait être utilisée commercialement autour de 2020.

Le défi est de taille. Lionel Birglen est un ancien collègue maintenant professeur à la Polytechnique de Montréal. Il s’intéresse dans ses recherches à la robotique spatiale. Il commente à propos d’Orbital Express:

Il s’agit en fait d’une seconde tentative, la première s’étant soldée par un échec. Il me semble qu’à l’époque les deux satellites s’étaient rapprochés avant de brusquement s’éloigner, ce qui laisse penser à un bug logiciel.

Une avenue pour réparer Hubble?
Dans cet article, l’auteur conclut qu’il est dommage que l’approche ne puisse être utilisée pour réparer le vieillissant Hubble. Selon l’auteur, aucune équipe n’avait réussi à prouver qu’ils étaient capable de réaliser le projet à temps. Une de celle-ci était canadienne. Il s’agit de MDA, l’entreprise qui a fabriqué les Canadarms. Ils étaient semble-t-il les seuls à pouvoir réaliser l’exploit. MDA a tout fait pour relever le défi. À un certain moment, à peu près toutes leurs forces de travail en robotique se consacraient à préparer leur soumission pour la NASA. Celle-ci a été rejetée.

Selon Thierry Laliberté, un autre collègue qui a déjà collaboré avec MDA, leur concept consistait à adapter le manipulateur agile spécialisé (SPDM). Le SPDM ressemble à un torse, avec deux bras. Il sera installé au bout du Canadarm 2, lui-même fixé à la station spatiale internationale. Thierry a conçu deux préhenseurs pour la compagnie dans des projets de ce type. La première est la main SARAH, une main mécaniquement intelligente capable de s’adapter à la forme des objets sans nécessiter de contrôle complexe. La seconde est une pince plus simple, dont le but aurait été de soulever la couverture thermique qui recouvre les satellites. C’est la plupart des cas la première étape à effectuer avant de pouvoir remplacer quoi que ce soit sur les appareils.

Les autres projets dans la course
Comme le mentionne Lionel:

C’est très intéressant car le marché est là et il est énorme, on parle de dizaines de milliards de dollars US. Par contre les moyens nécessaires sont eux aussi énormes ce qui explique le financement via des agences gouvernementales. De plus, cela prépare la voie vers des sondes robotiques plus autonomes pour l’exploration spatiale.

Puisque le marché est considérable, plusieurs équipes travaillent sur se sujet dans le monde. Lionel me mentionne que les Japonais ont leur concept nommé ETS-7. Les Européens ont aussi un projet de l’avant nommé TECSAS.

Ce qui rendra éventuellement cette approche faisable, c’est que de plus en plus, les satellites seront conçus de façon à pouvoir être réparés en orbite par un robot. Ceci facilitera grandement la tâche du robot.

Le troisième astronaute de McGill

Vendredi 2 mars 2007


(photo : ASC)

Aujourd’hui à 10h, l’Université McGill et l’Agence spatiale canadienne vont présenter une conférence de presse pour dévoiler le gagnant du concours de design d’écusson pour la Mission STS-118.

Pour son deuxième vol dans l’espace, l’astronaute canadien Dr Dafydd Williams (photo) a décidé d’organiser un concours auprès des étudiants de McGill, université qu’il a fréquentée jusqu’en 1983. Durant cette mission de 11 jours prévue pour décoller le 28 juin, il effectuera trois marches dans l’espace pour relocaliser des panneaux solaires sur la station spatiale internationale.

Dans la conclusion du communiqué de McGill, on apprend que Dr Williams est l’un des trois finissants de l’institution à avoir participé à des missions spatiales. Les deux autres sont Julie Payette et Robert Thirsk. Leurs CVs sont assez imposants. À défaut de compter un astronaute dans le rang de ses finissants, l’Université Laval pourra se consoler le jour où Sarah sera installée sur le Canadarm 2

Nuage de fusée Proton

Mercredi 28 février 2007

Décollage Proton
(Photo: ILS TV)

Il y a un an jour pour jour, une fusée russe Proton décollait avec à son bord, le satellite de télécommunication ARABSAT4A. Quelque minutes plus tard, la fusée et sa cargaison explosaient. L’histoire de la déflagration est racontée ici.

Cet évènement a laissé des traces dans le ciel qui ont été captées par des photographes. Voyez une photo longue exposition où les débris de la fusée ressemblent à une comète. Dans cette animation, on voit le nuage laissé par l’explosion dériver dans le ciel au fil des nuits.

La plupart des particules se désintègreront dans l’atmosphère. Une certaine quantité cependant demeurera en orbite, présentant un danger potentiel pour d’autres satellites. Ils sont qualifiés de débris spatiaux, qui peuvent frapper des satellites à des vitesses de dizaines de milliers de km/h. Ceux de 10 cm et plus sont répertoriés en partie et peuvent être évités. Ceux de l’ordre du millimètres sont inoffensifs. Ceux entre les deux sont problématiques. Ce récent article de Québec Sciences traite de ce problème de la poubelle spatiale et du manque de solutions efficaces pour le régler.

Les THEMIS en orbite à l’observation les aurores boréales

Jeudi 15 février 2007


(image: wikipedia)

Les quintuplets satellites THEMIS seront lancés plus tard cette semaine afin d’étudier les soubresauts de couleur dans les aurores boréales. Le projet est une collaboration de plusieurs organisations, dont la NASA, l’Agence Spatiale Canadienne, et des universités dont celle de Calgary.

Le but de la mission est de comprendre les variations subites dans les aurores boréales. Il est décrit avec beaucoup de poésie dans cet article de Québec Sciences. Ou encore, allez à la source avec la page officielle de la mission sur laquelle se trouve plusieurs éléments multimédias intéressants.

Où sont les cassettes d’Apollo 11?

Mercredi 24 janvier 2007


(photo: Wired Magazine)

Imaginez vous en pleine guerre froide à la veille d’un évènement historique d’une importance monumentale. Un Américain va poser le pied sur la Lune et c’est vous qui avez conçu la caméra pour filmer ce moment pour la postérité. C’est le stress qu’a vécu Stan Lebar (à droite sur la photo) lors de l’alunissage d’Apollo 11 en 1969. Il avait alors 20 ans.

Quand il a vu les images, il s’est bien rendu compte que la qualité n’était pas aussi bonne qu’il ne l’avait prévu. La raison est que le signal avait subi deux dégradations avant d’être diffusé dans le monde. Tout d’abord, la caméra utilisée sur la Lune utilisait un standard différent de celui de la télévision commerciale pour tenir compte de la bande passante limitée entre la Lune et la Terre. Ce signal devait donc être convertit pour être diffusé sur les télés, provoquant une première dégradation. Ensuite, le signal devait être transmis de l’Australie, où il a été reçu, jusqu’à Houston, entrainant une autre dégradation. Bref, ce que les téléspectateurs ont vu, c’est une photocopie d’une photocopie des images originales.

Les images originales ont été enregistrés sur des rubans magnétiques et archivés quelque part à la NASA… mais où? À la fin de la course à l’espace, des mises-à-pieds et des coupures de programmes ont laissé des trous importants dans les archives de l’organisation. Le personnel à la retraite de la station d’Honeysuckle Creek en Australie, là où le signal original a été reçu, sont à la recherche des rubans originaux. Certains vétérans et employés de la NASA, dont Lebar, les aident dans cette mission bureaucratique.

Bien que la recherche n’a pas donné de résultats jusqu’à présent, ils ont au moins pu mettre la main sur une machine capable de lire les rubans. Mais le temps ne joue pas en leur faveur. La mémoire de gens qui peuvent les aider ne va pas en s’améliorant, ni la qualité des rubans. Plusieurs artisans de cette glorieuse époque de l’aérospatiale sont même décédés.

On ne peut que leur souhaité bonne chance. J’aurais bien aimé assisté à cet événement en direct. Ces vidéos de meilleure qualité feraient certainement partie de ma collection de DVD. En attendant, on peut lire leur histoire sur Wired, Space.com, le site de la station Honeysuckle creek, ou voir un quickTime VR d’Apollo 11.

 

La NASA passe au système métrique

Lundi 15 janvier 2007

En prévision de son prochain retour sur la lune, l’agence spatiale américaine a décidé de passer au système métrique pour s’uniformiser aux standards internationaux. Il aura fallu plus de 40 ans et la perte récente d’une sonde pour qu’enfin le géant pile sur son orgueil. On peut voir cette initiative comme une concession similaire à celle que je faisais lorsque j’étais petit et que je ramassais ma chambre avant de demander une permission spéciale à mes parents. En effet, lors d’une conférence donnée à l’Agence Spatiale Canadienne à laquelle j’ai assisté récemment, on nous disait que jamais auparavant les américains n’avaient autant sollicité les agences spatiales des autres pays afin d’obtenir une collaboration (un don ?) pour leur ambitieuse mission de retourner sur la lune.

Souhaitons maintenant que le reste de l’industrie emboîte progressivement le pas de la NASA, ce qui aurait pour conséquence de nous simplifier la vie (ingénieurs canadiens). Pour les non-initiés, en dépit du fait qu’au Canada, le standard métrique est en vigeur depuis les années ‘70, la proximité du client américain ou encore la disponibilité des matériaux bruts impliquent souvent de travailler en système impérial. En bref, outre le bilinguisme linguistique, on se doit d’être bilingue dans les systèmes de mesure.

Pour plus d’info, allez voir ce lien ou celui-ci.