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Archive pour la catégorie ‘Art’

Voici la suite du post sur la génération d’art à partir de mathématiques. C’est encore Bass qui m’envoit ce projet combinant programmation et arts visuels. Il s’agit du vidéo d’Interpol pour la chanson Rest my Chemistry. Le vidéo est montré ci-haut ou vous pouvez visiter ici pour l’avoir de meilleure qualité. Cette page explique le processus créatif. Le programmeur derrière le rendu est celui qui a réalisé le vidéo que je vous présentais la semaine dernière sur le trafic aérien. J’adore leurs représentations de réseaux:

interpol

Ça ressemble à une version grande échelle d’une image de ma thèse où un ensemble de points sont tous reliés entre eux…

triangles

Festival Elektra

9.05.2008

robot elektra

Les organisateurs du festival de culture numérique Elektra m’ont invité à parler de leur événement qui a lieu en ce moment à Montréal. L’aspect qui m’incite à le faire est montré sur l’image. Il s’agit d’une capture d’écran d’un “robot” qui dépose des gouttes d’étain. Il dépose une goutte sur une colonne correspondant à un événement à chaque fois que quelqu’un indique via leur site leur intérêt. On peut voir les gouttes se déposer live.

J’en parle donc parce que ça touche deux de mes champs d’intérêt: le web et la robotique. Il s’agit d’un exemple simple mais digne de mention. Dans leur cas le côté visuel rend ça intéressant pour l’art. L’intégration serrée entre les deux technologies peut aussi s’appliquer à la personnalisation de masse: le web permet la vente et la saisie d’info, la robotique utilise cette info pour construire ou assembler l’objet désiré.

Voici une autre photo de leur robot:

robot_elektra

Animation intéressante générée à partir des données du ministère des transports américains. On discerne la structure du réseau small world (la même forme que l’Internet) et on voit  l’évolution aux différents endroits à mesure que le jour se lève.

[Vu sur APOD]

À faire des maths et générer des graphiques sur Matlab dans la conception et l’analyse de robot, je suis souvent étonné de la beauté des images produites. Pourtant, le but n’est vraiment pas artistique. C’est fascinant de voir que les mathématiques peuvent produire des formes très esthétiques.

Cette semaine, Bass m’a justement fait réaliser que Flash permet d’utiliser des fonctions mathématiques dans les animations. Il m’a montré quelques sites (entre autre celui-ci) où cette fonctionnalité est utilisée. C’est d’ailleurs la méthode de création de Joshua Davis (voir aussi vidéo ci-dessus), qui combine Illustrator et Flash pour générer des images vectorielles assez pétées. Dans l’article que j’avais écrit “Pourquoi tout s’accélère?“, je parlais justement des programmes qui permettaient de générer des designs de machines ou de circuits électroniques. Je n’avais pas réalisé qu’une méthode similaire est utilisée pour créer de l’art!

Ce qui est bien de Flash, c’est que le résultat est très beau, il est vectoriel et que le plugin est très répandu. En ce moment, je suis justement en train de vouloir faire des animations en Matlab et je ne vois pas comment les exporter en format vectoriel. Je perd ainsi beaucoup de qualité et les fichiers sont très lourds pour rien. Dans les prochains jours, je vais essayer d’utiliser ces tutoriels de math en flash pour produire des animations vectorielles de robots à câbles. À suivre…

ka backstage
[La salle de KÀ au MGM Grand, Las Vegas]

La salle de spectacle de KÀ est comme rien d’autre que j’ai pu voir auparavant: Essayez d’imaginer un mélange organique entre Water World, une usine de fabrication automobile, un théâtre et la salle de contrôle de la NASA. Ce spectacle est supposément celui du Cirque du Soleil utilisant le plus de technologie. En fait, les artistes ne composent que 10% des personnes qui y travaillent durant les représentations. C’est au total près de 3000 techniciens qui assurent la préparation, l’amélioration ou la réalisation de la technologie nécessaire à ce spectacle. Certains sont des techniciens de scènes, d’autres des spécialistes en automatisation, des menuisiers, des soudeurs, etc. Le résultat est à couper le souffle… et je n’ai même pas encore vu le spectacle. J’ai eu la chance de visiter l’arrière scène aujourd’hui. Voici un résumé des éléments qui m’ont impressioné.

  • Mécanique de scène
    Plusieurs parties de la scène sont en mouvement durant le spectacle, la plupart très massives. Il y a entre autre une grosse partie de la scène qui peut avancer comme un tiroir et une autre qui peut être déplacée de haut en bas et se faire incliner jusqu’à 90 degrés. Le mouvement de cette portion est si important que les cylindres pouvant accueillir les verins hydrauliques dépassent 30 pieds au-dessus du toit de l’immeuble, déjà très haut. Cette partie mobile est tellement massive qu’elle est supportée par une structure indépendante de l’immeuble afin d’éviter qu’elle ne l’entraîne si un tremblement de terre survenait. Ils utilisent un mécanisme à câble similaire à celui que j’étudie pour déplacer un mobile qui est animé par cinq marionnettistes. Même la ventilation est sur mesure. Quand ils démarrent le spectacle, ils prennent le contrôle de la ventilation. À la fin, ils la poussent à fond pour expulser la fumée de leur générateur d’étincelles. À ce moment, il semblerait que les rideaux à l’autre bout du MGM Grand se mettent à bouger.
  • Logistique
    Tous les éléments techniques se trouvent dans le scénario. À chaque fois qu’un mouvement d’une composante importante doit commencer, un technicien sur place doit donner sont OK pour que la commande soit lancée. Chaque artiste a un écouteur pour recevoir de l’information du poste de commande au besoin. Pour ne pas que ça paraisse trop, ils ont un code gestuel un peu comme les coachs de baseball. 32 caméras sont disposées un peu partout, 6 dans le visible et le reste dans l’infrarouge. Elles permettent au poste de contrôle de savoir ce qui se passe à chaque instant, même s’il fait noir.
  • Sécurité
    Tous les systèmes critiques pour la sécurité sont inspectés régulièrement, et souvent par des gens de l’externe. Tout ce qui est alimenté et qui est important a ses propres batteries de secours. À chaque mois, un nouveau scénario catastrophique est simulé. Durant le spectacle, les artistes font des chutes contrôlées de si haut qu’un système sur mesure de filet combiné à un ballon a été conçu pour amortir le choc. Chaque technicien change de travail régulièrement pour rester à l’affût et pour pouvoir en remplacer d’autres au besoin.

J’ai vraiment hâte de voir le spectacle vendredi! J’espère seulement que la technologie ne flanchera pas, empêchant la représentation. En fait, c’est très peu probable. Notre guide affirmait qu’en 3 ans, à 10 représentations par semaines, ils n’en avaient annulé que 6 à cause de problèmes techniques. Parmi ces 6, la moitié furent durant les deux premiers mois.

En fin de semaine se déroulait à Québec une journée d’exposition de partenaires de la compagnie de Robert Lepage, Ex Machina. On y présentait diverses technologies conçues pour des pièces de théâtre. Une qui a retenue mon attention était une ébauche de travail pour une pièce qui n’a jamais vu le jour: “Elegant Universe”.

Il existe un livre du même nom, et ce n’est pas une coïncidence. Ce livre (qui traîne sur mon bureau depuis 6 mois sans que je n’ai eu le temps de le lire) est écrit par le physicien Brian Greene. Il y vulgarise la théorie des super-cordes. Celle-ci vise à unifier les lois physiques actuellement connues, de la gravité (infiniment grand) à la physique quantique (infiniment petit). L’idée de Lepage était de faire une pièce de vulgarisation scientifique dans laquelle il aurait joué aux côtés de Brian Greene, avec des musiciens d’un orchestre… à cordes, naturellement! Le projet a avorté devant la difficulté de faire collaborer ces divers intervenants, tous très occupés.

Une particularité de la théorie des super-cordes est qu’elle nécessite que le monde dans lequel nous vivons possède 11 dimensions. Comment mettre en scène au théâtre cette idée abstraite que l’univers a plus de dimensions que nous ne pouvions en observer? Je trouve que ce qu’ils avaient imaginé est très astucieux, et l’effet était vraiment surprenant:


  1. Le point de départ est une photo d’un point de vue de la scène.

  2. Le metteur en scène découpe l’image: une patte de chaise, un bout de table, un dossier, etc. Ces objets sont mis à l’échelle mais sont déplacés pour avoir la même apparence vue par la caméra. Par exemple, le dossier peut être rapetissé, mais rapproché de la caméra. À l’inverse, un objet agrandi sera éloigné.

  3. Lorsqu’on se trouve dans cette scène démembrée, on n’a vraiment pas l’impression d’être assis à une table…

  4. Cependant, quand on regarde l’image vue par la caméra, on voit la scène reconstituée!

C’était vraiment hallucinant. Ce qu’on observait sur l’écran était tout à fait différent de ce qu’on voyait autour de nous en buvant la tasse de thé. C’est une belle illustration que la nature réelle de l’univers qu’on pense habiter n’est pas nécessairement ce qu’on perçoit! Vraiment dommage que ce projet soit tombé à l’eau…

mnemopark train

Je suis allé voir MnemoPark vendredi passé à la Bordée. Pour cette pièce, un modèle réduit à l’échelle 1/87 d’un village suisse est installé sur la scène. Un petit train équipé d’une caméra peut la parcourir (photo, + de photos ici) et les images qu’il capte sont projetées sur un écran. Un écran vert permet aussi à certains moments de superposer les acteurs à l’image projetée, pour faire comme s’ils se trouvaient dans la maquette. En fait, les cinq acteurs n’en sont pas vraiment. Quatre d’entre eux sont des retraités suisses qui ont fabriqué la maquette dans leurs passe-temps. Pour en savoir plus sur le contenu de la pièce, je vous invite à lire ce texte de mon parrain, qui m’a offert les billets (merci Jean!). Je me suis bien amusé durant la pièce… et après la pièce, puisqu’on peut aller visiter la mini-Suisse et discuter avec ses créateurs.

Combiner art et technologie
Cette pièce est un exemple bien de son temps d’un hybride entre l’art et la technologie. L’informatique et l’électronique envahissent l’art, comme tous les autres champs de connaissances. C’est intéressant de voir comment les créateurs utilisent ces nouveaux moyens.

Plusieurs centres de recherche sur les arts technologiques sont apparus ces dernières années un peu partout dans le monde. Ceux que je connais près de nous: Hexagram et la SAT à Montréal, le LAMIC et le LANTISS à l’Université Laval.

D’ailleurs, le LAMIC travaille à une idée similaire à celle de MnemoPark en collaboration avec le laboratoire de robotique de l’Université de Sherbrooke. Ceux-ci vont équiper un de leur robot mobile avec une caméra pour des expériences en muséologie.

Pour ceux que ça intéresse, le LANTISS participera à une journée de démonstrations samedi le 9 juin à Méduse pour souligner les dix ans de la Caserne de Robert Lepage, pionnier dans le domaine. Jean-Philippe Jobin, un collègue du Laboratoire de Robotique de l’Université Laval, présentera pour la première fois la scène déformable qu’il a construite en collaboration avec le LANTISS et le LVSN. Vous pouvez avoir un aperçu de son travail ici.