Archive pour la catégorie 'Éducation'

Recherche académique vs R&D en entreprise

Sunday 24 February 2008

J’assistais jeudi passé à la présentation de Pierre Talbot, chercheur à la compagnie de Rivière-du-Loup Premier Tech, à propos du rôle des étudiants gradués en entreprise privée. D’abord, j’ai été très impressionné de la façon dont ils ont su se diversifier depuis les années ‘60 à partir de leur produit initial: la tourbe. Évidemment, l’innovation a un grand rôle à jouer dans cette histoire. Souvent, leurs nouveautés demandaient de nouveaux procédés et de nouveaux produits que eux-mêmes ont dû développer, faute de fournisseurs. Le résultat est qu’aujourd’hui, ils ne vendent pas que des produits d’horticulture et d’agriculture, mais aussi de technologies environnementales, d’emballage et d’automatisation. Un des défis, admet M. Talbot, a été de garder un minimum de focus pour mener les projets à terme.

À la fin de sa présentation, il a fait une courte réflexion sur les différences d’être un chercheur en industrie ou dans le milieu académique. Étant moi-même assis sur deux chaises depuis un moment, je trouvais son analyse plutôt intéressante.

  • Qui est à l’avant-plan?
    En université, c’est d’abord le chercheur qui est reconnu. Sous le chercheur, le laboratoire auquel il appartient, puis son institution jouissent d’un certain rayonnement. En industrie, c’est l’inverse. Le chercheur est souvent méconnu. C’est le produit qui est d’abord reconnu et parfois l’entreprise qui le produit.
  • Quel est votre objectif?
    Quand vous êtes en université, votre objectif est de chercher la vérité et de former la relève. En industrie, c’est de faire le lien avec ce que vous savez possible et un produit qui deviendra éventuellement rentable.
  • Quel est votre capital?
    Par capital, j’entends ce qui vous permet d’aller chercher de nouveaux budgets pour poursuivre vos travaux. En université, il faut publier dans des journaux scientifiques au plus grand facteur d’impact (l’équivalent du PageRank pour les journaux). Vos travaux doivent être cités, vous devez superviser de nombreux étudiants. C’est ce que vous ferez valoir dans vos demandes de subvention, en général gouvernementales. En industrie, ce sont vos succès commerciaux passés et les brevets obtenus qui vous donnent la crédibilité nécessaire à aller chercher de nouveaux budgets de R&D dans votre organisation.
  • Quel est votre rôle dans la société?
    En université, vous êtes 10 ans à l’avance. Vous êtes un catalyseur pour une industrie, vous créez un foyer de connaissances et formez des étudiants. Quand vous êtes chercheur en entreprise, vous prenez les nouvelles connaissances et les nouveaux outils disponibles, puis vous les transformez en savoir-faire. On sait à quel point l’innovation est vitale pour nos entreprises. En industrie, vous êtes donc une partie importante d’une économie régionale. À la limite, de nombreuses familles peuvent dépendre de votre capacité d’innover.

Peu importe le milieu, je crois qu’une majorité de scientifiques ou technologues veulent à peu près la même chose: Des projets stimulants, de moyens pour réaliser leurs travaux, une bonne qualité de vie et une paye décente.

5 similitudes entre bloguer et la rédaction scientifique

Monday 23 July 2007

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Bloguer, c’est comme la rédaction scientifique? Pas tout-à-fait… mais pour faire les deux, je trouve ça intéressant de noter qu’il y a plusieurs points en commun:

  1. Ça va contre la logique commerciale habituelle.
    La logique commerciale habituelle, c’est que tu travailles et que tu fais de l’argent. “Pourquoi tu blogues, est-ce que c’est payant?” Non. En fait, pas maintenant ou plutôt pas directement. Quoique, cet outil m’a permis de développer des relations avec des gens forts intéressants d’un point de vue personnel comme d’un point de vue d’affaires. De la même manière, le capital du chercheur universitaire n’est pas son salaire, mais plutôt la qualité et le nombre de ses publications. Celles-ci lui permettent ensuite d’aller chercher du financement pour pousser plus loin ses recherches.
  2. L’information circule librement.
    Comparativement à d’autres sphères de la société, la communauté scientifique est généreuse au niveau du partage des connaissances et je trouve ça très beau. Les chercheurs publient leurs résultats et les rendent disponibles à leurs confrères du monde entier, qui peuvent l’utiliser puis les pousser plus loin. Cette diffusion des connaissances n’est certainement pas étrangère à la rapidité à laquelle les technologies se développent. C’est la même chose pour les blogues. Les bons articles inspirent d’autres blogueurs, qui les citent et poussent le propos plus loin ou l’adaptent à leur point de vue.
  3. On a affaire à une communauté qui s’y connait sur un sujet donné.
    Quand on écrit un article scientifique, on n’écrit pas pour tout le monde comme un journaliste d’un grand quotidien peut le faire. On s’adresse à une communauté qui suit un sujet particulier avec intérêt. Quoique plus accessibles, les communautés de blogueurs consitent néanmoins en des groupes qui s’intéressent à un thème plus ou moins précis.
  4. Contenu revu par des pairs.
    Ne publie pas un article qui veut. OK, il existe plusieurs qualités de journaux et de conférences scientifiques pour permettre même aux chercheurs qui ne sont pas géniaux (m’incluant) de pouvoir publier. Cependant, pour être publié, un article doit passer par les mains d’évaluateurs spécialistes sur le sujet. Selon leur évaluation, l’article pourra être publié tel quel, modifié puis publié, ou simplement rejeté. En gros, les critères d’évaluation sont la nouveauté du contenu, la rigueur scientifique et la qualité de la rédaction. À l’inverse, sur notre blogue, on peut publier ce qu’on veut. Cependant, ce sont les articles bien écrits, avec un contenu intéressant et original qui attireront le plus de lecteurs en général. De plus, les lecteurs peuvent commenter comme ils veulent les articles. La revue par les pairs se fait donc suite à la publication et sur la place publique, contrairement à la révision des articles scientifiques.
  5. “Page Rank” vs “Impact Factor”.
    Comment fait-on pour connaître l’importance relative des sites, incluant les blogues, sur le web? La mesure la plus commune est le Page Rank de Google. Ce nombre qui obsède bien des créateurs de sites dépend de pleins de facteurs plus ou moins secrets, dont certainement le nombre de liens qui pointent vers le site. De la même manière, les journaux scientifiques sont classés en fonction de leur Impact Factor. Cette valeur est un ratio entre le nombre de références faites sur les articles d’un journal dans un an divisé par le nombre d’articles paru dans ce journal durant les cinq années précédentes. Un chercheur sera habituellement évalué par son université en fonction de l’Impact Factor des journaux dans lequel il publie.Je me demande si les créateurs de Google, qui viennent du monde de la recherche universitaire, ne se seraient pas inspirés de l’Impact Factor au début de l’engin de recherche… Aujourd’hui, c’est plutôt le monde de la recherche qui gagnerait à utiliser des méthodes développées par Google pour déterminer l’importance des recherches publiées par un journal ou par un chercheur en particulier. L’Impact Factor est plutôt rudimentaire, et comporte une partie d’arbitraire (e.g. pourquoi 5 ans?).

Évidemment, il y a aussi quelques différences entre les deux types de rédaction. Bloguer demande clairement moins de rigueur intellectuelle, ce qui est plutôt libérateur dans mon cas. Écrire un article scientifique demande beaucoup de détails et donc de temps. Souvent, entre le moment où la recherche est effectuée et où elle est publiée, plusieurs mois peuvent s’écouler.

Il existe cependant un paradoxe important à la rédaction scientifique. Les chercheurs, pour diffuser leurs connaissances, donnent les droits d’auteur aux journaux. Les universités, qui paient les chercheurs, doivent ensuite payer des abonnement à ces même journaux pour pouvoir accéder aux résultats des recherches. C’est devant cette contradiction que la Public Library of Science est née. La PLoS édite plusieurs journaux scientifiques à la méthode open source. Les articles sont donc accessibles à tous gratuitement. En ce moment, les sujets des journaux sont surtout reliés aux sciences de la vie. Je prédirait un avenir prometteur à cette approche… à moins que les universités ne rendent leurs chercheurs esclaves de l’Impact Factor devant leurs exigences de performance.

Participez aux 24h de science 2007!

Sunday 6 May 2007

24 heures de science

Où que vous soyez au Québec les 11 et 12 mai, sortez les gamins et les moins jeunes pour le 24 heures de science.

Les activités au programme touchent pratiquement tous les domaines scientifiques: sciences naturelles, sciences humaines et sociales ainsi que les sciences pures et dures. Il y en a pour tous les goûts! Chaque activité est présentée avec le souci de rendre les sciences et les technologies stimulantes et amusantes.

Consultez la programmation pour toutes les régions sur le site officiel. Je compte bien aller voir une conférence sur les énergies nouvelles et faire mon tour à Imagine. Bon 24h de la science!

Faits scientifiques ou divers intéressants

Thursday 22 February 2007

J’ai toujours été un grand fan des faits divers, ceux-ci étant souvent de nature étonnante. En voici quelques-un :

  • Apples, not caffeine, are more efficient at waking you up in the morning.
  • Venus is the only planet that rotates clockwise.
  • The king of hearts is the only king without a mustache.
  • American car horns beep in the tone of F.
  • 111,111,111 x 111,111,111 = 12,345,678,987,654,321
  • The liquid inside young coconuts can be used as substitute for blood plasma.
  • There are 240 white dots on a Pac-man video game.
  • Adolf Hitler’s mother seriously considered having an abortion but was talked out of it by her doctor.
  • In 1982, Englishman William Hall committed suicide by drilling holes into his head with a power drill…it took 8 holes!
  • A ‘Jiffy’ is actually a unit of time for 1/100th of a second.
  • In 10 minutes, a hurricane releases more energy than all the world’s nuclear weapons combined.
  • Average age of top GM executives in 1994: 49.8 years. Average age of the Rolling Stones: 50.6.
  • The Atlantic Ocean is Saltier then the Pacific Ocean.
  • The right lung takes in more air then the left
  • Polar bears are left handed.
  • The world’s youngest parents were 8 and 9 and lived in China.
  • It takes 3,000 cows to supply the NFL with enough leather for a year’s supply of footballs.
  • It is impossible to lick your elbow. 

Ouvrir la boite à science

Thursday 25 January 2007

Les gens derrière la boite à science, tout comme nous, pensons qu’on apprend par l’expérience. Au travers de leurs différents programmes, ils travaillent à faire découvrir la science aux jeunes de la grande région de Québec par l’expérimentation. À cet âge, on a encore tous la capacité de s’émerveiller par les originalités de la nature. C’est le bon moment pour allumer ou alimenter cette curiosité.

Parmi les différents programmes qu’ils offrent, la plus connue est surement l’Expo-Science Bell. Mais à la visite de leur site, on en découvre plusieurs autres, comme par exemple le Portrait de science. Dans le cadre de cette activité, les étudiants sont invités à rencontrer un scientifique de la région et d’en faire le portrait.

Lors de l’édition 2006 du Lab’Oratoire Publique de l’Université Laval, j’ai rencontré l’équipe de Jean-David de l’école Cardinal-Maurice- Roy, qui m’ont posé des questions pour faire un sympathique portrait de moi (image en haut). Je souhaite bonne chance à eux et aux autres équipes finalistes. Je vous invite à aller consulter leurs présentations et à voter ici. Bravo aux participants et aux organisateurs des activités de la boite à science!