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Archive pour la catégorie ‘Entrepreneuriat’

J’ai eu une discussion intéressante sur la culture entrepreneuriale québécoise avec Ghislain Nadeau lors d’une entrevue effectuée pour son éventuel TV entrepreneurs. Le constat était qu’il y a un vide entre notre côté entrepreneurial naturel et le savoir-faire nécessaire pour amener des entreprises au second niveau. Pourtant, ce n’est pas d’hier qu’on a la créativité et l’initiative pour entreprendre. Je vous invite pour vous en convaincre à revisiter l’histoire de Radisson. Pour moi, ce n’est qu’une question de quelques générations encore avant que le Québec inc. ne soit pleinement déployé. Il y a des raisons qui expliquent pourquoi nous n’y sommes pas encore.

  • Le Québec et l’argent
    Les Québécois entretiennent une relation d’amour-haine envers l’argent. Durant une bonne période de notre histoire, nous n’étions pas aux commandes. Nous voulons de l’agent, mais dans notre inconscient collectif faire de l’argent c’est mal (à part peut-être à la lotto). L’argent est un des derniers taboo de notre société. On évite systématiquement les questions du genre “Combien tu gagnes?”. Il faudra régler cet inconfort que nous avons avec l’argent, accepter que ce n’est qu’un moyen qu’on se donne pour réaliser nos projets.
  • Le Québec et ses matières premières
    On a déjà vendu notre fer à quelque sous la tonne pour créer des emplois dans les mines. On vend encore nos forêts à un rythme insoutenable et à un prix ridicule pour soutenir des emplois forestiers. Avec l’électricité, la situation est similaire. La matière première de notre époque, c’est la matière grise. Allons-nous encore une fois la laisser aller pour des peanuts pour que le gros de la richesse créée s’en aille ailleurs?
  • Le Québec et les technologies
    Ça, c’est l’exemple positif. Au 50e anniversaire du département de génie mécanique de l’Université Laval il y a quelques années, on nous avait posé la question suivante: “Savez-vous combien il y avait de canadiens-français qui étudiaient le génie mécanique à travers le Canada au moment de la création du département?”. La réponse est 3! Vous vous rendez compte du chemin qu’on a parcouru depuis? En 50 ans, nous avons bâti toute une expertise et une culture scientifique de classe mondiale. Aujourd’hui au Québec, vous pouvez facilement trouver des spécialistes dans à peu près tous les domaines techniques pour vous aider à bâtir des satellites, des avions, des jeux vidéos, des médicaments, des appareils de télécoms…

Ce n’est pas le cas si vous cherchez un spécialiste en commercialisation de technologies. Il est beaucoup plus difficile d’identifier les gens avec les bonnes expertises pour compléter une équipe. Mais j’ai confiance que ça viendra. Le gouvernement a mis à peu près tout les leviers à la portée de ses moyens pour aider les entreprises technologiques. Les investissements privés sont plus ou moins là. Ainsi soit-il. Comme tout les groupes qui s’organisent, la solution durable viendra de l’intérieur. Les gens réalisent qu’on a presque tout pour réussir et les ils sont en train d’aller chercher ce qui manque à la sauce, entre autre avec des événements du genre Croissance Québec-Techno.

Votre cerveau est fait pour voir au maximum en 3 dimensions. Pour vous en convaincre, je m’apprête à vous faire frapper une limite de votre cerveau.

En mathématiques, plusieurs concepts se généralisent peu importe le nombre de dimensions. Prenez l’exemple du cube. Au sens général, un cube de n’importe quel dimension peut être obtenu selon la méthode illustrée ci-dessous et expliquée ici:

400px-hypercube_construction_fr

  1. En une dimension, un point balaie pour obtenir une ligne.
  2. En 2 dimensions, la ligne balaie pour obtenir un carré.
  3. En 3 dimensions, le carré balaie pour obtenir un cube. Jusqu’ici tout va bien, on conçoit facilement.
  4. C’est là que le fun commence: En 4 dimensions, un cube balaie pour devenir un tesseract. Oubliez le nom ésotérique. Essayez seulement de visualiser cette entitée, qui n’est “qu’un cube” en 4D. Vous n’êtes pas capable. Vous êtes un humain, c’est le processeur que vous avez dans le coco qui est monté comme ça.

Considérant cet aspect de notre nature:

  • Profitez de votre capacité à voir en trois dimension.
    Souvent, et particulièrement en développement de produit, on a avantage à considérer 3 points de vue pour prendre une décision. Voici trois points de vue d’une feuille.

    Le premier point de vue ne permet rien de voir en particulier de la feuille mais permet de voir le contexte global derrière:

    dimension1
    Le deuxième point de vue montre la feuille comme un accordéon et ça ne vous dit rien du tout:

    dimension2

    Le troisième point de vue, c’est là que l’information de valeur se trouve. Vous avez une carte vers un coffre rempli de 2$ sur une ile déserte à côté d’un super spot de pêche:

    dimension3
    C’est un exemple bidon mais en entreprise, il faut pratiquement toujours considérer des aspects financiers, opérationnels et la clientèle dans des décisions. Quand on fait des sites web, on doit considérer design, programmation et back-end, etc.

  • N’essayez pas de visualiser des situations de plus de trois points de vue.
    Je vous le répète, vous n’êtes pas capable. Si vous tentez de le faire, vous tournerez en rond sans trop savoir pourquoi. Ça ne sert à rien de vouloir visualiser une question de trop de point de vue. Adoptez le bon niveau de sophistication dans vos raisonnements.  Sachez reconnaître quand trop d’information vous est présentée et retournez à l’essentiel, les variables qui comptent vraiment.
  • Si vous avez à le faire, utilisez les mathématiques.
    La seule façon d’arriver à trouver le point optimum à une question qui considère plus de trois variables, c’est à mon avis les mathématiques. Et encore, comme souvent les variables sont de natures différentes (des coûts vs un niveau de satisfaction par exemple), les résultats peuvent être totalement sujets à interprétation. D’ailleurs, arrêtez de penser que tout est quantifiable. Réfléchissez à cette citation de Einstein (que j’adore) “Everything that can be counted does not necessarily count; everything that counts cannot necessarily be counted“.
  • Quand vous présentez des choix, ne présentez pas plus de 3 variables.
    Maintenant que vous êtes conscients des limites de notre cerveau, facilitez la tâches de ceux à qui vous donnez des options: pas plus de 3 dimensions svp! Ça rendra le processus plus léger psychologiquement, ce qui prédisposera favorablement votre interlocuteur. Je pense entre autre aux pages d’adhésion. Ce n’est pas le temps de créer un stress chez l’utilisateur en le mettant devant une situation qu’il n’est pas capable de gérer parce qu’il est lui aussi, un humain.

devtech50

Robotiq et 9 autre finalistes prenaient part à la finale de Devtech50 jeudi passé. Ce concours, qui en était à sa première édition, s’adressait aux entreprises technologiques en démarrage de la région de Québec. Après la mise en candidature initiale, 10 entreprises avaient droit à quatre formations de haut niveau. Au final, elles étaient jugées sur la qualité de leur sommaire exécutif, d’un elevator pitch et d’une présentation de 15 minutes préparés suite à ces formations. Même si nous n’avons remporté aucun prix jeudi passé, l’expérience a été très positive pour nous. D’ailleurs félicitations aux gagnants! Voici 5 raisons de participer à ce concours la prochaine fois qu’il se présente si vous êtes un startup technologique de la région 03.

  1. Vos 4 vérités pour pas cher — Rien de tel que de faire des erreurs pour s’améliorer. D’habitude, ces erreurs sont faites dans l’action, avec des clients ou des partenaires potentiels. Ça peut coûter cher. Devtech50, c’est une pratique pour tester ses idées et ses arguments auprès de gens d’affaires expérimentés. Dans notre cas, certains points qu’on doit améliorer sont ressortis clairement… sans qu’on ait perdu une vente ou une opportunité avec un investisseur.
  2. Des formations de qualité, applicables immédiatement — Le point de départ de jeunes entreprises technologiques est souvent ça, la technologie. Les formations, données par des gens compétents, étaient complémentaires à notre noyau d’expertise. Elles répondaient aux questions : Comment positionner l’offre de votre entreprise? Comment présenter votre projet à des investisseurs? Comment vendre un produit technologique? Comment former une équipe de gestion? En bonus, on a eu droit à une formation offertes par le MDEIE sur le financement d’entreprise technologique. Ces formations ont déjà apportés des résultats concrets chez nous.
  3. L’occasion d’organiser vos idées… d’ici une date butoire – Rien de tel qu’un deadline pour produire efficacement. La réflexion stratégique prend souvent le bord dans une entreprise en démarrage. Il y a tellement à faire avec si peu de ressources. Mais c’est justement pour ça qu’il faut se poser les bonnes questions périodiquement: pour s’assurer que le peu qu’on a soit concentré sur les bonnes choses. Devtech nous a obligé à mieux définir notre stratégie et à vulgariser notre projet, ce qui est loin d’être perdu pour la suite.
  4. Un boost à votre réseau d’affaires — Tellement cliché mais tellement vrai: il faut avoir un réseau efficace pour passer son information aux bonnes personnes et faire bouger les choses. L’organisation de Devtech50 a justement su attirer des gens dans l’événement pour que les participants ajoutent quelques noms dans le rolodex qui feront une différence dans le futur. C’est déjà le cas pour nous avec le mentor qui nous a été attitré par le concours. Les présentations permettent aussi de montrer à vos partenaires actuels où vous en êtes et de consolider la relation avec eux. L’opportunité de parler à des pairs fait du bien. J’espère d’ailleurs avoir l’occasion de matérialiser des partenariats avec certains d’entre eux. Je suis de plus confiant que les prochaines éditions recevront plus d’attention du milieu d’affaires de la Capitale et des médias.
  5. Les prix — En fait, tout le monde a gagné dans le processus. Les prix, c’est la cerise sur le sundae. Il y en avait plusieurs intéressants. Le premier prix qui permettait de passer une journée avec Mike Grandinetti pour améliorer son projet était réellement priceless.

Si vous ne voulez pas attendre la prochaines édition de Devtech50, un concours  très similaire se tiend à Montréal dans les prochains mois (Capital Innovation). Pour Robotiq, après des participations au  CQE, WBT et Devtech50, le temps est venu de passer aux vraie affaires (les clients) et de laisser les concours de côté. Parce que tout ça c’est bien beau, mais à un moment donné il faut que la roue qui tourne finisse par toucher l’asphalte.

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J’en ai parlé entre les lignes dans mes récents articles, DuProprio est en plein show de boucane avant de se mettre à avancer à 200 km/h. Dans ce contexte, nous sommes à la recherche d’un programmeur architecte sénior. Au delà de la description plus corporate accessible du lien précédent, je tenais à ajouter ma touche personnelle par cet article où j’explique l’intérêt de venir travailler avec nous et qui on cherche.

J’aime travailler chez DuProprio pour 3 raisons:

  1. L’équipe – DuProprio est initialement une entreprise familiale / amicale. C’est ce noyau qui est à la base de l’ambiance sans prétention qui y règne. Ce qui compte chez nous, c’est d’offrir un produit de qualité aux clients et de s’amuser à le faire. Le statu quo n’a jamais été une option. Pour bien gérer la croissance, on a ajouté récemment à l’équipe déjà en place quelques stars, entre autre en finance et en marketing. Nous sommes rendus à trouver le même type de personne pour l’équipe de développement web: quelqu’un qui a traversé plusieurs défis techniques et de gestions au cours de ses expériences, qui a les qualités pour les partager et nous faire passer à un niveau supérieur. La jeune équipe de dev en place a déjà accompli de grandes choses dans un contexte bouillonnant de startup “go-on-le-fait”. À l’heure où les systèmes doivent scaler pour favoriser la croissance, on veux aller chercher quelqu’un pour focaliser le potentiel de l’équipe, faire en sorte que le site demeure le meilleur et que les outils de travail soient ridiculement efficaces.
  2. Le produit — Tout le monde a besoin d’un endroit pour vivre, c’est pour ça que l’immobilier existe. Ça fait quatre générations qu’on transige de l’immobilier. Notre père était un agent ReMax, on a baigné là-dedans toute notre jeunesse, 24/7. C’était la réalité de l’emploi… mais il devait y a voir une autre façon de faire. Une des raisons du succès de l’entreprise, c’est la combinaison des générations: les savoirs du domaine mixés aux nouvelles façons de faire. Pour nous, la technologie a toujours été au centre de la croissance et ça nous a toujours bien servis. Évidemment, il reste toujours beaucoup de choses à faire. Pour devenir le expedia ou le workopolis de l’immobilier canadien, on a un camion de pain sur la planche, et de solides défis pour la personne qu’on recherche.
  3. L’emplacement – Bon ok, nos bureaux ne sont pas les plus glamours. Mais ils sont dans la région de Québec, un endroit où la qualité de vie est incomparable. Plus précisément, nous sommes dans le quartier Charny de Lévis, un endroit assez relax. Parce qu’avec les gamins le soir ça se bouscule et pour faire de bonnes après-midi, j’aime bouger le midi en allant nager à l’Aquarena (à 2 minutes) ou jogger aux chutes de la Chaudières (un endroit peu recommandable le soir mais splendide le jour). Le reste du bureau préfère lancer quelques ballons dans le panier de basket dans le stationnement.

Avec qui je veux travailler?

J’ai un bon background en immobilier, un bon background technique mais qui n’est pas en programmation. On a des programmeurs et des intégrateurs compétents et motivés. L’ingrédient manquant est un programmeur architecte sénior qui est aussi fort techniquement qu’en gestion. Le mot clé est réellement l’expérience:

  • Expérience d’avoir frappé des murs technologiques et de les avoirs traversés.
  • Expérience en programmation pour avoir développé une solide méthodologie.
  • Expérience d’avoir exercé son leadership sur des programmeurs en les faisant grandir professionnellement.
  • Expérience d’avoir développé et géré des sites web soumis à un important stress d’achalandage.

Vous êtes cette personne? J’aimerais le savoir. Sinon, merci de passer le mot!

[Photo: Deez sur Flickr]

homard

Si DuProprio était un homard, il changerait de carapace aux deux semaines. La croissance est rapide et comporte conséquemment son lot de périls. Il y a plusieurs débats — sains, comme tous les débats — à l’interne sur l’impact des méthodes de travail et des structures mises en place. Cette organisation survient par la force des choses, afin de naviguer dans la complexité grandissante. Dans l’équipe de développement, on s’interroge entre autre de l’impact de la méthodologie scrum sur quelque chose qu’il est convenu d’appeler innovation. Mais au fait, qu’est-ce que ce buzz-word signifie? Voici ce que j’en pense.

Tout d’abord, innovation pour moi n’est pas synonyme des expressions suivantes:

  • Différent
  • Créativité
  • Spontanéité
  • Originalité
  • Technologie
  • Quelque chose qui fait qu’on parle de vous sur Branchez-vous.
  • Quelque chose qui provoque une envie folle de développer une fonctionnalité plus pressante qu’une envie de tourista.
  • Juste nouveau.

En fait oui, l’innovation est quelque chose de nouveau. Nouveau est une condition nécessaire mais non suffisante pour décrire une innovation.  Pour moi, l’impact de l’innovation fait partie de sa définition. Non seulement la méthode doit être nouvelle, mais les bénéfices qu’elle procure aussi.  Les innovations admirables sont celles qui impactent positivement beaucoup de personnes. Les innovations itératives sont intéressantes, mais celles qui perturbent l’ordre établi sont splendides. Quelques exemples d’innovations perturbatrices dans différents domaines sont:

  • Le transistor - Un tout petit bloc à la base de la révolution de l’information. Tous voyaient l’intérêt des ordinateurs, ces machines à calculer. Mais l’arrivée du transistor, cheap et compact, a permis le déploiement à grande échelle d’une force de calcul dans les objets qui nous entourent.
  • Le iPod - Un objet qui redéfinit carrément la façon dont on consomme notre musique.
  • Amazon - Un site qui permet de trouver à peu près n’importe quel livre sur n’importe quel domaine.

Évidemment, il y a des milliers d’autres exemples. Le point que je veux faire ressortir de ces exemples est que, dans tous les cas, l’innovation n’est pas survenue sur le coin d’une table. Certains flashs ont sûrement été inclus dans l’élaboration des ces technologies ou entreprises. Cependant, ça prend une direction claire. Je suis à peu près certain que Steve Jobs et ses acolytes n’arrivaient pas avec une nouvelle fonctionnalité à toutes les deux semaines durant le développement du iPod. Si ça avait été le cas, ils auraient aboutis sur le Zune. De la même manière, Bezos et son équipe se concentrent sur ce qui ne change pas pour avoir une évolution totalement focusée qui a transformée le visage de leur industrie.

Les spécificités du web, mythes ou réalités?

“Oui mais sur le web, on peut itérer tant qu’on veut, on n’est pas obligé de tout planifier.” D’accord, le web est réellement unique pour ça. Encore faut-il être capable d’itérer en ce sens que la base sur laquelle on bâtit doit pouvoir grandir. Par ailleurs, il faut savoir dans quelle direction itérer pour ne pas se retrouver après des années de développement avec un amalgame de fonctionnalités plus ou moins bien alignées et utilisées. Et c’est pour tout ça qu’on changera de nouveau de carapace dans les prochains mois. L’évolution se poursuit, avec l’ambition que le résultat colle à ma définition d’innovation.

[photo: fchosson sur flickr]

Anatomie du ouache

16.06.2009

beaver

Selon le grand dictionaire terminologique, “ le terme ouache a d’abord désigné le passage permettant à un castor d’accéder à sa hutte, son terrier et la hutte elle-même; cet emploi a été emprunté à une langue algonquienne.” Cependant, ce n’est pas de ce ouache que je fais ici l’anatomie, mais plutôt de celui qui nous résonne dans la tête quand on s’apprête à effectuer quelque chose qui nous dit vraiment pas. Ce ouache peut être abordé de plusieurs angles, mais il se ressent généralement de la même façon: un répulsion intense face à un travail qu’on a à faire. Selon le tempérament et l’humeur du jour, le ouache peut s’accompagner de frustrations ou encore causer l’apparition de tics nerveux. Je présente ici différents types de ouache que j’ai pu expérimenté et observé.

Ouache Tylenol
Le ouache Tylénol survient quand la complexité de ce qu’on a à faire semble à la limite de nos capacités cérébrales. On regarde ce ouache un peu embêté en se disant “ouache, comment je vais faire ça, c’est donc bien compliqué?!” C’est comme avoir à faire 240 push-ups de cerveau. L’intérêt du Tylenol, c’est qu’il nous sort de notre zone de confort. Si on va chercher l’aide pour passer à travers, on en ressort souvent en ayant appris quelque chose d’intéressant.

Ouache Daniel San
Vous vous souvenez de Daniel San qui doit polir des voitures alors qu’il voudrait tout de suite aller apprendre le coup de pied de la grue? Il se disait sûrement alors “ouache, c’est donc bien long et platt et j’aurais donc bien quelque chose de polus intéressant à faire.” Ce ouache implique souvent des processus lourds et laborieux. Il demande une grande abnégation. Le Daniel San, contrairement au Tylenol, n’est pas nécessairement complexe. Il demande surtout une suite d’actions qu’on doit répéter un nombre suffisant de fois pour qu’on se demande si on ne devrait pas automatiser sa réalisation. La limite du Daniel San survient lorsque le temps de réalisation correspond au temps que ça prendrait de l’automatiser. Dans ces circonstances, il est difficile de prendre une décision claire sur ce qu’on a à faire.

Ouache gros cave  (GC)
L’appelation “Gros cave”, une offense classique, désigne le ouache qui insulte notre intelligence. Le GC nous est souvent imposé sans explications qui justifierait de passer au travers. Non seulement ce qu’on a à faire est ouache, mais en plus on ne voit pas son utilité. Il est ainsi doublement insultant. Le GC est donc un autre type de ouache auquel s’ajoute une circonstance aggravante. Il n’en tient parfois qu’à nous de demander des clarifications pour enlever la couche GC d’un ouache.

Ouache chronique
Le ouache chronique est un ouache pernicieux. Il s’installe souvent sans qu’on s’en rendre trop compte. La raison est qu’initialement, il est plutôt un bof qu’on remarque peu qu’on vrai ouache flamboyant. Le caractère ouache découle de la périodicité du bof. Ces actions un peu déplaisantes deviennent des ouaches à mesure qu’elles se répètent. Naturellement, la vie est ainsi faite que ces actions surviennent souvent à des moments peu opportuns où on a des choses vraiment plus importantes à faire. Idéalement, on doit être sensible à l’émergence de ces ouaches pour tenter de les régler définitivement le plus rapidement possible.

Ouache ‘n wow
De la même manière qu’il y a le yin et le yang, le wok n’ roll et le beding bedang, il y a un type de ouache qui s’accompagne systématiquement d’un wow. Un peu comme le GC, le ouache ‘n wow est un ouache d’un autre type auquel s’ajoute un aspect différentiateur. Dans ce cas, on peu lui reconnaitre un aspect constructif fort. Je dirais que la plupart des projets qui ont de l’impact, peu importe le domaine, comportent systématiquement une bonne dose de ce ouache. Ceci corrobore l’affirmation souvent entendue que “si c’était facile, quelqu’un d’autre l’aurait fait.” Quand on comprend le wow poursuivi, ce ouache est une étape obligée qu’on accepte en serrant les dents et en travaillant fort et le plus inteligement possible.

Il y en a qui disent que dans la vie, on choisit sa prison. Une façon un peu moins extrême serait de dire que dans la vie, on choisi son ouache. Personnellement, j’essaie de rencontrer le dernier type le plus souvent possible.

[Photo: Billy liar sur flickr]

Vous êtes finissants en technologie dans une université québécoise et voyez le potentiel dans une technologie pour en faire un produit. Par où commencer? Comptez-vous chanceux, tout le monde voudra vous aider. Et c’est normal, qui peut être contre la vertu? De jeunes fringants diplômés brillants qui sont passionnés pour leur bidule, tout le monde aime ça. En même temps, tout le monde doutera de vous, car ce que vous faites est innovateur. Tant que les preuves de votre modèle d’affaires ne sera pas là, le scepticisme planera au dessus de vos têtes comme un goéland prêt à vous gâcher l’allure.

Heureusement, vous êtes au Québec. De ce que j’ai pu entendre au WBT — un endroit rassemblant tout plein de gens qui font du transfert technologique — il n’y a aucun meilleur endroit en ce qui a attrait aux programmes gouvernementaux qui peuvent servir à votre projet. Des programmes de valorisation technologique, il y en a à tous les paliers, pour tous les stades de votre entreprise, pour tous les types de dépenses dans votre entreprise. À vous de savoir comment aller y puiser.

Voici comment nous nous sommes pris chez Robotiq pour décrocher 480k$ qui nous aidera à développer notre premier produit. Il y a d’autres chemins, c’est certain. En partagent le mien, j’espère rendre le vôtre plus efficace.

Pilez de l’argent
Soyez prêts à vivre quelques mois sur vos réserves si vous voulez vendre un produit. Soyez prêts à faire un peu n’importe quel contrat si votre modèle est le service. Tout ça durera le temps que vous trouviez le financement qui vous permettra de vous consacrer au développement de votre core business. Consolez-vous, si vous avez un bon comptable et que vous faites de la R&D, il sera en mesure d’aller vous chercher des crédits d’impôts RS&DE à la fin de l’année même si les salaires n’ont pas été versés à l’avance.

Sortez de l’université
J’ai adoré mes années universitaires qui ont été très stimulantes. Quand la question s’est posée si on devait rester en ses murs pour le démarrage, on a décider de sortir. Ça aide en premier lieu à vous mettre dans l’état d’esprit d’entreprise. Ensuite, ça montre que vous n’êtes pas accroché à la tétine de l’institution. Les gens reconnaissent que vous commencez à voler de vos propres ailes, que vous êtes quelqu’un, que vous pouvez opérer sans l’université.

Retournez y pour rencontrer votre bureau de valorisation
Une fois que vous avez affirmé votre existence en tant qu’entreprise, retournez à l’université pour rencontrer les gens du bureau de transfert technologique. Ces personnes connaissent bien les nuances de tous ces programmes de financement dont je parlais en introduction. Quel programme cadre le mieux avec votre projet, qu’est-ce qui est important pour les évaluateurs, quels sont les dates importantes…? Ils auront réponse à tout ça, ils en ont vu d’autres et sont en contact avec les fonctionnaires régulièrement. Ils sauront aussi vous aider à trouver le levier pour pouvoir avoir accès aux programmes de financement. Il faut savoir que, contrairement aux programmes de recherches universitaires, tous les programmes de financement d’entreprises demandent des contre-parties d’investisseurs privés.

Préparez une démo
Je vous le répète: tout le monde vous trouvera mignon avec votre technologie, mais vous lirez dans leurs yeux le doute qu’ils dissimulent poliment derrière leur crâne. Vous devez les impressionner pour être pris au sérieux. Pour ça, rien de mieux qu’un démo fonctionnel que vous pourrez transporter. Au gros minimum, un vidéo. Idéalement, si c’est possible, essayez d’avoir quelque de tangible, qui supportera votre argumentation du pourquoi cette technologie est si porteuse.

Faites vos devoirs côté marché
Autant les demandes de financement que les négociations avec l’université vous demanderont des prévisions de ventes basées sur une analyse de marché sérieuse. La première étape est de rencontrer des clients potentiels pour avoir leur avis directement. Partez avec votre démo et approchez les sous l’angle de l’étude de marché, que vous avez besoin de leur expertise. Ça les rend à l’aise et ça ouvre la discussion.  Avant des les rencontrer, préparez une liste de question à leur poser qui vous permettre de déceler la douleur que votre technologie pourrait soulager. Soyez ouverts d’esprit, ne vous acharnez pas sur la technologie. Il se peut que cette démarche la réaligne quelque peu. Au besoin, utilisez les réseaux sociaux pour bonifier. Toutes ces démarches vous constitueront une bonne base pour le moment où la technologie sera plus mature.

Ensuite, payez vous une étampe crédible, quelqu’un d’un gros bureau de consultant qui viendra valider votre travail et quantifier d’avantages votre analyse des besoins. Encore une fois, c’est beaucoup une question de perception des évaluateurs. Il existe des programmes aussi pour vous aider à payer ça.

Réglez la PI
Si la propriété intellectuelle appartient à l’université, tâchez de régler ce problème rapidement, en gardant le meilleur momentum dans les négociations. Le jeu en vaut la chandelle car ça donne beaucoup de crédibilité aux yeux de ceux qui évalueront votre projet. Ne donnez tout de même pas votre chemise: les termes de la licence doivent permettre un cashflow suffisamment juteux pour favoriser la croissance des premiers temps.

Soumettez des demandes efficaces
En premier lieu, pour ne pas perdre de temps, informez-vous s’il reste de l’argent dans le programme pour l’année en cours. Dans notre cas, les demandes étaient prêtes depuis l’automne, mais on n’a appliqué qu’en mars en prévision de la nouvelle année financière au gouvernement.

Pour la rédaction en tant que tel, essayez d’avoir des exemples de demandes qui ont réussies. N’hésitez pas à poser des questions à vos personnes contacts dans les différents programmes. Il est possible de faire 2-3 itérations avec eux avant de remettre le document final. Ils sont vraiment là pour vous aider, écoutez ce qu’ils veulent.

Mettez-y du jus de bras
Il y a beaucoup d’inertie et de friction dans ce processus. Si l’énergie est toujours appliquée dans la même direction, ça finira par bouger. Vous travaillez à avancer sur une courbe exponentielle, c’est normal que vous ayez l’impression que ça n’avance pas au départ. Mais juste de survivre et de pousser dans une direction, après un moment, de bonnes choses surviennent inévitablement.

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Il est sous entendu que “plus gros” implique des économies d’échelles. Elles peuvent être identifiées relativement facilement: on augmente le volume d’achat donc notre fournisseur baissera notre prix, on rassemble des opérations à un endroit donc on élimine des coûts, etc. Tout est bon, on est content.

Ce qui est plus difficile à réaliser et encore plus à quantifier, ce sont les inefficacités qui arrivent par la bande lorsqu’une organisation grossit. Voici ci-bas 4 sources d’inefficacité que j’ai pu expérimenté dans les organisations en tant que participant ou en tant que client. Des pistes de solutions pour les réduire sont suggérées.

  1. L’apparition du “ils”
    Le “ils” est un concept qui est mentionné dans “The Art of Innovation“. Cette lecture mettait le doigt sur un phénomène que j’observe à mesure que les entreprises grossissent. Celle-ci passe d’un noyau soudé pour former des sous-groupes, comme lors d’une division cellulaire. Dès lors, les sous-groupes peuvent parler du ils faisant parti d’un autre groupe: ils (les ventes), ils (la direction), ils (les programmeurs)…

    Le “ils” devient assez abstrait pour inciter les “autres” à ne pas vouloir les comprendre. Les tensions entre les sous-groupes sont anti-productives. Il y a déjà des centaines d’autres personnes –  compétiteurs -  qui travaillent contre l’organisation de l’extérieur. Dans un confort illusoire dans lequel baigne l’équipe, on perd parfois notre temps à travailler les ils contre les autres.

    Les ils et les autres vivent des observation différentes d’une même entité: l’organisation. Il s’agit donc d’entretenir les ponts et de rallier les gens autour de buts communs.

    Ça semble bête, mais il faut permettre aux gens de se parler. Dans un sens un panier de basket dans le stationnement ou un tournoi de poker fait le travail. Pour les équipes réparties sur plusieurs sites, ce défi est considérable.

    Il faut aussi s’assurer d’avoir des gens crédibles chevauchant plusieurs groupes. Ceux-ci comprennent les différentes réalités et sont des ambassadeurs d’un côté comme de l’autre.

  2. Surcharge
    La circulation automobile est une bonne analogie pour comprendre la surcharge. Le réseau a une bonne capacité. En général, tout va bien…. jusqu’à ce qu’on imprévu survienne. Il y a alors un effet domino qui paralyse tout.

    En entreprise, les imprévus sont affaires courantes. En ayant trop de tâches qui tombent sur trop peu de gens, on court vers l’inefficacité.

    Il faut, dans le feu de l’action, être assez sensible à ce qui se passe pour ne pas glisser dans des situations insoutenables.

  3. Bruit dans la communication
    Quand une organisation grandit, il y a toujours le risque de perdre de vue qui fait quoi. Cette confusion entraîne l’information dans un flou cosmique. Les craques du plancher s’élargissent et de plus en plus de choses importantes y tombent pour y rester.
    En physique, à chaque transfert d’énergie, il y a de la perte. De la même manière, chaque transmission d’information analogique implique une perte. Quand les échelons s’additionnent, on peut avoir une distorsion de l’information.

    Les outils de collaboration (wiki, basecamp, etc.) peuvent donner un bon coup de pousse là-dessus, à condition de s’entendre sur comment s’en servir et de s’y tenir.

  4. Augmentation de l’inertie
    Alors que les problèmes de communications peuvent s’apparenter à de la friction, l’augmentation de l’inertie d’une entreprise serait plutôt la cristallisation des façons de penser, des méthodes de travail et des outils utilisés. Plus une organisation avance dans une direction, plus elle aura de la difficulté à modifier ses méthodes. Le coût pour les changer semblera toujours énorme pour les bénéfices qui sont escomptés.

    C’est pourquoi il faut préconiser la flexibilité. L’adaptabilité et la diversité suffisante sont essentielles à la survie du vivant sur terre. C’est la même chose pour les organisations. Il faut éviter de se verrouiller dans des technologies au futur incertain. Il faut aussi cultiver l’ouverture d’esprit sur les méthodes d’affaires. La meilleure façon pour ça est à mon avis d’aller se chercher des jeunes, compétents et gonflés à bloc.

Gérer la croissance d’une organisation pose de bons défis. On le vit en ce moment chez DuProprio plus que jamais. Le fait que les très grandes entreprises ou que les gouvernements fonctionnent dépasse mon entendement.

Dans une ancienne vie, au Laboratoire de robotique de l’Université Laval, j’étais perpétuellement stupéfait de voir la qualité du travail qui se faisait, de façon très autonome, sans aucune pression externe. Ce qui permet ça est évidemment la qualité des gens qui y travaillent, mais aussi la grande indépendance des projets les uns par rapport à ceux des autres. Les gens ne collaboraient ensemble que pour des points bien précis, puis retournaient à leurs affaires.

De la même manière, je suis toujours impressionné de la façon dont un arbre grandit, sans coordination d’un système nerveux central, comme les animaux ou les entreprises.

La meilleure façon que je vois de grandir son organisation un santé est de s’entourer de gens meilleurs que soi et de leur faire confiance. Il est illusoire de penser pouvoir tout contrôler. Plus l’entreprise grandit, plus on devient incompétent dans chacune de ses fonctions. Ils faut donc avoir de bons alliés et se donner les outils pour avoir une bonne vue d’ensemble.

[photo: foxypar4 sur flickr]

Ça y est, l’équipe de dev de DuProprio vient d’accoucher de la nouvelle version du site de location. Devant le chaos qui avait accompagné le développement des différents projets toute l’année dernière (du type tout est encore plus prioritaire que ce qui est prioritaire), j’ai été séduit par la sirène de la méthode agile. Armé du livre Scrum and XP from the Trenches sugéré par Nicolas de chez Wanted, on a mis sur le feu le premier projet à être réalisé à la sauce agile chez DuProprio.

La méthode agile est très simple conceptuellement. On peut l’aborder de différents angles, selon la nature de nos projets. Les grandes lignes de comment on s’y est pris:

  • Deux équipes — Chez DP, on doit vivre avec le fait qu’il y a aura toujours des cheveux qui arrivent sur la soupe (bugs, campagnes de pub à intégrer, opportunité à saisir, etc.) Réaliser en parallèle des projets et régler des problèmes courts termes, ça devient très étourdissant et très peu productif. On a donc séparé l’équipe en deux,  une pour les affaires courants, l’autre qui peut se concentrer sur le sprint.
  • Basecamp — Cette application web est utilisée pour centraliser les échanges et gérer les échéanciers, colliger les choses à faire. Dans le cadre du scrum, on s’en est servi seulement pour discuter et logger les heures (pour comptabilité). Les développeurs ont aussi séparé les grandes tâches en to-do plus digestibles.
  • MindmapMindomo a été utilisé au départ pour la planification, discuter avec la direction des priorités et de ce qui allait être inclus dans le sprint. C’est une façon très visuelle et intuitive d’avoir une vue d’ensemble et de changer l’ordre durant la planification. Au départ, les objectifs d’affaires ont été discutés. Les programmeurs ont pu repartir de ça pour traduire en actions techniques.
  • Gros tableau — Avec des aimants dans une salle. Sur chaque aimant une tâche assez macro (1/2 à 5 jours)
  • Planning poker - Pour estimer la durée de chaque action au départ.

Globalement, l’expérience a été positive. Ce que j’aime de l’approche:

  • Focus sur l’essentiel — On a tous la même maladie de bouillonite cervicale. C’est bon la créativité, mais à un moment il faut canaliser. Une fois le but clairement établi (dans ce cas-ci c’était de simplifier au maximum), toutes les discussions divergentes peuvent se régler. C’est vrai autant dans les discussions avec la direction qu’au sein de l’équipe de dev. Comme le temps de projet est fini, on coupe court aux solutions fonctionnelles et on se débarrasse de ce qui, au fond, ne compte pas vraiment.
  • Prise en charge par l’équipe — Ceux qui ont travaillé avec moi savent que je ne suis pas du type à mettre de la pression, pour le meilleur et pour le pire. La beauté de la méthode agile, c’est que toute l’équipe prend possession du projet. Les estimés sont effectués de façon démocratique au départ, puis on se voit une fois par jour. Tout le monde est autonome mais a des comptes à rendre le lendemain matin à toute l’équipe.
  • L’effet démo — Tout sprint se termine par une démo à qui veut bien la voir dans l’entreprise. C’est un aspect qui semble anodin mais qui est d’une subtile puissance. Ça m’a toujours irrité de voir comment on se force pour des comptes à rendre à l’externe mais qu’on est moins rigoureux envers nous-mêmes. Avec une démo, on se trouve à extérioriser le reste de l’entreprise et ça motive à faire quelque chose de fonctionnel à temps. C’est aussi valorisant pour l’équipe de dev, et très positif de passer l’information horizontalement dans l’entreprise.
  • Partage des connaissances — L’idée de la méthode agile, c’est que tout le monde devrait être capable de tout faire. Pour que le projet avance, certains doivent quitter leur zone de confort et en apprendre des autres. À long terme, je crois que c’est très positifs pour une organisation.

Comme n’importe quelle première expérience, il y a des choses qu’on aurait aimé faire autrement, mais on ne le sait pas tant qu’on ne l’a pas fait. Ce qui a été plus difficile:

  • N’importe qui ayant construit ou rénové une maison sait que la finition est toujours plus longue que le rough. Au début, on peut avoir le mirage qu’on avance vite alors que ce n’est pas le cas. Il y a pleins de détails qu’on n’a pas su prévoir et qui ont causé des retards.
  • Dans le même ordre d’idée, comme tout est inter relié, j’ai trouvé difficile de définir ce qu’on peut considérer comme “terminé”.
  • On aurait aussi dû séparer le travail en action un peu plus courtes. Plus les durées sont longues, plus l’incertitude grandit. 3 jours devrait être maximal.

Utilisez-vous ces méthodes dans votre organisation? L’utilisez-vous à autre chose que pour de la programmation? Je suis curieux de connaitre vos expériences ou conseils.

baby-turtle

L’ami Redg m’envoie un lien sur les consultations pré-budgétaires où madame rigueur nous demande notre avis sur le prochain budget du Québec. Je trouve que c’est une très bonne initiative de leur part pour rendre le Système un peu plus participatif (Il y a même un lien pour partager sur Facebook à la fin). Je viens d’aller lui donner mon avis, du point de vue de l’entrepreneur technologique impliqué dans des entreprises à différents stades. Dans mes commentaires, j’abonde dans le même sens qu’un article que j’ai lu aujourd’hui sur le manque de fond d’amorçage qui mine la base de notre économie du futur.

Ce que je me rend compte, c’est qu’il y a un fossé pour des gens qui veulent démarrer une entreprise technologique au Québec. Ce fossé nommé amorçage se dresse entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise qui est démarré et qui a ses premières ventes.

  1. Financement de la recherche - Il se fait de la recherche de grande qualité au Canada dans les universités et les centres spécialisés. Des montants de nos taxes importants sont investis. C’est là que les technologies disruptives naissent. Je ne parle pas des inventions qui ne font que itérer sur les précédentes, mais bien celles qui nous feront faire des grands bonds. De ces inventions peuvent naître des industries entières. Le travail de recherche des universités est de faire une base variée et de qualité à la pyramide de l’innovation. Tout en haut de cette pyramide, il y a les technologies qui finissent par un succès commercial. Pour une de ceux-là, il y a des années-chercheurs entières, des centaines d’inventions. C’est comme dans le sport: ça prend des millions de joueurs amateurs pour fournir la crème aux rangs professionnels. À mon avis, ce travail est bien fait au Canada, cette notion est comprise depuis un moment. (Bien que les Conservateurs ne comprennent rien à la valeur de la recherche fondamentale, à la base de tout ça.)
  2. Amorçage - Fossé.
  3. Financement d’une entreprise qui a des ventes - L’entreprise a des ventes, donc elle a quelque chose à vendre. Ses besoins en R&D sont moindres, toutes proportions gardées. Elle a accès à du financement plus conventionnel car les créanciers ont quelque chose sur quoi se rattacher.

Une entreprise au stade d’amorçage technologique, c’est une petite tortue de mer qui vient de craquer sa coquille et qui court de toutes ses forces avec un moyen de locomotion mal adapté vers l’océan. Le temps presse car elle est une proie facile. Une fois rendue dans l’eau, tout ne sera pas joué, mais un stade critique et dangereux sera derrière elle. L’analogie de cette course sur la plage est la période de l’entreprise où elle devra investir quelques 100k$ en R&D et en pré-commercialisation.

Tout le monde louange les entreprises technologiques qui créent des emplois de qualité. D’un autre côté,  personne n’ose y investir durant le stade d’amorçage. Comment donc devrait se financer une entreprise technologique?

  • Avoir déjà de l’argent?
  • Aller chercher du capital de risque avec aucun produit dans le portfolio, aucune vente dans le carnet?
  • Faire de la consultation pour aller chercher de l’argent à la miette, des projets qui n’avancent pas la technologie qui serait éventuellement réellement payante pour l’économie?
  • Ou via un fond gouvernemental dédié à l’amorçage bien adapté à la réalité?

Je souligne le bien adapté à la réalité car les selon cette lettre, en 2006-2007, les trois fonds les plus actifs au stade de l’amorçage avaient financé seulement huit projets dans tous les secteurs technologiques au Québec. Donc quand madame Jérôme-forget me demande ce que je ferais à sa place, il y aurait certainement une partie de cet article dans la réponse.