Archive pour la catégorie ‘Entrepreneuriat’

L’ingrédient secret des meilleurs startups canadiens

Mardi 2 octobre 2007

Je viens de tomber sur l’article “Canada’s Hottest Startups” de la revue Profit. La liste des 50 entreprises de moins de 5 ans montrant la plus forte croissance du chiffre d’affaire est très diversifiée. La provenance géographique, un peu moins: 3 entreprises sur 4 sont ontariennes, 14% sont albertaines. Les autres provinces suivent loin derrière. Le classement en tant que tel est intéressant, mais pas autant que les encadrés qui présentent les résultats de sondages effectués auprès des dirigeants des entreprises.

Quelle est la clé de leur succès? Le tableau ci-dessous montre leur réponse: le personnel! Il y a toujours des humains dans la boucle, surtout s’il y a de la technologie d’impliquée. Dans tous les domaines, de la construction à la conception web ou la robotique, on manque de monde qualifié. 90% des dirigeants indiquent que leur capacité à attirer du bon personnel a été critique pour leur expansion. La même proportion affirment que de garder le bon personnel a été aussi important.

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Est-ce que ça peut être plus clair? Oui, car à la question “qu’est-ce qui a limité votre croissance?”, 70% répondent le manque de main-d’œuvre qualifiée.

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Et que font-ils pour garder les bons éléments? Les stratégies sont diverses, mais les bonus personnels semblent faire le travail.
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Mon père, qui a eu un certain succès en affaires, m’a souvent dit “le plus beau cadeau que la vie pouvait me faire, c’est de ne me donner aucun talent spécial. Ça m’a obligé à bien m’entourer.” J’avais déjà assimilé cet enseignement, mais cet article vient me rappeler à quel point il avait bien raison.

6 façons de devenir unique

Lundi 1 octobre 2007

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[photo Ahmed Rabea sur Flickr]

Les deux dernières semaines, je travaillais sur une piste intéressante pour mes recherches. Comme ça arrive à plusieurs chercheurs, je me suis finalement rendu compte que quelqu’un d’autre avait fait pratiquement la même chose et l’avait publié l’an passé.

De la même manière, ça fait plusieurs mois qu’on se demande quelle technologie du laboratoire on devrait utiliser pour démarrer une entreprise. Souvent, nous sommes arrivés à la conclusion qu’une approche similaire existait déjà ailleurs dans le monde. Ce ne sont pas toutes les entreprises qui sont confrontées à cette problématique à cette échelle. Dans certains cas, de se distinguer localement peut être suffisant pour avoir une entreprise florissante. Cependant, pour les domaines plus pointus comme la robotique, les marchés doivent dépasser les frontières pour être viables. Il faut offrir quelque chose de différent du reste du monde. De plus, comme je le mentionnais dans l’article sur la création de produits technologique, les produits conçus pour l’exportation finissent souvent par avoir plus de succès, même au niveau local.

Comment donc faire sa place dans ce monde de recherche et développement ultra-compétitif? Je ne prétend pas avoir la réponse, car je ne réussi pas moi-même jusqu’à maintenant à trouver ma voie technologique. Cependant, j’y ai pensé pas mal récemment. Voici six pistes qu’on peut explorer à mon avis pour devenir unique au monde.

  1. Miser sur vos expertises distinctives
    Pour se différencier, il faut miser sur ses forces. Quelles sont les expertises que vous possédez qui sont les plus rares et qui ont le plus de valeur? Comment pouvez-vous amener ce savoir-faire au second niveau pour être encore plus unique? Pour qui est-ce que cette expertise a de la valeur?
  2. Connecter des domaines différents
    Ce qui peut sembler banal dans votre domaine peut être complètement exceptionnel dans un autre. Récemment, j’ai vu une application de la robotique à la transplantation de cheveux. Il ne s’agit pas d’une recherche révolutionnaire mais plutôt d’une application de plusieurs concepts de vision numérique et de manipulation d’objet. Sans être banal, l’aspect robotique n’est pas spectaculaire. Cependant, pour le chirurgien qui diminuera de moitié le temps d’opération (de 8 heures à 4 heures) et qui éliminera les problèmes de main-d’œuvre liés à des emplois routiniers et peu stimulants, l’avantage est clair. Qu’est-ce que vous êtes capable de bien faire et qui pourrait être excellent pour quelqu’un d’autre?
  3. Être attentif aux problèmes
    Parfois, on est trop fixé sur notre nombril. On se concentre tellement sur ce qu’on sait faire en essayant de trouver un problème qu’on ne voit plus rien. Il faut être attentif aux gens autour de nous. Il faut créer des opportunités pour comprendre les problèmes que les gens rencontrent et par la suite voir comment on pourrait les aider. Parfois la solution est là tout près, il faut seulement savoir écouter.
  4. Faire preuve d’humilité
    J’ai entendu à quelques reprises en entrevue Dominique Brown, le fondateur de la compagnie de jeux vidéos basée à Québec Beenox. Au départ, il voulait concevoir des jeux vidéos et était convaincu de faire mieux que tout le monde qui en faisait déjà. Il s’est vite rendu compte qu’il était bon, mais pas au point de battre des compagnies bien établies sur un terrain qu’elles dominaient. Pour percer, il a visé un marché mal servi, celui de l’adaptation de jeux existants pour différentes consoles. Après quelques succès, il avait l’expérience, les moyens et la position pour enfin concevoir ses jeux. Parfois, pour atteindre l’objectif, il faut faire un détour pour mieux se placer les pieds. Comme les Alliés, une fois que vous aurez saisi votre plage de Normandie, vous pourrez marcher plus loin.
  5. Avoir le bon timing
    La bonne idée aujourd’hui ne sera pas la bonne idée demain. Mon frère, avec Duproprio.com, était pile sur la montée d’Internet au Québec et sur une période chaude de l’immobilier dans la province. Tous les éléments étaient en place pour favoriser la progression. Il faut avoir du flair et comprendre le milieu dans lequel vous voulez évoluer. Quelles sont les tendances qui se dessinent? Comment pouvez-vous surfer une vague qui approche et gagner de la vitesse? Naturellement, ça prend aussi un peu de chance!
  6. Travailler fort
    Nous sommes 6 milliards d’humains sur la Terre. Croyez vous qu’une bonne idée facile non réalisée est monnaie courante? C’est beau la stratégie et la chance, mais il faudra certainement beaucoup de travail pour peaufiner votre vision et bien l’exécuter. Si c’était si facile, ça existerait déjà!

Le démarrage est difficile, sans moyen ni expérience. Il faut donner tout ce qu’on peut pour passer le seuil de survie et gagner un air d’aller. Si tout va bien, c’est vous qui deviendrez ensuite le “oui mais ça existe déjà” des nouveaux innovateurs, qui feront tout à leur tour pour vous déloger.

Des grands moyens pour des petites entreprises

Mercredi 26 septembre 2007

sme robot
[photo: SME Robot]

Est-ce que c’était plus simple autrefois de démarrer une entreprise? Vu de notre époque, on dirait que tout était à inventer dans le temps et que moins de moyens étaient nécessaires pour se lancer en affaires. Aussi, les modèles d’affaires et les technologies semblaient plus conventionnels. D’un autre côté, les avancées en informatique des dernières années ont rendu plusieurs technologies de plus en plus accessibles aux petites et moyennes entreprises (PME). Après être passé par une période où seules les grandes entreprises pouvaient se payer des logiciels et de l’automatisation performante, on vit actuellement une période de démocratisation des moyens technologiques.

Logiciels libres
Les logiciels libres, créés et mis à jour par des communautés de programmeurs bénévoles, permettent aux entreprises de développer leurs systèmes informatiques à faibles coûts. Ces logiciels sont une des causes importantes de la recrudescence des entreprises profitables sur le web. Avant la bulle de 2000, la plupart des entreprises utilisaient des logiciels aux licences dispendieuses. De nos jours, il est possible de faire mieux qu’à cette période avec des solutions gratuites. Ce que ça prend, c’est le savoir-faire pour les utiliser. Pour les PME (comme pour les grandes entreprises, les institutions gouvernementales et les laboratoires de recherche), ceci permet de faire plus avec moins.

Selon cet article, les logiciels libres présentent d’autres avantages pour les PME en plus de leur moindre coût.

  • La gestion des licences est plus simple et on dépend moins du fournisseur avec qui on doit renouveler la licence.
  • Les risques de failles de sécurité sont moins importants car il y a moins de virus conçus pour attaquer ces systèmes.
  • On peut les modifier pour les adapter à nos besoins.
  • On peut compter sur une communauté de développeurs pour mettre à jour et supporter nos efforts.

Automatisation accessible
Ces avantages sont clairs pour le logiciel, mais qu’en est-il du matériel? Est-ce que des technologies tangibles deviennent moins chères au fil du temps?

On a l’impression que les robots ne sont que pour les grandes entreprises avec des volumes de production importants. C’est de moins en moins vrai. L’image ci-dessous, tirée du rapport World Robotics 2006, présente le coût des robots industriels en fonction des années qui passent.

Robot price going down

Comme on le voit, si on considère l’amélioration des performances des robots, leur prix en 2005 est d’environ 30% du prix de 1990. Tranquillement, les robots deviennent à portée de la main des PME. Une des raisons de l’amélioration des performances des robots est la force de calcul toujours moins chère et la maturité des technologies. De plus, selon cet article de CNN sur lequel je suis tombé via Artificial Intelligence and Robotics, certains revendeurs font maintenant le commerce de robots usagers diminuant encore le prix.

Un projet open source que je trouve particulièrement intéressant est celui des fabbers, ces machines à prototypage rapide qu’on peut se construire par nous-mêmes pour ensuite “imprimer” des pièces en 3D. Une fois cette machine construite à partir des instructions disponibles en ligne, il est possible de créer des pièces en 3D pour tester des concepts mécaniques. On a une machine commerciale au laboratoire qui fait la même chose et qui a permis de valider le concept de plusieurs robots très rapidement. Si on ne veut pas prendre le temps de fabriquer notre fabber, on peut aussi commander des pièces à l’unité sur quickparts à partir des modèles 3D que vous transmettez en ligne.

Pour que la robotique devienne encore plus accessible, les composantes (capteurs, actionneurs, etc.) devront passer par une certaine standardisation. En ce moment, il y aussi plusieurs organisations qui travaillent pour imposer un système d’exploitation à ces machines. Certains sont libres, d’autres pas. Puisque la robotique sort de laboratoires universitaires fervents de l’approche open source, je pense que ce type de système d’exploitation prendra éventuellement une place importante. On peut déjà programmer un robot en utilisant plusieurs blocs distribués librement. Au fond, les robots sont des plate-formes informatiques pour lesquels des logiciels peuvent être créés afin d’effectuer une tâche particulière. La différence, c’est qu’ils peuvent agir mécaniquement sur leur environnement.

C’est bien que les robots eux-mêmes deviennent moins cher. Il restera ensuite à faciliter leur acceptation en simplifiant leur interaction avec les humains, entre autre pour leur programmation. C’est précisément un des buts de l’importante initiative européenne SME robots qui regroupe plusieurs universités et fabricants de robots. Pour la robotique en PME, le meilleur reste clairement à venir, mais il ne devrait pas tarder.

5 avantages d’être pauvre

Mercredi 19 septembre 2007

mains robotiques MARS et Intel
[Deux mains robotiques conçues pour prendre des objets de formes diverses. Celle de gauche (SARAH) a son intelligence dans la mécanique, celle de droite (Intel) utilise des capteurs de proximité]

Être vraiment pauvre, ça n’a rien de bon. C’est pour ça qu’il faut supporter des organisations comme Ingénieurs sans Frontières qui aident des gens à améliorer eux-mêmes leur sort. Dans cet article, par pauvre, j’entends avoir un petit budget pour réaliser ce qu’on a à faire. Ça peut être développer un produit ou une technologie en laboratoire.

Je parle de ça parce que cette semaine, je suis tombé une fois de plus sur une technologie très coûteuse qui ne semble pas présenter des avantages à la mesure de sa complexité. Je parle de la main robotique développée par Intel qui est capable de sentir la proximité d’un objet. Les capteurs utilisent un champ magnétique qui se modifie à l’approche d’un objet conducteur comme du métal ou un matériau contenant de l’eau. Les capteurs sont donc limités à certains matériaux. De plus, il y a beaucoup de calculs derrières pour analyser la forme de l’objet et adapter la prise en conséquence. Pourquoi à la place ne pas utiliser une main construites de telle façon que sa mécanique s’adapte automatiquement à la forme de l’objet, d’autant plus que cette technologie existe depuis plus de 10 ans? C’est un peu la réaction de Lionel Birglen, ancien collègue et spécialiste des mains robotiques aujourd’hui professeur à la Polytechnique de Montréal, lorsque je lui ai envoyé le lien à propos de la main Intel. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres en robotique. On a souvent tendance à négliger les aspects mécaniques en se disant que les capteurs et le contrôle régleront tout.

Quand c’est simple, c’est tellement beau. C’est justement la première de mes cinq raisons pourquoi il peut être avantageux d’avoir un petit budget pour développer de la technologie:

  1. Parce que ça vous pousse à vous creuser la tête
    C’est l’avantage principal que je vois aux petits budgets. Avec de l’argent, on opte presque automatiquement vers la solution facile: construire sur les dernières technologies coûteuses et complexes, mais supposément supérieures. Qui dit complexité dit habituellement boîte noire et manque de fiabilité. D’avoir un budget restreint, ça nous pousse d’abord à mieux comprendre le problème pour trouver dans quel sens l’aborder. On essaie de trouver l’astuce pour arriver à une solution élégante avec les moyens qu’on a. C’est fou parfois ce qu’un idée peut valoir.
  2. Parce que vous n’avez rien (ou presque) à perdre et tout à gagner
    Même si vous avez un budget astronomique, il vient de quelque part. Et personne n’aime perdre des grosses sommes d’argent. Ainsi, si vous avez accès à un gros budget, vous avez les attentes qui viennent avec. Une grosse enveloppe qui produit un résultat moyen est très décevant. Un petit budget qui donne quelque chose de bien est une agréable surprise. Et tel que mentionné précédemment, il vaut mieux dépasser les attentes que de faire des promesses qu’on ne peut remplir.
  3. Parce que vous êtes en mode furtif
    Les grandes organisations, entreprises ou universités, sont sous les projecteurs. Ça donne plus de visibilité à leurs réalisations mais aussi à leurs projets qu’ils aimeraient garder secrets. Si vous avez un petit budget, vous êtes probablement en mode garage à travailler tranquillement sur vos trucs sans vous faire espionner.
  4. Parce que ça teste les équipes
    “Devant l’adversité, les coudes se soudent,” rapait un idole de jeunesse. Un petit financement amènera inévitablement son lot de tuiles sur la têtes et de défis techniques frustrants. Si votre petite équipe réussit à passer au travers, elle n’en ressortira que plus forte. Sinon, ça vous aura permis de vous connaître plus sérieusement.
  5. Parce que ça vous oblige à garder les pieds sur terre
    Combien de startups ont amassé des millions en financement parce qu’ils ont de bonnes idées, même s’ils n’ont aucun modèle d’affaire clair? À l’inverse, une entreprise qui doit se débrouiller pour survivre devra trouver une façon de monnayer son expertise. Elle devra s’ajuster en cours de route pour être viable fondamentalement.

À mon avis, ce n’est donc pas surprenant si plusieurs succès de développement technologique sont le fruit de petites équipes dévouées soumises à ces contraintes. Dans ce cas comme dans d’autres, Small is Beautiful.

Nouveau jalon pour Vaperma

Mardi 11 septembre 2007

Suivant mon article sur les startups de Québec et la suggestion de CFD, je vais annoncer sur ce blogue les nouvelles des startups et compagnies technologiques de la région de Québec qui me viennent aux oreilles.

logo vaperma

Voici donc une nouvelle à propos de Vaperma, compagnie démarrée en 2003 et qui a pignon sur rue à St-Romuald. Ils produisent des filtres capables de séparer des gaz. On annonçait dans ce communiqué du parc technologique de Québec que la membrane polymérique Siftek avait passé un test en industrie à une usine de Ethanol Greenfield, le plus important producteur d’éthanol au Canada. La membrane unique de Vaperma permet de séparer l’eau de l’alcool, permettant de produire de l’éthanol plus pur. La crise de l’énergie et la ruée actuelle vers les bio-carburants qui en découle est bien réelle, tellement que le prix du maïs atteint cet été des sommets inégalés. Cette démonstration technologique arrive donc à un moment idéal pour Vaperma.

8 startups technologiques de Québec à surveiller

Dimanche 2 septembre 2007

Basse-ville de Québec
[photo: Ben Vaillancourt sur Flickr]

Non je ne montre pas une photo du Château Frontenac pour symboliser la ville de Québec. Il s’agit plutôt d’une photo du renouveau qui a lieu en basse-ville, où plusieurs entreprises se sont installées. Ce n’est qu’un exemple que Québec se dynamise et ça se sent. D’ailleurs, la revue Canadian Business la classait bonne première l’année dernière dans son évaluation des meilleures villes pour faire des affaires au pays.

Est-ce que ce climat permet à des nouvelles entreprises technologiques prometteuses de voir le jour? Heri, de MontrealTechWatch, m’a posé la question il y a un moment. Je n’ai pas fait d’étude exhaustive de la question. J’ai quand même décidé de vous présenter aujourd’hui huit entreprises de la ville de Québec à différents stades de démarrage que je juge personnellement intéressantes. Je vous indique qui est derrière, ce qu’ils font et pourquoi je trouve ça intéressant.

  1. Swammer
    Qui? - Swammer est une collaboration entre Filteris (Jérôme Coutard, PhD diplômé de la faculté des lettres de l’Univertsité Laval) et Compurangers (Stéphane Muller and Andreas Möllmann).
    Quoi? - Beaucoup de choses qui se disent sur un sujet finissent sur le web. En l’utilisant comme une base de donnée, ils mesurent la perception publique d’un produit, d’une entreprise, d’un concept ou d’un individu. Pour ce faire, leur analyse du contenu est à la fois quantitative (́échantillonnage, découpage, codage, comptage…) et qualitative (catégorisations, contextualisation, analyses symbolique et structurale, grilles interprétatives…).
    Pourquoi? - D’abord parce que les médias en ligne gagnent du terrain. Ensuite, parce qu’ils ont déjà montré la validité de leur approche. Puisqu’ils utilisent des informations en “temps réel”, ils sont plus rapides que les sondages.
  2. TLCL Recherche optique
    Qui: Le professeur de physique à l’Université Laval Tigran Galstian et son équipe. Aucune site Internet n’est en ligne pour le moment, l’entreprise est en mode furtif.
    Quoi: Développement et commercialisation des lentilles contrôlées électriquement pour la mise au point automatique dans les caméras de téléphones cellulaires.
    Pourquoi: Imaginez une caméra de téléphone cellulaire avec un zoom optique. Ce marché est gigantesque. De plus, leurs lentilles sont simples et peu coûteuses à fabriquer. L’invention est brevetée dans plusieurs pays stratégiques et l’entreprise est financée considérablement, principalement par des investisseurs de la Silicon Valley.
  3. Poly9
    Qui? - Greg Sadetsky et Denis Laprise.
    Quoi? - Mashups de cartes sur Internet. Ils ont développé Free Earth, un substitut léger et rapide à Google Earth à l’intérieur d’un fureteur.
    Pourquoi? - D’abord pour les fondateurs, qui savent ce qu’ils font et qui en sont passionnés. Ensuite pour les applications possibles grâce à FreeEarth. Finalement, parce qu’ils éliminent deux irritants du très populaire Google Earth: la nécessité d’installer une application et la quantité importante de données à télécharger (quelques centaines de kB pour FreeEarth contre plusieurs MB pour Google Earth).
  4. iMinR
    Qui? - Stéphane Guérin
    Quoi? - Outil de web analytique.
    Pourquoi? - Parce que Steph Guérin est une des premières personnes à Québec à avoir fait de l’argent sur Internet en vendant des sites qu’il avait conçu. Il est un programmeur fort compétent (selon ce que son ancien patron nous dit) derrière Nuouz et Tout le monde en blogue. En résumé, il connaît bien le web. Il se mesure à Google Analytics et désire donc en offrir plus que le géant… qui est gratuit. Entre autre, iMinR est adapté pour les sites en AJAX et est compatible avec la sécurité SSL.
  5. Puzzr
    Qui? - Carl Guillemette et Jason Simard, deux motivés que j’ai rencontrés au dernier YULBIZ-Québec.
    Quoi? - Site web permettant d’explorer les nouvelles sur Internet de façon intuitive. La meilleure façon de comprendre est de l’essayer.
    Pourquoi? - Au lieu d’être abonné à 15 flux RSS pour suivre l’actualité sur un sujet donné, leur site permet de fouiller les nouvelles par thème et de les creuser à l’aide de mots-clé. Si en plus on pouvait générer un flux RSS à partir des thèmes qui nous intéressent, leur service serait drôlement pratique. J’en serais un utilisateur certain, entre autre pour suivre les nouvelles sur la robotique dans les médias.
  6. MonAvis.ca
    Qui? - Philip Boumansour et Vincent Gibara.
    Quoi? - Clone québécois du site américain Yelp, où la communauté échange sur les commerces locaux.
    Pourquoi? - Parce que c’est un site communautaire qui peut clairement avoir un modèle d’affaires étant donné qu’il gravite autour de commerces. La plate-forme permettra de présenter de la publicité ultra pertinentes.
  7. Polyrix
    Qui? - Philippe Lambert, Jean-Daniel Deschênes, Nicolas Martel-Brisson et Christian Dompierre, quatre gradués du Laboratoire de vision et de systèmes numériques de l’Université Laval.
    Quoi? - Pour le moment, compagnie de service oeuvrant dans l’acquisition et la visualisation tridimensionnelle. En parallèle, ils travaillent actuellement à la réalisation d’un outil de traitement d’images qui sera disponible en ligne.
    Pourquoi? - Encore une fois, pour les fondateurs. Je les côtoie depuis quelques années et ils font du travail de grande qualité. Il ne s’agira qu’ils mettent le doigt sur la bonne façon de tirer profit de leur expertise.
  8. Waka.ca
    OK, je ne suis pas crédible, mais il faut que je me plogue!
    Qui? - Entreprise fondée par mon cousin et programmeur d’expérience Jean-Sébastien Bouchard et moi-même.
    Quoi? - Site Internet qui fait l’agrégation de la majorité des sites de vente d’immobilier au Canada.
    Pourquoi? - Parce que l’immobilier c’est gros. Parce que le système SIA, qui rassemblait les maisons à vendre de tous les agents au pays est en train de craquer de partout. L’interface est vétuste et les grandes bannières s’en séparent les unes après les autres, travaillant sur leur propre site et tirant la couverte de leur côté. Waka.ca vise d’abord à rassembler le contenu à un seul endroit, en incluant même la vente de particulier à particulier. Avec toutes les données colligées, on pourra aussi donner de l’information bonifiée sur la valeur des maisons.

Lesquelles parmi ces entreprises présentant un potentiel intéressant réussiront à tirer leur épingle du jeu? Seul l’avenir nous le dira.

Concevoir votre produit pour qu’on en parle

Mardi 28 août 2007

anatomy of buzz cover image
[image sur la couverture de "The Anatomy of Buzz"]

Cet article est le troisième et dernier article inspiré de ma lecture de “The Anatomy of Buzz”, un livre qui explique le fonctionnement du bouche-à-oreille (les deux autres sont celui sur les blogueurs corbeaux et celui sur les noeuds principaux dans les réseaux sociaux).

La première condition pour faire parler de votre produit, c’est qu’il soit exceptionnel. Qu’est-ce qui fait donc qu’un produit est assez spécial pour qu’il soit digne que des gens en parlent entre eux? Ici, on peut prendre produit dans un sens assez large. Ce peut être un objet ou un service certes, mais par expérience on peut aussi appliquer ça à des articles de blog ou des publications scientifiques. Dans le livre, l’auteur présente six caractéristiques d’un produit qui favorisent le bouche-à-oreille.

  1. Provoquer une émotion
    À la question “qu’est-ce que t’as fait aujourd’hui?”, on répond toujours en premier ce qui nous a fait vivre quelque chose un tant soit peu spécial. Pas étonnant que tant de commerces mettent l’emphase sur l’expérience que vivent leurs clients. L’auteur donne l’exemple du Projet Blair et d’autres films d’horreur qui provoquent la peur, et dont on adore parler. Naturellement, ce n’est pas tout le monde qui a la chance que ce soit positif de faire peur à ses clients. D’autres produits sont plus sexys que d’autres. On n’a pas tous des BMW décapotables à vendre. Peut importe ce qu’on a à offrir, une bonne façon de créer de l’émotion est d’arborer une attitude humble tout en présentant un produit superbe. D’aller au delà des attentes est une bonne façon de satisfaire les gens.
  2. S’annoncer lui-même
    Si votre produit se distingue à l’oeil par rapport au reste, vous êtes déjà bien partis. Si en plus il se déplace, s’envoie ou se transmet pour toucher différents réseaux, alors c’est encore mieux. Pour reprendre un exemple de voiture, une New Beatle présentait à sa sortie cet aspect de se distinguer au travers de la foule. Vous vous souvenez des babioles qui devenaient populaires à l’école primaire? À chaque fois qu’il en avait une qui sortait, tout le monde demandait d’où elle venait et c’était parti. Un autre exemple est ce que j’ai devant moi au moment d’écrire ce texte, un iMac. Cette compagnie a toujours joué la carte du design distinctif pour que ses produits s’annoncent par eux-mêmes. Je me rappelle aussi les premières fois que j’ai vu un snowboard sur des pistes de skis…
  3. Laisser des traces
    L’exemple classique est Hotmail à ses débuts. Chaque courriel envoyé avait comme pied de page un petite phrase faisant la promotion du service. Plus récemment, BlackBerry utilise la même technique en ajoutant un “Envoyé avec un BlackBerry” à la fin de tous les messages. De façon similaire, les logos de Kodak derrière les photos de notre enfance sont toujours visibles à chaque fois qu’on retourne les voir.
  4. Devenir plus utile avec plus d’utilisateurs
    Disons que cet aspect est drôlement mis à profit dans toute la vague de réseaux sociaux actuelle. À quoi ça me sert d’être sur Facebook si aucun de mes amis ne s’y trouve? À rien, alors je les invite. Au Moyen-Âge, on a vécu la même chose avec les machines de fax. Plus mes partenaires d’affaires avaient de fax, plus mon fax avait de la valeur.
  5. Être compatible
    Cet aspect est clair pour tout ce qui touche à l’informatique. L’incompatibilité est réellement un buzz-block. Ça rend l’adoption d’un produit très difficile, voire impossible. Comment voulez-vous qu’on en parle si on n’est même pas capable de l’essayer?
  6. Simplifier la vie à quelqu’un
    Encore une fois, le but est de rendre l’acceptation plus facile afin de pouvoir toucher plus de monde. Autrefois, prendre une photo était compliqué. Lorsque Kodak sont arrivés avec une caméra où on n’avait qu’à appuyer sur un bouton, ça a été un succès éclatant. Les gens adorent la simplicité et ce qui leur fait sauver du temps. En plus, ça rend leur tâche d’en parler à leurs amis beaucoup plus facile: “Tu appuies sur le bouton, et le robot-aspirateur se met à nettoyer la pièce!”

Voyez-vous comment ces exemples peuvent s’appliquer à ce que vous faites? Sachez cependant que, d’après l’auteur, d’avoir un produit exceptionnel n’est pas tout. Il faut mettre de l’énergie pour accélérer la contagion naturelle. Pour reprendre son expression, “il faut qu’il y ait quelqu’un qui soit complètement obsédé par l’idée de passer le mot”. Je dois avouer là-dessus qu’il m’a confronté. Avant cette lecture, j’étais plutôt d’avis qu’un excellent produit finissait par se promouvoir par lui-même. Mes expériences récentes autant pour waka.ca que pour mes projets de démarrer une entreprise de robotique m’ont confirmé qu’il a raison. Il faut faire beaucoup d’effort pour générer le bouche-à-oreille autour de ce qu’on fait. À moins bien sûr que vous soyez une célébrité controversée qui fait les beaux jours des paparazzis!

À qui doit-on parler pour promouvoir notre produit?

Dimanche 19 août 2007

Il y a un petit moment, j’écrivais sur les réseaux décentralisés comme l’Internet et les réseaux sociaux. J’y expliquais comment certains noeuds particulièrement bien connectés (”network hub” en anglais, disons “noeuds principaux” en français) ont une importance capitale dans ces structures pour la diffusion rapide de l’information. Pour promouvoir un produit ou un service à l’intérieur d’une communauté, une bonne stratégie consiste donc à parler avec ces noeuds principaux pour que le message se propage naturellement par la suite, de bouche à oreille. Mais qui sont-ils ces fameux noeuds? Comment peut-on les reconnaître? “The Anatomy of Buzz”, un livre qui m’avait aussi inspiré mon histoire de corbeaux, répond à cette question. Voici donc, selon l’auteur, à quoi on peut reconnaître un noeud principal dans un réseau social.

  1. Ils adoptent tôt
    En général, les noeuds principaux adopteront des produits avant la masse. Ils sont moins frileux à l’innovation, osent essayer de nouveaux trucs.
  2. Ils sont connectés
    Par définition, ils entretiennent beaucoup de liens. De plus, ils feront souvent le pont entre différentes sous-communautés et sources d’information à l’intérieur du réseau. Ils sont connectés à plusieurs autre noeuds principaux, ils participent à des foires commerciales, des conférences spécialisées, etc.
  3. Ils voyagent
    Plusieurs études dans différents domaines (e.g. pharmaceutique, agriculture) ont montré que des professionnels qui voyagent adoptent plus rapidement des nouveautés. Ceci a peut-être une relation avec le fait que les liens faibles et lointains des noeuds principaux sont important pour les connecter à des communautés qui ont d’autres sources d’information, une autre vision de leur domaine.
  4. Ils sont boulimiques d’information
    Parce que les noeuds principaux sont des experts à plus ou moins grande échelle, ils veulent toujours être informés. Ils sont curieux de nature et consomment donc beaucoup d’information, que ce soit en ligne ou dans les médias traditionnels. Ils aiment donc en général des faits pur et dur.
  5. Ils s’expriment
    Non seulement ces noeuds ont plusieurs liens variés, mais ils s’en servent pour passer des message via différent médiums de communication.

Est-ce que cette description vous fait penser à des individus dans le réseau qui vous intéresse? Une fois que vous les avez identifiés, il reste maintenant à trouver la bonne façon d’établir la relation: communiqué, essai de produits, simple email, etc. Mais ne faites pas la gaffe de les approcher avec vos chaudières dans les pieds. S’ils sentent que vous ne vous intéressez à eux que pour vous en servir comme moyen de communication, ça risque de ne pas fonctionner, voire d’avoir l’effet inverse (Voir à cet effet quelques conseils pour approcher les blogueurs).

Faire sortir les robots du laboratoire

Lundi 13 août 2007

root looking for an exit
[photo robot: Mathieu Goulet]

Il semble parfois exister un fossé entre le monde de la recherche universitaire et celui des affaires. Les priorités et les motivations de chacun sont différentes. Alors qu’en général le chercheur désire pousser ses travaux pour avancer un champ de connaissance, l’entrepreneur veut développer une entreprise rentable. Cependant, dans les deux cas, on doit user d’imagination pour résoudre des problèmes. Certes, la nature des problèmes diffère. Dans un contexte où l’innovation devient vitale à une entreprise et où le financement de la recherche n’est jamais certain, je pense que les deux mondes ont certainement avantages à se parler. Comment transférer les innovations de la recherche universitaire en entreprise?

Ça fait un moment qu’on se pose cette question. Dans notre cas, elle s’énonce plus précisément “Comment faire sortir les robots du Laboratoire de robotique de l’Université Laval?” Il y a tellement de travaux intéressants qui s’y font, il y a assurément un potentiel commercial qui dort là-dessous. Mais quelle application choisir? Comment la faire passer du mode prototype au mode produit ou service? À mon avis, le transfert de savoir ou de technologie peut être favorisé de différentes façons:

  1. Se parler
    Si simple à dire, si peu appliqué. Il faut que les entrepreneurs et les chercheurs se parlent pour éventuellement espérer travailler ensemble. À la base, il faut comprendre les préoccupations de l’autre avant de pouvoir collaborer. Le chercheur intéressé se rendra compte qu’il doit produire des robots sécuritaires, fiables, à un prix intéressant pour les bénéfices qu’ils apportent. Tel que mentionné en introduction, le problème est justement que la notion de bénéfice diffère dans les deux mondes. L’entrepreneur doit définir ses problèmes clairement et expliquer le contexte au chercheur pour voir s’il y a un arrimage possible.
  2. Se rencontrer
    Bien beau tout ça, mais avant de se parler, il faut déjà se rencontrer! Chacun évolue dans des communautés différentes. Je vois bien peu d’entrepreneurs dans des conférences scientifiques, et bien peu de scientifiques dans des réunions d’affaires. Chacun a son réseau professionnel, ses magazines spécialisés, etc. Pour cette raison, des entrepreneurs et des chercheurs de la même région qui s’intéressent au même domaine peuvent travailler en parallèle sans jamais se rencontrer. Si la volonté de travailler avec l’autre est là, il faut favoriser les rencontres. Si vous êtes un entrepreneur, savez-vous s’il y a des chercheurs dans votre communauté qui travaillent dans des domaines qui vous intéressent? Lisez-vous les nouvelles de l’université locale sur leur site Internet ou ailleurs? Avez-vous déjà participé à des journées porte-ouvertes dans les facultés qui vous touchent? L’équivalent s’applique aux chercheurs qui sont intéressés à travailler avec le privé. La plupart des gens ne tomberont pas sur votre labo par hasard. Renseignez-vous sur les entreprises de votre région en haute technologie, visitez des foires commerciales…
  3. Profiter des programmes en place
    Les gouvernements sont conscients que le maillage universitaire-enterprise peut donner des résultats intéressants. Pour cette raison, ils ont créé plusieurs programmes avantageux et souvent méconnus pour inciter les entreprises et les chercheurs à collaborer. Ces programmes permettent de faire sous-traiter certains aspects de R&D à des chercheurs universitaires à des conditions avantageuses. Contactez les responsables du transfert technologique dans les universités ou des conseillers privés spécialisés sur la question.
  4. Transférer le savoir par les gens
    Sans nécessairement faire affaire avec des laboratoires universitaires, vous pouvez avoir accès à leur expertise en engageant des diplômés ayant complété des études graduées. Ceux-ci ont un connaissance pointue et à jour sur un domaine particulier. De plus, ils maitriseront en général des outils puissants qui ne sont pas nécessairement répandus en entreprise. Ce n’est pas pour rien que les compagnies de logiciel vendent des versions étudiantes à des prix ridicules comparativement aux prix pour les entreprises.
  5. Spinoffs
    Les étudiants et chercheurs peuvent être intéressés de démarrer une entreprise avec une technologie ou un savoir-faire issu de leur laboratoire universitaire. Alors que l’entrepreneur cherche des solutions à ses problèmes, les universitaires en démarrage cherchent des problèmes à leurs solutions. Pour être dans ce processus depuis plus d’un an avec un autre gradué du labo, faire la jonction dans cette direction n’est pas nécessairement évident. Il est difficile, avec notre bagage scientifique dans un contexte de laboratoire, de trouver des applications à nos technologies qui présentent un bénéfice réel dans un contexte d’affaire. On peut brainstormer tant qu’on veut, il faut à un certain moment confronter nos idées avec des gens d’affaires. Il faut alors trouver des gens intéressés, qui prennent le temps d’essayer de comprendre ce qu’on peut leur apporter. Ce qui est bien, c’est que ce processus est un filtre naturel: c’est justement avec ces gens d’affaires ouverts d’esprit et innovateurs que les chercheurs auront du plaisir à travailler. Vient ensuite la réalité du financement des nouvelles entreprises technologiques, mais ça, c’est un sujet en soi!

Un exemple intéressant
Dans toute cette histoire, on pourrait se dire que les universités et les gouvernements devraient en faire plus pour favoriser les rapprochements. Cependant, certains domaines n’ont pas attendu personne et se sont organisés par eux-mêmes pour que les connexions se fassent. Je pense entre autre à l’aérospatiale au Québec qui s’est créé une structure très légère et drôlement efficace, le CRIAQ. Ce consortium a comme but de favoriser la collaboration entre les universités, les centres de recherche gouvernementaux et les entreprises. Les chercheurs des universités membres du CRIAQ appliquent pour réaliser des recherches soumises par les entreprises. En jouant ainsi les entremetteurs, ils favorisent les points 1 à 3 de la liste précédente. Ils organisent aussi le Forum des étudiants en aérospatiale pour que les étudiants parlent aux entreprises. De la même manière, le fait que des étudiants gradués travaillent sur des projets en collaboration avec des entreprises comble le point 4. Il n’y a que le point 5 que cette organisation ne touche pas directement. L’aérospatiale, ça demande tellement de moyens que je peux comprendre que ce ne soit pas dans leur mission.

[Article inspiré par l'écoute de l'entrevue de Martin Haegele à Talking Robots]

Trois organisations du Vermont inspirantes

Mercredi 1 août 2007

J’arrive de quelques jours au Vermont. Je n’allais pas là pour visiter des entreprises, mais je n’ai pu que porter attention et m’inspirer de trois organisations de cette région qui réussissent bien.

1 - Kingdom Trails

kingdom trails web

Ces sentiers de vélo de montagne étaient le but premier de notre visite d’une région du Vermont où nous ne serions sinon jamais allés. C’est un bel exemple de revitalisation économique d’un milieu rural grâce au tourisme de plein-air. Étonnamment, ce succès est l’oeuvre de bénévoles qui travaillent à aménager et maintenir les sentiers sur des terrains pour la grande majorité privés. À faible coût, et avec le soutien de la population locale, ils ont réussi à attirer des milliers de visiteurs dans le petit village de East Burke, permettant à de nombreuses entreprises de prospérer.

2 - Ben & Jerry’s

ben and jerry's flavor

Ben et Jerry ont commencé à faire de la crème glacée dans leur patelin du Vermont parce qu’aucun université ne voulait les accepter et qu’une machine à crème glacée usagée était moins chère qu’une machine à bagel. Toujours soucieux de redonner à la communauté et de faire de la crème glacée succulente, les deux ex-hippies ont eux un succès instantané. La mission de leur entreprise comporte trois volets: produit, économique et social. Ils ont toujours tenté de faire à la fois le meilleur produit possible, développer une compagnie rentable, tout en améliorant la qualité de vie des gens. Concernant ce dernier point, ils sont soucieux de l’environnement, maintiennent la tradition du “Free Cone Day” et permettent à des organismes sans but lucratif de gérer des succursales afin de financer leurs activités. Aujourd’hui possédée par Unilever, Ben & Jerry’s est un succès mondial.

3 - Burton Snowboards

Burton HQ

Cette compagnie et son fondateur ont ni plus ni moins inventé puis défini un nouveau sport d’hiver. Inspiré du surf, il a fallu plusieurs itérations pour arriver aux modèles d’aujourd’hui et au performances qu’elles permettent. Il fallait que Jack Burton ait un sacré front de boeuf pour démarrer une entreprise au Vermont, à construire des équipements que personne ne connaissait. J’imagine le regard sceptique que devaient lui jeter les gens le regardant descendre les pentes tant bien que mal avec ses planches artisanales bien loin de celles que l’on connaît aujourd’hui. Cette persévérance et cette passion l’auront finalement bien servi. Non seulement sa compagnie est un succès commercial retentissant, mais il a fait du snow 113 jours l’année dernière.