Archive pour la catégorie 'Environnement'

Ecologez 2008

Tuesday 26 February 2008

Ecologez

Je parlais l’an dernier du concours Écologez, une initiative de l’ÉTS et d’Équiterre à l’intention des étudiants universitaires québecois intéressés par le bâtiment durable. Cet événement vise à leur offrir une expérience concrète de conception intégrée, où tous les intervenants travaillent de concert dès le début du projet.

L’édition 2008 se tiend toujours à l’ÉTS, cette fois les 8-9 mars. Le projet soumis demeure confidentiel mais je peux vous assurer que les yeux des étudiants deviendront ronds lorsqu’ils apprendrons de quoi il s’agit. D’ailleurs, il reste encore des places pour les étudiants que ça intéresse.

Cette année, le publique est invité a venir voir les présentations des participants, dimanche le 9 à partir de 15h, au 1100 rue Notre-Dame Ouest à Montréal. Pour ceux qui ne pourront y être, vous pourrez voir des reportages tournés durant la fin de semaine sur DuProprio.TV. C’est que DuProprio.com s’implique cette année au côté des autres commanditaires, entre autre en fournissant la conception du site web de l’événement.

Voir le communiqué de l’ÉTS.

Joignez le groupe Facebook.

Sauver la planète avec des poussières de fer

Tuesday 29 May 2007

plancton
(image: Planktos)

On dit que les forêts sont le poumon de la planète. Mais on appelle aussi notre planète la planète bleue, pas la verte. Plus des deux tiers de sa surface est recouverte d’eau. Se pourrait-il alors qu’une piste intéressante pour combattre les changements climatiques soit d’utiliser les ressources des océans?

Je ne parle pas d’enfouir le CO2 au fond des océans. Comme on peut le lire dans ce texte de vulgarisation, la méthode présente de nombreux effets secondaires négatifs. Je parle plutôt du concept mis de l’avant par l’entreprise Planktos.

Celle-ci propose de fertiliser l’océan avec des ions de fer pour favoriser la croissance du plancton (photo). Celui-ci absorbe du CO2 pour se développer. Une partie de ce plancton se retrouvera à la base de l’alimentation de plus grosses vies marines et demeurera dans le cycle du carbone. Une autre partie coulera pour éventuellement mourir et se retrouver à des centaines de mètres sous l’océan. Ce plancton apportera avec lui une quantité de CO2 qui peut prendre des centaines d’années, voire des milliers, pour retourner un jour dans l’atmosphère. Leur concept est illustré ici.

Le modèle d’affaire
Leur modèle d’affaire est basé sur les fameuses bourses du carbone. Les entreprises qui dépassent leurs quotas d’émissions pourront acheter des crédits à Planktos, qui élimine du CO2 de l’atmosphère. Le défi réside dans la mesure de l’efficacité de la méthode. Comment déterminer quelle quantité de CO2 se rend à quelle profondeur? C’est que, selon cet article, la fraction du plancton qui coule dépend grandement de la région où il se trouve, allant de 20% autour d’Hawaï, à environ 50% dans le nord-ouest du Pacifique. Pour mesurer l’efficacité de ses méthodes, Planktos propose d’utiliser une pléiade de méthodes de mesures comme des satellites, des sondes sur des ballons et d’autres sous-marines.

Et en prime…
Non seulement cette approche peut potentiellement séquestrer du CO2, elle contribuerait aussi à refaire les stocks de planctons mondiaux, qui sont en baisse. Puisqu’ils se trouvent à la base de presque toute la vie marine, la baisse du niveau de plancton a un impact sur les écosystèmes marins. Une des raisons de cette diminution est le manque de nutriments, comme le fer, qui proviennent habituellement par voie des airs.

Comme n’importe quoi, cette méthode pourrait avoir des effets négatifs si elle est poussée trop loin: baisse de l’oxygène, augmentation de la production de nitrogène, production d’acide carbonique. Selon l’article du magazine Business 2.0 dans lequel j’ai pris cette histoire, Planktos désire ramener les niveaux de plancton à ceux de 1980, puis arrêter. Je me demande drôlement comment une industrie de ce type pourra être règlementée…

Les inégalités économiques nuisent aux animaux

Monday 21 May 2007

pile crânes de bison
(pile de crânes de bisons, années 1870)

Selon la rubrique de wikipedia sur les animaux en voie de disparition, 40% de tous les organismes vivants répertoriés en 2006 ferait partie de cette catégorie. Ce triste état de fait a plusieurs causes: chasse (voir la photo!), destruction d’habitats, changements climatiques… Plusieurs chercheurs étudient cette question, dont Andrew Gonzalez et son groupe de collaborateurs de l’Université McGill. Ils publiaient la semaine dernière un article intitulé “Economic Inequality Predicts Biodiversity Loss” dans le journal collaboratif PLoS ONE.

Leur recherche indique que plus les inégalités économiques sont importantes sur un territoire, plus la biodiversité risque de diminuer. Ils ont comparé 45 états américains et 45 pays en regard de ces critères pour en arriver à cette conclusion. Leur modèle prédit que l’augmentation des inégalités en Grande-Bretagne ces années-ci provoquera la perte de plusieurs espèces dans les années à venir. Leur modèle indique aussi que si les États-Unis réduisaient leurs inégalités au niveau de la Suède, ceci réduirait de 44% le nombre de plantes et de vertébrés en voie de disparition dans ce pays.

Pourquoi est-ce ainsi? Les chercheurs pensent que “si on peut apprendre à partager les ressources économiques entre les membres de notre espèce, ça peut nous aider à partager les ressources biologiques avec les autres espèces.” Personnellement, j’imagine que l’éducation a un rôle à jouer dans cette histoire, encore une fois.

Source: McGill Reporter

Manger pour l’environnement ou pour sa santé?

Wednesday 16 May 2007

coeur terre

D’un côté, j’ai mon médecin qui me dit de manger diversifié: beaucoup de poisson, des petits fruits, boire du thé, utiliser l’huile d’olive à la place du beurre, etc. De l’autre, j’ai David Suzuki et les environnementalistes qui me disent de manger localement pour éviter de produire des GES. Le problème, c’est que les mûres, les feuilles de thé et le saumon, tout ça ne se récolte pas très bien à Québec, surtout l’hiver. C’était déjà compliqué d’avoir à choisir des aliments sains, il faut maintenant prendre en considération l’impact qu’ils ont sur la santé de la planète. Est-ce possible de concilier les deux?

Manger santé et local?
Je suis tombé sur cet article écrit par une nutritionniste qui traite du sujet. Elle réfère à ce rapport, plutôt indigeste lui-même, qui traite de la question pour le Québec. On y explique pourquoi manger local et on y suggère quelques alternatives aux aliments dont on aurait de la difficulté à se passer. Certaines suggestions font dans le grano hardcore, par exemple manger des pissenlits et remplacer le café par des infusions de glands broyés (!). D’autres sont plus réalistes, comme utiliser l’huile de canola au lieu de l’huile d’olive, remplacer le jus d’orange par le jus de pomme ou de canneberge, le sucre par le sirop, etc. Un tableau intéressant présente les fruits et légumes produits localement selon la période de l’année.

Manger du bio qui vient de loin ou du local avec pesticides?
L’alimentation a des impacts sur l’environnement, pas seulement par l’émission de GES. Les impacts peuvent être divers. Est-il préférable de manger local avec pesticides ou bio qui vient de loin? L’article “Au diable le bio… vive les pesticides!” de Daniel Chrétien dans l’Actualité du 1er juin vient nous éclairer à ce sujet.

On y apprend que faire venir 1 tonne de nourriture par bateau produit 9g de CO2/km, en train 20 g de CO2/km, en camion 114 g de CO2/km et en avion 1000 g de CO2/km. Le gros du problème réside donc dans le transport en camion, puisqu’à peu près tous les aliments passent par là. Les épiceries doivent faire leurs devoirs de logistique à ce propos. Il donne l’exemple du “brocoli cueilli au Saguenay, envoyé au centre de distribution à Montréal… pour retourner à l’épicerie du Saguenay.”

Évidemment, l’idéal serait de manger santé, bio et local. Et la plaisir de bien manger dans tout ça? Quand je suis à l’épicerie maintenant, j’ai l’impression d’être un algorithme qui fait de l’optimisation multi-critère! Mais je lâche prise assez vite en me rappelant la citation qui était accrochée au-dessus de la porte du bureau d’Einstein :

“Ce n’est pas tout ce qui compte qui peut être compté,
et ce n’est pas tout ce qui peut être compté qui compte.”

Le cout environnemental réel de ce qu’on achète

Sunday 29 April 2007

Ampoule électrique fluo

Le chargé de cours de l’ÉTS Philippe Terrier se spécialise en énergies renouvelables et développement durable. Dans une lettre publiée dans la Presse, il se questionne sur les incitations des gouvernements à nous convertir des lampes à incandescence (LI) aux ampoules fluorescentes compactes (LFC). Voici son questionnement:

Est-ce que de passer de la lampe à incandescence (LI) à la fluorescente compacte (LFC) constitue réellement un choix écologique? Y a-t-il des facteurs externes que l’on aurait omis de nous présenter? Comment pourrait-on prendre une décision «éclairée» dans ce dossier?

Il admet que les LFC ont une durée de vie plus longue et une consommation énergétique moindre que les LI. Cependant, il émet certaines réserves sur les LFC:

  • Selon lui, les LFC disponibles aux Canada sont fabriquées à l’étranger. Leur transport produit des GES alors qu’il existe des fabricants de LI au pays. De plus, les LFC sont fabriquées dans des pays où les normes environnementales sont moins strictes qu’ici.
  • Les emballages des deux types d’ampoules sont différents. Les LFC sont en plastique et les autres en carton. Le cout environnemental des emballages doit être considéré.
  • Les LFC contiennent du mercure et des composantes électroniques. On ne peut donc pas les jeter aux poubelles. On doit en disposer de façon sécuritaire, comme pour la peinture, les piles ou les produits chimiques (voir Energy star).

L’impact environnemental d’un objet ne se résume pas à sa consommation énergétique. Selon lui, “les coûts écologiques liés au transport, au procédé de fabrication ainsi qu’au conditionnement du produit doivent être évalués.” En conclusion, il se demande si la recommandation du fédéral (Hydro-Québec le fait aussi, souvenez-vous de leurs annonces des frères-plugs dans l’allée des ampoules…) d’utiliser les fluo-compactes tiennent compte de ces aspects. À se fier sur cette page de l’office de l’efficacité énergétique, on peut en douter.

Son questionnement est d’autant plus valide qu’au Québec, l’électricité utilisée est plutôt propre. Il serait donc peut-être mieux ici de consommer plus d’électricité avec une LI qui aurait eu moins d’impact sur l’environnement durant sa fabrication, son transport et sa mise au déchets? Par contre Hydro économiserait moins d’énergie qu’elle pourrait vendre aux États-Unis et en Ontario, évitant que ceux-ci utilisent de l’énergie provenant de sources moins propres… Ouain, pas évident d’y voir clair! Imaginez pour les objets plus complexes comme les voitures et les maisons!

L’indice “Live better” de Wal-Mart

Friday 20 April 2007

Certaines entreprises sont tellement globales qu’on utilise le prix de leur produit pour déterminer le coût de la vie dans différents pays. C’est le cas de l’indice Big Mac. D’autres compagnies ont tellement de données qu’elles ont une mesure précise de certaines tendances des habitants d’un pays. C’est le cas de Wal-Mart aux États-Unis où 90% des foyers y magasinent. Cette semaine, ils viennent de lancer l’indice “Live better”. Celui-ci mesure l’adoption de cinq produits verts de tous les jours:

  1. Les ampoules fluoro-compactes
  2. Le lait organique
  3. Les détergents concentrés à emballage réduit
  4. Les produits de papier à durée de vie allongée
  5. La nourriture pour bébé organique

Vous pouvez voir sur la carte du site (photo) quels états mènent le bal et pourquoi ces produits ont été choisis.

Les puristes vous diront que c’est pour faire plus d’argent que Wal-Mart prend cette initiative. Wal-Mart est une machine à faire de l’argent, pas de doute. Cependant, je pense que c’est pas mal mieux qu’un coup de pied sur les tibias. Je pense que c’est rêver en couleur que de penser que du jour au lendemain, M-Mme tout-le-monde qui a de la misère à arriver à la fin du mois va décider d’acheter vert même si ça coûte plus cher. Par contre, si Wal-Mart peut mettre de la pression sur ses fournisseurs pour qu’ils améliorent leurs méthodes, ça peut avoir une impact significatif rapidement.

De plus, ça risque de sensibiliser et d’informer une partie de la population qui n’est pas à l’avant-garde de la réalité environnementale. D’ailleurs, selon un sondage de Wal-Mart, ceci est un réel problème pour l’adoption de nouvelles habitudes: Alors que 40% des Américains se disent très préoccupés par l’environnement, seulement 18% se considèrent bien informés.

Bref, magasiner chez Wal-Mart n’est peut-être pas l’idéal. Mais au point où on en est, aussi bien qu’ils aillent dans cette direction que dans la direction inverse. Yvon Chouinard, l’exemple parfait de d’entrepreneur vert dont je parlais plus tôt cette semaine, est un conseiller de Wal-Mart dans leur transition du bon côté de la Force. Il affirme que “si Wal-Mart fait seulement un dixième de ce qu’ils annoncent qu’ils vont faire, ce sera incroyable”.

Greenpeace cote les partis

Thursday 15 March 2007

green_peace_canada

Poursuivons sur notre spécial élection parce que c’est important, même si parfois on en doute. Puisque je n’ai pas pu entendre les partis parler de leur plate-forme environnementales, j’ai été content d’apprendre que Greenpeace avait décortiqué cet aspect des programmes pour moi. Ils ont envoyés le 27 février une lettre et 17 questions aux 5 partis principaux. Ceux-ci avaient 10 jours pour y répondre. Tel que mentionné dans le débat des chefs puis habilement détourné par Mario, l’ADQ sont les seuls à ne pas avoir répondu à l’appel.

Le bulletin de note ainsi que les réponses sont maintenant disponibles en ligne. Sans surprise (l’inverse aurait été gênant), le Parti Vert a reçu la meilleure note. Voici le classement:

  1. Parti Vert - 94%
  2. Québec Solidaire - 90%
  3. Parti québécois - 47%
  4. Parti libéral - 32%

Qu’est-ce que proposent les verts pour obtenir ce score? Vous pouvez consulter l’analyse de Greenpeace.

Le PLQ et l’ADQ annulent un débat sur l’environnement

Tuesday 13 March 2007

Débat des chefs Québec 2007

Hier soir, je devais me rendre à un débat à l’Université Laval opposant des représentants des cinq partis principaux candidats à l’élection du 26 mars prochain. Le débat, s’intitulant “Quel développement durable pour le Québec? Ce que proposent les partis politiques”, devait être animé par Johanne Gélinas, la présidente de l’IHQEDS et ancienne commissaire à l’environnement. En fin de semaine, ma déception était grande lorsque j’ai appris par courriel que l’évènement était annulé à cause du désistement de deux des partis. Lesquels? L’organisatrice m’a confirmé que les deux déserteurs sont le PLQ et l’ADQ.

Pourquoi ont-ils annulé? Je n’ai pas réussi à avoir une réponse. Et bien tant pis pour eux, ça ne fait qu’en soulever d’autres. Serait-ce parce que ces deux partis n’ont pas intérêt à aborder le sujet, surtout en terrain bien informé comme une université? Est-ce que le libéral appréhendait des échanges trop intenses avec des étudiants à propos de la privatisation du mont Orford? Est-ce que l’adéquiste avait peur de se frotter à d’autres candidats maitrisant nettement mieux leur sujet?

Aux deux dernières questions, on peut supposer que oui. Je vous invite à écouter le reportage intitulé “Le débat sur l’environnement a attiré un assistance peu nombreuse” sur cette page de Radio-Canada. Il semblerait justement que le débat à tourné autour du controversé projet des loi des Libéraux.

Le candidat à Mario, quant à lui, n’a pas brillé. Le passage retenu dans le reportage prouve trois chose:

  1. Il répond très honnêtement aux questions;
  2. Il ne connait pas bien son dossier;
  3. S’il a été envoyé à ce débat, c’est qu’on considérait que c’était le meilleur pour défendre la position de l’ADQ dans ce domaine. Considérant qu’il fait piètre figure, ça confirme l’argument du PQ et du PLQ que l’équipe de l’ADQ manque de profondeur.

En effet, questionné sur la position du parti sur l’étiquetage obligatoire des OGM, il répond:

“Moi, personnellement je suis en faveur. Est-ce que Lui l’est? Est-ce que notre partie s’est engagé là-dessus? (Grimace de je l’sais pas) Je l’sais pas pantoutte.”

Les autres sujets habituels sur l’environnement ont semblerait-il permis un consensus parmi les partis: GES, transport en commun, énergies vertes… Croyez le ou non, les partis s’entendent sur un sujet! Mais au fond, comment être contre l’environnement? Ce serait comme dire qu’on hais les bébés chats. Personne peut haïr un bébé chat! Alors pourquoi ils n’en parlent pas plus de l’environnement, et de la science en général?

La question a été posée aux “Années lumière” dans un reportage intitulé “Une campagne pauvre en sciences“. Les personnes interrogées avancent quelques hypothèses:

  • La science est un sujet complexe, qui se prête mal aux déclarations choc.
  • Elle ne n’offre pas d’images spectaculaires pour mettre en scène les déclarations des chefs. C’est presque dommage qu’on ait finalement eu de la neige cet hiver…
  • Il n’y a pas de solution immédiate. Ce sont des problèmes à longs termes. Les solutions mises en places devront s’échelonner sur plusieurs mandats.
  • Autant pour la prévention en santé, que pour l’amélioration de l’environnement, un gouvernement est difficilement imputable.

Les journalistes de leur côté se défendent de ne pas poser de question à ce sujet. Ils affirment que les points de presse se prêtent mal à ça. Je leur accorde. Justement, un débat à l’université aurait permis d’explorer ce thème plus en profondeur, supposément notre 2e priorité.

Les promesses éoliennes du PQ

Monday 12 March 2007

André Boiclair avec sa Feuille de route

La prioritié d’Hydro-Québec, jusqu’à tout récemment, demeurait l’hydro-électricité. Si le PQ est élu, il propose d’augmenter la proportion de production éolienne à 20% de la production totale d’ici 10 ans. C’est ce qu’on apprend dans leur feuille de route. Ce n’est pas une mauvaise idée puisque, contrairement à la croyance populaire, l’hydro-électricité produit des gaz à effet de serre (GES). C’est la décomposition des forêts et des sols innondés qui cause des émissions de CO2 et surtout, de méthane. Une étude datant de ‘97 suggère qu’au Canada, cette forme de production d’énergie est responsable de 3% des émissions de CO2 et de 17% du méthane. C’est non-négligeable, surtout considérant que le méthane est un GES 20 fois pire que le CO2 (voir cet article).

Vendredi passé, André Boiclair répondait aux questions posées par les monsieurs, madames invités de Claude Charron à son émission de TVA. Le plus jeune invité à poser sa question était Carlo Santamaria-Bouvier, un étudiant de 18 ans du Collège Lionel-Groulx. Sa question portait justement sur cette promesse du PQ de fournir 20% de la puissance de production par éolienne d’ici 2017. Selon ses calculs basés sur des chiffres d’Hydro-Québec, cette augmentation nécessiterait l’installation de 7771 éoliennes! C’est considérable compte-tenu qu’il n’y en aura autour de 600 installées d’ici la fin de 2007.

Son affirmation a piqué ma curiosité et je suis allé vérifié les données d’Hydro-Québec. Voici le calcul que j’en ai fait:

  1. Selon le rapport annuel 2005 de la société d’état, on avait à ce moment une puissance installée au Québec de 34 571 MW, dont seulement 212,5 MW provenaient de l’éolien. Il y avait donc 34 358,5 MW qui ne provenaient pas de l’éolien.
  2. On garde cette production qui ne vient pas de l’éolien. On ajoute de la production éolienne pour que celle-ci représente 20% du total selon l’objectif péquiste. On arrive à un total de 42 948 MW, dont 8 590 MW pour l’éolien.
  3. Selon cette page d’Hydro-Québec sur notre capacité éolienne, on apprend qu’il y aura au total 826,5 MW d’éoliennes installées d’ici la fin de 2007. Si on soustrait ce nombre du 8 590 MW d’objectif, ça laisse 7 763 MW à installer en 10 ans.
  4. Toujours selon les mêmes données, on peut calculer que les éoliennes installées au Québec produisent en moyenne 1,41 MW chacune. En divisant 7 763 MW par 1,41 , on obtient un nombre d’éolienne à installer de 5 506.

On n’est pas tout-à-fait au même nombre que Carlo. De plus, il y a déjà plusieurs installations d’éoliennes prévues entre 2007 et 2012. Néanmoins, son interrogation se justifie puisqu’il s’agit d’un objectif plutôt ambitieux. Le graphique ci-dessous montre la puissance éolienne installée prévue d’ici 2012, avec l’objectif du PQ en 2017.

production éolienne québec

Bref, il va falloir s’y mettre au plus vite si on veut atteindre cet objectif. Pour voir comment André Boiclair a répondu à la question de l’étudiant, visionnez ce vidéo à partir de 3:49.

Si vous regardez jusqu’à la fin, vous aurez la chance de voir l’étudiant avec un air interrogé couper la parole au chef sur le sujet de l’auto-production d’électricité. Boiclair, visionnaire, nous projette dans un futur vert où on pourra produire notre électricité et même en repousser dans le réseau d’Hydro pour recevoir des crédits! “Ça se fait déjà”, affirme sec le jeune, bien informé. Et il a raison, il s’agit du programme de mesurage net offert par Hydro-Québec depuis quelques mois.

Écologez 2007 à l’ÉTS

Monday 5 March 2007

Écologez se veut un concours de conception de bâtiment durable. Il s’agit d’une initiative de l’ÉTS et d’Équiterre. L’objectif sous-jacent au projet de conception est de permettre à des étudiants universitaires des différents cycles d’avoir une expérience concrète de conception intégrée, où les différents intervenants travaillent de concert plutôt que successivement. Ainsi, des équipiers de différents champs conçoivent ensemble les plans d’un bâtiment viable d’un point de vue environnemental, social et économique. Les programmes visés sont divers. On a affaire à de futurs administrateurs, gestionnaires environnementaux, ingénieurs, architectes, urbanistes, mécaniciens du bâtiment, designers, etc.

Des exemples de bâtiments durables sont le magasin de MEC à Montréal, ainsi que le pavillon Gene-H.-Kruger à l’Université Laval.

La deuxième édition du concours a eu lieu à l’ÉTS les 24 et 25 février derniers. Les équipes multidisciplinaires sont formées sur place et le mandat est présenté par la suite. Cette année, les sept équipes devaient convertir l’ancienne brasserie O’Keefe dans le sud-ouest de Montréal. Sa nouvelle mission: accueillir 600 étudiants en résidence, en plus d’un commerce, d’une clinique et de salles de cours.

Le projet gagnant a remporté la palme puisqu’il était original, réalisable et tangible. Les différentes propositions devraient être disponible sous peu sur le site d’Écologez 2007. L’équipe gagnante est présentée dans ce communiqué de l’ÉTS. On compte parmi ses rangs Francis Pronovost, étudiant à la maitrise à l’Université Laval, dont je vous avais parlé précédemment.