Abonnez-vous au fil RSS du Lablogatoire

LABLOGATOIRE


Archive pour la catégorie ‘Technologie’

Ce qui m’impressionne le plus chez les patenteux d’autrefois, c’est comment ils étaient capable de faire tout avec rien. Avant, on devait être beaucoup plus imaginatif. Aujourd’hui, en ingénierie, on fouille dans les catalogue, on usine et on intègre. On a l’impression qu’on a deux types de personnes en regard de la technologie: ceux qui la fabriquent et ceux qui la consomment. Neil Gershenfeld, dans sa présentation ci-dessous, nous explique comment tout le monde risque de devenir un créateur de technologie dans les années à venir, un peu comme tout le monde devient un créateur d’information à notre époque.

Il affirme qu’après la révolution de la communication et la révolution informatique, on assistera à la révolution de la fabrication: une période où le numérique mesurera et interagira sur la matière. Il travaille à son lab du MIT sur les Fabers, ces machines comme on en voit dans la science-fiction qui fabriquent n’importe quoi à partir de “code génétique” des objets plutôt que de plans. Un prototype de faber sont  les fab-lab, de petits ateliers rassemblant des machines de fabrication à différentes échelles contrôlées par ordinateur.

De nouveaux modèles d’affaires émergent grâce à l’amélioration des méthodes de fabrications. En visitant le représentant local d’imprimante 3D Zcorp, j’ai été mis au courant de deux sites qui fabriquent des objets sur-mesure pour vous.

  • BandMatesVous pouvez maintenant achetez une figurine de votre personnage Rock Band. Grâce aux capacités de communication des consoles x-box et PS3, le modèle 3D du personnage peut être transmis à l’application BandMate. Le modèle est transformé en figurine couleur par la machine à prototypage de Z-corp, puis on vous envoie la figurine et vous êtes vraiment content.

  • LandPrintLe site LandPrint, quant à lui, permet d’obtenir une maquette 3D de n’importe quel endroit sur la Terre. On télécharge une application Java, on parcours la Terre et on choisit le coin de pays que l’on veut. On peut aussi ajuster l’échelle verticale pour accentuer le relief. On clique sur “3-D Print” et voilà, on a un aperçu de notre maquette prête à être fabriquée (voir ci-dessous). Malheureusement, ce service n’est disponible qu’aux USA en ce moment.

Ces approches sont un bon exemple de personnalisation de masse: des produits sur mesure obtenu pour un client en combinant judicieusement les technologies de l’information et les méthodes avancées de fabrication. Voilà, vous savez maintenant comment faire danser votre personnage Rock Band sur votre montagne préférée!

Je viens de relire un article de Shuichi Fukuda dans les comptes-rendus de l’ASME IDETC 2008 intitulé “How can Man and Machine Trust Each Other and Work Better Together?”. C’est une réflexion intéressante sur les interactions de plus en plus complexes qu’on a avec nos outils.

Tout le monde sait à quoi s’attendre quand il a un marteau ou une perceuse en main. On travaille un peu avec, on assimile la dynamique et si on est manuel, on est capable de faire quelque chose de bien. On fait confiance aux technologies les plus simples car on sait à quoi s’attendre. On commande la machine simple, elle obéit. La communication est unidirectionnelle.

Or, les technologies ne cessent de se complexifier. En même temps, leur durée de vie diminue. On a donc moins de temps pour apprendre à utiliser des machines de plus en plus compliquées. Fukuda parle donc de notre époque comme étant une de non-experts. Si l’interaction est inefficace, on voit l’objet que nous utilisons comme une boite noire. Ne la comprenant pas pas très bien, on devient confus on perd confiance en elle. On tente de lui imposer un fonctionnement, ça ne marche pas à notre goût, ça peut devenir très frustrant. Ça peut aussi être dangereux, voire mortel. Il parle dans l’article d’accidents d’avion où le pilote combattait une commande automatique qu’il avait activée sans s’en rendre compte. Quand la relation s’envenime entre l’humain et la machine, ce n’est rien pour régler le problème: Il semblerait que quelqu’un de contrarié n’utilise son cerveau qu’au tiers de ce qu’il utilise dans un état normal.

On ne peut faire marche arrière. Les technologies vont continuer à se complexifier, il sera possible de les utiliser dans des situations de plus en plus diverses. On ne commandera plus nos machines, on collaborera avec eux. Comment composer avec cette complexité grandissante? L’auteur suggère deux pistes:

  1. S’inspirer du logiciel. Les produits mécaniques aujourd’hui ont généralement des caractéristiques fixes. C’était le cas pour les logiciels à leurs début. Aujourd’hui, on a plus tendance à itérer, à ajouter les fonctionnalités à mesure que l’utilisateur apprend à utiliser le logiciel. Puisque de plus en plus de produits comprennent un aspect électronique et logiciel, on peut s’imaginer aller dans cette direction dans le futur.
  2. Permettres aux machines de développer une personnalité. Il existe des théories sur la formation d’équipe efficace entre humains. De la même manière, il pense qu’une machine avec le bon “tempérament” (ce qu’il appèle mécanicalité) pour l’utilisateur permettra une collaboration plus efficace. Il pense que si les machines ont des fonctions simples au départ et des capacités d’interaction, elles pourront s’adapter à la personnalité de l’utilisateur. À ce moment, les machines pourront interpréter nos actions et anticiper ce qu’on veut qu’elles fassent. On aura alors l’impression qu’elles nous comprennent et elles gagneront ainsi notre confiance.

Ces notions sont intéressantes d’un point de vue de conception d’interface logicielle ou de collaboration humain-robot. Tant que ces machines fonctionnent mieux que la foutue trombonne Word qui anticipe tout sauf ce qu’on a en tête!

[Photo: Davezilla sur Flickr]

g-speak

17.11.2008

Pour ceux qui n’en n’auront pas assez de la “big ass table” de Microsoft pour visualiser et manipuler des données, Oblong Industries a développé le g-speak:

Quand même intéressant comme interface de création, ça a presque l’air intuitif.

Design itératif

Je vous parlais récemment de “The Art of Innovation“, que je lis lentement mais avec intérêt. L’auteur touche le sujet du prototypage. Je ne sais pas si c’est mon passage dans un labo universitaire ou ma phobie des gros projets, mais j’aime bien le prototypage. Au lab de robotique, la machine à prototypage rapide a fait à mon avis une énorme différence sur la qualité et la crédibilité des travaux. Dans le web et le logiciel, on peut prototyper encore plus facilement qu’en mécanique. Voici donc 6 bonnes raisons de faire un prototype:

  1. Pour faire des erreurs — La première version n’est jamais la bonne. Cependant, on  s’en rend compte souvent qu’en ne l’utilisant. Plus on a un prototype tôt, plus on se rend compte de ses erreurs et plus on peu ajuster rapidement.
  2. Pour avancer – En étant trop longtemps dans la planification et la conception abstraite, on ne gagne pas de momentum. Faire un prototype permet de se motiver, nous donne l’impression d’avancer et nous permet de briser un projet trop gros en plus petites pièces digestibles.
  3. Pour forcer sa chance — Il arrive souvent en prototypant que l’on fasse des découvertes accidentelles. La naissance d’une idée est une chose mystérieuse. Quand on construit, manipule ou utilise un prototype, on risque de faire naître des idées qui ne seraient jamais venues à regarder une simple maquette.
  4. Parce que c’est convainquant – Nous sommes tous incrédules et les clients le sont encore plus. À l’intérieur de l’équipe, un prototype permet de cristalliser certaines “certitudes”, des points sur lesquels on peut se baser pour la suite du développement. Pour un client, un prototype démontre le savoir-faire de l’équipe, que ce sont des gens capable de faire de dont ils parlent.
  5. Pour avoir un feedback de qualité — Tout le monde peut se rendre compte de quelque chose d’important en utilisant un prototype, particulièrement un client (ou un patron). Ce feedback permet de rajuster le tir durant le projet, avant d’arriver à la fin avec un produit fini qui n’a été conçu qu’avec des spécifications initiales qui nous avaient placé sur une mauvaise trajectoire.
  6. Pour favoriser la simplicité — Tant qu’on n’est que sur papier, tout est facile: amenez-en des fonctionnalités et des designs complexes! Quand on sait qu’on a à faire un prototype rapidement et pas cher, on n’a pas le choix d’arriver avec une solution simple. Et la beauté de l’innovation, c’est à mon avis d’arriver avec une solution simple et élégante. Naturellement, les prototypes nous poussent dans cette direction.

À Go, on fait quelque chose!

[photo: Sachapohflep sur Flickr]

On a offert un GPS au beau-père pour ses 60 ans. Sur la boîte, on présente les caractéristiques de l’appareil. Le premier avantage qu’on lui donne: il est future-proof, à l’épreuve du futur. Première fois que je voyais ça et ça m’a accroché. Il y a pleins d’appareils électroniques dans un coin au bureau et dans nos maisons qui n’ont pas survécu à l’épreuve du temps: des Commodore 64, des lecteurs Syquest, des téléphones cellulaires pas bluetooth… À la NASA, c’est la même chose, en pire. Dans les débuts de l’électronique, il n’y avait pas de standards établis. Tellement qu’ajourd’hui, même si on avait encore les originaux du premier allunissage, on aurait de la difficulté à trouver un lecteur fonctionnel et quelqu’un capable de l’opérer. Pour des domaines comme l’archivage, j’imagine que cette notion est au cœur de leur travail.

Mon appareil photo se clâme à l’épreuve des chocs mais je ne crois pas qu’il survivrait à une chute du pont de Québec sur le boulevard Champlain. De la même manière, je crois qu’il est impossible d’avoir une technologie complètement future proof, d’autant plus que tout se développe tellement rapidement. Dans le cas du GPS, l’aspect future-proof consiste en la possibilité de tenir ses cartes à jour facilement, permettant au GPS de rester utile dans le temps. Plutôt élégant “future-proof” comme tournure de phrase pour expliquer ça.

Dans les domaines bien établis, on peut penser construire des technologies un minimum résistantes au temps. Si on mise sur le bon cheval (le bon standard, la bonne plate-forme), le produit peut faire un bout dans le futur. Pour des domaines qui sont encore en train de se définir, c’est plus difficile. J’aime bien le concept. Comment concevoir et réaliser des produits qui vont bien vieillir? Jusqu’à quel point est-il justifié de complexifier le développement pour rendre un produit fonctionnel dans le futur? Ça peut sembler insignifiant dans une époque où les cycles de vie des produits technologiques sont de plus en plus courts, mais la nécessité de développement durable risque de ramener cette notion à l’avant plan… dans un futur rapproché.

[photo: Vermininc sur flickr]

going fast

La technologie avance de plus en plus vite. Est-ce une impression? “Ben oui, vous vous dites, dans le tempe de nos grands-parents, ils étaient aussi dépassés que nous le sommes aujourd’hui!” Faux, le contexte actuel est réellement particulier. En fait, je crois qu’on le regardera dans les livres d’histoire dans 200 ans comme une période charnière de l’humanité, probablement plus importante même que la révolution industrielle. Hier j’assistais à une conférence philosophique/technologique donnée par Denis Poussart, professeur émérite en génie électrique à l’Université Laval. J’avais déjà vu la même présentation il y a un moment, mais il y avait clairement matière à la revoir. Vous pouvez accéder à ses diapos sur la convergence et la complexité. C’est cette réflexion qui alimente celle que je vous présente aujourd’hui.

Alors, pourquoi le développement technologique s’accélère?

  • Des outils qui conçoivent des outils
    À une époque de son histoire, l’homme a commencé à accroître les capacités de son corps en utilisant des outils. Rappelez-vous la fameuse scène de la bataille pour le trou d’eau dans 2001, l’Odyssée de l’espace où l’homme triomphant lève son outil — un os — pour souligner la victoire… L’histoire s’est poursuivie, d’abord avec des pierres: silex, javelot, etc. Ensuite les outils en métal sont apparus et ont coïncidés avec les débuts de l’agriculture. Au Moyen-Âge, l’étape suivante a été d’utiliser des sources d’énergie, l’eau et le vent, pour la faire travailler à notre place. À la révolution industrielle, on a fabriqué des outils qui nous ont servis pour en fabriqué d’autres. Et vous me voyez venir, aujourd’hui, on a des outils qui en conçoivent d’autre. Par exemple, les chemins sur les circuits microélectroniques sont réalisés par un compilateur. On lui donne la liste d’états qu’on veut réaliser et il conçoit les routes nécessaires. Le robot que j’ai réalisé dans mes études, je ne l’ai pas conçu. J’ai fait un algorithme d’optimisation inspiré de l’évolution qui m’a indiqué quelle géométrie était la meilleure. Maintenant, on peut modéliser et simuler des objets avant de les fabriquer. Avez-vous idée du temps qu’on peut sauver en fonctionnant ainsi?! Et même quand on est rendu au stade de construire l’objet, on peut faire appel à des machines à prototypage rapide avant d’aller à l’usinage ou à la production.
  • L’accessibilité de l’information
    Il y a 200 ans, ce qui se passait à San Francisco prenaient des mois à se rendre jusqu’à Québec. Aujourd’hui, c’est en temps réel. Lisez Techcrunch et vous allez savoir à la minute près s’il se passe quelque chose digne de mention à Sillicon Valley, la Mecque technologique. Les distances et le temps n’existent plus pour les connaissances. Quand je suis assis à mon poste à l’université, je peux chercher toute la littérature scientifique à travers plusieurs bases de données, dont évidemment une par Google qui fonctionne très bien: Google Scholar. En cliquant sur les résultats de recherche, je vois si on a un accès via la bibliothèque, ce qui est habituellement le cas. Le site reconnaît que je viens de l’université et j’accède au “papier” qui m’intéresse instantanément. Et il n’y a rien d’unique là-dedans. L’étudiant en Inde, en Corée ou à Pittsburg peut faire la même chose. Imaginez d’abord comment les bonnes idées voyagent vite, ce qui créer un nivellement vers le haut. Et imaginez ensuite la compétitivité entre chercheurs qui est produite naturellement par cette situation.
  • Convergence des domaines
    Avant, les savoirs s’additionnaient. Aujourd’hui, ils se multiplient. Quand la vitesse des processeurs doublent, ce n’est pas que le monde de l’électronique qui en profite, ce sont tous les champs de connaissance: biologie, médecine, télécom, nommez-les! Et ça va dans les deux directions. La compréhension de la biologie peut donner lieu à des innovations dans d’autres domaines, par exemple la robotique. Les découvertes ont des impacts multiples et dans plusieurs directions. Le mur qui se dresse à l’horizon avec tout ça, selon Poussart, sera de gérer la complexité qui résulte de toutes ces interactions.

Les liens entre les humains, l’instantané et la virtualisation font en sorte que nous sommes en train de former une intelligence collective à l’échelle planétaire, la nooshpère. J’ai toujours été fasciné par les bancs de poissons qui se déplacent à l’unissons dans le courant. On dirait vraiment qu’ils ont une conscience collective. Toutes les connexions qui nous établissons nous mettent mettent de plus en plus en résonance. On commence clairement à en voir les effets, particulièrement sur le web.

Prédire le futur

25.11.2007

guesser
[Voir pleins d'exemples de prévisions technologiques loufoques et ici-même]

Est-ce que les futurologues avaient prédit leur futur? Ils sont en train de disparaître! Dans leurs prévisions de 2008, The Economist présentent un article sur le futur (pas très reluisant) de la futurologie. Voici quelques conseils qui sont énoncées dans l’article pour les apprentis-futurologues:

  1. Penser petit, micro-tendance.
  2. Penser court terme.
  3. Dire que vous ne le savez pas.
  4. Parler moins, écoutez plus.

Pas étonnant que la profession soit en perdition… Je suis tombé là-dessus via Pasta & Vinegar et ça m’incite à revenir sur un article que j’avais lu et dont j’avais promis un résumé: Six Rules for Effective Forecasting. Voyons comment les deux articles se rejoignent. Les six règles du second article sont résumées ci-dessous:

  1. Définir un cône d’incertitude
    cone uncertainty
    Pour prendre une décision, on se fie sur notre intuition, aidé de l’information qu’on connaît. Une façon de visualiser pour aider à la prise de décision est de se tracer un cône d’incertitude (voir l’image ci-dessus). Un cône limite les possibilités à partir d’un certain point, au meilleur de votre connaissance. Le cône doit être mis à jour de façon dynamique, à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. C’est pour cette raison qu’il y a encore plein d’espaces libres dans le cône. Au sommet de celui-ci se trouve l’élément déclencheur qui mènera à l’ouverture du cône. Dans l’exemple de la robotique, cet événement est le “Steve Jobs de la robotique arrive”, l’entrepreneur qui amorcera l’accélération de l’industrie. Plus on s’éloigne de l’axe central, plus on a affaire à des événements improbables.
  2. Surveiller la courbe en “S”
    Les développements d’une industrie apparaissent d’abord lentement et discrètement, pour éventuellement exploser et voir une croissance fulgurante et finalement décélérer en douceur. Cette évolution trace une courbe en forme de S. L’art de la prédiction est de reconnaître le point d’inflexion assez longtemps à l’avance. Pour ce faire, il faut être sensible aux événements précurseurs de la révolution. Pour la robotique, il s’agit par exemple de la maturité du domaine académique et industriel, des succès commerciaux des dernières années (LEGO Mindstorms, Roomba, Aibo, Robosapien, robotique militaire) et des événements spéciaux (par exemple les DARPA Grand Challenges). Souvent, la première partie du S peut prendre de nombreuses années. La TV a pris 20 ans pour passer d’une invention aux salons, même chose pour l’Internet. Cependant, quand le point d’inflexion survient, nous sommes souvent soufflés par la vitesse des changements. Tout est donc une question de timing.
  3. Embrasser ce qui ne cadre pas
    Si c’est vraiment nouveau et innovateur, probablement que ça ne cadrera pas dans aucune catégorie existante. Pour cette raison, on tend à ignorer les indicateurs qui ne trouvent pas de place dans notre vision du monde. Souvent, un indicateur nous semblera comme une curiosité, quelque chose d’ésotérique, voire de dérangeant. Je m’en confesse, c’est mon cas avec Second Life. J’ai essayé et ça ma répugné. J’ai fermé mon ordinateur et je suis sortie dehors pour crier “C’est donc ben beau le monde réel!” Pour cette raison, j’ai tendance à ne pas trop considérer toute la frénésie qui entoure ce monde virtuel. Pourtant, d’autre indicateurs montrent un grand potentiel à Second Life comme à d’autres mondes/marchandises virtuels.
  4. Ne pas trop tenir à ses certitudes
    Parfois, il vaut mieux écouter plusieurs signaux faibles et incohérents que de s’en tenir à une information que l’on considère comme une certitude. En science, quand une théorie devient largement acceptée, il s’ensuit une longue période de stabilité durant laquelle la théorie est considérée comme une vérité. Durant cette période, de petites contradictions s’accumulent pour éventuellement mener à une nouvelle théorie révolutionnaire. D’avoir des certitudes permet d’arriver à des conclusions rapidement, mais il faut toujours savoir les remettre en question pour les laisser de côté au moment opportun.
  5. Regarder deux fois plus lois derrière que devant
    Dans l’histoire, plusieurs schémas semblables peuvent être identifiés. “L’histoire ne se répète pas, mais parfois elle rime.” Celui qui fait des prévision doit regarder assez loin dans l’histoire pour reconnaître ces rimes. Plusieurs points dans le passé peuvent être reliés pour voir dans quelle direction on s’en va. Le passé récent est rarement garant de l’avenir. Il faut justement regarder assez loin pour voir les grandes tendances. Il faut faire attention aux comparaisons douteuses, car l’histoire ne répètent jamais exactement, surtout pas l’histoire récente. Dans l’article, on croit reconnaître la sagesse de Jeff Bezos quand on lit que “même dans des périodes de transformations dramatiques et rapides, il y a beaucoup plus d’éléments qui ne changent pas que de nouveautés qui émergent.” La bulle des dot-com en est un exemple. Combien de défuntes compagnies ne se sont attardées qu’aux nouveautés technologiques en oubliant de vieux concepts? Les consommateurs utilisaient les nouvelle technologies pour acheter des items pas très techno comme des livres, s’adonner au potinage ou à de la pornographie, rien de très nouveau. Les vieux impératifs commerciaux se sont vengés sur cette bulle, comme sur toutes les bulles précédentes. Plusieurs avaient prédit cette explosionse basant sur l’histoire.
  6. Savoir quand ne pas faire de prévision
    À d’autres occasions, les prévisions sont beaucoup moins évidentes, et il faut accepter de ne pas se prononcer. On reste alors attentifs aux indicateurs, à mesure qu’ils se matérialisent.

En résumé, il faut être sceptique des changements apparents et ne jamais prendre les prévisions qu’on nous présente à la lettre. Lloyd Spencer, que j’avais vu en présentation et qui avait parlé de cet article, contait une anecdote à propos de son ancien emploi chez Sun Microsystems. Ils était allé à une conférence et ses patrons voulait qu’il rapporte de l’information sur un sujet donné dont on ne parle plus depuis longtemps. En fin de compte, il était revenu avec un dépliant expliquant un tout nouveau concept: le world wide web. Il a présenté ce document à ses patrons, jugeant que ça avait un certain potentiel. Ceux-ci l’ont ignoré… pour s’en mordre les doigts six mois plus tard.

venus.png
[image: projet VENUS]

Je viens de tomber sur un article à propos de nouveaux observatoires sous-marins, comme le projet Neptune. Cette initiative vise à combiner plusieurs capteurs pour surveiller ce qui se passe dans l’océan, que ce soit la géologie, les écosystèmes, le climat océanique, etc. En fait, comme on le mentione dans Deep Blue, l’océan est à plusieurs égards moins connu que la Lune ou Mars! La grande nouveauté dans ces réseaux de capteurs, c’est que l’information sera colligée en temps réel grâce à un communication par fibre optique. Elle sera rendue accessible immédiatement par Internet autant pour les scientifiques que pour le grand public.

C’est un exemple parmi tant d’autres de capteurs qui sont placés à quelque part sur la planète et qui transmettent des données en ligne. Les capteurs peuvent être des caméras (comme celles pour mon ours), des stations météos, des satellites d’imagerie, des autos Google, des Twitter et des Facebooker… Graduellement, on est en train de se faire un backup de l’information à propos de la Terre, d’en avoir une version virtuelle!

Est-ce que ce sera possible un jour de rassembler toutes ces informations à un endroit? Déjà, pour l’imagerie satellite, le Earth Observation Group tente de combiner les données de systèmes bâtis à différentes époques par différentes personnes qui préconisaient des standards différents. De la même manière, Microsoft ont mis un projet de l’avant pour combiner différentes photos d’un même objet prises de différents points de vue. Les photos sont recombinées pour avoir une représentation 3D de l’objet. Prenez le temps de visionner ce vidéo qui démontre leur système.

Toutes ces données provenant de ces capteurs représentent une quantité d’information considérable qui croît sans cesse. Il faudra trouver des moyens de l’organiser afin de l’utiliser. Peut-être qu’on devrait y penser dès maintenant alors que les données sont créées. Il doit bien y avoir des gens à quelque part qui travaillent sur un “Global Sensing System” ou quelque chose du genre…