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Archive pour la catégorie ‘Web’

vision Philippe Starck

La semaine dernière, j’ai été un peu surpris de constater l’importance du design dans la crédibilité d’un site web. Ce n’est pas que je dénigre cet aspect, au contraire j’ai même failli me diriger dans cette direction. Simplement, je le sous-estimais peut-être. Plus tard dans la semaine j’ai reçu la newsletter de TED intitulé “Why Design”. J’ai suivi le lien espérant élucider le mystère de l’importance du design. Je n’ai pas été déçu par les explications du designer français Philippe Starck, que je vous invite à visionner.

Starck ne fait pas du beau pour du beau. Il veut que son design fasse partie de la “big picture”, l’histoire de l’humanité dont chaque génération écrit un nouveau chapitre. Il se demande qui utilisera ses objets, de quelle société il vient, quelle civilisation a vu émergé cette société et finalement, quel animal est à la base de cette civilisation. Starck voit l’humain actuel comme un super-singe, un mutant qui fait partie de l’évolution de la vie sur Terre qui a débuté il y a 4,5 milliards d’années. Il nous rappelle que cette histoire n’est pas éternelle, que le Soleil se transformera en géante rouge dans 5 milliards d’années pour engloutir la Terre.

On est donc au milieu de l’histoire et c’est à nous de l’écrire. C’est pour ça qu’il faut être de bons mutants. Il faut avoir l’humilité de ne pas regarder notre génération comme la génération ultime mais simplement une mutation de plus qui mènera à des milliers d’autres. Il faut aussi regarder assez loin quand on avance. J’ai illustré en haut une explication de son vidéo. Si on marche en se regardant les pieds, on risque d’avoir de mauvaises surprises. In faut regarder au dessus de l’horizon pour que, lorsqu’on passera le flambeau à nos enfants mutants, l’histoire se dirige dans la bonne direction. Les plus grands esprits regardent très haut et très loin. Ce sont leurs œuvres qui servent de fondements à la connaissance, l’art ou la technologie pour des siècles entiers. Quand on regarde directement au dessus de nous, on est dans une singularité: Dieu, la réponse quand il n’y a pas de réponse. À ce moment non plus on ne voit pas où on s’en va, tout comme lorsqu’on ne regarde qu’en arrière.

Starck nous rappèle que nous ne sommes qu’une étape dans l’évolution de la vie. Il regarde fondamentalement quelle bébitte nous sommes. Mais on peut se rendre à un niveau encore plus fondamental. Avant la vie, il y a les composantes de la vie, les atomes et les particules élémentaires qui nous composent. Toutes ces particules ont elles aussi une histoire. Pour produire tous les atomes de notre corps, l’univers à eu besoin d’espaces immensément grands et de niveaux d’énergie astronomiques, littéralement. Ces blocs qui nous composent ont tous vu le jour au centre des étoiles. Les nuages d’hydrogène des premiers temps se sont écroulés sous leur propre poids, donnant naissance aux étoiles. Les conditions extrêmes dans ces boules de feu ont successivement transformer l’hydrogène en atomes plus complexes qui ont rendu la vie possible. Nous sommes des poussières d’étoiles, nous portons l’immensité de l’univers en nous. Comment pouvons-nous traduire cette condition dans nos créations?

[Photo modifiée de MattCarman sur Flickr]

Qu’est-ce qui donne de la crédibilité à un site web? Les gens du Persuasive Technology Lab de l’Université Stanford se posent la question depuis un moment. Ce lab étudie comment on peut construire la technologie pour influencer les croyances et les actions des gens. Ils offrent entre autre un cours sur les applications Facebook.

Dans une présentation accessible en ligne, ils présentent 10 points pour augmenter la crédibilité du site, que je rassemble ici en huit. La crédibilité selon eux apparaît quant on perçoit la fiabilité (véridique, honnête, non biaisé, bon) et l’expertise (intelligent, expérimenté, puissant, avisé).

  1. Designez votre site pour qu’il ait l’air professionnel.
    Les gens évaluent rapidement un site en se basant sur ce qu’ils voient. Il faut que le design colle à la fonction du site. Il faut faire attention à l’oganisation, la typographie, les images, etc.
  2. Permettez de vérifier facilement les informations disponibles sur votre site.
    Mettez les références et les liens vers les contenus sources. Même si les gens ne suivent pas les liens, vous prouvez votre transparence.
  3. Montrez qu’il y a une vraie organisation derrière votre site.
    Un site web peut être programmé dans un sous-sol. Si on a plus qu’on sous-sol (adresse, photo du bureau, numéro de téléphone), ça vaut la peine de le montrer. Faites que ce soit facile de vous contacter: téléphone, email, adresse postale. Montrez aussi qu’il y a des gens derrière le site. Présentez des photos, des biographies ou des liens vers les blogs d’employés pour montrer le côté humain de l’entreprise.
  4. Mettez en valeur l’expertise dans votre organisation et dans les services que vous offrez.
    Vous avez des experts dans votre équipe? Montrez-leur le visage! Si vous êtes affiliés à d’autres organisations crédibles (clients, partenaires), informez-en les visiteurs. À l’inverse, évitez de montrer des affiliations avec des organisations douteuses.
  5. Rendez votre site facile et pratique à utiliser.
    Mettez les gens de votre côté en leur rendant service.
  6. Mettez-à-jour le contenu de votre site régulièrement.
    C’est particulièrement vrai pour un blog.
  7. Affichez des pubs avec retenue.
    Mal utilisée, une pub peut être irritante. Il faut aussi indiquer clairement le contenu commandité.
  8. Évitez les erreurs.
    Chaque erreur est une encoche à votre crédibilité. Faites attention aux erreurs d’orthographe et aux liens brisés.

Selon la nature de votre site, certains critères sont plus importants. Dans la présentation, on montre avec l’importance relative des critères selon une de leurs études. Vous pouvez le voir dans l’image ci-dessous. Notez à quel point le design (les deux premiers items) est important.

web site credibility

le massif neige

J’ai reçu une alerte email, code rouge: Le Massif est enseveli sous UN centimètre de neige! Peut-être que l’équipe qui gère le web est rouillée étant donné que la saison commence… Bonne saison tout le monde!

Salut Lulu!

26.11.2007

get real

BLNK a reçu son premier colis aujourd’hui, il provenait de Lulu.com. Dans la boîte se trouvait le livre de 37signals intitulé Getting Real. 37signals font des applications en ligne ultra simples (gestionnaire de projet, gestion des contacts…) qui, en bon français, font la job. Étant un utilisateur quotidien satisfait de leur produit, j’avais commencé à lire la version en ligne quand Bass me l’avait suggéré. Un peu tanné de m’arracher les yeux sur mon écran, j’ai voulu commander la version papier. Quand j’ai vu qu’ils auto-publiaient sur Lulu, j’ai eu une raison de plus de commander. Ça faisait longtemps que j’étais curieux de ce service.

Qu’est-ce que Lulu?
Un site où vous auto-publiez vos documents, livres, calendriers, etc. Si vous ou quelqu’un d’autre veut le commander, il est imprimé puis envoyé. Grâce à d’énormes presses numériques, les livres sont imprimés sur demande, pas de lots, pas de pertes, pas de magasins. Même s’ils coûtent plus chers à imprimer, il y a moins d’intermédiaire entre le lecteur et l’auteur, ce qui laisse à ce dernier plus d’argent dans ses poches. C’est l’entrepreneur canadien Bob Young qui a fondé et qui est toujours à la tête de cette compagnie. Young a déjà connu passablement de succès par le passé. Après avoir fait la passe avec RedHat, il a pu acquérir les TigerCats d’Hamilton, une équipe de la ligue canadienne de football.

Ma commande s’est déroulée comme sur des roulettes. Il y a deux semaines, j’ai commandé. Le temps de l’imprimer et de me le faire parvenir était pile dans le délai annoncé. La qualité de l’impression est tout-à-fait comparable à celle de n’importe quel autre livre.

Quel est l’intérêt?
J’adore ces concepts qui ont un pied dans le web et un pied dans le tangible. Avec la flexibilité des moyens de production, on peut aujourd’hui agir sur le réel et faire du sur mesure pour la masse. Lulu est un exemple super. Avec ces presses numériques, il y a aussi des compagnies qui font du suivi de client vraiment personnalisé. J’avais assisté à une journée Infopresse il y a un moment et on parlait de ces nouvelles possibilités, d’envoyer des documents complètement sur mesures créés à partir de gigantesques bases de données. J’avais déjà parlé de quickparts, où vous envoyé vos modèles d’objets, il les fabriquent puis vous les renvoient. (En fait, j’ai appris qu’ils faisaient fabriquer tout à l’externe et qu’ils ne faisaient que la logistique. Mais bon, le résultat est le même.) Il y naturellement Dell, qui vous fabriquent votre PC sur mesure.

Évidemment, ça demande beaucoup de logistique et de flexibilité au niveau de la fabrication. Certains, comme la compagnie de vélos Cannondale, se sont cassé les dents sur un tel projet. Cependant, il y a plusieurs autres domaines simples qui ne demandent qu’à embrasser cette idée. Certains de ces domaines pourraient même profiter d’une saveur communautaires pour grandir à vitesse grand V. Quelles seront les prochaines étapes de la fabrication sur mesure? Vos meubles, les jouets de votre fils, votre déco, votre auto, votre maison?

Bon, désolé si vous avez tentez d’accéder au site durant la fin de semaine et ce matin, j’ai eu de la difficulté à mettre à jour Wordpress. Je voulais mettre à niveau pour pouvoir profiter de certains plugins. Merci à Tony et Fred d’avoir résolu le problème. Je peux recommencer à écrire, à demain!

Où êtes-vous?

2.11.2007

Le globe montrant les hits en temps réel sur ce blogue est une gracieuseté de Poly9 HitsGlobe. Je l’ai enlevé car ça ralentissait la page.

Chris Anderson
[Photo de Chris Anderson - DIY-Drones]

J’assistais hier à une journée Infopresse sur les nouveaux modèles d’affaires électroniques. L’invité d’honneur était Chris Anderson, qui porte plusieurs chapeaux. D’abord, il est l’éditeur en chef de Wired. Ensuite, il est l’auteur de “The Long Tail” et bloggueur sur TheLongTail.com. Ce concept de la longue traîne implique qu’à l’ère actuelle, les entreprises peuvent adresser un segment de leur marché autrefois laissé de côté. Dans un modèle comme chez Chez Wal-Mart, il y a un espace limité sur les tablettes. L’entreprise ne doit donc y présenter qu’une petite quantité de produits qui sont ses meilleurs vendeurs. À l’inverse, sur le web, l’espace pour l’inventaire est virtuellement infini. Ainsi, on peut y vendre plusieurs produits de niche en plus petite quantité. La quantité d’objets qu’on vend suit donc une loi de puissance tel que discuté sur mon article précédent sur la forme de l’Internet. Il y a peu de produits très vendus, et beaucoup de produits très peu vendus. Cette grande quantité de produits peu vendus représente la longue traîne, qui peut dans certains cas être une source de revenu importante.

Le dernier chapeau qu’Anderson porte est celui de père de cinq enfants, ce qui l’a amené à blogger à propos des Lego-Mindstorms et des véhicules aériens autonomes sur DIY-Drones. Bien qu’il touche des milliers de personnes par jour via Wired et son blog commercial, il semble quand même fier des 90 visiteurs qui s’intéressent à ses geekeries paternelles.

À la lumière de son expérience avec Wired, qui est utilisé comme un laboratoire par le conglomérat Condé-Nast, il nous suggère cinq façons pour sortir notre site web de sa zone de confort:

  1. Oublier l’idée de devenir un portail
    L’idée qu’un internaute passe par un portail pour tous ses besoins est à son avis farfelue. La plupart des gens qui visitent Wired arrivent sur une page directement avec une recherche ou par un lien externe. Souvent, ils repartent aussitôt après avoir consommé l’information.
  2. Faites tomber les murs
    Ne tentez pas de protéger l’information de votre site web, entre autre en utilisant une inscription obligatoire. Il a montré l’exemple du site web du défunt magasine Business 2.0. Au début de 2006, ils ont commencé à imposer une inscription et l’achalandage s’est effondré (image ci-dessous). Sur le web, les clients peuvent être plus infidèles. À la moindre contrariété, ils partent ailleurs.
    alexa_business2.png
  3. Laissez votre contenu aller
    En ce moment, c’est la guerre pour obtenir l’attention de l’internaute. Donnez-lui la possibilité de consommer votre contenu de la façon qu’il préfère. Si c’est par fil RSS, soit. Donnez-lui les textes intégraux de cette façon. Pour Wired en ligne, 36% des lecteurs le font via un lecteur RSS et cette proportion augmente sans cesse.
  4. Valorisez vos archives
    Plusieurs pages de votre site sont probablement vieilles et inactives. Elle ne sont pas pour autant sans valeur! Puisque ces pages ont été créées il y a longtemps, il y a de bonnes chances que plusieurs liens y pointent et donc que Google leur donne une bonne importance. Ainsi, ces pages risquent de ressortir dans les résultats de recherche. Vos archives sont déjà payées depuis longtemps. Grâce à Google, vous avez la chance qu’elles continuent de faire de l’argent, profitez-en!
  5. Prenez des chances
    J’adore le dicton “Fall fast” auquel il faisait référence. À la vitesse où vont les choses, il est difficile de tout prédire. Vaut mieux essayer et mesurer ce qui se passe pour avoir des données qui nous aideront à réitérer ou à essayer quelque chose de complètement nouveau.

Son prochain livre s’intitulera “Free”. Il y expliquera comment tout tend à être gratuit et comment plusieurs modèles d’affaires seront possibles, même en donnant un produit ou un service. C’est une idée qui est dans l’air depuis un moment. D’ailleurs Kevin Kelly, un autre éditeur de Wired, faisait l’éloge du gratuit dans un article visionnaire paru en 1997 intitulé “The New Rules for the New Economy“. Sa 7e règle était celle de la générosité: “Follow the free”.

ravens

[photo: Swigart sur Flickr]

Je suis en train de lire “The Anatomy of Buzz”, un livre de Emanuel Rosen, qui dissèque le phénomène du bouche à oreille. Dans le troisième chapitre, il explique à son avis pourquoi on communique. Il donne un exemple pour “illustrer que parler n’est pas une activité banale qu’on engage quand on n’a rien de mieux à faire. C’est un besoin profondément ancré qui existe chez plusieurs autres animaux.”

Un de ces animaux est le corbeau. Il présente ses discussions avec Bernd Heinrich, professeur à l’Université du Vermont. Celui-ci étudie la biologie nordique et entre autre les corbeaux. Il s’est déjà posé une question que je me pose toujours quand je vois de pauvres oiseaux traverser l’hiver du Nord de l’Amérique: “Comment font-il pour manger dans ce climat?”

Afin de répondre à la question pour les corbeaux, son équipe et lui ont obtenu une carcasse de vache d’un fermier et sont allé la porter dans la forêt enneigée. Après quelques jours d’observation, un corbeau est passé dans le coin et a détecté la carcasse. Même s’il pouvait se gaver pour des semaines entières, il n’en a pas pris une bouchée et a disparu pour encore quelques jours. Il est ensuite revenu, cette fois avec des douzaines d’amis corbeaux. Pourquoi le corbeau n’a-t-il pas gardé le secret pour se remplir la panse en solo? Quel avantage l’évolution a trouvé à ce partage? Selon le scientifique, “D’avoir plus de pairs d’yeux augmente la possibilité que tous les oiseaux seront nourris, et nourris régulièrement.”

De la même manière, plusieurs blogueurs partagent des festins intellectuels: leurs expériences et leurs trouvailles. Ne serait-ce pas plus avantageux de conserver ce précieux savoir et de ne l’utiliser que pour eux-même? Apparemment non, car plus leur savoir est précieux, plus ils le partagent. C’est dans notre nature de communiquer, de connecter, de diffuser ce que l’ont a appris. Et on y trouve notre compte en bout de ligne. En partageant, ils en apprennent encore plus. Tout ce qui se partage se multiplie, comme aime le dire mon frère. En solidifiant notre communauté, on améliore notre sort. Tandis qu’on en parle, voici mon top 6 des corbeaux qui me donnent de la bonne viande à me mettre sous le bec régulièrement:

  1. Artificial Intelligence and Robotics (qui a justement écrit un article récemment sur l’intelligence des corbeaux)
  2. Talking Robots
  3. TechCrunch
  4. Steph Guérin
  5. Yaro Starak
  6. Montreal Tech Watch

Je vous fais signe quand je tombe sur une belle pièce! Mais rassurez-vous, je ne le ferai pas aux petites heures du matin en vous le criant par la fenêtre avec ma voix rauque…

blog_vs_publi.png

Bloguer, c’est comme la rédaction scientifique? Pas tout-à-fait… mais pour faire les deux, je trouve ça intéressant de noter qu’il y a plusieurs points en commun:

  1. Ça va contre la logique commerciale habituelle.
    La logique commerciale habituelle, c’est que tu travailles et que tu fais de l’argent. “Pourquoi tu blogues, est-ce que c’est payant?” Non. En fait, pas maintenant ou plutôt pas directement. Quoique, cet outil m’a permis de développer des relations avec des gens forts intéressants d’un point de vue personnel comme d’un point de vue d’affaires. De la même manière, le capital du chercheur universitaire n’est pas son salaire, mais plutôt la qualité et le nombre de ses publications. Celles-ci lui permettent ensuite d’aller chercher du financement pour pousser plus loin ses recherches.
  2. L’information circule librement.
    Comparativement à d’autres sphères de la société, la communauté scientifique est généreuse au niveau du partage des connaissances et je trouve ça très beau. Les chercheurs publient leurs résultats et les rendent disponibles à leurs confrères du monde entier, qui peuvent l’utiliser puis les pousser plus loin. Cette diffusion des connaissances n’est certainement pas étrangère à la rapidité à laquelle les technologies se développent. C’est la même chose pour les blogues. Les bons articles inspirent d’autres blogueurs, qui les citent et poussent le propos plus loin ou l’adaptent à leur point de vue.
  3. On a affaire à une communauté qui s’y connait sur un sujet donné.
    Quand on écrit un article scientifique, on n’écrit pas pour tout le monde comme un journaliste d’un grand quotidien peut le faire. On s’adresse à une communauté qui suit un sujet particulier avec intérêt. Quoique plus accessibles, les communautés de blogueurs consitent néanmoins en des groupes qui s’intéressent à un thème plus ou moins précis.
  4. Contenu revu par des pairs.
    Ne publie pas un article qui veut. OK, il existe plusieurs qualités de journaux et de conférences scientifiques pour permettre même aux chercheurs qui ne sont pas géniaux (m’incluant) de pouvoir publier. Cependant, pour être publié, un article doit passer par les mains d’évaluateurs spécialistes sur le sujet. Selon leur évaluation, l’article pourra être publié tel quel, modifié puis publié, ou simplement rejeté. En gros, les critères d’évaluation sont la nouveauté du contenu, la rigueur scientifique et la qualité de la rédaction. À l’inverse, sur notre blogue, on peut publier ce qu’on veut. Cependant, ce sont les articles bien écrits, avec un contenu intéressant et original qui attireront le plus de lecteurs en général. De plus, les lecteurs peuvent commenter comme ils veulent les articles. La revue par les pairs se fait donc suite à la publication et sur la place publique, contrairement à la révision des articles scientifiques.
  5. “Page Rank” vs “Impact Factor”.
    Comment fait-on pour connaître l’importance relative des sites, incluant les blogues, sur le web? La mesure la plus commune est le Page Rank de Google. Ce nombre qui obsède bien des créateurs de sites dépend de pleins de facteurs plus ou moins secrets, dont certainement le nombre de liens qui pointent vers le site. De la même manière, les journaux scientifiques sont classés en fonction de leur Impact Factor. Cette valeur est un ratio entre le nombre de références faites sur les articles d’un journal dans un an divisé par le nombre d’articles paru dans ce journal durant les cinq années précédentes. Un chercheur sera habituellement évalué par son université en fonction de l’Impact Factor des journaux dans lequel il publie.Je me demande si les créateurs de Google, qui viennent du monde de la recherche universitaire, ne se seraient pas inspirés de l’Impact Factor au début de l’engin de recherche… Aujourd’hui, c’est plutôt le monde de la recherche qui gagnerait à utiliser des méthodes développées par Google pour déterminer l’importance des recherches publiées par un journal ou par un chercheur en particulier. L’Impact Factor est plutôt rudimentaire, et comporte une partie d’arbitraire (e.g. pourquoi 5 ans?).

Évidemment, il y a aussi quelques différences entre les deux types de rédaction. Bloguer demande clairement moins de rigueur intellectuelle, ce qui est plutôt libérateur dans mon cas. Écrire un article scientifique demande beaucoup de détails et donc de temps. Souvent, entre le moment où la recherche est effectuée et où elle est publiée, plusieurs mois peuvent s’écouler.

Il existe cependant un paradoxe important à la rédaction scientifique. Les chercheurs, pour diffuser leurs connaissances, donnent les droits d’auteur aux journaux. Les universités, qui paient les chercheurs, doivent ensuite payer des abonnement à ces même journaux pour pouvoir accéder aux résultats des recherches. C’est devant cette contradiction que la Public Library of Science est née. La PLoS édite plusieurs journaux scientifiques à la méthode open source. Les articles sont donc accessibles à tous gratuitement. En ce moment, les sujets des journaux sont surtout reliés aux sciences de la vie. Je prédirait un avenir prometteur à cette approche… à moins que les universités ne rendent leurs chercheurs esclaves de l’Impact Factor devant leurs exigences de performance.

old google logo

Vous rappelez-vous de l’époque où Google était encore en version beta? Mes souvenir de ça sont plutôt flous…j’étais tombé là-dessus sur un poste de la salle de travail du département de physique en 1999. Les étudiants qui administraient le réseau avait mis le futur géant comme page d’accueil. J’étais loin de me douter que ce site allait devenir aussi omniprésent même pas dix ans plus tard!

C’est pour cette raison que les Archives Internet existent. Cette organisation sans but lucratif “vise à bâtir une bibliothèque Internet afin d’offrir un accès permanent pour les chercheurs et les historiens aux collections qui existent dans un format numérique.” On peut y voir des anciennes versions de site web, mais aussi des logiciels, des images, du vidéo et du son qui sont conservés dans un format électronique.

C’est Brewter Kahle, un entrepreneur diplômé du MIT qui a démarré ce projet (avant de co-fonder Alexa et de le vendre à eBay). Il visait par cette initiative contribuer à ce que l’humanité évite le Moyen-Âge Numérique. Nous sommes susceptibles à notre époque de perdre l’accès à plusieurs documents numériques d’une valeur historique importante. Ceci viend du fait que les médias qui permettent d’archiver l’information se développent plus rapidement que jamais auparavant. Pour accéder à ces médias, on a besoin de certains lecteurs qui, rapidement, deviennent désuets. Pensez seulement aux diapositives, aux grosses disquettes ou au vieux formats de vidéo. On risque de perdre une grande quantité d’information si ces lecteurs, ou le savoir-faire pour les faire fonctionner, disparaissent. Par exemple, je parlais il y a un moment du film original du premier homme sur la lune qu’on ne retrouve plus et pour lequel il ne reste que peu d’appareils capable de lire le format.

Dans l’histoire, plusieurs destructions d’archives dont l’impact ne pourra jamais être mesuré sont survenues, emportant avec elles un savoir inestimable. Sur le site des archives Internet, ils font entre autre référence à la destruction de plusieurs des premiers films afin de récupérer l’argent des pellicules. Naturellement, ils font aussi allusion à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, qui contenait une portion importante de tout le savoir écrit de l’humanité à une certaine époque. Une des raison de regarder notre histoire est justement d’essayer de ne pas répéter les mêmes erreurs. C’est en se remémorant cette tragédie que les archives Internet prennent tout leur sens. À un niveau plus personnel, que faites-vous avec toutes les photos et vidéos que vous capturez?