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homard

Si DuProprio était un homard, il changerait de carapace aux deux semaines. La croissance est rapide et comporte conséquemment son lot de périls. Il y a plusieurs débats — sains, comme tous les débats — à l’interne sur l’impact des méthodes de travail et des structures mises en place. Cette organisation survient par la force des choses, afin de naviguer dans la complexité grandissante. Dans l’équipe de développement, on s’interroge entre autre de l’impact de la méthodologie scrum sur quelque chose qu’il est convenu d’appeler innovation. Mais au fait, qu’est-ce que ce buzz-word signifie? Voici ce que j’en pense.

Tout d’abord, innovation pour moi n’est pas synonyme des expressions suivantes:

  • Différent
  • Créativité
  • Spontanéité
  • Originalité
  • Technologie
  • Quelque chose qui fait qu’on parle de vous sur Branchez-vous.
  • Quelque chose qui provoque une envie folle de développer une fonctionnalité plus pressante qu’une envie de tourista.
  • Juste nouveau.

En fait oui, l’innovation est quelque chose de nouveau. Nouveau est une condition nécessaire mais non suffisante pour décrire une innovation.  Pour moi, l’impact de l’innovation fait partie de sa définition. Non seulement la méthode doit être nouvelle, mais les bénéfices qu’elle procure aussi.  Les innovations admirables sont celles qui impactent positivement beaucoup de personnes. Les innovations itératives sont intéressantes, mais celles qui perturbent l’ordre établi sont splendides. Quelques exemples d’innovations perturbatrices dans différents domaines sont:

  • Le transistor - Un tout petit bloc à la base de la révolution de l’information. Tous voyaient l’intérêt des ordinateurs, ces machines à calculer. Mais l’arrivée du transistor, cheap et compact, a permis le déploiement à grande échelle d’une force de calcul dans les objets qui nous entourent.
  • Le iPod - Un objet qui redéfinit carrément la façon dont on consomme notre musique.
  • Amazon - Un site qui permet de trouver à peu près n’importe quel livre sur n’importe quel domaine.

Évidemment, il y a des milliers d’autres exemples. Le point que je veux faire ressortir de ces exemples est que, dans tous les cas, l’innovation n’est pas survenue sur le coin d’une table. Certains flashs ont sûrement été inclus dans l’élaboration des ces technologies ou entreprises. Cependant, ça prend une direction claire. Je suis à peu près certain que Steve Jobs et ses acolytes n’arrivaient pas avec une nouvelle fonctionnalité à toutes les deux semaines durant le développement du iPod. Si ça avait été le cas, ils auraient aboutis sur le Zune. De la même manière, Bezos et son équipe se concentrent sur ce qui ne change pas pour avoir une évolution totalement focusée qui a transformée le visage de leur industrie.

Les spécificités du web, mythes ou réalités?

“Oui mais sur le web, on peut itérer tant qu’on veut, on n’est pas obligé de tout planifier.” D’accord, le web est réellement unique pour ça. Encore faut-il être capable d’itérer en ce sens que la base sur laquelle on bâtit doit pouvoir grandir. Par ailleurs, il faut savoir dans quelle direction itérer pour ne pas se retrouver après des années de développement avec un amalgame de fonctionnalités plus ou moins bien alignées et utilisées. Et c’est pour tout ça qu’on changera de nouveau de carapace dans les prochains mois. L’évolution se poursuit, avec l’ambition que le résultat colle à ma définition d’innovation.

[photo: fchosson sur flickr]

Anatomie du ouache

16.06.2009

beaver

Selon le grand dictionaire terminologique, “ le terme ouache a d’abord désigné le passage permettant à un castor d’accéder à sa hutte, son terrier et la hutte elle-même; cet emploi a été emprunté à une langue algonquienne.” Cependant, ce n’est pas de ce ouache que je fais ici l’anatomie, mais plutôt de celui qui nous résonne dans la tête quand on s’apprête à effectuer quelque chose qui nous dit vraiment pas. Ce ouache peut être abordé de plusieurs angles, mais il se ressent généralement de la même façon: un répulsion intense face à un travail qu’on a à faire. Selon le tempérament et l’humeur du jour, le ouache peut s’accompagner de frustrations ou encore causer l’apparition de tics nerveux. Je présente ici différents types de ouache que j’ai pu expérimenté et observé.

Ouache Tylenol
Le ouache Tylénol survient quand la complexité de ce qu’on a à faire semble à la limite de nos capacités cérébrales. On regarde ce ouache un peu embêté en se disant “ouache, comment je vais faire ça, c’est donc bien compliqué?!” C’est comme avoir à faire 240 push-ups de cerveau. L’intérêt du Tylenol, c’est qu’il nous sort de notre zone de confort. Si on va chercher l’aide pour passer à travers, on en ressort souvent en ayant appris quelque chose d’intéressant.

Ouache Daniel San
Vous vous souvenez de Daniel San qui doit polir des voitures alors qu’il voudrait tout de suite aller apprendre le coup de pied de la grue? Il se disait sûrement alors “ouache, c’est donc bien long et platt et j’aurais donc bien quelque chose de polus intéressant à faire.” Ce ouache implique souvent des processus lourds et laborieux. Il demande une grande abnégation. Le Daniel San, contrairement au Tylenol, n’est pas nécessairement complexe. Il demande surtout une suite d’actions qu’on doit répéter un nombre suffisant de fois pour qu’on se demande si on ne devrait pas automatiser sa réalisation. La limite du Daniel San survient lorsque le temps de réalisation correspond au temps que ça prendrait de l’automatiser. Dans ces circonstances, il est difficile de prendre une décision claire sur ce qu’on a à faire.

Ouache gros cave  (GC)
L’appelation “Gros cave”, une offense classique, désigne le ouache qui insulte notre intelligence. Le GC nous est souvent imposé sans explications qui justifierait de passer au travers. Non seulement ce qu’on a à faire est ouache, mais en plus on ne voit pas son utilité. Il est ainsi doublement insultant. Le GC est donc un autre type de ouache auquel s’ajoute une circonstance aggravante. Il n’en tient parfois qu’à nous de demander des clarifications pour enlever la couche GC d’un ouache.

Ouache chronique
Le ouache chronique est un ouache pernicieux. Il s’installe souvent sans qu’on s’en rendre trop compte. La raison est qu’initialement, il est plutôt un bof qu’on remarque peu qu’on vrai ouache flamboyant. Le caractère ouache découle de la périodicité du bof. Ces actions un peu déplaisantes deviennent des ouaches à mesure qu’elles se répètent. Naturellement, la vie est ainsi faite que ces actions surviennent souvent à des moments peu opportuns où on a des choses vraiment plus importantes à faire. Idéalement, on doit être sensible à l’émergence de ces ouaches pour tenter de les régler définitivement le plus rapidement possible.

Ouache ‘n wow
De la même manière qu’il y a le yin et le yang, le wok n’ roll et le beding bedang, il y a un type de ouache qui s’accompagne systématiquement d’un wow. Un peu comme le GC, le ouache ‘n wow est un ouache d’un autre type auquel s’ajoute un aspect différentiateur. Dans ce cas, on peu lui reconnaitre un aspect constructif fort. Je dirais que la plupart des projets qui ont de l’impact, peu importe le domaine, comportent systématiquement une bonne dose de ce ouache. Ceci corrobore l’affirmation souvent entendue que “si c’était facile, quelqu’un d’autre l’aurait fait.” Quand on comprend le wow poursuivi, ce ouache est une étape obligée qu’on accepte en serrant les dents et en travaillant fort et le plus inteligement possible.

Il y en a qui disent que dans la vie, on choisit sa prison. Une façon un peu moins extrême serait de dire que dans la vie, on choisi son ouache. Personnellement, j’essaie de rencontrer le dernier type le plus souvent possible.

[Photo: Billy liar sur flickr]

Vous êtes finissants en technologie dans une université québécoise et voyez le potentiel dans une technologie pour en faire un produit. Par où commencer? Comptez-vous chanceux, tout le monde voudra vous aider. Et c’est normal, qui peut être contre la vertu? De jeunes fringants diplômés brillants qui sont passionnés pour leur bidule, tout le monde aime ça. En même temps, tout le monde doutera de vous, car ce que vous faites est innovateur. Tant que les preuves de votre modèle d’affaires ne sera pas là, le scepticisme planera au dessus de vos têtes comme un goéland prêt à vous gâcher l’allure.

Heureusement, vous êtes au Québec. De ce que j’ai pu entendre au WBT — un endroit rassemblant tout plein de gens qui font du transfert technologique — il n’y a aucun meilleur endroit en ce qui a attrait aux programmes gouvernementaux qui peuvent servir à votre projet. Des programmes de valorisation technologique, il y en a à tous les paliers, pour tous les stades de votre entreprise, pour tous les types de dépenses dans votre entreprise. À vous de savoir comment aller y puiser.

Voici comment nous nous sommes pris chez Robotiq pour décrocher 480k$ qui nous aidera à développer notre premier produit. Il y a d’autres chemins, c’est certain. En partagent le mien, j’espère rendre le vôtre plus efficace.

Pilez de l’argent
Soyez prêts à vivre quelques mois sur vos réserves si vous voulez vendre un produit. Soyez prêts à faire un peu n’importe quel contrat si votre modèle est le service. Tout ça durera le temps que vous trouviez le financement qui vous permettra de vous consacrer au développement de votre core business. Consolez-vous, si vous avez un bon comptable et que vous faites de la R&D, il sera en mesure d’aller vous chercher des crédits d’impôts RS&DE à la fin de l’année même si les salaires n’ont pas été versés à l’avance.

Sortez de l’université
J’ai adoré mes années universitaires qui ont été très stimulantes. Quand la question s’est posée si on devait rester en ses murs pour le démarrage, on a décider de sortir. Ça aide en premier lieu à vous mettre dans l’état d’esprit d’entreprise. Ensuite, ça montre que vous n’êtes pas accroché à la tétine de l’institution. Les gens reconnaissent que vous commencez à voler de vos propres ailes, que vous êtes quelqu’un, que vous pouvez opérer sans l’université.

Retournez y pour rencontrer votre bureau de valorisation
Une fois que vous avez affirmé votre existence en tant qu’entreprise, retournez à l’université pour rencontrer les gens du bureau de transfert technologique. Ces personnes connaissent bien les nuances de tous ces programmes de financement dont je parlais en introduction. Quel programme cadre le mieux avec votre projet, qu’est-ce qui est important pour les évaluateurs, quels sont les dates importantes…? Ils auront réponse à tout ça, ils en ont vu d’autres et sont en contact avec les fonctionnaires régulièrement. Ils sauront aussi vous aider à trouver le levier pour pouvoir avoir accès aux programmes de financement. Il faut savoir que, contrairement aux programmes de recherches universitaires, tous les programmes de financement d’entreprises demandent des contre-parties d’investisseurs privés.

Préparez une démo
Je vous le répète: tout le monde vous trouvera mignon avec votre technologie, mais vous lirez dans leurs yeux le doute qu’ils dissimulent poliment derrière leur crâne. Vous devez les impressionner pour être pris au sérieux. Pour ça, rien de mieux qu’un démo fonctionnel que vous pourrez transporter. Au gros minimum, un vidéo. Idéalement, si c’est possible, essayez d’avoir quelque de tangible, qui supportera votre argumentation du pourquoi cette technologie est si porteuse.

Faites vos devoirs côté marché
Autant les demandes de financement que les négociations avec l’université vous demanderont des prévisions de ventes basées sur une analyse de marché sérieuse. La première étape est de rencontrer des clients potentiels pour avoir leur avis directement. Partez avec votre démo et approchez les sous l’angle de l’étude de marché, que vous avez besoin de leur expertise. Ça les rend à l’aise et ça ouvre la discussion.  Avant des les rencontrer, préparez une liste de question à leur poser qui vous permettre de déceler la douleur que votre technologie pourrait soulager. Soyez ouverts d’esprit, ne vous acharnez pas sur la technologie. Il se peut que cette démarche la réaligne quelque peu. Au besoin, utilisez les réseaux sociaux pour bonifier. Toutes ces démarches vous constitueront une bonne base pour le moment où la technologie sera plus mature.

Ensuite, payez vous une étampe crédible, quelqu’un d’un gros bureau de consultant qui viendra valider votre travail et quantifier d’avantages votre analyse des besoins. Encore une fois, c’est beaucoup une question de perception des évaluateurs. Il existe des programmes aussi pour vous aider à payer ça.

Réglez la PI
Si la propriété intellectuelle appartient à l’université, tâchez de régler ce problème rapidement, en gardant le meilleur momentum dans les négociations. Le jeu en vaut la chandelle car ça donne beaucoup de crédibilité aux yeux de ceux qui évalueront votre projet. Ne donnez tout de même pas votre chemise: les termes de la licence doivent permettre un cashflow suffisamment juteux pour favoriser la croissance des premiers temps.

Soumettez des demandes efficaces
En premier lieu, pour ne pas perdre de temps, informez-vous s’il reste de l’argent dans le programme pour l’année en cours. Dans notre cas, les demandes étaient prêtes depuis l’automne, mais on n’a appliqué qu’en mars en prévision de la nouvelle année financière au gouvernement.

Pour la rédaction en tant que tel, essayez d’avoir des exemples de demandes qui ont réussies. N’hésitez pas à poser des questions à vos personnes contacts dans les différents programmes. Il est possible de faire 2-3 itérations avec eux avant de remettre le document final. Ils sont vraiment là pour vous aider, écoutez ce qu’ils veulent.

Mettez-y du jus de bras
Il y a beaucoup d’inertie et de friction dans ce processus. Si l’énergie est toujours appliquée dans la même direction, ça finira par bouger. Vous travaillez à avancer sur une courbe exponentielle, c’est normal que vous ayez l’impression que ça n’avance pas au départ. Mais juste de survivre et de pousser dans une direction, après un moment, de bonnes choses surviennent inévitablement.

J’étais vraiment dû! Ce blog arbore maintenant un nouveau thème, designé par Sébastien Morin et intégré par P-L Babin, deux collègues chez DuProprio. Ça va redonner un boost de motivation pour partager mes réflexions sur ce blog.

Vraiment, depuis l’arrivée de twitter dans mon quotidien, combiné au fait qu’on a un truck de pain sur la planche, c’est facile de prendre le peu de temps libre en ligne pour défiler la liste de tweets de ses contacts et de lire certains articles vers lesquels ils pointent. Je suis tombé sur un qui m’a fait réfléchir cette semaine qui disait qu’au font, quand on gazouille, on parle plus de ce qu’on fait et de ce qu’on lit que ce qu’on pense. Bref, il y a toujours place à réflexion, et ce ne sont pas les expériences d’entrepreneurs pertinentes qui manquent à partager. Faut juste prendre le temps de prendre le temps comme dirait l’autre.

Mon vieil ami Sam m’a envoyé le lien vers ce vidéo tiré de la conférence TED, wow. On y voit des créatures autonomes dotées d’une intelligence mécanique. Aucune électronique, aucune informatique. Pourtant, la bête est capable de se déplacer seule, voire de changer de direction selon du feedback de son environnement, emmagasiner et utiliser de l’énergie. Leur créateur, le sculpteur cinématique Theo Jansen, explique comment les proportions des membrures sont cruciales pour arriver au comportement désiré. Il présente aussi le cerveau, composés d’éléments de mémoires mécaniques.

Ce vidéo m’intéresse d’abord parce que les machines sont vraiment hallucinantes à voir bouger. Il me touche aussi parce qu’il met de l’avant une approche qui m’a été inculquée lors de mes études en robotique, soit d’étudier soigneusement le design mécanique d’un robot pour améliorer ses performances et en simplifier le contrôle. Ça s’applique à d’autres domaines. De nos jours, la force de calcul et la mémoire sont énormes, alors que les prix ne cessent de baisser. On saute souvent à la conclusion facile d’acheter des composantes sans se poser des questions sur la base du système. Mais le prix n’est pas tout, moins d’électronique et de code signifie souvent une plus grande facilité d’intégration, une plus rande robustesse, etc. Par ailleurs, les gens ont la perception que la mécanique est old school, qu’il n’y a plus rien à faire là, qu’on est aujourd’hui dans l’ère de l’électronique. Oui on est dans l’ère de l’électronique, mais si celle-ci contrôle de la mécanique, on ne peut pas faire abstraction de cette-dernière pour avoir un système performant.

En fait, ce principe d’intelligence mécanique nous tient tellement à coeur qu’on en a fait notre signature chez Robotiq.

revenge-nerds

J’avais 4 ans quand “La revanche des Tronches” frappait le grand écran. Ça devait être parmi les premiers films qui me marquaient à la télévision quelques années plus tard (avec Retour vers le Futur, Porky et Police Academie…) On y voyait de pauvres tronches prendre enfin leur revanche, devenir aussi cool que les sportifs en fumant du weed et en gagnant des concours de rots. La revanche a aujourd’hui bel et bien eu lieu, mais elle a été bien différente. Les Nerds ont changé de nom, se sont attardé à des domaines payants et sont aujourd’hui en train de conquérir le monde.

La marque revue et améliorée

La perception des nerds étaient tellement négative qu’il a fallu revoir la marque pour annoncer le début de la revanche. Ils allaient devenir des geeks. Alors que les nerds étaient totalement risibles, les geeks pouvaient à la limite être charmants par leur excentricité et craints pour leur savoir puissant. Ce changement de nom allait s’opérer en même temps qu’un refocus de leurs activités.

Changement des intérêts

Fini les études pour les études, le Geek allait réaliser des choses, appliquer ce qu’il sait, créer des nouvelles technologies. Il fait avancer l’électronique, puis l’informatique. C’est à ce moment que tout bascule.

L’arme ultime: l’ordinateur

Qu’est-ce qui peut être plus intéressant pour un geek qu’une machine capable de calculer?! C’était déjà merveilleux en soi mais sans le savoir, le geek venait de créer l’arme qui allait lui permettre de conquérir le monde. Finalement, une invention de leur cru allait devenir vraiment grand public, profondément utile à tous les domaines de la société et commercialement très viable. Un impact majeur de cette technologie est qu’elle leur a permis de se rassembler en communautés globales. Avec une base solide, ils partent à la conquête du monde.

La conquête du monde

Alors que tout le monde se met à utiliser l’ordinateur, les geeks sont en mesure de faire valoir leur savoir-faire. Leur connaissance de cet outil leur donne un avantage sur le reste de la population. Ils sont à la base de nouveaux segments de l’économie très lucratifs, qui font tomber d’autres segments entiers.

Alors que les artistes et les nerds ne faisaient pas bon ménage, le geek s’immisce sérieusement dans la culture. À tel point qu’aujourd’hui, le loisir geek par excellence, le jeu vidéo, est le plus grand média de création culturelle.

Plus récemment, le geek a causé un tsunami dans les façons de communiquer. Alors que  le nerd était inapte socialement, le geek a redéfini les façons d’interagir avec les autres et en est devenu un expert. Aujourd’hui, tout le monde leur emboîte finalement le pas. Ça m’a frappé la semaine dernière quand j’ai vue un bulletin de CNN qui invitait les spectateurs à twitterer avec eux. Plus tard dans la journée, je regardais un match de la soirée du hockey à CBC sports, un bastion anti-nerd il y a quelques années, qui eux aussi faisait la promotion de tous les médias sociaux.

Geeks et sans complexe: ils ont maintenant leurs champions.

Le nerd devait se sentir bien seul à son époque, sans communauté ni modèle. Aujourd’hui, des champions geeks tel que Bill Gates, Larry Page et Sergey Brine, sont parmi les personnes les plus riches et influentes du monde. Leur succès permet non seulement aux geeks de rêver, mais contribue aussi à faire évoluer le monde corporatif pour en faire un milieu qui leur est plus hospitalier.

Et à une époque où tout le monde prône l’innovation, la table est bien mise pour qu’ils continuent de s’épanouir pendant encore plusieurs années.

Suite à mon article de la semaine dernière sur la présence web des laboratoires universitaires, j’ai eu quelques commentaires et emails qui méritent une réponse plus approfondie que voici:

Que pensez-vous des sites de réseaux sociaux scientifiques?

Je crois que ça dépend des sites. Personnellement, je n’en utilise pas mais je ne suis plus véritablement dans le monde scientifique. Ce que j’aimais moins du modèle de publications et de conférences, ce sont les délais. J’imagine que ces sites peuvent permettre des interactions plus fréquentes et générer des collaborations.

Quel service de bibliographie choisir?

Un qui est sûr de ne pas disparaître, c’est BiBTeX. D’ailleurs, je suis catégorique que tous les scientifiques devraient utiliser LaTeX pour leurs publications. BiBTex n’est pas un service de bibliographie mais le fichier texte peut être diffusé et partagé. Sur Mac, BibDesk est bien utile pour générer les fichiers de façon intuitive.


Où et comment garder une image professionnelle? En quoi nos photos de nos partys de Noël sont pertinentes à être accessible ouvertement?

De plus en plus, les gens réalisent que de faire les choses sérieusement ne veut pas dire nécessairement se prendre au sérieux. La perception des gens dépend des domaines et aussi des pays. Le plus important je crois est de refléter l’ambiance qui règne au labo, surtout pour le recrutement.

Comme nous faisons de la recherche dans un milieu compétitif, je ne veux pas nécessairement que tous les labos de mon domaine soient au courant de nos nouvelles idées, et nous scoopent!

En entreprise comme en recherche, dans l’utilisation du web, il faut faire attention de ne pas dévoiler les idées avant de les avoir appliquées. Une fois l’idée développée et soumise, je suis d’avis qu’il faut ouvrir les valves. Il y a deux approches: partager l’information et risquer de tomber sur des gens qui veulent vous aider, ou garder tout pour soi en espérant avoir le temps et les ressources pour tout faire soi-même. Je crois que les problèmes scientifiques sont de plus en plus complexes et que les problèmes les plus pertinents doivent être adressés par des communautés entières. Plus vous diffusez d’information, plus vous risquez que les gens utilisent vos recherches comme référence, ce qui en soi est le but quand on recherche. Par ailleurs, si de diffuser des idées générales permet à des gens de vous scooper, c’est peut-être signe que votre expertise n’est pas assez pointue, ou que les contributions sont trop mineures?

Devrais-je mettre nos présentations/affiches de ce que nous avons présenté lors de congrès? Voudrais-je vraiment que tout un chacun y ait accès?

Pourquoi pas? Il me semble que le but de faire de la recherche n’est pas de garder les trouvailles pour nous, mais plutôt de contribuer à l’avancée des connaissances dans votre domaine. Au passage, vous êtes cités, votre crédibilité augmente, vous risquez d’attirer des collaborations, des subventions… et la roue tourne. Considérez que certaines universités (dont le MIT) vont jusqu’à présenter les cours en intégralité et gratuitement. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour devenir des nœuds majeurs dans le réseau de la recherche.

Est-ce que d’avoir trop de contenu ne vient pas noyer les documents plus intéressants pour les étudiants comme les photos et les vidéos?

Les différents types de documents servent à attirer des visiteurs qui recherchent de différentes façon. Le texte est bien indexé, comme les images. Il y a moyen de présenter tout ça de façon ordonnée pour rester attirant pour un étudiant potentiel, et être pratique pour celui qui cherche l’information de façon ponctuelle.

labo

Tous les professeurs de labos universitaires comprennent le rôle de leur site Internet pour informer le grand public et surtout, pour recruter de nouveaux étudiants. À mon avis, il y aurait moyen d’améliorer ces deux aspects, en plus de deux autres qui sautent moins au yeux mais qui sont aussi importants:

  • Augmenter les citations de publications du laboratoire, ce qui augmente l’équivalent du PageRank pour les professeurs.
  • Souder la communauté d’étudiants anciens et présents.

Ayant eu un bon moment un pied dans un labo universitaire et l’autre dans une entreprise web, je me suis souvent dit qu’un professeur avec un minimum de motivation pourrait retirer des bénéfices intéressants d’une meilleure présence web. Voici donc quelques suggestions à l’intention de mon alma mater, de mes anciens collègues aujourd’hui devenus professeurs ou de tout autre professeur intéressé d’utiliser le web comme levier pour ses activités recherches.

SEO

  • Le contenu prime - Comme n’importe quel site, celui d’un lab doit avoir du bon contenu. Ça tombe bien, les chercheurs / professeurs produisent beaucoup de contenu de qualité. Le chercheur aura avantage à présenter le plus possible de ce contenu relié à ses travaux: Notes de cours, publications lorsque possible, présentations power point, forum ou wiki interne, bibliographies, etc. Concernant ce dernier point, il peut s’agir de bibliographie des publications du labo, ou comme le fait Jean-Pierre Merlet, de bibliographie issue de la veille qu’il effectue dans son domaine. Plusieurs fois durant mon doc je suis tombé sur des pages du genre en cherchant des publications. Si c’est une bibliographie interne, on peut faciliter la tâche des gens qui veulent nous citer en leur donnant tout cuit dans le BiBTeX.
  • Règles de SEO de base - Sans se lancer dans des optimisations comme une entreprise, il vaut la peine de respecter quelques règles SEO de base pour organiser et mettre en valeur ce précieux contenu. De plus, les réseaux sociaux peuvent s’avérer d’une grande puissance pour donner de la crédibilité web à votre site.

Réseaux sociaux

Les réseaux sociaux peuvent remplir plusieurs fonctions pour votre laboratoire: faire parler de vous sur le web, montrer la vitalité de vos recherches, rassembler des anciens qui se sont perdus de vue, recruter des étudiants, etc. Mettez vos comptes sur des réseaux sociaux bien en vue sur le site du labo. Voici quelques suggestions et leurs utilités.

Les valeurs sûres:

  • YouTube, Flickr - Pour diffuser vos vidéos et vos photos — que vous avez déjà de toute manière — à grande échelle. Plusieurs recherches de documents multimédias se font sur ces sites. En identifiant les vôtres avec les bons mots-clés, vous pouvez tirer pas mal de trafic. Pourquoi ne pas faire un channel youtube comme RoMeLa?
  • Slideshare - Faites vivre tous ces powerpoints qui ne sont présentés qu’une seule fois. Ce site est drôlement bien indexé et pourrait vous faire sortir sur Google sous certains mots-clés que vous désirez. Faites le test en lancant une recherche “robotique québec“…

Les extras:

  • CiteULike - Pour rassembler et partager les citations de tout le monde qui travaille au lab.
  • Linkedin - Créer un groupe pour permettre aux anciens de renouer contact. En réactivant ce réseau, ça ne peut que générer de l’action autour du lab.
  • Facebook - Créer un groupe facebook et le publiciser pour permettre aux futurs étudiants de voir la vie qu’il y a au labo.
  • Twitter - Créer un compte twitter et le tenir à jour demande peu de temps. Encore une fois, ça permet de montrer qui est derrière le lab, lui donner un côté humain, surtout pour les éventuels étudiants.

Il n’y a pas de secret, ça prend aussi un site actif. Les étudiants ont plein de volonté et d’énergie pour tenir ça à jour. Comme peu de laboratoires mettent l’emphase là-dessus, l’environnement est peu compétitif et quelques actions bien alignées pourraient vous permettre d’attirer les regard des gens sur ce que vous faites, que ce soit des collègues qui risquent de vous citer, des étudiants potentiels, la blogosphère ou les journalistes. Et tout ça moyennant un petit investissement: seulement un peu de jus de bras.

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Il est sous entendu que “plus gros” implique des économies d’échelles. Elles peuvent être identifiées relativement facilement: on augmente le volume d’achat donc notre fournisseur baissera notre prix, on rassemble des opérations à un endroit donc on élimine des coûts, etc. Tout est bon, on est content.

Ce qui est plus difficile à réaliser et encore plus à quantifier, ce sont les inefficacités qui arrivent par la bande lorsqu’une organisation grossit. Voici ci-bas 4 sources d’inefficacité que j’ai pu expérimenté dans les organisations en tant que participant ou en tant que client. Des pistes de solutions pour les réduire sont suggérées.

  1. L’apparition du “ils”
    Le “ils” est un concept qui est mentionné dans “The Art of Innovation“. Cette lecture mettait le doigt sur un phénomène que j’observe à mesure que les entreprises grossissent. Celle-ci passe d’un noyau soudé pour former des sous-groupes, comme lors d’une division cellulaire. Dès lors, les sous-groupes peuvent parler du ils faisant parti d’un autre groupe: ils (les ventes), ils (la direction), ils (les programmeurs)…

    Le “ils” devient assez abstrait pour inciter les “autres” à ne pas vouloir les comprendre. Les tensions entre les sous-groupes sont anti-productives. Il y a déjà des centaines d’autres personnes –  compétiteurs -  qui travaillent contre l’organisation de l’extérieur. Dans un confort illusoire dans lequel baigne l’équipe, on perd parfois notre temps à travailler les ils contre les autres.

    Les ils et les autres vivent des observation différentes d’une même entité: l’organisation. Il s’agit donc d’entretenir les ponts et de rallier les gens autour de buts communs.

    Ça semble bête, mais il faut permettre aux gens de se parler. Dans un sens un panier de basket dans le stationnement ou un tournoi de poker fait le travail. Pour les équipes réparties sur plusieurs sites, ce défi est considérable.

    Il faut aussi s’assurer d’avoir des gens crédibles chevauchant plusieurs groupes. Ceux-ci comprennent les différentes réalités et sont des ambassadeurs d’un côté comme de l’autre.

  2. Surcharge
    La circulation automobile est une bonne analogie pour comprendre la surcharge. Le réseau a une bonne capacité. En général, tout va bien…. jusqu’à ce qu’on imprévu survienne. Il y a alors un effet domino qui paralyse tout.

    En entreprise, les imprévus sont affaires courantes. En ayant trop de tâches qui tombent sur trop peu de gens, on court vers l’inefficacité.

    Il faut, dans le feu de l’action, être assez sensible à ce qui se passe pour ne pas glisser dans des situations insoutenables.

  3. Bruit dans la communication
    Quand une organisation grandit, il y a toujours le risque de perdre de vue qui fait quoi. Cette confusion entraîne l’information dans un flou cosmique. Les craques du plancher s’élargissent et de plus en plus de choses importantes y tombent pour y rester.
    En physique, à chaque transfert d’énergie, il y a de la perte. De la même manière, chaque transmission d’information analogique implique une perte. Quand les échelons s’additionnent, on peut avoir une distorsion de l’information.

    Les outils de collaboration (wiki, basecamp, etc.) peuvent donner un bon coup de pousse là-dessus, à condition de s’entendre sur comment s’en servir et de s’y tenir.

  4. Augmentation de l’inertie
    Alors que les problèmes de communications peuvent s’apparenter à de la friction, l’augmentation de l’inertie d’une entreprise serait plutôt la cristallisation des façons de penser, des méthodes de travail et des outils utilisés. Plus une organisation avance dans une direction, plus elle aura de la difficulté à modifier ses méthodes. Le coût pour les changer semblera toujours énorme pour les bénéfices qui sont escomptés.

    C’est pourquoi il faut préconiser la flexibilité. L’adaptabilité et la diversité suffisante sont essentielles à la survie du vivant sur terre. C’est la même chose pour les organisations. Il faut éviter de se verrouiller dans des technologies au futur incertain. Il faut aussi cultiver l’ouverture d’esprit sur les méthodes d’affaires. La meilleure façon pour ça est à mon avis d’aller se chercher des jeunes, compétents et gonflés à bloc.

Gérer la croissance d’une organisation pose de bons défis. On le vit en ce moment chez DuProprio plus que jamais. Le fait que les très grandes entreprises ou que les gouvernements fonctionnent dépasse mon entendement.

Dans une ancienne vie, au Laboratoire de robotique de l’Université Laval, j’étais perpétuellement stupéfait de voir la qualité du travail qui se faisait, de façon très autonome, sans aucune pression externe. Ce qui permet ça est évidemment la qualité des gens qui y travaillent, mais aussi la grande indépendance des projets les uns par rapport à ceux des autres. Les gens ne collaboraient ensemble que pour des points bien précis, puis retournaient à leurs affaires.

De la même manière, je suis toujours impressionné de la façon dont un arbre grandit, sans coordination d’un système nerveux central, comme les animaux ou les entreprises.

La meilleure façon que je vois de grandir son organisation un santé est de s’entourer de gens meilleurs que soi et de leur faire confiance. Il est illusoire de penser pouvoir tout contrôler. Plus l’entreprise grandit, plus on devient incompétent dans chacune de ses fonctions. Ils faut donc avoir de bons alliés et se donner les outils pour avoir une bonne vue d’ensemble.

[photo: foxypar4 sur flickr]

Ça y est, l’équipe de dev de DuProprio vient d’accoucher de la nouvelle version du site de location. Devant le chaos qui avait accompagné le développement des différents projets toute l’année dernière (du type tout est encore plus prioritaire que ce qui est prioritaire), j’ai été séduit par la sirène de la méthode agile. Armé du livre Scrum and XP from the Trenches sugéré par Nicolas de chez Wanted, on a mis sur le feu le premier projet à être réalisé à la sauce agile chez DuProprio.

La méthode agile est très simple conceptuellement. On peut l’aborder de différents angles, selon la nature de nos projets. Les grandes lignes de comment on s’y est pris:

  • Deux équipes — Chez DP, on doit vivre avec le fait qu’il y a aura toujours des cheveux qui arrivent sur la soupe (bugs, campagnes de pub à intégrer, opportunité à saisir, etc.) Réaliser en parallèle des projets et régler des problèmes courts termes, ça devient très étourdissant et très peu productif. On a donc séparé l’équipe en deux,  une pour les affaires courants, l’autre qui peut se concentrer sur le sprint.
  • Basecamp — Cette application web est utilisée pour centraliser les échanges et gérer les échéanciers, colliger les choses à faire. Dans le cadre du scrum, on s’en est servi seulement pour discuter et logger les heures (pour comptabilité). Les développeurs ont aussi séparé les grandes tâches en to-do plus digestibles.
  • MindmapMindomo a été utilisé au départ pour la planification, discuter avec la direction des priorités et de ce qui allait être inclus dans le sprint. C’est une façon très visuelle et intuitive d’avoir une vue d’ensemble et de changer l’ordre durant la planification. Au départ, les objectifs d’affaires ont été discutés. Les programmeurs ont pu repartir de ça pour traduire en actions techniques.
  • Gros tableau — Avec des aimants dans une salle. Sur chaque aimant une tâche assez macro (1/2 à 5 jours)
  • Planning poker - Pour estimer la durée de chaque action au départ.

Globalement, l’expérience a été positive. Ce que j’aime de l’approche:

  • Focus sur l’essentiel — On a tous la même maladie de bouillonite cervicale. C’est bon la créativité, mais à un moment il faut canaliser. Une fois le but clairement établi (dans ce cas-ci c’était de simplifier au maximum), toutes les discussions divergentes peuvent se régler. C’est vrai autant dans les discussions avec la direction qu’au sein de l’équipe de dev. Comme le temps de projet est fini, on coupe court aux solutions fonctionnelles et on se débarrasse de ce qui, au fond, ne compte pas vraiment.
  • Prise en charge par l’équipe — Ceux qui ont travaillé avec moi savent que je ne suis pas du type à mettre de la pression, pour le meilleur et pour le pire. La beauté de la méthode agile, c’est que toute l’équipe prend possession du projet. Les estimés sont effectués de façon démocratique au départ, puis on se voit une fois par jour. Tout le monde est autonome mais a des comptes à rendre le lendemain matin à toute l’équipe.
  • L’effet démo — Tout sprint se termine par une démo à qui veut bien la voir dans l’entreprise. C’est un aspect qui semble anodin mais qui est d’une subtile puissance. Ça m’a toujours irrité de voir comment on se force pour des comptes à rendre à l’externe mais qu’on est moins rigoureux envers nous-mêmes. Avec une démo, on se trouve à extérioriser le reste de l’entreprise et ça motive à faire quelque chose de fonctionnel à temps. C’est aussi valorisant pour l’équipe de dev, et très positif de passer l’information horizontalement dans l’entreprise.
  • Partage des connaissances — L’idée de la méthode agile, c’est que tout le monde devrait être capable de tout faire. Pour que le projet avance, certains doivent quitter leur zone de confort et en apprendre des autres. À long terme, je crois que c’est très positifs pour une organisation.

Comme n’importe quelle première expérience, il y a des choses qu’on aurait aimé faire autrement, mais on ne le sait pas tant qu’on ne l’a pas fait. Ce qui a été plus difficile:

  • N’importe qui ayant construit ou rénové une maison sait que la finition est toujours plus longue que le rough. Au début, on peut avoir le mirage qu’on avance vite alors que ce n’est pas le cas. Il y a pleins de détails qu’on n’a pas su prévoir et qui ont causé des retards.
  • Dans le même ordre d’idée, comme tout est inter relié, j’ai trouvé difficile de définir ce qu’on peut considérer comme “terminé”.
  • On aurait aussi dû séparer le travail en action un peu plus courtes. Plus les durées sont longues, plus l’incertitude grandit. 3 jours devrait être maximal.

Utilisez-vous ces méthodes dans votre organisation? L’utilisez-vous à autre chose que pour de la programmation? Je suis curieux de connaitre vos expériences ou conseils.