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L’ami Redg m’envoie un lien sur les consultations pré-budgétaires où madame rigueur nous demande notre avis sur le prochain budget du Québec. Je trouve que c’est une très bonne initiative de leur part pour rendre le Système un peu plus participatif (Il y a même un lien pour partager sur Facebook à la fin). Je viens d’aller lui donner mon avis, du point de vue de l’entrepreneur technologique impliqué dans des entreprises à différents stades. Dans mes commentaires, j’abonde dans le même sens qu’un article que j’ai lu aujourd’hui sur le manque de fond d’amorçage qui mine la base de notre économie du futur.

Ce que je me rend compte, c’est qu’il y a un fossé pour des gens qui veulent démarrer une entreprise technologique au Québec. Ce fossé nommé amorçage se dresse entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise qui est démarré et qui a ses premières ventes.

  1. Financement de la recherche - Il se fait de la recherche de grande qualité au Canada dans les universités et les centres spécialisés. Des montants de nos taxes importants sont investis. C’est là que les technologies disruptives naissent. Je ne parle pas des inventions qui ne font que itérer sur les précédentes, mais bien celles qui nous feront faire des grands bonds. De ces inventions peuvent naître des industries entières. Le travail de recherche des universités est de faire une base variée et de qualité à la pyramide de l’innovation. Tout en haut de cette pyramide, il y a les technologies qui finissent par un succès commercial. Pour une de ceux-là, il y a des années-chercheurs entières, des centaines d’inventions. C’est comme dans le sport: ça prend des millions de joueurs amateurs pour fournir la crème aux rangs professionnels. À mon avis, ce travail est bien fait au Canada, cette notion est comprise depuis un moment. (Bien que les Conservateurs ne comprennent rien à la valeur de la recherche fondamentale, à la base de tout ça.)
  2. Amorçage - Fossé.
  3. Financement d’une entreprise qui a des ventes - L’entreprise a des ventes, donc elle a quelque chose à vendre. Ses besoins en R&D sont moindres, toutes proportions gardées. Elle a accès à du financement plus conventionnel car les créanciers ont quelque chose sur quoi se rattacher.

Une entreprise au stade d’amorçage technologique, c’est une petite tortue de mer qui vient de craquer sa coquille et qui court de toutes ses forces avec un moyen de locomotion mal adapté vers l’océan. Le temps presse car elle est une proie facile. Une fois rendue dans l’eau, tout ne sera pas joué, mais un stade critique et dangereux sera derrière elle. L’analogie de cette course sur la plage est la période de l’entreprise où elle devra investir quelques 100k$ en R&D et en pré-commercialisation.

Tout le monde louange les entreprises technologiques qui créent des emplois de qualité. D’un autre côté,  personne n’ose y investir durant le stade d’amorçage. Comment donc devrait se financer une entreprise technologique?

  • Avoir déjà de l’argent?
  • Aller chercher du capital de risque avec aucun produit dans le portfolio, aucune vente dans le carnet?
  • Faire de la consultation pour aller chercher de l’argent à la miette, des projets qui n’avancent pas la technologie qui serait éventuellement réellement payante pour l’économie?
  • Ou via un fond gouvernemental dédié à l’amorçage bien adapté à la réalité?

Je souligne le bien adapté à la réalité car les selon cette lettre, en 2006-2007, les trois fonds les plus actifs au stade de l’amorçage avaient financé seulement huit projets dans tous les secteurs technologiques au Québec. Donc quand madame Jérôme-forget me demande ce que je ferais à sa place, il y aurait certainement une partie de cet article dans la réponse.

Êtes-vous aussi saturés que moi? Parfois je me sens inondé par tout ce qui m’entoure. Voici pourquoi à mon avis on vit à l’époque du “trop”, et qu’est ce que ça implique si comme moi vous travaillez à rajouter des produits dans un monde où il y en a déjà trop.

  • Trop d’information
    À partir du moment où je me lève et jusqu’au moment où je me couche, je peux m’abreuver sans cesse d’information: télé devant mon bol de céréal, radio dans l’auto, Internet le midi en mangeant et on fait le chemin inverse jusqu’au dodo. Un des plus gros défis, autant personnellement que pour les organisations, est de gérer la quantité d’information qui peut être utile et qui croit exponentiellement. On vit dans dans un chaudron de soupe d’information qui déborde et qui bouillonne. L’information est une commidité: ça ne coûte plus rien de prendre 2000 photos ou de remplir des pages de documents. Nos ordinateurs permettre de l’accumuler. Contrairement à nos cerveaux, ils ne font pas nécessairement le tri entre ce qui est utile ou pas. Ça a l’avantage et l’inconvénient de tout pouvoir conserver. Il faut fair de la veille d’information, l’archiver, se créer des automatismes pour être capable de la retrouver plus tard.
  • Trop de pub
    S’il y a trop d’information, que penser de tous ces messages qui contiennent de l’information à laquelle on n’est même pas intéressé et qui nous saute en pleine face? La boucle de feedback nous sile les oreilles comme dans un test de son: il y a plus en plus de pub, donc elle fonctionne moins bien, donc on fait plus de pub pour compenser, qui la rend encore moins efficace… Toute cette volonté de nous stimuler finit par tapper sur les nerfs. Comme plusieurs j’en suis certain, je zap automatique à l’arrivée d’une pub, peu importe le média.
    C’est pour cette raison qu’il faut utiliser tous les nouveaux outils pour rétablir la communication avec nos partenaires d’affaires et clients potentiels. Au fond, il s’agit de relations, comme bien d’autres.
  • Trop d’opinion
    Je viens de lire un autre bon article de Paul Graham, qui estime que si les débats politiques et religieux partent en couille, c’est que tout le monde peut se faire une opinion de ces questions sans en être un expert. Il dit qu’on prend ça à coeur parce que ces idées font parties de notre identité et qu’on n’a incidemment pas le choix d’être partisan. Et bien c’est peut-être que les gens aiment la pensée en kit (”je suis de gauche”, “je suis de droite”) et qu’on valorise l’expression personnelle, mais je trouve que beaucoup se permettent une opinion sur n’importe quoi, sans nécessairement savoir de quoi ils parlent. Comme le monde est de plus en plus complexe et rapide, on devrait se garder une petite gêne et accepter de ne pas se prononcer sur tout.
  • Trop de gadgets
    J’entretiens une relation d’amour/haine avec la technologie. Autant je me passionne pour les applications astucieuses, autant je suis allergique à une technologie qui fonctionne mal. Ce n’est pas parce qu’on peut faire quelque chose techniquement qu’on se doit de le faire.

    Les automobiles sont un des pires exemples à ce niveau. Je ne veux pas autant d’électronique dans ma voiture car elle ne me procure presqu’aucune satisfaction et qu’elle provoque une grande frustration lorsqu’elle met ma batterie à terre par une nuit à -30C. Non, je ne veux pas de coffre à gant qui refroidit mes boissons. Plus de bébelles = plus de risque de bris, donc plus de risque d’irritation. Des exemples similaires se retrouvent par centaines dans le monde du logiciel. Plus il y a de gadgets et de fonctionnlités mal intégrées, moins on a confiance envers la machine.

Comment faire donc, pour participer au monde sans en rajouter sur le tas? En tant qu’entreprise, on fait comme Google, Apple avec le iPhone ou 37signals: on encapsule la complexité dans une interface simple d’utilisation, qui répond à un besoin réel. Les gens y touchent, comprennent comment utiliser et ressentent une satisfaction intantannée. On augmente leur bonheur et réduit leur niveau de stress. Ils nous aiment et tout le monde est content.

Et au niveau personnel? De mon côté je me rabat sur des plaisirs les plus simples et dénudés de complexité: sport, famille, amis, aller dans le bois. Pourquoi la nature est si complexe mais qu’elle ne nous stresse pas comme la complexité fabriquée par les hommes?

[image: cobalt123 sur Flickr]

Février 2010: Voir une mise-à-jour sur la robotique au Québec.

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On a rencontré plusieurs personnes dans les derniers mois. Voici un répertoire des principaux acteurs en robotique au Québec.

1. Recherche

1.1 Universités

Plusieurs laboratoires de niveau mondial. Consultez les liens pour avoir une idée de leurs travaux de recherche.

1.2 Centres de recherche et de transfert

Assistent entreprises quand leur projet est trop risqué pour un intégrateur.

  • Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ)
  • Centre de robotique et de vision artificielle (CRVI)
  • Centre des technologies de fabrication aérospatiale (CTFA)
    R&D de solutions robotiques poussées pour l’industrie aérospatiale canadienne.
  • Institut de recherche d’Hydro-Québec
    L’endroit le plus impressionnant en robotique au Québec, à part peut-être l’Agence Spatiale. Plusieurs projets très complexes pour inspecter et réparer les installations d’Hydro-Québec, qui lui sauvent des millions à chaque année en évitant des interruptions de services.
  • Agence Spatiale Canadienne
    Utilisateurs du fameux Bras Canadien et de Dextre. Viennent de recevoir un budget supplémentaire de 100M$ exclusivement pour la robotique. C’est considérable puisque le budget de l’Agence est de 300M$ depuis plusieurs années.

2 Entreprises

2.1 Intégrateurs

Ils semblent bien occupés à en juger ce dossier dans les affaires. Il y en a une multitude. Voici certains que j’ai rencontré au RV de l’automatisation 2008. Pour une lsite plus exhaustive, consultez le regroupement des équipementiers en automatisation industrielle.

Intégrateurs en vision qui s’associent à des intégrateurs pour des solutions complètes.

2.2 Fabricants

Tous les grands manufacturiers de robots industriels ont des représentants au Québec.

D’autres entreprises de périphériques ou de logiciels sont basées au Québec.

  • ServoRobot
    ServoRobot fabrique des outils de production destinés à l’optimisation des procédés robotisés d’assemblage et de manutention.
  • Jabez Technologies
    Logiciel de programmation de robots à partir de CAD.
  • Robotiq
    Startup où je travaille, fabricant de composantes robotiques.
  • Collineo
    Fabricant de plates-formes mobiles sur mesure.
  • Robomotio
    Malgré des produits intéressants, quelques contrats et une base de chercheir intéressante, l’entreprise semble avoir fermé ses portes.

Présentation sur la robotique au Québec.

SitoVote

Le gouvernement canadien vient de dévoiler son très attendu budget 2009. Les médias vont sortir tous les problèmes, voici certains points intéressants de mon point de vue.

Éducation / Recherche

  • Dans le budget de 2009, le gouvernement ajoute aux investissements annoncés dans les deux budgets précédents en affectant une somme additionnelle de 87,5 millions de dollars sur trois ans, à compter de 2009-2010, aux conseils subventionnaires fédéraux. Ces fonds serviront à élargir temporairement le programme des Bourses d’études supérieures du Canada, qui vient en aide aux meilleurs étudiants canadiens des cycles supérieurs. Ce montant se répartit comme suit : 35 millions par année aux Instituts de recherche en santé du Canada, le même montant au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et 17,5 millions par année au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Ces fonds permettront d’offrir 500 bourses de doctorat additionnelles pendant trois ans à compter de 2009-2010, et 1 000 bourses de maîtrise de plus en 2009-2010 et en 2010-2011. La valeur de chacune de ces bourses est évaluée à 35 000 $ par année au niveau du doctorat et à 17 500 $ au niveau de la maîtrise. Les bourses d’études accordées par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada cibleront les diplômes liés aux affaires.
  • Le budget de 2009 consacre jusqu’à 2 milliards de dollars en vue d’appuyer les projets  d’entretien et de réparation qui avaient été reportés dans les établissements postsecondaires.
  • Plus d’argent à la Fondation canadienne de l’innovation. De façon à accélérer les investissements dans les installations et le matériel de pointe, le budget de 2009 prévoit 150 millions de dollars afin d’accroître le financement destiné aux projets jugés méritoires dans le cadre du Concours 2009 du Fonds de l’avant-garde et du Fonds des initiatives nouvelles. En outre, le budget de 2009 affecte 600 millions de dollars pour des activités futures de la Fondation, notamment la tenue d’un ou de plusieurs nouveaux concours d’ici décembre 2010, dans des secteurs définis comme prioritaires par le ministre de l’Industrie, en collaboration avec la Fondation et orientés en fonction du plan stratégique de celle-ci.Gros projets qui auront des montants substantiels: Institut d’informatique quantique, Stratégie du grand nord, modernisation des labo fédéraux,  inforoute santé du Canada, réseau large bande dans communautés rurales.
  • Accorde 110 millions de dollars sur trois ans à l’Agence spatiale canadienne à l’appui du développement d’applications de robotique avancée et d’autres technologies spatiales. Le Canada est un chef de file dans le domaine de la robotique (conception et construction de robots) pour l’industrie spatiale, et il est bien connu pour son Canadarm. L’Agence spatiale canadienne joue un rôle important à cet égard en collaborant avec le secteur privé afin d’appuyer la recherche de pointe, le développement et le prototypage pour les technologies spatiales. Le budget de 2009 accorde 110 millions de dollars sur trois ans à l’Agence pour qu’elle puisse contribuer à la mise au point de prototypes terrestres d’astromobiles comme le Mars Lander et le Lunar Rover et poursuivre le développement d’autres technologies et de la robotique spatiale. (Signe que Marc Garneau est rendu à Ottawa…?)
  • Prévoit un financement de 28,6 millions de dollars, sur les deux prochaines années, destiné au Fonds des nouveaux médias du Canada, et de 14,3 millions par année par la suite.

Entrepreneuriat

  • Fournit 30 millions de dollars sur deux ans au Réseau Entreprises Canada et 10 millions à la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs.
  • Accorde 200 millions de dollars sur deux ans au Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada pour permettre l’expansion temporaire de ses initiatives visant les petites et moyennes entreprises.

Orignal albinos

23.01.2009

OK, complètement hors sujet, mais juste terriblement original: un orignal albinos photographié en Beauce, Québec, Canada, par un ami de mon père:

Photos grands formats su mon compte Flickr

De la même manière que Yvon Deschamps peut faire des blagues sur les Vieux parce qu’il a les cheveux blancs, je me permet de faire un portrait du gars technique en étant un moi-même. Le gars technique est un ingénieur, un programmeur, un DBA, un physicien, etc. Quelqu’un qui passe ses journées à concevoir et interagir avec des objets ou des programmes. Cet auto-portrait stéréotypé pourra aider d’autres types de personnes à nous comprendre. Il pourra aussi servir aux autres, comme à moi, à se regarder dans le miroir et à se dire que parfois, on n’a pas aussi raison qu’on aime le penser.

Le gars technique:

  1. Aime avoir raison et surtout, n’aime pas avoir tort.
    Le gars technique est intelligent et il le sait. Généralement, il s’en tirait bien à l’école ou nourrissait une passion parallèle dans laquelle il excellait. Depuis des années, il est conditionné à trouver la bonne réponse. Tellement qu’il en a fait une profession. Il est donc normal qu’il aime avoir raison.Autant il éprouve une réelle satisfaction à trouver la solution pour régler un problème, autant il se frustre devant une machine qui refuse d’obéir. À force de passer ses journées à parler aux machines, il transpose parfois ces réactions aux humains qu’il côtoie.

    Le gars technique a toujours la meilleure solution. Il reçoit toujours un autre gars technique en se disant que sa propre solution est la meilleure. Ainsi, une discussion de plusieurs gars techniques sur la méthode à choisir pour régler un problème peut parfois vexer les égos.

  2. Trouve souvent que parler est une perte de temps.
    Le gars technique parle le langage des mathématiques, de la physique, de la programmation, des schémas et des graphiques. Ce sont des langages précis et denses.Pour lui, les mots sont inefficaces. Ils sont flous, sujets à l’interprétation. En plus des mots, il y a ceux qui les disent. Souvent trop de mots sont dits, hors sujets. Comme le gars technique comprend vite, il n’aime pas quelqu’un qui répète. Tout ça devient encore plus intolérable pour lui lors d’une réunion regroupant trop de personnes.

    Le gars technique est dans le jus, donc il n’aime pas l’inefficacité.

  3. Voit des analogies entre les systèmes et les autres aspects de la vie.
    À force de schématiser et de modéliser, il en vient à voir le monde ainsi. Il reconnaît des comportements de systèmes physiques dans des systèmes humains: contrôle de procédé dans la gestion d’une équipe, fréquences naturelles dans l’achalandage d’un site web, théorie Darwinienne dans le succès d’une équipe diversifiée, compare le cycle de vie des étoiles à celui des entreprises… Bon, OK, ça c’est peut-être seulement moi.
  4. Hait la paperasse.
    Comme il est pas mal dans sa tête, le gars technique n’aime généralement pas sortir d’un moment de concentration pour avoir à s’occuper de préoccupations très terre-à-terre. La paperasse que sont les formulaires et les factures représentent pour lui le démon.
  5. Ne supporte pas la bullshit.
    Il prétend ne pas pouvoir bullshitter dans son travail parce que ce qu’il fait ne s’adresse pas directement à un autre humain. Il peut tourner son code, ses calculs ou son design pour que ça marche à peu près mais il sait que tôt ou tard, ça va péter. Le gars technique consciencieux s’exige donc de ne pas bullshitter. Il est insulté que d’autres ne s’imposent pas cette même rigueur.
  6. Est (trop) cynique.
    Le cynisme du gars technique est alimenté par plusieurs sources.Tel que mentionné précédemment, il aime avoir raison. Il est donc frustré de se faire imposer des décisions qu’il ne juge pas les bonnes. Ceci est accentué par le fait que des choix qui paraissent anodins pour des décideurs ont parfois un impact considérable sur le travail que lui a à accomplir. Il considère que les décideurs n’ont parfois simplement pas les connaissances pour prendre des décisions éclairées. Il voudrait lui aussi décider. Lorsqu’il commence à décider dans son travail, il est parfois nostalgique des journées à être dans sa bulle à faire du travail concret.

    Le point précédent sur la bullshit contribue aussi au cynisme du gars technique. Tous ceux qui bullshittent viennent ajouter du poids au cynisme. Il s’agit généralement, en partant du plus important: du politicien, de l’homme d’affaire sans valeur, du publicitaire ou encore de l’avocat verreux. En fait, il trouve injuste que toutes ces personnes, qui selon lui n’apportent pas autant que lui, soient plus riches et mieux vus que lui. Pourtant, dans le choix de son emploi, l’argent n’est pas nécessairement son premier critère. Il porte en effet une attention particulière aux défis techniques qui l’attendent de même qu’aux compétences de ses compatriotes.

    Ce cynisme est vécu différemment selon le gars technique. Pour certains, il vont prendre ça en riant de toutes les situations absurdes de la vie. Pour d’autres, le cynisme va empoisonner leurs coeurs et les rendre aigris, pour le plus grand malheur de leur entourage et d’eux-même. D’autres enfin passent à l’action, prennent le taureau par les cornes et s’organisent pour influencer le monde autour d’eux.

  7. Fait parfois des blagues utilisant des notions techniques.
    Les procédés humoristiques utilisés sont généralement l’exagération d’un phénomène qui devient impossible, ou encore l’attribution d’un terme technique à une personne ou une situation. Ces blagues provoquent au mieux un rire de faible intensité chez ses collègues qui le comprennent. Si des personnes non techniques sont aussi en mesure d’entendre la blague, le sentiment provoqué chez eux est plutôt le malaise. En fait, à bien y penser, ces blagues sont rarement bien drôles.
  8. Est un gars.
    Les emplois d’ingénieurs et de programmeurs sont le dernier bastion des gars sur la marché du travail. Ceci influence l’ambiance au travail, dans les conférences, etc. Les outils n’ont pas à être esthétiques, il préfère être proche de la machine et en avoir le contrôle.

Le gars technique est aussi un humain. Ça lui prend donc de l’amour, mais pas trop directement car il a de la difficulté à gérer ça.

Ce qui m’impressionne le plus chez les patenteux d’autrefois, c’est comment ils étaient capable de faire tout avec rien. Avant, on devait être beaucoup plus imaginatif. Aujourd’hui, en ingénierie, on fouille dans les catalogue, on usine et on intègre. On a l’impression qu’on a deux types de personnes en regard de la technologie: ceux qui la fabriquent et ceux qui la consomment. Neil Gershenfeld, dans sa présentation ci-dessous, nous explique comment tout le monde risque de devenir un créateur de technologie dans les années à venir, un peu comme tout le monde devient un créateur d’information à notre époque.

Il affirme qu’après la révolution de la communication et la révolution informatique, on assistera à la révolution de la fabrication: une période où le numérique mesurera et interagira sur la matière. Il travaille à son lab du MIT sur les Fabers, ces machines comme on en voit dans la science-fiction qui fabriquent n’importe quoi à partir de “code génétique” des objets plutôt que de plans. Un prototype de faber sont  les fab-lab, de petits ateliers rassemblant des machines de fabrication à différentes échelles contrôlées par ordinateur.

J’ai participé à la réalisation d’une étude de marché récemment chez Robotiq. Je ne ferai pas le procès des études de marché, surtout dans un contexte technologique. Nous avions absolument besoin de cette étude, surtout pour être éligible à du financement (CNRC, DEC, MDEIE, CLD). Pour débuter, je me suis tourné naturellement vers les réseaux sociaux, qui nous ont permis de récolter une foule d’information.

Je suis loin d’être un spécialiste de la question. En gros, ce type d’étude permet d’identifier des applications potentielles pour un produit/service, puis de quantifier la taille de ces marchés. Les réseaux sociaux m’ont surtout aidé pour la première partie, soit de communiquer avec des gens suceptibles de nous transmettre de l’information sur les besoins dans différentes industries.

Voici donc quels réseaux ont été utilisés et comment.

  • LinkedIn — Vous êtes abonné à Linkedin et vous recevez des demandes de connexion. “OK, pourquoi pas… même si ça ne m’a jamais servi”, que vous vous dites? C’était aussi ce que je pensais, jusqu’à ce que j’y sois proactif dans le cadre de l’étude. C’est à ce moment que le temp mis à bâtir votre profil aide à votre crédibilité. Ce qui a surtout bien fonctionné, ça a été les Inmails. J’ai payé 60$ pour pouvoir envoyer des messages à n’importe qui sur le réseau, même si je ne le connaissais pas. J’effectuais des recherches de personnes en fonction de leurs compagnies et de leurs postes. Je les référais à des vidéos sur Internet pour les intéresser et je leur posais des questions simples et directes. Un pourcentage intéressant m’a répondu. Certains échanges se sont même traduits par des rencontres en personne qui donneront des fruits dans le futur, j’en suis certain. Les questions à l’intérieur de groupes d’intérêts précis ont aussi été une bonne source d’information, plus au niveau technique (spécification de l’éventuel produit). Les Introductions via des gens de mon réseau n’ont absolument rien donné dans mon cas.
  • Facebook — Vous avez certainement des amis dans différents domaines: architecture, génie, droit, administration… Sans qu’ils ne soient des experts dans votre domaine, ces personnes sont immédiatement accessibles et sauront peut-être vous mettre sur des pistes.
  • SlideShare — Plusieurs présentations de conférences se retrouvent sur ce site. en général, quand quelqu’un présente dans une conférence, il est une source d’information intéressante. Recherchez par mot-clé (compagnie, domaine), siphonnez l’information des présentations et recueillez des noms de gens souvent experts que vous pourrez contacter par la suite.
  • Twitter — Encore un endroit pour trouver des gens actifs dans des domaines particuliers. En faisant une veille sur certaines expressions, vous pouvez prendre connaissance de gens compétents dans le secteur qui vous intéresse. Les gens sont sur Twitter pour échanger de l’information.
  • Flickr, youtube, etc. — Tous ces sites où se trouve du média, qu’il soit photographie ou vidéo, peuvent servir de visite d’entreprise. Dans notre cas, on a pu étudier certains procédés dans pleins d’usines et dans plein d’industries. Ça nous a mis sur des pistes, qu’on a pu confirmées par la suite.

Évidemment, il ne faut pas trop s’éterniser sur Internet. Ce qui a été le plus profitable a été de s’en servir pour contacter des gens avec qui on a discuté. Parfois, en quelques minutes de vive voix, on peut avoir une meilleure idée qu’en une semaine de recherche d’information.

Une fois qu’on a identifié des applications potentielles, on s’est procuré des études de marché externe pour tenter de quantifier les marchés. On est bien loin de la R&D qu’on a hâte de faire, mais je suis content de comprendre un peu mieux cette étape d’un startup.

Encore prototype, mais regardez tout de même ce bras développé à l’université de Tokyo en association avec Panasonic. De quoi en faire rêver plusieurs. Le Japon, dont la population passera de 127 millions à 42 millions en 50 ans (ils ne veulent pas d’immigration), fait le pari d’investir massivement dans la robotique pour assister les gens dans la vie de tous les jours.

[Via DeviceGuru, autre vidéo aussi sur Reuters]

La guerre entre les deux géants est un classique de l’histoire corporative. Elle se transporte même dans les projets plus exploratores tel que la robotique. Encore une fois, deux approches s’affrontent.

  • Microsoft


    Le groupe de Bill travaillent sur Microsoft Robotics Studio, un logiciel pour programmer, simuler et contrôler différents robots. Tel que j’avais parlé dans un autre article sur la robotique, Gates lui-même voit les robots à un stade où les ordinateurs étaient dans les années 70. Ils cherchent dont à faire un logiciel accessible pour programmer les robots facilement à-la-Labview (blocs et fils). On peut le télécharger gratuitement. Plusieurs compagnies, tel que Braintech, vont faire des fonctions qu’on peut intégrer directement au logiciel pour faire de la reconnaissance visuelle. Plusieurs autres fabricants de robots se collent graduellement au windows des robots pour rendre leur plate-forme accessible à plus de gens. L’idée de Microsoft est bonne, on doit voir plus de standardisation dans la robotique pour qu’elle prenne un essor réel.

  • Google

    D’accord, Google n’est pas directement dans la robotique, du moins pas à ma connaissance. Mais ils ne se tiennent pas très loin: achètent des technologies à Stanford, commanditent une compétition de robots lunaires… C’est surtout un ancien de Google, Scott Hassan, qui finance actuellement Willow Garage. Willow visent à développer une plate-forme mécanique et logicielle open-source et à la mettre dans les mains de roboticiens. L’idée est ici la même que celle de Microsoft: il faut éviter de recréer la roue à chaque fois en robotique si on veut qu’elle avance. Voici un vidéo récent qui monte l’état de leur PR2 (Pr = Personnal Robotics).

  • Oui Google a été payant pour Hassan, qui a les moyens de financer ce laboratoire de recherche privé d’une soixantaine de personnes indéfiniment.

Qui gagnera, la diffusion logicielle de Microsoft ou l'open-source prôné par les amis de Google?