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Archive pour le mot-clef ‘art technologique’

Le vidéo précédent montre une lampe robotique qui suit les agissements d’une personne pour l’aider à voir clair selon où elle regarde. Elle est l’oeuvre de Gary Hoffman, candidat au doctorat au MIT. Elle lui sert pour étudier l’interaction non-verbale entre humains et robots. La lampe “vise à évoquer une relation personnelle avec une personne, sans nécessairement présenter des attributs physiques humains.” On dirait vraiment que son créateur a insufflé la vie à cet objet en l’animant! D’ailleurs, il fait plusieurs parallèles entre le travail d’un acteur et celui d’un concepteur d’un robot qui doit interagir de façon naturelle avec un humain.

Ce que je me demande techniquement, c’est quels capteurs sont utilisés pour que la lampe suive le mouvement de la personne. Peut-être ne s’agit-il pour l’instant que d’une démonstration?

Ça me rappelle Polly, le personnage du professeur Ken Perlin: un polyèdre animé tout simple capable de nous faire ressentir des émotions.

[via Pasta & Vinegar et InternetActu]

En fin de semaine se déroulait à Québec une journée d’exposition de partenaires de la compagnie de Robert Lepage, Ex Machina. On y présentait diverses technologies conçues pour des pièces de théâtre. Une qui a retenue mon attention était une ébauche de travail pour une pièce qui n’a jamais vu le jour: “Elegant Universe”.

Il existe un livre du même nom, et ce n’est pas une coïncidence. Ce livre (qui traîne sur mon bureau depuis 6 mois sans que je n’ai eu le temps de le lire) est écrit par le physicien Brian Greene. Il y vulgarise la théorie des super-cordes. Celle-ci vise à unifier les lois physiques actuellement connues, de la gravité (infiniment grand) à la physique quantique (infiniment petit). L’idée de Lepage était de faire une pièce de vulgarisation scientifique dans laquelle il aurait joué aux côtés de Brian Greene, avec des musiciens d’un orchestre… à cordes, naturellement! Le projet a avorté devant la difficulté de faire collaborer ces divers intervenants, tous très occupés.

Une particularité de la théorie des super-cordes est qu’elle nécessite que le monde dans lequel nous vivons possède 11 dimensions. Comment mettre en scène au théâtre cette idée abstraite que l’univers a plus de dimensions que nous ne pouvions en observer? Je trouve que ce qu’ils avaient imaginé est très astucieux, et l’effet était vraiment surprenant:


  1. Le point de départ est une photo d’un point de vue de la scène.

  2. Le metteur en scène découpe l’image: une patte de chaise, un bout de table, un dossier, etc. Ces objets sont mis à l’échelle mais sont déplacés pour avoir la même apparence vue par la caméra. Par exemple, le dossier peut être rapetissé, mais rapproché de la caméra. À l’inverse, un objet agrandi sera éloigné.

  3. Lorsqu’on se trouve dans cette scène démembrée, on n’a vraiment pas l’impression d’être assis à une table…

  4. Cependant, quand on regarde l’image vue par la caméra, on voit la scène reconstituée!

C’était vraiment hallucinant. Ce qu’on observait sur l’écran était tout à fait différent de ce qu’on voyait autour de nous en buvant la tasse de thé. C’est une belle illustration que la nature réelle de l’univers qu’on pense habiter n’est pas nécessairement ce qu’on perçoit! Vraiment dommage que ce projet soit tombé à l’eau…

mnemopark train

Je suis allé voir MnemoPark vendredi passé à la Bordée. Pour cette pièce, un modèle réduit à l’échelle 1/87 d’un village suisse est installé sur la scène. Un petit train équipé d’une caméra peut la parcourir (photo, + de photos ici) et les images qu’il capte sont projetées sur un écran. Un écran vert permet aussi à certains moments de superposer les acteurs à l’image projetée, pour faire comme s’ils se trouvaient dans la maquette. En fait, les cinq acteurs n’en sont pas vraiment. Quatre d’entre eux sont des retraités suisses qui ont fabriqué la maquette dans leurs passe-temps. Pour en savoir plus sur le contenu de la pièce, je vous invite à lire ce texte de mon parrain, qui m’a offert les billets (merci Jean!). Je me suis bien amusé durant la pièce… et après la pièce, puisqu’on peut aller visiter la mini-Suisse et discuter avec ses créateurs.

Combiner art et technologie
Cette pièce est un exemple bien de son temps d’un hybride entre l’art et la technologie. L’informatique et l’électronique envahissent l’art, comme tous les autres champs de connaissances. C’est intéressant de voir comment les créateurs utilisent ces nouveaux moyens.

Plusieurs centres de recherche sur les arts technologiques sont apparus ces dernières années un peu partout dans le monde. Ceux que je connais près de nous: Hexagram et la SAT à Montréal, le LAMIC et le LANTISS à l’Université Laval.

D’ailleurs, le LAMIC travaille à une idée similaire à celle de MnemoPark en collaboration avec le laboratoire de robotique de l’Université de Sherbrooke. Ceux-ci vont équiper un de leur robot mobile avec une caméra pour des expériences en muséologie.

Pour ceux que ça intéresse, le LANTISS participera à une journée de démonstrations samedi le 9 juin à Méduse pour souligner les dix ans de la Caserne de Robert Lepage, pionnier dans le domaine. Jean-Philippe Jobin, un collègue du Laboratoire de Robotique de l’Université Laval, présentera pour la première fois la scène déformable qu’il a construite en collaboration avec le LANTISS et le LVSN. Vous pouvez avoir un aperçu de son travail ici.