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Archive pour le mot-clef ‘mesh08’

managing great software team

Toujours dans la foulée de mes apprentissage à Mesh 2008, voici un résumé de la présentation de Reginald Braithwaite intitulée “Building and Managing Great Software Teams“, à laquelle j’ai assisté avec grand intérêt. C’est que, malgré que je sois une personne plutôt du côté technique et créatif, je veille aussi à la gestion de projets de développement web. Bien honnêtement, je me reprochais déjà quelques aspects où je sentais une lacune dans mon rôle, que Redg est venu confirmé. Il a énoncé ses conseils pour les projets informatiques, mais je trouve qu’ils s’appliquent aussi à des projets de développement technologique de façon plus générale.

Pourquoi travailler avec une équipe de développement?
Ou plutôt, “sur quel projet est-ce que ça vaut la peine de travailler?” Souvent, ce ne sont pas les projets qui manquent mais plutôt les ressources. Alors, comment décider des priorités? Quelle est la question ouverte la plus importante dans votre domaine? Êtes-vous en train de travailler dessus? (la réponse devrait être oui!) Qu’est-ce qui fera véritablement la différence entre le succès et l’échec d’un projet? Ce sont autant de question qu’on doit continuellement se poser pour garder le cap.

Comment travailler?

  • Focus – Attention d’étendre trop mince les ressources, incluant votre attention pour superviser des projets. Il faut se garder la tête hors de l’eau afin de pouvoir travailler sur ce qui est important mais pas urgent. Si on ne fait que des urgences, on finit par passer à côté de pleins d’éléments importants mais non urgents. À long terme, ce n’est pas viable.
  • S’attarder à ce qui compte – Un citation d’Einstein que j’aime bien:

    Everything that can be counted does not necessarily count; everything that counts cannot necessarily be counted.

    Ça s’applique tellement bien à une équipe de créatifs. Un diagramme de Gantt aide à voir clair, mais ne donne aucun indicatif du morale des troupes, pourtant très important pour la qualité du travail. Il ne faut pas mesurer pour mesurer. Souvent, les processus n’ajoutent pas de valeur. Il faut trouver le juste milieu entre ordre et chaos pour demeurer agile. Je donnais l’analogie de la navette spatiale dans un article précédent, qui prend une quantité énorme de carburant pour mettre en orbite du carburant. Il faut absolument éviter ça et garder les structures légères.

  • Être réaliste — Un entrepreneur en construction m’a dit qu’il préférait prendre une maison de moins qu’une maison de trop dans son année. Je suis 100% d’accord avec cette idée. Quand on fonctionne toujours à plein régime, la moindre jambette cause un embouteillage à tous les aspects du projet. Il faut apprendre à être réaliste et à ne pas se mettre de pression inutilement avec des échéanciers irréalistes. Vous connaissez le red-shift en astronomie? Dans le développement technologique, c’est plutôt le rose-shift qui survient: À mesure que les estimés passent d’un échelon à l’autre vers la direction, ils deviennent de plus en plus roses. Le programmeur disait 2 à 4 semaines de travail, le gestionnaire dit à son superviseur 2-3 semaines, qui dit au patron maximum deux semaines. Ça crée des fausses attentes, des échéanciers défoncés et du stress inutile. Il faut aussi se rappeler qu’un humain est très mauvais pour prévoir… un imprévu.
  • Communication – Comme n’importe quelle système dynamique auquel on veut donner une direction, il faut avoir du feedback à haute fréquence. On peut alors s’ajuster rapidement avant d’être trop loin dans la mauvaise direction. Idéalement, les gens devraient se parler tous les jours. De la même manière, ça prend une bonne bande-passante dans la communication. On doit être 100% attentif pour bien saisir les messages, rien de mieux qu’être face à face. Braithwaite suggère aussi de travailler en paires, que c’est habituellement une bonne formule.
  • Régler les problèmes — Attention que les exceptions ne deviennent des habitudes. Comme le dit le proverbe, la meilleure façon de devenir fou, c’est de continuer à faire la même chose en s’imaginant qu’on va avoir un résultat différent. Et les demandes qui changent en cours de route? Il n’avait pas de solution miracle là-dessus…

Avec qui travailler?

Son exemple était le suivant: si tu veux engager un jongleur, qu’est-ce que tu vas lui demander? De jongler! Tu ne lui demanderas pas que quelqu’un te dise qu’il sait jongler. Rien de mieux donc selon lui que de tester un programmeur avec un mandat ponctuel ou en lui demandant de réviser une partie de votre code pour voir ses aptitudes. Comme les projets pleuvent et que les bonnes ressources sont rares, il faut montrer l’importance accordée à leur travail avant et après l’embauche. De la même manière, il invite à outsourcer ou automatiser toute tâche redondante pour garder le monde stimulé. Et à propos des divas, il estime que tout le monde dans l’équipe doit suer, y compris les superstars. Regardez n’importe quelle équipe sportive gagnante pour valider cette affirmation.

Finalement, en tant que gestionnaire, il ne faut pas oublier qu’on ne code rien, qu’on n’intègre rien et qu’on ne design rien. On n’est pas là pour le comment mais plutôt pour le pourquoi et pour la philosophie à adopter. On ne fait que connecter les bons éléments et animer leur motivation, puis ce sont eux qui créent.

demo like a demon

Comment faire une démo efficace? Voici un condensé de la présentation de David Crow (Microsoft, democamp) et Leila Boujnane (Idée) vue à MeshU hier, intitulée “How to demo like a demon?”. Leur présentation est disponible ici, mais se limite à plusieurs grands titres. Le résumé suivant risque de plus vous parler:

Quelle attitude adopter?

  • Ralentir, respirer. Durant la présentation, ralentir et respirer. Elle est revenue souvent sur ce point, qui semble donc important et difficile à mettre en pratique. Regardez un discours des grands orateurs comme Barack Obama. Ces personnes disent un très petit nombre de mot à la minute.
  • Utilisez le contact visuel, allez chercher du feedback du public, créez une relation.
  • Vous n’avez pas besoin d’être confiant. Ce qui compte, c’est que vous ayez l’air confiant.
  • Si vous faites une démo sur ce projet, il vous passionne. Laissez transpirer cette passion. Montrez comment elle vous a transformé en magicien, que vous avez solutionné des problèmes importants.

Comment se préparer?

  • Avant toute chose, créez quelque chose qui mérite d’être présenté en démo!
  • Renseignez-vous sur votre auditoire. Ceci vous permettra d’ajuster le niveau technique, de comprendre leurs préoccupations et de prévoir le type de questions.
  • Familiarisez-vous avec le lieu et les moyens techniques. Y a-t-il un micro, est-ce que votre ordinateur a la bonne résolution, est-ce que la salle est trop claire?
  • Vous devez donc minimisez les incertitudes autant techniques que humaines. Malgré tout, le facteur démo peut survenir (bug) et vous devrez avoir un plan de secours. Qu’est-ce qui arrive si j’échappe du café sur mon clavier? Si la lampe du projecteur brûle (ça m’est déjà arrivé)? Si la connexion Internet coupe? Pour les cas extrêmes, ça prend deux laptops, copie sur une clé USB, utilisez des formats standards (pdf au lieu de powerpoint)…
  • Scriptez le scénario de la démo, peaufinez le message. Tous les bons orateurs semblent faire ça naturellement mais c’est parce qu’ils se préparent pendant des heures. C’est là que la magie doit commencer.

Quel doit être le contenu de la démo?

  • L’objectif doit être clair dès le départ: pourquoi cette demo devrait leur importer? En une phrase: qu’est-ce que vous faites? Ensuite: qu’est-ce que ça implique pour eux?
  • Objectif de la démo est de générer un intérêt, voire de l’excitation face à ce que vous offrez.
  • Quel est le message que vous voulez passer? Il doit tenir sur une ligne et parler à votre audience. Vous devez le répéter à plusieurs reprises dans la présentation.
  • Racontez une histoire: Le protagoniste a un problème, voici comment il a réglé ce défi avec notre solution. Notre nature fait que les histoires captent notre attention.
  • Imaginez un monde où… Débutez une phrase ainsi pour faire visualiser à quel point votre solution est géniale. Imaginez un monde où vous n’avez pas besoin de payer 6000$ à un agent pour vendre votre maison, tout en étant entouré de professionnels. Imaginez un site qui vous permet(trait) de trouver toutes les maisons à vendre d’un seul endroit. Imaginez un monde où vous pouvez prendre votre robot par la main pour le programmer.
  • Allez rapidement au wow! Allez tout de suite au cœur de l’histoire, les gens n’ont pas toute la journée. Profitez des premiers instants pour capter leur attention. Problème -> Processus -> Solution. Pas de blabla à propos de vous, de votre équipe ou d’autre chose, surtout pas au début de la présentation.
  • Utilisez de vraies données, ça ajoute à votre crédibilité et aide à comprendre l’utilité de votre application.
  • Pourquoi pas terminer avec une exclamation plutôt qu’une diapo écrit “Questions?”. Finissez ça avec quelque chose d’impressionnant, une invitation sur un site pour en savoir plus…

Quoi ne pas faire?

  • Bug logiciel ou matériel, mortel.
  • Certaines personnes ne sont pas faites pour faire des démos, point à la ligne. Vous ne devez pas laisser quelqu’un de votre entreprise faire une démo si elle n’est pas excellente à ça.
  • Une démo n’est pas un tutoriel et surtout pas une séance de codage.
  • Pas de jargon, pas de buzzwords.
  • Pas prendre de questions durant la présentation, pas briser le rythme. Poliment demander d’y revenir à la fin.

Bonne démo!