Hier soir, je devais me rendre à un débat à l’Université Laval opposant des représentants des cinq partis principaux candidats à l’élection du 26 mars prochain. Le débat, s’intitulant “Quel développement durable pour le Québec? Ce que proposent les partis politiques”, devait être animé par Johanne Gélinas, la présidente de l’IHQEDS et ancienne commissaire à l’environnement. En fin de semaine, ma déception était grande lorsque j’ai appris par courriel que l’évènement était annulé à cause du désistement de deux des partis. Lesquels? L’organisatrice m’a confirmé que les deux déserteurs sont le PLQ et l’ADQ.
Pourquoi ont-ils annulé? Je n’ai pas réussi à avoir une réponse. Et bien tant pis pour eux, ça ne fait qu’en soulever d’autres. Serait-ce parce que ces deux partis n’ont pas intérêt à aborder le sujet, surtout en terrain bien informé comme une université? Est-ce que le libéral appréhendait des échanges trop intenses avec des étudiants à propos de la privatisation du mont Orford? Est-ce que l’adéquiste avait peur de se frotter à d’autres candidats maitrisant nettement mieux leur sujet?
Aux deux dernières questions, on peut supposer que oui. Je vous invite à écouter le reportage intitulé “Le débat sur l’environnement a attiré un assistance peu nombreuse” sur cette page de Radio-Canada. Il semblerait justement que le débat à tourné autour du controversé projet des loi des Libéraux.
Le candidat à Mario, quant à lui, n’a pas brillé. Le passage retenu dans le reportage prouve trois chose:
- Il répond très honnêtement aux questions;
- Il ne connait pas bien son dossier;
- S’il a été envoyé à ce débat, c’est qu’on considérait que c’était le meilleur pour défendre la position de l’ADQ dans ce domaine. Considérant qu’il fait piètre figure, ça confirme l’argument du PQ et du PLQ que l’équipe de l’ADQ manque de profondeur.
En effet, questionné sur la position du parti sur l’étiquetage obligatoire des OGM, il répond:
“Moi, personnellement je suis en faveur. Est-ce que Lui l’est? Est-ce que notre partie s’est engagé là-dessus? (Grimace de je l’sais pas) Je l’sais pas pantoutte.”
Les autres sujets habituels sur l’environnement ont semblerait-il permis un consensus parmi les partis: GES, transport en commun, énergies vertes… Croyez le ou non, les partis s’entendent sur un sujet! Mais au fond, comment être contre l’environnement? Ce serait comme dire qu’on hais les bébés chats. Personne peut haïr un bébé chat! Alors pourquoi ils n’en parlent pas plus de l’environnement, et de la science en général?
La question a été posée aux “Années lumière” dans un reportage intitulé “Une campagne pauvre en sciences“. Les personnes interrogées avancent quelques hypothèses:
- La science est un sujet complexe, qui se prête mal aux déclarations choc.
- Elle ne n’offre pas d’images spectaculaires pour mettre en scène les déclarations des chefs. C’est presque dommage qu’on ait finalement eu de la neige cet hiver…
- Il n’y a pas de solution immédiate. Ce sont des problèmes à longs termes. Les solutions mises en places devront s’échelonner sur plusieurs mandats.
- Autant pour la prévention en santé, que pour l’amélioration de l’environnement, un gouvernement est difficilement imputable.
Les journalistes de leur côté se défendent de ne pas poser de question à ce sujet. Ils affirment que les points de presse se prêtent mal à ça. Je leur accorde. Justement, un débat à l’université aurait permis d’explorer ce thème plus en profondeur, supposément notre 2e priorité.







