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Archive pour le mot-clef ‘robotique militaire’

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Le National Robotics Engineering Center (NREC) est un centre de recherche visant à faire le pont entre la recherche universitaire en robotique et l’industrie, souvent militaire. C’est pour cette raison qu’il a été assiégé par une cinquantaine de protestataires vendredi dernier rapporte le journal étudiant de Carnegie Mellon, université associée au centre de recherche.

Les manifestants voulaient ainsi montrer leur désaccord avec le développement de technologies militaires. On pouvait lire sur les affiches du Pittsburg Organizing Group “Débranchez les machines de guerre!” L’organisation… anarchique a bien réussi son coup et a bénéficié d’une bonne couverture médiatique. Ils ont entre autre utilisé la technique du “dragon qui dort”, consistant à se menotter les mains entre eux à l’intérieur de tuyaux de métal.

Cette manifestation aura le mérite de soulever des questions légitimes à mon avis: À quel point les scientifiques sont-ils responsables de l’utilisation de leurs recherches? Comment se porterait la guerre si tous les chercheurs de la planète stoppaient net de travailler sur des applications destructrices?

Dans le même ordre d’idée, quel serait l’impact si tous les athlètes refusaient de participer aux jeux olympiques de Pékin pour protester contre les violations des droits de l’homme du gouvernement chinois? Imaginez le dilemme du sportif qui s’entraine, se sacrifie à chaque jour avec ces jeux comme objectif depuis des années.

De la même manière, un scientifique devrait-il se priver de l’opportunité de travailler sur le sujet qui le passionne sous prétexte que l’application sera militaire? Selon l’article du Tartan Online, il semble que les manifestants ne comptaient pas de scientifiques “durs”. Les philosophes et artistes qui sont cités sont peut-être moins susceptibles de rencontrer de tels questionnements sur leurs travaux. Cependant, ça peut sembler égoïste pour les ingénieurs de s’amuser avec la technologie en fermant les yeux sur son dessein final.

Au bacc, j’avais un ami ultra-pacifiste. Jamais je n’aurais cru qu’il travaillerait un jour dans le militaire. Pourtant, c’est aujourd’hui son gagne-pain. Quand tu sors de l’école et qu’il faut que tu travaille, il se peut que tu fasses des encoches à tes principes. L’ami en question se console se disant qu’il ne travaille pas sur une technologie offensive. Un étudiant en robotique travaillant au NREC interviewé par le Tartan Online se justifie en disant que si ce n’est pas lui qui le fait, un autre le fera. Tel que mentionné par un manifestant, on peut dire “Oh, ce n’est pas grave si je suis un garde dans un camp de concentration. Si je ne le fais pas, quelqu’un d’autre le fera,” mais ça ne rend pas le geste moins immoral. Je pense aussi que l’argumentation de l’étudiant est plutôt faible et qu’il devrait au moins assumer son rôle.

Je ne jette pas la pierre. Je sais que si j’avais une entreprise naissante en robotique et qu’un gros contrat militaire se présentait, la tentation serait grande.

La volonté militaire a accéléré les développements technologiques à plusieurs reprises dans l’histoire. Pensons notamment à la course à l’espace, à l’armement nucléaire, ou encore aux débuts de l’informatique. Lors d’une visite à U Penn l’automne denier, on a pu voir l’impressionnt ENIAC, le premier ordinateur entièrement électronique. L’ancêtre des ordinateurs modernes, qui ont un impact incroyable dans tous les aspects de la vie, a été développé à grande vitesse grâce au financement de l’armée. On s’en est servi pour des calculs balistiques, et aussi pour calculer si une bombe nucléaire fonctionnerait. Les calculs se sont avérés exacts.

Est-ce que la technologie avancerait aussi rapidement sans le côté guerrier mais avec le même financement? C’est difficile à déterminer. Mais au fond, est-ce qu’on est si pressé? Cet article présente moins de réponses que d’interrogations. Le débat n’est pourtant pas récent: “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme”, écrivait déjà Rabelais il y a quatre siècles et demi.