
Des centaines de satellites qui ne fonctionnent plus sont toujours en orbite. Souvent, c’est le bris d’une composante comme un gyroscope ou encore l’épuisement de carburant qui cause la fin de l’utilisation. Si on était capable de les réparer, plusieurs d’entre eux pourraient continuer leur service. Des montants énormes pourraient être économisés. C’est la motivation derrière plusieurs projets qui visent à envoyer des satellites-robots à la rescousse de leurs congénères.
Mars 2007: Orbital Express
La semaine dernière, la NASA et le DARPA ont procédé au lancement d’Orbital Express. Deux satellites connectés ensemble on été placés en orbite. Le but de la mission est de démontrer la capacité pour un des deux (nommé ASTRO) de rajouter du carburant à l’autre (NextSat) et de remplacer certaines composantes.
Sur cette page, on peut voir les différents tests qui seront effectués pour valider le concept. Ils effectueront certaines tâches lorsque connectés. Puis, il se sépareront de plus plus en plus loin pour tester les approches, la saisi de NextSat par ASTRO, et l’arrimage. Il ne s’agit réellement que d’un démonstrateur. Vous pouvez voir une animation ici. Cette application pourrait être utilisée commercialement autour de 2020.
Le défi est de taille. Lionel Birglen est un ancien collègue maintenant professeur à la Polytechnique de Montréal. Il s’intéresse dans ses recherches à la robotique spatiale. Il commente à propos d’Orbital Express:
Il s’agit en fait d’une seconde tentative, la première s’étant soldée par un échec. Il me semble qu’à l’époque les deux satellites s’étaient rapprochés avant de brusquement s’éloigner, ce qui laisse penser à un bug logiciel.
Une avenue pour réparer Hubble?
Dans cet article, l’auteur conclut qu’il est dommage que l’approche ne puisse être utilisée pour réparer le vieillissant Hubble. Selon l’auteur, aucune équipe n’avait réussi à prouver qu’ils étaient capable de réaliser le projet à temps. Une de celle-ci était canadienne. Il s’agit de MDA, l’entreprise qui a fabriqué les Canadarms. Ils étaient semble-t-il les seuls à pouvoir réaliser l’exploit. MDA a tout fait pour relever le défi. À un certain moment, à peu près toutes leurs forces de travail en robotique se consacraient à préparer leur soumission pour la NASA. Celle-ci a été rejetée.
Selon Thierry Laliberté, un autre collègue qui a déjà collaboré avec MDA, leur concept consistait à adapter le manipulateur agile spécialisé (SPDM). Le SPDM ressemble à un torse, avec deux bras. Il sera installé au bout du Canadarm 2, lui-même fixé à la station spatiale internationale. Thierry a conçu deux préhenseurs pour la compagnie dans des projets de ce type. La première est la main SARAH, une main mécaniquement intelligente capable de s’adapter à la forme des objets sans nécessiter de contrôle complexe. La seconde est une pince plus simple, dont le but aurait été de soulever la couverture thermique qui recouvre les satellites. C’est la plupart des cas la première étape à effectuer avant de pouvoir remplacer quoi que ce soit sur les appareils.
Les autres projets dans la course
Comme le mentionne Lionel:
C’est très intéressant car le marché est là et il est énorme, on parle de dizaines de milliards de dollars US. Par contre les moyens nécessaires sont eux aussi énormes ce qui explique le financement via des agences gouvernementales. De plus, cela prépare la voie vers des sondes robotiques plus autonomes pour l’exploration spatiale.
Puisque le marché est considérable, plusieurs équipes travaillent sur se sujet dans le monde. Lionel me mentionne que les Japonais ont leur concept nommé ETS-7. Les Européens ont aussi un projet de l’avant nommé TECSAS.
Ce qui rendra éventuellement cette approche faisable, c’est que de plus en plus, les satellites seront conçus de façon à pouvoir être réparés en orbite par un robot. Ceci facilitera grandement la tâche du robot.