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Archive pour le mot-clef ‘Robotique’

linuxBot

L’évolution animale s’est déroulée sur de longues périodes et on ne peut pas l’observer pour plusieurs espèces. On peut toujours la simuler par ordinateur, mais l’approche a ses limites. Laurent Keller, un biologiste spécialisé dans l’étude de l’évolution, discutait dans un récent podcast de “Talking Robots” de l’utilisation de populations de robots pour étudier l’évolution. Il y voit une méthode intéressante de comprendre l’interaction à l’intérieur et entre les espèces. Le plus grand défi, à son avis, consiste à trouver des personnes compétentes en biologie et en robotique pour les faire collaborer.

Il semble qu’une telle équipe dirigée par Alan FT Winfield vient de se former en Angleterre. Une annonce récente de subvention a donné le coup d’envoi du projet “Émergence de la culture artificielle dans des sociétés de robots”. Le groupe est formé d’ingénieurs, de biologistes, d’un philosophe et de théoriciens de la culture. La question profonde à laquelle ils veulent répondre est “comment la culture émerge et évolue à l’intérieur d’un groupe d’animaux sociaux?”

Pour y répondre, ils comptent placer dans un écosystème artificiel quelques dizaines de robots programmés avec certains comportements et capable d’interagir entre eux. Par exemple, ils copieront certains comportements de leurs congénères, à leur choix. À mesure que l’expérience avancera, les comportements évolueront. Les chercheurs pensent voir l’émergence de nouveaux comportements propres au groupe, une proto-culture, au cours de l’expérience. Il s’agit d’une expérience qui ne serait pas aussi réaliste si elle n’était que simulée. On lit à ce propos dans la description du projet:

Les hétérogénéités de vrais robots, ainsi que le bruit et les incertitudes du monde réel, augmentent considérablement les possibilités et la portée d’interactions inattendues entre les robots.

Avis aux intéressés, le professeur Winfield recherche des étudiants au doctorat.

Source: InternetActu

robot salamandre

Depuis quelques semaines, j’écoute le très intéressant podcast Talking Robots, qui présente des entrevues réalisées par un étudiant de l’EPFL Markus Waibel. Cette semaine, l’invité Auke Ijspeert parle d’un robot salamandre qui a été développé au Biologically Inspired Robotics Group.

Ce projet est à la rencontre de la robotique, de l’évolution et de la neurobiologie. Il est d’ailleurs l’évolution du robot lamproie qu’ils avaient déjà développé. L’évolution s’est faite en remplaçant certains modules par d’autres possédant des pattes. Le robot ne constitue pas une fin en soi. Son but premier est de valider des modèles neuro-biologiques qui expliquent la locomotion des animaux. Plus spécifiquement, leurs recherches visaient à répondre:

  • Comment la locomotion est contrôlée chez les amphibies comme la salamandre?
  • Comment les circuits nerveux de locomotion primitifs de la nage (comme ceux de la lamproie) se sont complexifiés pour permettre la marche?

Ijspeert cite des chercheurs ayant effectué des expériences sur des chats. Ceux-ci ont prouvé que la locomotion simple ne nécessite pas d’information sensorielle. Ils ont débranché le cerveau du système de locomotion (cruel, en effet), puis ont excité ce dernier avec un signal externe. Le chat marchait presque normalement. À mesure que le signal augmentait en amplitude, le chat marchait de plus en plus vite. Au-dessus d’un certain seuil, le chat changeait de type de démarche.

Le “circuit” nerveux qui gère l’amplitude du signal pour produire la locomotion chez les animaux se nomme un “Central Pattern Generation Module” (CPG, je ne sais pas ce que c’est en français). Un tel circuit a été implanté dans le robot salamandre à l’EPFL. Comme vous voyez sur la photo, le robot est constitué de plusieurs modules. Ils sont synchronisés pour faire déplacer le robot grâce au CPG intégré dans le robot. La modulation du signal du CPG se fait sans fil à partir d’un ordinateur. Ainsi, une commande simple de haut niveau est envoyée au robot. Selon l’amplitude de la commande, la vitesse ou le type (nage ou marche) de locomotion change.

Selon l’interviewé, il existe plusieurs robots marcheurs et quelques robots nageurs. Cependant, la transition entre les deux types de démarches est rarement rencontrée. En fait, leur robot peut même se déplacer d’une troisième façon, soit comme un serpent. Les prochaines versions présenteront plus d’articulations dans la colonne pour améliorer la nage de la salamandre. Ensuite, les articulations seront modifiées afin de permettre à la colonne de plier dans l’autre direction pour passer par-dessus des objets. Bref, l’évolution n’est pas terminée!