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Archive pour le mot-clef ‘Université Laval’


iceberg

“C’était bien plus simple dans l’temps”, admettent plusieurs ainés. La vie et la technologie aujourd’hui, c’est compliqué. Tellement que le grand astronome Stephen Hawking prédit que “le 21e siècle sera celui de la complexité”.

Mercredi dernier, dans le cadre des conférences grand publique de la FSG, Denis Poussart nous entrainait sur le thème de la “Convergence et complexité, nouvelles opportunités, nouveaux défis.” Sa présentation abordait la profonde question d’une manière vulgarisée. Plusieurs exemples qu’il a donné illustrent la course vers le complexe que le monde mène.

D’où provient la complexité?

La complexité ne viens pas seulement des éléments composant un système, mais surtout des connexions qui existent entre ces éléments. C’est à peu près ce que notre prof de gestion de projet disait lorsqu’il tentait de nous expliquer le niveau de complexité d’une entreprise. Lui, comme M. Poussart, ont donné l’exemple du protocole de Kyoto comme quelque chose de très complexe: plusieurs individus, représentants plusieurs nations avec des intérêts et des moyens différents, qui tentent d’atteindre un objectif commun.

D’ailleurs, le comportement des systèmes dépend grandement de la façon dont sont connectés les éléments entre eux. Un auditeur assis en première rangée, le professeur Helmut Kröger, nous avait présenté lors d’une conférence semblable l’an dernier les réseaux “Small World.” Le concept est illustré ci-dessous. Ces réseaux (au centre) se trouvent à mi-chemin entre un réseau parfaitement ordonnée (à gauche) et un réseau ordonnée aléatoirement (à droite).

small world network

Dans un tel réseau, certains éléments en nombre restreints sont connectés à un grand nombre d’autres éléments. Certaines recherches prétendent que c’est ainsi que les neurones sont agencées dans le cerveau. D’autre démontrent que les réseaux sociaux sont généralement composés de cette manière. Tout pour favoriser la propagation des pottins! De façon plus constructive, c’est cette structure qui est mise à profit par de nombreux site du web 2.0 pour favoriser les contacts entre personnes. Un exemple est LinkedIn, un site pour développer son réseau professionnel.

L’article intitulé “New rules for the New Economy” datant de 1997 présentait comment l’interconnexion entre les objets grâce à l’électronique allait créer une nouvelle ère de l’information. “We are the web,” un autre passionnant article du même auteur présente comment toutes ces technologies connectent les choses, mais surtout les gens à l’intérieur d’une gigantesque Machine.

La technologie avance exponentiellement

La figure ci-dessus montre le nombre de brevets américains émis au fil des années. On note une explosion exponentielle depuis les années ‘90. On se noie dans les nouveautés technologiques à tel point qu’on trouve banal ce qu’on considérait comme science-fiction il y a à peine 50 ans.

Plusieurs domaines se sont spécialisés pour atteindre une maturité dans les dernières années. En ce moment, les innovations proviennent aux limites où se rencontre les différents domaines. Plusieurs champs de recherche chauds se trouvent à l’intersection de plusieurs sphères de connaissances: la nano-technologie, la bio-mécanique, les technologies vertes, la robotique médicale, etc. De la complexité peut naitre la convergence.

Le monde se virtualise

À mesure que le temps avance, on manipule de plus en plus de l’intangible. L’exemple classique donné par M. Poussart est celui de la monnaie d’échange. On a passé du troc, au sel, aux premières pièces de monnaie, aux billets pour arriver aujourd’hui aux cartes de crédits et aux transactions bancaires en ligne. J’ajouterais même à la fin de sa liste les monnaies transigées en échange de “biens” dans des mondes complètement virtuels comme SecondLife ou World Of Warcraft.

Un exemple rampant qui nous sautera bientôt aux yeux est la virtualisation de tous les objets de la vie courante par l’utilisation d’étiquettes RFID. C’est minuscules puces peuvent être accolées à n’importe quoi et renvoyer de l’information à un détecteur qui les sollicitent. C’est déjà utilisé dans le commerce au détail pour connaitre l’inventaire en continu. Les lecteurs détectent les déplacements des objets. J’avais donné un autre exemple d’utilisation avec des robots dans un article précédent. Au Québec, un projet de recherche du CRIAQ a cours en ce moment pour déterminer comment la technologie peut servir à faire le suivi et l’inspection de pièces d’aéronefs.

Comment assimiler toute cette information?

Alors que la quantité d’information augmente de plus en plus vite, les méthodes d’apprentissages elles, demeurent assez standard. En effet, l’humain demeure l’humain. M. Poussart, un professeur universitaire, acquiesçe que le savoir est aujourd’hui disponible à tous: “On peut l’acheter. Le savoir en soi n’est plus distinctif.” À son avis, notre salut consiste à l’assimiler. Il faut expérimenter et combiner les savoirs afin de les transformer en savoir-faire. Voilà donc la solution au point de vue professionnel.

Et au point de vue personnel, il semble qu’il n’a jamais été aussi essentiel de reconnecter avec les choses simples: le sport, jouer dehors, la famille. On dirait qu’elles collent tellement bien à notre nature… Ça me rappelle mon ami Jeff qui rêvait de devenir boulanger à chaque fois qu’on traversait une période d’examens!

Cette semaine, on peut lire dans l’Impact Campus un article sur le projet que Philippe Lambert et moi avons présenté au Lab’Oratoire publique 2006, le concours de vulgarisation scientifique de l’AÉLIES. Le fonctionnement du robot et les applications possibles sont expliquées sur les affiches qu’on avait préparées pour l’occasion.

Le système permet de numériser l’apparence 3D d’un objet à l’aide de photographies. Le robot utilisé est semblable à la SkyCam, utilisée pour filmer des événements sportifs (et maintenant des films). Le choix de ce genre de robot pour l’application vient qu’on peut l’utiliser à plusieurs échelles sans le modifier, propriété très rare pour un système mécanique. Autrement dit, avec le même robot, on peut prendre des photos d’une petite statuette, d’une guitare, d’un buste de Richelieu, d’un panache de chevreuil, ou encore d’une motoneige. Ce sont tous des objets que l’on a numérisés.

Dès qu’on aura publié là-dessus, on rendra des vidéos du robot et des modèles accessibles en ligne.

(Photo Arius3D.com)

Non un Arius n’est pas la bestiole fossilisée représentée sur l’image, mais bien l’appareil qui a permis d’obtenir une représentation numérique du fossile. Cette technologie a été développée par les chercheurs du CNRC. Elle permet d’obtenir à la fois la géométrie très précisément (entre 25 et 100 microns selon la direction par rapport à la surface), ainsi que la pigmentation de l’objet. L’appareil utilise la combinaison de trois lasers (bleu, rouge et vert) projetés sur la surface pour obtenir simultanément ces informations.

C’est la compagnie de Mississauga Arius 3D qui poursuit le actuellement développement et la commercialisation de cette technologie. Pour la province de Québec c’est la compagnie basée dans le parc technologique MCG3D qui a le mandat de la commercialiser. Leur premier Arius vient d’être installé au LAMIC, le Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture. Leur site web n’est pas prêt encore puisque le LAMIC lui-même est toujours en construction grâce au soutien du Fond canadien pour l’innovation. Les gens du LAMIC seront les voisins directs du LANTISS dans leurs nouveaux locaux du pavillon Casault de l’Université Laval.

Le ARIUS 3D a été développé au CNRC avec la conservation du patrimoine comme première application possible. L’utilisation que le LAMIC compte en faire tirera donc pleinement avantage des capacités de l’instrument. Ils numériseront des objets avec authenticité dans différents buts. Ils pourront entre autre analyser les traces d’usures d’artéfacts pour mieux comprendre leur mode d’utilisation. Par exemple, ils pourront déterminer si une lame retrouvée a coupé du blé plutôt que des branches, ce qui leur donnera des indices sur le mode de vie des gens qui l’utilisaient. Les objets numérisés pourront aussi être inclus dans des environnements virtuels pour la visualisation. Ceci s’inscrit dans la nouvelle tendance de la muséologie où le musée ne se définit plus uniquement que par ce qu’il présente, mais aussi par ce qu’il fait vivre aux visiteurs.

Photo: Johann Paquet

Le local dans lequel je travail ces jours-ci est à côté du monte-charge du département de génie mécanique. Hier, quatre gars de la Formule SAE de l’Université Laval passaient par là pour monter le frame du bolide à leur local. Ils ont vu le robot pour numériser l’apparence 3D des objets sur lequel je travaille avec des collègues du LVSN.

Ils m’ont tout de suite demandé si je connaissais la HandyScan 3D de la compagnie lévisienne Creaform. En fait, ce produit est aussi issu de travaux effectués au LVSN. Sans entrer dans les détails, la principale différence est que la HandyScan utilise un laser projeté alors que nous utilisons un appareil photo embarqué sur un robot.

Pour des applications de reverse-engineering comme celui de numériser la forme du moteur de la Formule SAE, la HandyScan est tout-à-fait appropriée. Et c’est ce que les étudiants de la formule désiraient. Ça a pris 5 heures à un employé de Creaform pour numériser le moteur. Cette commandite équivaut à une valeur de 3000$. Avec la forme plus exacte du moteur qu’ils réutilisent depuis quelques années, il est plus facile de concevoir et de fabriquer les pièces qui viennent s’y greffer, comme leur nouveau turbo par exemple.

Futurs étudiants de Laval, vous pouvez venir voir la Formule SAE et visiter le Laboratoire de robotique au Samedi de l’admission.