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Archive pour le mot-clef ‘Université’

Vous êtes finissants en technologie dans une université québécoise et voyez le potentiel dans une technologie pour en faire un produit. Par où commencer? Comptez-vous chanceux, tout le monde voudra vous aider. Et c’est normal, qui peut être contre la vertu? De jeunes fringants diplômés brillants qui sont passionnés pour leur bidule, tout le monde aime ça. En même temps, tout le monde doutera de vous, car ce que vous faites est innovateur. Tant que les preuves de votre modèle d’affaires ne sera pas là, le scepticisme planera au dessus de vos têtes comme un goéland prêt à vous gâcher l’allure.

Heureusement, vous êtes au Québec. De ce que j’ai pu entendre au WBT — un endroit rassemblant tout plein de gens qui font du transfert technologique — il n’y a aucun meilleur endroit en ce qui a attrait aux programmes gouvernementaux qui peuvent servir à votre projet. Des programmes de valorisation technologique, il y en a à tous les paliers, pour tous les stades de votre entreprise, pour tous les types de dépenses dans votre entreprise. À vous de savoir comment aller y puiser.

Voici comment nous nous sommes pris chez Robotiq pour décrocher 480k$ qui nous aidera à développer notre premier produit. Il y a d’autres chemins, c’est certain. En partagent le mien, j’espère rendre le vôtre plus efficace.

Pilez de l’argent
Soyez prêts à vivre quelques mois sur vos réserves si vous voulez vendre un produit. Soyez prêts à faire un peu n’importe quel contrat si votre modèle est le service. Tout ça durera le temps que vous trouviez le financement qui vous permettra de vous consacrer au développement de votre core business. Consolez-vous, si vous avez un bon comptable et que vous faites de la R&D, il sera en mesure d’aller vous chercher des crédits d’impôts RS&DE à la fin de l’année même si les salaires n’ont pas été versés à l’avance.

Sortez de l’université
J’ai adoré mes années universitaires qui ont été très stimulantes. Quand la question s’est posée si on devait rester en ses murs pour le démarrage, on a décider de sortir. Ça aide en premier lieu à vous mettre dans l’état d’esprit d’entreprise. Ensuite, ça montre que vous n’êtes pas accroché à la tétine de l’institution. Les gens reconnaissent que vous commencez à voler de vos propres ailes, que vous êtes quelqu’un, que vous pouvez opérer sans l’université.

Retournez y pour rencontrer votre bureau de valorisation
Une fois que vous avez affirmé votre existence en tant qu’entreprise, retournez à l’université pour rencontrer les gens du bureau de transfert technologique. Ces personnes connaissent bien les nuances de tous ces programmes de financement dont je parlais en introduction. Quel programme cadre le mieux avec votre projet, qu’est-ce qui est important pour les évaluateurs, quels sont les dates importantes…? Ils auront réponse à tout ça, ils en ont vu d’autres et sont en contact avec les fonctionnaires régulièrement. Ils sauront aussi vous aider à trouver le levier pour pouvoir avoir accès aux programmes de financement. Il faut savoir que, contrairement aux programmes de recherches universitaires, tous les programmes de financement d’entreprises demandent des contre-parties d’investisseurs privés.

Préparez une démo
Je vous le répète: tout le monde vous trouvera mignon avec votre technologie, mais vous lirez dans leurs yeux le doute qu’ils dissimulent poliment derrière leur crâne. Vous devez les impressionner pour être pris au sérieux. Pour ça, rien de mieux qu’un démo fonctionnel que vous pourrez transporter. Au gros minimum, un vidéo. Idéalement, si c’est possible, essayez d’avoir quelque de tangible, qui supportera votre argumentation du pourquoi cette technologie est si porteuse.

Faites vos devoirs côté marché
Autant les demandes de financement que les négociations avec l’université vous demanderont des prévisions de ventes basées sur une analyse de marché sérieuse. La première étape est de rencontrer des clients potentiels pour avoir leur avis directement. Partez avec votre démo et approchez les sous l’angle de l’étude de marché, que vous avez besoin de leur expertise. Ça les rend à l’aise et ça ouvre la discussion.  Avant des les rencontrer, préparez une liste de question à leur poser qui vous permettre de déceler la douleur que votre technologie pourrait soulager. Soyez ouverts d’esprit, ne vous acharnez pas sur la technologie. Il se peut que cette démarche la réaligne quelque peu. Au besoin, utilisez les réseaux sociaux pour bonifier. Toutes ces démarches vous constitueront une bonne base pour le moment où la technologie sera plus mature.

Ensuite, payez vous une étampe crédible, quelqu’un d’un gros bureau de consultant qui viendra valider votre travail et quantifier d’avantages votre analyse des besoins. Encore une fois, c’est beaucoup une question de perception des évaluateurs. Il existe des programmes aussi pour vous aider à payer ça.

Réglez la PI
Si la propriété intellectuelle appartient à l’université, tâchez de régler ce problème rapidement, en gardant le meilleur momentum dans les négociations. Le jeu en vaut la chandelle car ça donne beaucoup de crédibilité aux yeux de ceux qui évalueront votre projet. Ne donnez tout de même pas votre chemise: les termes de la licence doivent permettre un cashflow suffisamment juteux pour favoriser la croissance des premiers temps.

Soumettez des demandes efficaces
En premier lieu, pour ne pas perdre de temps, informez-vous s’il reste de l’argent dans le programme pour l’année en cours. Dans notre cas, les demandes étaient prêtes depuis l’automne, mais on n’a appliqué qu’en mars en prévision de la nouvelle année financière au gouvernement.

Pour la rédaction en tant que tel, essayez d’avoir des exemples de demandes qui ont réussies. N’hésitez pas à poser des questions à vos personnes contacts dans les différents programmes. Il est possible de faire 2-3 itérations avec eux avant de remettre le document final. Ils sont vraiment là pour vous aider, écoutez ce qu’ils veulent.

Mettez-y du jus de bras
Il y a beaucoup d’inertie et de friction dans ce processus. Si l’énergie est toujours appliquée dans la même direction, ça finira par bouger. Vous travaillez à avancer sur une courbe exponentielle, c’est normal que vous ayez l’impression que ça n’avance pas au départ. Mais juste de survivre et de pousser dans une direction, après un moment, de bonnes choses surviennent inévitablement.

Suite à mon article de la semaine dernière sur la présence web des laboratoires universitaires, j’ai eu quelques commentaires et emails qui méritent une réponse plus approfondie que voici:

Que pensez-vous des sites de réseaux sociaux scientifiques?

Je crois que ça dépend des sites. Personnellement, je n’en utilise pas mais je ne suis plus véritablement dans le monde scientifique. Ce que j’aimais moins du modèle de publications et de conférences, ce sont les délais. J’imagine que ces sites peuvent permettre des interactions plus fréquentes et générer des collaborations.

Quel service de bibliographie choisir?

Un qui est sûr de ne pas disparaître, c’est BiBTeX. D’ailleurs, je suis catégorique que tous les scientifiques devraient utiliser LaTeX pour leurs publications. BiBTex n’est pas un service de bibliographie mais le fichier texte peut être diffusé et partagé. Sur Mac, BibDesk est bien utile pour générer les fichiers de façon intuitive.


Où et comment garder une image professionnelle? En quoi nos photos de nos partys de Noël sont pertinentes à être accessible ouvertement?

De plus en plus, les gens réalisent que de faire les choses sérieusement ne veut pas dire nécessairement se prendre au sérieux. La perception des gens dépend des domaines et aussi des pays. Le plus important je crois est de refléter l’ambiance qui règne au labo, surtout pour le recrutement.

Comme nous faisons de la recherche dans un milieu compétitif, je ne veux pas nécessairement que tous les labos de mon domaine soient au courant de nos nouvelles idées, et nous scoopent!

En entreprise comme en recherche, dans l’utilisation du web, il faut faire attention de ne pas dévoiler les idées avant de les avoir appliquées. Une fois l’idée développée et soumise, je suis d’avis qu’il faut ouvrir les valves. Il y a deux approches: partager l’information et risquer de tomber sur des gens qui veulent vous aider, ou garder tout pour soi en espérant avoir le temps et les ressources pour tout faire soi-même. Je crois que les problèmes scientifiques sont de plus en plus complexes et que les problèmes les plus pertinents doivent être adressés par des communautés entières. Plus vous diffusez d’information, plus vous risquez que les gens utilisent vos recherches comme référence, ce qui en soi est le but quand on recherche. Par ailleurs, si de diffuser des idées générales permet à des gens de vous scooper, c’est peut-être signe que votre expertise n’est pas assez pointue, ou que les contributions sont trop mineures?

Devrais-je mettre nos présentations/affiches de ce que nous avons présenté lors de congrès? Voudrais-je vraiment que tout un chacun y ait accès?

Pourquoi pas? Il me semble que le but de faire de la recherche n’est pas de garder les trouvailles pour nous, mais plutôt de contribuer à l’avancée des connaissances dans votre domaine. Au passage, vous êtes cités, votre crédibilité augmente, vous risquez d’attirer des collaborations, des subventions… et la roue tourne. Considérez que certaines universités (dont le MIT) vont jusqu’à présenter les cours en intégralité et gratuitement. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour devenir des nœuds majeurs dans le réseau de la recherche.

Est-ce que d’avoir trop de contenu ne vient pas noyer les documents plus intéressants pour les étudiants comme les photos et les vidéos?

Les différents types de documents servent à attirer des visiteurs qui recherchent de différentes façon. Le texte est bien indexé, comme les images. Il y a moyen de présenter tout ça de façon ordonnée pour rester attirant pour un étudiant potentiel, et être pratique pour celui qui cherche l’information de façon ponctuelle.

labo

Tous les professeurs de labos universitaires comprennent le rôle de leur site Internet pour informer le grand public et surtout, pour recruter de nouveaux étudiants. À mon avis, il y aurait moyen d’améliorer ces deux aspects, en plus de deux autres qui sautent moins au yeux mais qui sont aussi importants:

  • Augmenter les citations de publications du laboratoire, ce qui augmente l’équivalent du PageRank pour les professeurs.
  • Souder la communauté d’étudiants anciens et présents.

Ayant eu un bon moment un pied dans un labo universitaire et l’autre dans une entreprise web, je me suis souvent dit qu’un professeur avec un minimum de motivation pourrait retirer des bénéfices intéressants d’une meilleure présence web. Voici donc quelques suggestions à l’intention de mon alma mater, de mes anciens collègues aujourd’hui devenus professeurs ou de tout autre professeur intéressé d’utiliser le web comme levier pour ses activités recherches.

SEO

  • Le contenu prime - Comme n’importe quel site, celui d’un lab doit avoir du bon contenu. Ça tombe bien, les chercheurs / professeurs produisent beaucoup de contenu de qualité. Le chercheur aura avantage à présenter le plus possible de ce contenu relié à ses travaux: Notes de cours, publications lorsque possible, présentations power point, forum ou wiki interne, bibliographies, etc. Concernant ce dernier point, il peut s’agir de bibliographie des publications du labo, ou comme le fait Jean-Pierre Merlet, de bibliographie issue de la veille qu’il effectue dans son domaine. Plusieurs fois durant mon doc je suis tombé sur des pages du genre en cherchant des publications. Si c’est une bibliographie interne, on peut faciliter la tâche des gens qui veulent nous citer en leur donnant tout cuit dans le BiBTeX.
  • Règles de SEO de base - Sans se lancer dans des optimisations comme une entreprise, il vaut la peine de respecter quelques règles SEO de base pour organiser et mettre en valeur ce précieux contenu. De plus, les réseaux sociaux peuvent s’avérer d’une grande puissance pour donner de la crédibilité web à votre site.

Réseaux sociaux

Les réseaux sociaux peuvent remplir plusieurs fonctions pour votre laboratoire: faire parler de vous sur le web, montrer la vitalité de vos recherches, rassembler des anciens qui se sont perdus de vue, recruter des étudiants, etc. Mettez vos comptes sur des réseaux sociaux bien en vue sur le site du labo. Voici quelques suggestions et leurs utilités.

Les valeurs sûres:

  • YouTube, Flickr - Pour diffuser vos vidéos et vos photos — que vous avez déjà de toute manière — à grande échelle. Plusieurs recherches de documents multimédias se font sur ces sites. En identifiant les vôtres avec les bons mots-clés, vous pouvez tirer pas mal de trafic. Pourquoi ne pas faire un channel youtube comme RoMeLa?
  • Slideshare - Faites vivre tous ces powerpoints qui ne sont présentés qu’une seule fois. Ce site est drôlement bien indexé et pourrait vous faire sortir sur Google sous certains mots-clés que vous désirez. Faites le test en lancant une recherche “robotique québec“…

Les extras:

  • CiteULike - Pour rassembler et partager les citations de tout le monde qui travaille au lab.
  • Linkedin - Créer un groupe pour permettre aux anciens de renouer contact. En réactivant ce réseau, ça ne peut que générer de l’action autour du lab.
  • Facebook - Créer un groupe facebook et le publiciser pour permettre aux futurs étudiants de voir la vie qu’il y a au labo.
  • Twitter - Créer un compte twitter et le tenir à jour demande peu de temps. Encore une fois, ça permet de montrer qui est derrière le lab, lui donner un côté humain, surtout pour les éventuels étudiants.

Il n’y a pas de secret, ça prend aussi un site actif. Les étudiants ont plein de volonté et d’énergie pour tenir ça à jour. Comme peu de laboratoires mettent l’emphase là-dessus, l’environnement est peu compétitif et quelques actions bien alignées pourraient vous permettre d’attirer les regard des gens sur ce que vous faites, que ce soit des collègues qui risquent de vous citer, des étudiants potentiels, la blogosphère ou les journalistes. Et tout ça moyennant un petit investissement: seulement un peu de jus de bras.


(Photo: Innovation Canada)

Une opération dans le cerveau peut avoir un impact sans mesure sur la vie d’un patient. Parlez-en à Jean, qui collabore parfois à ce blog, et qui n’est plus épileptique depuis une telle opération. Ça a changé sa vie. Évidemment, de telles opérations sont risquées. L’annonce récente du NeuroArm promet des opérations dans le cerveau plus précises et plus sécuritaires. En plus de l’impact important qu’il aura sur la vie des patients, la technologie de ce robot ambidextre est impressionnante.

À l’intérieur d’une machine d’imagerie à résonance magnétique (IRM)
L’idée du NeuroArm est de pouvoir opérer à l’intérieur d’une machine IRM. Ces machines permettent de “voir” à l’intérieur du corps humain. D’utiliser une représentation de l’intérieur du cerveau en temps réel pour l’opérer directement représente une avancée majeure de la neuro-chirurgie.

L’IRM, comme son nom l’indique, utilise un champ magnétique pour imager le corps. Cela pose d’importants défis techniques pour le roboticien. Tous les capteurs et les actionneurs qui produisent des champs magnétiques doivent être évités. De plus, les matériaux doivent être choisis pour ne pas interférer avec le champ magnétique. C’est pourquoi le NeuroArm est principalement constitué de titane et de PEEK, un composé plastique.

L’immersion du chirurgien
En plus d’avoir accès à la représentation 3D de l’IRM, des caméras stéréoscopiques filment les instruments en action. Le tout est projeté en stéréo dans les oculaires du médecin.

Celui-ci manipule deux manettes qui contrôlent les instruments sur le robot. Ces instruments ressemblent à des Phantom modifiés. Ils permettent un retour d’effort pour que le touché soit stimulé comme s’il manipulait de réels instruments en interaction avec les tissus humains. Les vibrations de l’utilisateur sont filtrées par le contrôle. Les outils qui opèrent sont donc parfaitement stables. Les opérations grâce à cette interface se feront au niveau des cellules (sous 50 microns) alors que les meilleurs chirurgiens ne peuvent qu’opérer qu’à 1-2mm.

Un Canadarm dans la tête
Le projet a été mené par des chercheurs de l’Université de Calgary, financés d’abord par des philanthropes du pétrole puis par divers fonds de recherches provinciaux et fédéraux. Le robot a été construit par MDA, constructeur du Canadarm. Dans la robotique spatiale tout comme dans le médical, la sécurité et la fiabilité nécessaires atteignent des niveaux incroyables: on joue avec des vies. MDA a donc pu mettre à profit son expérience avec des acquis du spatial. À voir le NeuroArm, on dirait même qu’il est le petit frère terrestre du robot Dextre, qui sera installé sur le bras de la station spatiale internationale.

La réalisation du robot est un bel exemple de collaboration pour la réalisation d’un défi technologique. Je vous invite à regarder un film produit par le service des communications de l’Université de Calgary ici. Messieurs dans la course au rectorat à l’Université Laval, prenez des notes…