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Un CAVE (prononcer en anglais) au RDDC Valcartier

Mardi 27 février 2007

CAVE FakeSpace
(Photo: FakeSpace)

Le centre de R&D pour la défense du Canada (RDDC) de Valcatier s’est équipé l’été passé d’un CAVE à quatre faces. François Rioux, un étudiant au doctorat du LVSN de l’université Laval nous présentait ce système vendredi dernier.

Il consiste en un cube dans lequel on s’installe et dont on aurait enlever le plafond ainsi que le mur derrière nous. On projette sur chacune des faces en stéréoscopie pour immerger l’utilisateur dans un environnement 3D. Le résultat et le principe de base sont similaires à IMAX 3D mais la technologie utilisée diffère. L’idée consiste à présenter une image légèrement différente à chaque oeil de façon à ce que le cerveau les interprète comme une scène 3D. Au IMAX, on utilise des lunettes avec filtres polarisants. Chaque oeil voit une polarité de la lumière. Dans le système au RDDC fournit par l’entreprise FakeSpace, les lunettes sont actives. Elles sont synchronisées avec les projecteurs qui émettent en alternance les images destinées à chacun des yeux. Quand c’est l’image pour l’oeil droit, la lunette ferme l’oeil gauche, et vice versa.

En plus des projecteurs, des hauts-parleurs et du système de lumière, le RDDC a aussi fait l’acquisition de périphériques pour interagir avec l’environnement. Ils disposent notamment des capteurs et dispositifs haptiques suivants:

  • Cyberglove - capteur 22 degrés de liberté qui détermine la position de la main grâce à des ultrasons.
  • Capteurs Intersense - Manette, casque et poignet qui donnent position du capteur.
  • Cybergrasp - exosquelette capable de générer des forces sur la main pour simuler la prise d’objet. Selon le présentateur, cette technologie n’est pas très convaincante.

Les applications pour ce genre d’infrastructure sont nombreuses. On l’utilise en industrie automobile pour visualiser des prototypes. Polyrix, une entreprise dont je vous avais parlé précédemment, avait déjà commencé à travailler avec une compagnie pour faire travailler des équipes de design mécanique sur des lieux différents, chacunes dans leur CAVE. Dans le domaine militaire, il sert évidement à l’entrainement. Il peut aussi servir dans des traitements psychologiques pour préparer les militaires ou atténuer le syndrôme post-traumatique.

De son côté, François l’utilisera dans le cadre de ses études pour la visualisation scientifique. À ma connaissance Paul Larochelle, de Florida Tech, a déjà utilisé un CAVE pour visualiser les solutions de problèmes d’optimisation de mécanismes. Il est possible de visiter cette installation, voire de la louer pour des projets spécifiques. Ils ont déjà Unreal d’installé pour des fins de démonstrations… mais j’imagine que c’est un peu plus cher qu’au DreamCité.

La riche histoire du pont de Québec

Jeudi 8 février 2007

Pour l’avoir traversé des centaines de fois lorsque j’habitais à St-Nicolas, je n’allais pas manquer la conférence grand publique de la FSG offerte hier à propos de l’histoire du pont de Québec. La présentation était donnée par le professeur en génie civil André Picard et s’intitulait “Le pont de Québec, 100 ans d’histoire et d’ingénierie”. M. Picard nous présentait son interprétation d’ingénieur civil des informations qu’il a recueillies entre autre à la Société historique de St-Romuald ainsi que dans le livre “Le Pont de Québec” écrit par l’Hébreux.

D’abord il nous apprend que le pont a été construit à une époque où Lévis avait une économie florissante alors que Québec trainait de la patte. Stratégiquement pour Québec, ça prenait un lien ferroviaire entre les deux. Alors que l’idée faisait son bout de chemin, une conférence de l’American Society of Civil Engineer a eu lieu à Québec. Dans la délégation se trouvait un célèbre ingénieur civil du nom de Theodore Cooper. M. Cooper a été amené à l’endroit pressenti pour le pont de Québec et il y a vu l’oeuvre de sa vie. Il voulait faire ce pont, ce serait la consécration de sa carrière.

Et c’est ce qui allait causer la mort de 76 personnes (dont 33 amérindiens) lors du premier effondrement des 1200 tonnes d’acier déjà assemblées sur la rive sud le 29 août 1907 (première photo ci-bas). En effet, le rapport ordonné suite à la tragédie conclura que Cooper a été négligeant, n’a pas été assez rigoureux dans la vérification des plans et est demeuré sourd face aux signes avant-coureurs des désastres. Une des raisons qui peut expliquer son obstination est qu’il voulait dépasser le record du plus long pont cantilever au monde, celui de de la rivière Forth, qui venait d’être complété et que Cooper qualifiait d’ailleurs de gâchis monumental.

Après le premier échec, l’étude de ses causes et le nettoyage des débris, un deuxième essai est tenté. Cette fois c’est la St-Lawrence Brige Company qui est responsable du chantier. Seul l’emplacement est conservé. Aucun plan ou pièce n’est récupéré du projet précédent. Le chantier va bon train jusqu’à l’installation de la travée centrale le 11 septembre 1916. Celle-ci décroche de la crémaillère supposée la monter et coule en une minute au fond du fleuve, entrainant dans la mort 13 personnes. La travée se trouve toujours au fond aujourd’hui.


(Photo: Archives Nationales du Canada)

Heureusement, les deux losanges sont intacts malgré l’accident et la compagnie complète le chantier un an plus tard, le 20 septembre 1917. C’est depuis ce temps que les deux rives sont reliées à Québec. Depuis il y a eu plusieurs modifications au pont, dont l’ajout d’une voie carrossable. Rappelons-nous aussi la performance des étudiants de génie civil dans la course à l’exploit de 1989 qui ont prouvé qu’il pouvait y avoir trois voies pour les voitures sur le pont, ce qui m’a évité du trafic à plusieurs reprises, j’en suis certain.

L’édifice Price en 3D

Vendredi 19 janvier 2007

Édifice Price 3D

L’édifice Price de Québec, le seul “gratte-ciel” de la vielle capitale et résidence officielle du premier ministre a été numérisé par l’équipe de Polyrix. L’entreprise en démarrage a accompli cet exploit par des méthodes de photogrammétrie. Le modèle 3D a donc été composé à partir de photos prises de plusieurs points de vue.

Ils l’ont fait dans le but de démontrer les possibilités de la technique pour des simulations de rééclairage ou d’insertion de nouveaux bâtiments dans des environnements déjà construits. Les modèles obtenus, contrairement à ceux dessinés, sont d’un grand réalisme puisqu’ils proviennent de photographies.

Il pourrait aussi être exporté dans une environnement de jeu vidéo ou de film, ou pourquoi pas dans Second Life? D’ailleurs, Hollywood se sent nostalgique ces temps-ci. Je pense que ce modèle pourrait très bien ajouter à l’ambiance du prochain GhostBusters.