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LABLOGATOIRE


J’avais dressé il y a un moment un portrait très sommaire des intervenants en robotique au Québec. Dans le cadre de l’initiative IROQ mise en place depuis mon appel à la collaboration, j’ai refait un portrait des différents joueurs en robotique au Québec.

Ci-dessous une présentation contenant les détails:

Je me suis amusé avec MapSpread de Poly9 pour cartographier les organisations (excluant les utilisateurs finaux).

Contactez-moi si vous connaissez d’autres organisations que je n’aurais pas vu passer.

J’ai eu une discussion intéressante sur la culture entrepreneuriale québécoise avec Ghislain Nadeau lors d’une entrevue effectuée pour son éventuel TV entrepreneurs. Le constat était qu’il y a un vide entre notre côté entrepreneurial naturel et le savoir-faire nécessaire pour amener des entreprises au second niveau. Pourtant, ce n’est pas d’hier qu’on a la créativité et l’initiative pour entreprendre. Je vous invite pour vous en convaincre à revisiter l’histoire de Radisson. Pour moi, ce n’est qu’une question de quelques générations encore avant que le Québec inc. ne soit pleinement déployé. Il y a des raisons qui expliquent pourquoi nous n’y sommes pas encore.

  • Le Québec et l’argent
    Les Québécois entretiennent une relation d’amour-haine envers l’argent. Durant une bonne période de notre histoire, nous n’étions pas aux commandes. Nous voulons de l’agent, mais dans notre inconscient collectif faire de l’argent c’est mal (à part peut-être à la lotto). L’argent est un des derniers taboo de notre société. On évite systématiquement les questions du genre “Combien tu gagnes?”. Il faudra régler cet inconfort que nous avons avec l’argent, accepter que ce n’est qu’un moyen qu’on se donne pour réaliser nos projets.
  • Le Québec et ses matières premières
    On a déjà vendu notre fer à quelque sous la tonne pour créer des emplois dans les mines. On vend encore nos forêts à un rythme insoutenable et à un prix ridicule pour soutenir des emplois forestiers. Avec l’électricité, la situation est similaire. La matière première de notre époque, c’est la matière grise. Allons-nous encore une fois la laisser aller pour des peanuts pour que le gros de la richesse créée s’en aille ailleurs?
  • Le Québec et les technologies
    Ça, c’est l’exemple positif. Au 50e anniversaire du département de génie mécanique de l’Université Laval il y a quelques années, on nous avait posé la question suivante: “Savez-vous combien il y avait de canadiens-français qui étudiaient le génie mécanique à travers le Canada au moment de la création du département?”. La réponse est 3! Vous vous rendez compte du chemin qu’on a parcouru depuis? En 50 ans, nous avons bâti toute une expertise et une culture scientifique de classe mondiale. Aujourd’hui au Québec, vous pouvez facilement trouver des spécialistes dans à peu près tous les domaines techniques pour vous aider à bâtir des satellites, des avions, des jeux vidéos, des médicaments, des appareils de télécoms…

Ce n’est pas le cas si vous cherchez un spécialiste en commercialisation de technologies. Il est beaucoup plus difficile d’identifier les gens avec les bonnes expertises pour compléter une équipe. Mais j’ai confiance que ça viendra. Le gouvernement a mis à peu près tout les leviers à la portée de ses moyens pour aider les entreprises technologiques. Les investissements privés sont plus ou moins là. Ainsi soit-il. Comme tout les groupes qui s’organisent, la solution durable viendra de l’intérieur. Les gens réalisent qu’on a presque tout pour réussir et les ils sont en train d’aller chercher ce qui manque à la sauce, entre autre avec des événements du genre Croissance Québec-Techno.

Votre cerveau est fait pour voir au maximum en 3 dimensions. Pour vous en convaincre, je m’apprête à vous faire frapper une limite de votre cerveau.

En mathématiques, plusieurs concepts se généralisent peu importe le nombre de dimensions. Prenez l’exemple du cube. Au sens général, un cube de n’importe quel dimension peut être obtenu selon la méthode illustrée ci-dessous et expliquée ici:

400px-hypercube_construction_fr

  1. En une dimension, un point balaie pour obtenir une ligne.
  2. En 2 dimensions, la ligne balaie pour obtenir un carré.
  3. En 3 dimensions, le carré balaie pour obtenir un cube. Jusqu’ici tout va bien, on conçoit facilement.
  4. C’est là que le fun commence: En 4 dimensions, un cube balaie pour devenir un tesseract. Oubliez le nom ésotérique. Essayez seulement de visualiser cette entitée, qui n’est “qu’un cube” en 4D. Vous n’êtes pas capable. Vous êtes un humain, c’est le processeur que vous avez dans le coco qui est monté comme ça.

Considérant cet aspect de notre nature:

  • Profitez de votre capacité à voir en trois dimension.
    Souvent, et particulièrement en développement de produit, on a avantage à considérer 3 points de vue pour prendre une décision. Voici trois points de vue d’une feuille.

    Le premier point de vue ne permet rien de voir en particulier de la feuille mais permet de voir le contexte global derrière:

    dimension1
    Le deuxième point de vue montre la feuille comme un accordéon et ça ne vous dit rien du tout:

    dimension2

    Le troisième point de vue, c’est là que l’information de valeur se trouve. Vous avez une carte vers un coffre rempli de 2$ sur une ile déserte à côté d’un super spot de pêche:

    dimension3
    C’est un exemple bidon mais en entreprise, il faut pratiquement toujours considérer des aspects financiers, opérationnels et la clientèle dans des décisions. Quand on fait des sites web, on doit considérer design, programmation et back-end, etc.

  • N’essayez pas de visualiser des situations de plus de trois points de vue.
    Je vous le répète, vous n’êtes pas capable. Si vous tentez de le faire, vous tournerez en rond sans trop savoir pourquoi. Ça ne sert à rien de vouloir visualiser une question de trop de point de vue. Adoptez le bon niveau de sophistication dans vos raisonnements.  Sachez reconnaître quand trop d’information vous est présentée et retournez à l’essentiel, les variables qui comptent vraiment.
  • Si vous avez à le faire, utilisez les mathématiques.
    La seule façon d’arriver à trouver le point optimum à une question qui considère plus de trois variables, c’est à mon avis les mathématiques. Et encore, comme souvent les variables sont de natures différentes (des coûts vs un niveau de satisfaction par exemple), les résultats peuvent être totalement sujets à interprétation. D’ailleurs, arrêtez de penser que tout est quantifiable. Réfléchissez à cette citation de Einstein (que j’adore) “Everything that can be counted does not necessarily count; everything that counts cannot necessarily be counted“.
  • Quand vous présentez des choix, ne présentez pas plus de 3 variables.
    Maintenant que vous êtes conscients des limites de notre cerveau, facilitez la tâches de ceux à qui vous donnez des options: pas plus de 3 dimensions svp! Ça rendra le processus plus léger psychologiquement, ce qui prédisposera favorablement votre interlocuteur. Je pense entre autre aux pages d’adhésion. Ce n’est pas le temps de créer un stress chez l’utilisateur en le mettant devant une situation qu’il n’est pas capable de gérer parce qu’il est lui aussi, un humain.

devtech50

Robotiq et 9 autre finalistes prenaient part à la finale de Devtech50 jeudi passé. Ce concours, qui en était à sa première édition, s’adressait aux entreprises technologiques en démarrage de la région de Québec. Après la mise en candidature initiale, 10 entreprises avaient droit à quatre formations de haut niveau. Au final, elles étaient jugées sur la qualité de leur sommaire exécutif, d’un elevator pitch et d’une présentation de 15 minutes préparés suite à ces formations. Même si nous n’avons remporté aucun prix jeudi passé, l’expérience a été très positive pour nous. D’ailleurs félicitations aux gagnants! Voici 5 raisons de participer à ce concours la prochaine fois qu’il se présente si vous êtes un startup technologique de la région 03.

  1. Vos 4 vérités pour pas cher — Rien de tel que de faire des erreurs pour s’améliorer. D’habitude, ces erreurs sont faites dans l’action, avec des clients ou des partenaires potentiels. Ça peut coûter cher. Devtech50, c’est une pratique pour tester ses idées et ses arguments auprès de gens d’affaires expérimentés. Dans notre cas, certains points qu’on doit améliorer sont ressortis clairement… sans qu’on ait perdu une vente ou une opportunité avec un investisseur.
  2. Des formations de qualité, applicables immédiatement — Le point de départ de jeunes entreprises technologiques est souvent ça, la technologie. Les formations, données par des gens compétents, étaient complémentaires à notre noyau d’expertise. Elles répondaient aux questions : Comment positionner l’offre de votre entreprise? Comment présenter votre projet à des investisseurs? Comment vendre un produit technologique? Comment former une équipe de gestion? En bonus, on a eu droit à une formation offertes par le MDEIE sur le financement d’entreprise technologique. Ces formations ont déjà apportés des résultats concrets chez nous.
  3. L’occasion d’organiser vos idées… d’ici une date butoire – Rien de tel qu’un deadline pour produire efficacement. La réflexion stratégique prend souvent le bord dans une entreprise en démarrage. Il y a tellement à faire avec si peu de ressources. Mais c’est justement pour ça qu’il faut se poser les bonnes questions périodiquement: pour s’assurer que le peu qu’on a soit concentré sur les bonnes choses. Devtech nous a obligé à mieux définir notre stratégie et à vulgariser notre projet, ce qui est loin d’être perdu pour la suite.
  4. Un boost à votre réseau d’affaires — Tellement cliché mais tellement vrai: il faut avoir un réseau efficace pour passer son information aux bonnes personnes et faire bouger les choses. L’organisation de Devtech50 a justement su attirer des gens dans l’événement pour que les participants ajoutent quelques noms dans le rolodex qui feront une différence dans le futur. C’est déjà le cas pour nous avec le mentor qui nous a été attitré par le concours. Les présentations permettent aussi de montrer à vos partenaires actuels où vous en êtes et de consolider la relation avec eux. L’opportunité de parler à des pairs fait du bien. J’espère d’ailleurs avoir l’occasion de matérialiser des partenariats avec certains d’entre eux. Je suis de plus confiant que les prochaines éditions recevront plus d’attention du milieu d’affaires de la Capitale et des médias.
  5. Les prix — En fait, tout le monde a gagné dans le processus. Les prix, c’est la cerise sur le sundae. Il y en avait plusieurs intéressants. Le premier prix qui permettait de passer une journée avec Mike Grandinetti pour améliorer son projet était réellement priceless.

Si vous ne voulez pas attendre la prochaines édition de Devtech50, un concours  très similaire se tiend à Montréal dans les prochains mois (Capital Innovation). Pour Robotiq, après des participations au  CQE, WBT et Devtech50, le temps est venu de passer aux vraie affaires (les clients) et de laisser les concours de côté. Parce que tout ça c’est bien beau, mais à un moment donné il faut que la roue qui tourne finisse par toucher l’asphalte.

J’ai déjà discuté du fait que, dans un réseau, ce ne sont pas les éléments qui sont importants mais plutôt comment ils sont connectés les uns aux autres. C’est justement le concept derrière les grappes industrielles, qui tentent d’établir des ponts entre des intervenants qui ne se parleraient pas naturellement. L’objectif est de créer des réactions entre les éléments et idéalement  créer une masse critique d’interaction pour que le phénomène s’entretienne par lui-même. Un exemple de grappe est le CRIAQ, qui regroupe les intervenants du secteur aérospatial québécois : grandes entreprises, PME, universités, centres de recherches et étudiants. Des événements et du financement sont mis en place pour favoriser les collaborations. J’ai discuté cette semaine avec Clément Gosselin (Laboratoire de robotique de l’Université Laval) , Martin Duchaîne (TechnoMontréal) et mes collègues de Robotiq de la possibilité d’une organisation de ce genre pour la robotique au Québec. Voici un résumé de notre échange.

Pourquoi une grappe québécoise en robotique?

  • La nature de la robotique
    La robotique est un des domaines du génie les plus multidisciplinaires. Pour faire des robots, on a besoin d’expertise pointue dans différents domaines qui doivent s’intégrer. Il y a un mouvement de standardisation dans la robotique en ce moment. Au lieu de réinventer la roue chacun de notre côté, il faut concevoir de façon modulaire pour pouvoir intégrer nos composantes à d’autres applications.

    Par ailleurs, les robots, comme les ordinateurs, peuvent être utilisés comme outil par différents domaines. Il serait donc intéressant d’avoir une organisation officielle pour favoriser les interactions avec d’autres secteurs d’activité comme la médecine, le militaire, l’aérospatiale, la manufacturier, la réadaptation, etc. C’est à ce moment que les applications vraiment intéressantes naissent.

  • Masse critique latente
    Il y a au Québec une masse impressionnante d’expertise en robotique, répartie dans différentes organisations. J’en avais fait un résumé dans cet article sur la robotique au Québec. Il y a des laboratoires universitaires, centres de recherche publics incluant trois lieux uniques au monde (Institut de recherche d’Hydro-Québec, Agence Spatiale Canadienne, Centre des technologies en fabrication en aérospatiale), plusieurs intégrateurs et quelques entreprises. Il existe déjà quelques collaborations intéressantes. Une grappe permettrait de les intensifier.
  • Les intérêts pour le Québec
    Le marché mondial des plates-formes robotiques est aujourd’hui évalué à 20 milliards de dollars. Les analystes prédisent qu’il triplera d’ici 15 ans. La province a la chance de capitaliser sur sa grande expertise pour se tailler une place dans cette niche. Comme le jeu vidéo et l’aérospatiale, deux secteurs importants de notre économie, la robotique est un secteur à forte valeur ajoutée basé sur le savoir.

    Pour continuer la comparaison avec le jeu vidéo et l’aérospatiale, la robotique a cet intérêt supplémentaire : elle peut contribuer directement à la compétitivité de tous les secteurs de notre économie, particulièrement le secteur manufacturier. Le Québec a la chance d’avoir encore une diversité et une vitalité de ses entreprises manufacturières. Cependant, tout le monde sait qu’il est précaire en ce moment, principalement à cause de la compétition de pays où la main d’œuvre est au moins un ordre de grandeur moins chère. Il le sera encore plus dans 5 à 10 ans lorsque la structure de notre démographie créera un grand vide sur le marché du travail. La robotique sera obligatoire pour la survie de plusieurs entreprises québécoise. Aujourd’hui, la densité de robots / travailleurs est plus petite au Canada que dans la plupart des autres pays industrialisés. Nous  avons donc un important retard à rattraper. De plus, les robots d’aujourd’hui ne sont pas faits pour nos entreprises, qui fabriquent pour la plupart de petites à moyennes séries. Voilà une réelle opportunité de développer des technologies qu’on pourra exporter, mais qui pourront servir à la maison.

    Le dernier point en faveur d’un pôle robotique québécois est au niveau du recrutement des étudiants pour des carrières en sciences et en génie. À notre époque, la robotique attire les jeunes plus que n’importe quel autre domaine de génie. Une des missions du pôle pourrait être de développer des programmes d’initiation à la robotique au secondaire et au CÉGEP qui serviraient l’ensemble des programmes de génie.

Les défis de former une telle organisation

Tout ça est bien beau, mais ce n’est pas fait. Voici quelques défis qu’on peut d’ores et déjà identifier :

  • Le tissu industriel encore à compléter
    Contrairement à d’autres industries qui se sont organisées, il n’y a peu voire pas de grosses entreprises en robotique au Québec. Cet élément complexifiera le financement de la grappe et son influence auprès des gouvernements.
  • Le fossé entre les intervenants
    Pour avoir visité quelques entreprises manufacturières et avoir rencontré de nombreux intégrateurs, je confirme qu’il y a un monde entre la réalité des centres de recherche  et celles des entreprises touchant à la robotique en ce moment. Il faudra trouver le fil conducteur pour que tous voient l’intérêt de collaborer au jour un.
  • Qui prend le leadership?
    S’il y avait de grosses compagnies québécoises en robotique qui avaient peur de la concurrence mondiale, ils auraient les ressources et les motivations de prendre ce dossier en main. Mais ce n’est pas le cas. Pour ce qui est des centres de recherche, ce n’est pas leur mandat et ils sont pour la plupart auto-suffisants en fonds de recherche. Reste donc les organisations comme TechnoMontréal, le peu de fabricants déjà en place, les intégrateurs déjà rassemblés et, surtout, le secteur manufacturier québécois qui doit se réveiller.

Il existe déjà des grappes en robotique formées naturellement autour des grands laboratoires américains (Boston / MIT, Pittsburgh / Carnegie Mellon, Silicon Valley / Stanford). Plus ce genre d’organisation nait tôt, plus le temps joue en sa faveur. Nous avons encore la chance de pouvoir se donner une masse critique et de profiter de notre proximité avec eux. Qui embarque?

pointillisme

Twitter est un réseau social dégénéré. Pas de dégénérés, dégénéré, dans le sens mathématique du terme. C’est un concept fort intéressant qui signifie qu’un objet, dans un cas limite, perd certaines propriétés pour en acquérir d’autres. Un rectangle demeure un rectangle jusqu’à ce qu’un de ses côtés devienne de longueur nulle. Il dégénère alors en un segment. De la même manière, un cercle demeure un cercle, jusqu’à ce que son rayon devienne nul. Il dégénère alors en un point. Le point est un cas dégénéré de plusieurs objets différents (cercle, segment, triangle…). De la même manière, twitter est est un cas dégénéré d’un blog ou de facebook.

Avez-vous déjà essayé de faire de la peinture qu’avec des cercles comme élément de base? Personnellement non, mais j’imagine que passé le drapeau olympique, un bonhomme avec la bouche surprise et le logo d’Audi, ça doit devenir emmerdant. Comment compareriez vous ça à faire de la peinture avec des points? On tombe dans le pointillisme ou dans l’impression avec des technologies modernes: Il est possible de représenter à peu près n’importe quoi.

Ayant connus les autres réseaux sociaux avant twitter, on le voit en premier lieu comme un cas limité de ce qu’on peut faire avec les autres. Au début on trouve ça contraignant, puis on apprécie la nécessité d’aller direct au point. Au delà de l’aspect social de l’outil, la nature dégénérée de twitter en fait un bloc élémentaire qui peut être intégré à toutes sortes de constructions. C’est ce qui fait sa grande différence, et sa grande valeur pour les entreprises qui l’utilisent. Je donne quelques exemples que j’ai vu récemment qui auraient été difficilement réalisables avec de la peinture à cercles.

  • Twitter dans les événements. Au dernier Festival d’été de Québec, on pouvait écrire @infofestival pour voir son message affiché sur un écran jumbo au dessus de la scène. On avait pu voir quelque chose de similaire aux derniers boomerangs.
  • Twitter pour la veille. Chez DuProprio, les gars ont eu l’idée de créer des comptes twitter pour surveiller l’inventaire de maisons dans une région donnée. Un article paraissait aujourd’hui sur Techcrunch présentant un site du même domaine exploitant des idées similaires.
  • Tout le système de hash-tags #, qui permet d’indiquer les mots clés d’un tweet, permettent de les filtrer pour les intégré à d’autres pages.

Bien que ces idées ne soient encore toutes au point à mon avis, il y a des possibilités là qui n’existaient pas avec d’autres réseaux sociaux.

Toute cette réflexion me ramène à un article quasi-prophétique (datant de 1997) New Rules for the New Economy. Loi numéro 1: “Embrace dumb power”. L’idée derrière la loi est que l’intelligence du système ne vient pas des éléments qui le composent, mais bien de leurs connexions. Je vous invite à lire le reste de l’article pour comprendre à quel point twitter est en plein dans le mile.

Article initialement publié sur IEEE Spectrum / Automaton blog

Canadarm 1

CANADIAN MUSCLE: The Space Shuttle Endeavour’s robotic manipulator Canadarm 1 hands off a payload to the International Space Station (out of frame), which is also equipped with a mechanical arm, the Canadarm 2. A new ISS arm, Dextre, will become operational later this year. Photo: NASA (19 July 2009)

At a moment when the world is celebrating the historic lunar landing of Apollo 11, even the crew on the International Space Station found time to pay homage. But then, it’s back to work, as the astronauts continue with their busy schedule of construction and scientific work.

For the current mission, the astronauts count on a tireless partner: the robotic manipulator Canadarm 2. With space exploration at the center of earthlings’ attention, I thought it’d be great to learn more about this amazing space telemanipulator. And I couldn’t find a better person to talk to than Alexandre Grégoire-Rousseau, a mission planning engineer at the Canadian Space Agency (CSA).

The goal of the current mission is, among other things, to install two Japanese modules to the ISS. This process will take 16 days and involve three robots: the Canadarm 2 on the ISS, its older brother Canadarm 1 on the Space Shuttle, and an arm on Kibo, one of the Japanese modules. A true robotic ballet in outer space!

Those who have programmed robotic manipulators would have their brains tingling while hearing Grégoire-Rousseau describe how the arms work and all the challenges involved. Each mission requires that the planners prepare new control algorithms and trajectories for the different payloads.

“Every two-week mission takes two to three years to plan,” he says. “Fifty percent of our time is to define the actual mission scenario; the other 50 percent is to think about the what if’s.”

One interesting challenge is that, whereas industrial manipulators are bolted to factory floors that remain stationary, the Canadarm 2 is attached to the ISS, which floats in space. That means the dynamics of the arm is coupled with the ISS’s dynamics. Move the arm and conservation of momentum may cause the space station to move too. Grégoire-Rousseau says they haven’t had problems lately, because the ISS is getting heavier.

“Still,” he adds, “it is sometimes necessary to activate the gyros or in rarer cases the thrusters of the Station to maintain its attitude while the arm is moving around.”

The arm was originally designed for assembly tasks. But since it became operational, mission planners have come up other uses, such as positioning cameras for inspection or moving the astronauts around when they are out of the ISS. In fact, during the current mission, the Canadarm 2 will also be used to move an astronaut who has to replace electronic components on the ISS as part of an extra-vehicular walk.

Direct mechanical interactions between robots and humans is an area that receives a lot of attention from Grégoire-Rousseau’s team and other research labs on Earth. It’s a hot topic in robotics and presents many challenges related to control and safety. Just think that the ISS crew is maneuvering a 17.6 meter long manipulator … in free space. No need to say that a failure could have dramatic consequences up there.

To ensure flawlessness, astronauts plan a lot, train a lot, and operate very slowly to make sure that they have time to react. Many layers of safety wrap the operations. The arm can detect faults and stop its own operation, execute pre-planned parameterized trajectories, or follow joystick commands from the astronaut watching it on video displays from inside the ISS. Teams in Houston and at CSA’s headquarters near Montréal continuously monitor the telemetry information sent back to Earth.

But it seems that the best is still to come in terms of robotics and the ISS. Dextre, whose official name is the Special Purpose Dexterous Manipulator, is a torso with two smaller arms that will be added at the end of the Canadarm 2. Dextre was assembled on site last spring, and it’s docked and tested, ready to come into action around October of this year. The main innovation in Dextre? It comes from the use of force-torque sensors, which will enable fine manipulation.

“Dextre could insert a DVD into a player”, Grégoire-Rousseau says. “Its capabilities will significantly reduce the number of necessary extra-vehicular astronaut walks.”

bright_eye

J’en ai parlé entre les lignes dans mes récents articles, DuProprio est en plein show de boucane avant de se mettre à avancer à 200 km/h. Dans ce contexte, nous sommes à la recherche d’un programmeur architecte sénior. Au delà de la description plus corporate accessible du lien précédent, je tenais à ajouter ma touche personnelle par cet article où j’explique l’intérêt de venir travailler avec nous et qui on cherche.

J’aime travailler chez DuProprio pour 3 raisons:

  1. L’équipe – DuProprio est initialement une entreprise familiale / amicale. C’est ce noyau qui est à la base de l’ambiance sans prétention qui y règne. Ce qui compte chez nous, c’est d’offrir un produit de qualité aux clients et de s’amuser à le faire. Le statu quo n’a jamais été une option. Pour bien gérer la croissance, on a ajouté récemment à l’équipe déjà en place quelques stars, entre autre en finance et en marketing. Nous sommes rendus à trouver le même type de personne pour l’équipe de développement web: quelqu’un qui a traversé plusieurs défis techniques et de gestions au cours de ses expériences, qui a les qualités pour les partager et nous faire passer à un niveau supérieur. La jeune équipe de dev en place a déjà accompli de grandes choses dans un contexte bouillonnant de startup “go-on-le-fait”. À l’heure où les systèmes doivent scaler pour favoriser la croissance, on veux aller chercher quelqu’un pour focaliser le potentiel de l’équipe, faire en sorte que le site demeure le meilleur et que les outils de travail soient ridiculement efficaces.
  2. Le produit — Tout le monde a besoin d’un endroit pour vivre, c’est pour ça que l’immobilier existe. Ça fait quatre générations qu’on transige de l’immobilier. Notre père était un agent ReMax, on a baigné là-dedans toute notre jeunesse, 24/7. C’était la réalité de l’emploi… mais il devait y a voir une autre façon de faire. Une des raisons du succès de l’entreprise, c’est la combinaison des générations: les savoirs du domaine mixés aux nouvelles façons de faire. Pour nous, la technologie a toujours été au centre de la croissance et ça nous a toujours bien servis. Évidemment, il reste toujours beaucoup de choses à faire. Pour devenir le expedia ou le workopolis de l’immobilier canadien, on a un camion de pain sur la planche, et de solides défis pour la personne qu’on recherche.
  3. L’emplacement – Bon ok, nos bureaux ne sont pas les plus glamours. Mais ils sont dans la région de Québec, un endroit où la qualité de vie est incomparable. Plus précisément, nous sommes dans le quartier Charny de Lévis, un endroit assez relax. Parce qu’avec les gamins le soir ça se bouscule et pour faire de bonnes après-midi, j’aime bouger le midi en allant nager à l’Aquarena (à 2 minutes) ou jogger aux chutes de la Chaudières (un endroit peu recommandable le soir mais splendide le jour). Le reste du bureau préfère lancer quelques ballons dans le panier de basket dans le stationnement.

Avec qui je veux travailler?

J’ai un bon background en immobilier, un bon background technique mais qui n’est pas en programmation. On a des programmeurs et des intégrateurs compétents et motivés. L’ingrédient manquant est un programmeur architecte sénior qui est aussi fort techniquement qu’en gestion. Le mot clé est réellement l’expérience:

  • Expérience d’avoir frappé des murs technologiques et de les avoirs traversés.
  • Expérience en programmation pour avoir développé une solide méthodologie.
  • Expérience d’avoir exercé son leadership sur des programmeurs en les faisant grandir professionnellement.
  • Expérience d’avoir développé et géré des sites web soumis à un important stress d’achalandage.

Vous êtes cette personne? J’aimerais le savoir. Sinon, merci de passer le mot!

[Photo: Deez sur Flickr]

homard

Si DuProprio était un homard, il changerait de carapace aux deux semaines. La croissance est rapide et comporte conséquemment son lot de périls. Il y a plusieurs débats — sains, comme tous les débats — à l’interne sur l’impact des méthodes de travail et des structures mises en place. Cette organisation survient par la force des choses, afin de naviguer dans la complexité grandissante. Dans l’équipe de développement, on s’interroge entre autre de l’impact de la méthodologie scrum sur quelque chose qu’il est convenu d’appeler innovation. Mais au fait, qu’est-ce que ce buzz-word signifie? Voici ce que j’en pense.

Tout d’abord, innovation pour moi n’est pas synonyme des expressions suivantes:

  • Différent
  • Créativité
  • Spontanéité
  • Originalité
  • Technologie
  • Quelque chose qui fait qu’on parle de vous sur Branchez-vous.
  • Quelque chose qui provoque une envie folle de développer une fonctionnalité plus pressante qu’une envie de tourista.
  • Juste nouveau.

En fait oui, l’innovation est quelque chose de nouveau. Nouveau est une condition nécessaire mais non suffisante pour décrire une innovation.  Pour moi, l’impact de l’innovation fait partie de sa définition. Non seulement la méthode doit être nouvelle, mais les bénéfices qu’elle procure aussi.  Les innovations admirables sont celles qui impactent positivement beaucoup de personnes. Les innovations itératives sont intéressantes, mais celles qui perturbent l’ordre établi sont splendides. Quelques exemples d’innovations perturbatrices dans différents domaines sont:

  • Le transistor - Un tout petit bloc à la base de la révolution de l’information. Tous voyaient l’intérêt des ordinateurs, ces machines à calculer. Mais l’arrivée du transistor, cheap et compact, a permis le déploiement à grande échelle d’une force de calcul dans les objets qui nous entourent.
  • Le iPod - Un objet qui redéfinit carrément la façon dont on consomme notre musique.
  • Amazon - Un site qui permet de trouver à peu près n’importe quel livre sur n’importe quel domaine.

Évidemment, il y a des milliers d’autres exemples. Le point que je veux faire ressortir de ces exemples est que, dans tous les cas, l’innovation n’est pas survenue sur le coin d’une table. Certains flashs ont sûrement été inclus dans l’élaboration des ces technologies ou entreprises. Cependant, ça prend une direction claire. Je suis à peu près certain que Steve Jobs et ses acolytes n’arrivaient pas avec une nouvelle fonctionnalité à toutes les deux semaines durant le développement du iPod. Si ça avait été le cas, ils auraient aboutis sur le Zune. De la même manière, Bezos et son équipe se concentrent sur ce qui ne change pas pour avoir une évolution totalement focusée qui a transformée le visage de leur industrie.

Les spécificités du web, mythes ou réalités?

“Oui mais sur le web, on peut itérer tant qu’on veut, on n’est pas obligé de tout planifier.” D’accord, le web est réellement unique pour ça. Encore faut-il être capable d’itérer en ce sens que la base sur laquelle on bâtit doit pouvoir grandir. Par ailleurs, il faut savoir dans quelle direction itérer pour ne pas se retrouver après des années de développement avec un amalgame de fonctionnalités plus ou moins bien alignées et utilisées. Et c’est pour tout ça qu’on changera de nouveau de carapace dans les prochains mois. L’évolution se poursuit, avec l’ambition que le résultat colle à ma définition d’innovation.

[photo: fchosson sur flickr]

Anatomie du ouache

16.06.2009

beaver

Selon le grand dictionaire terminologique, “ le terme ouache a d’abord désigné le passage permettant à un castor d’accéder à sa hutte, son terrier et la hutte elle-même; cet emploi a été emprunté à une langue algonquienne.” Cependant, ce n’est pas de ce ouache que je fais ici l’anatomie, mais plutôt de celui qui nous résonne dans la tête quand on s’apprête à effectuer quelque chose qui nous dit vraiment pas. Ce ouache peut être abordé de plusieurs angles, mais il se ressent généralement de la même façon: un répulsion intense face à un travail qu’on a à faire. Selon le tempérament et l’humeur du jour, le ouache peut s’accompagner de frustrations ou encore causer l’apparition de tics nerveux. Je présente ici différents types de ouache que j’ai pu expérimenté et observé.

Ouache Tylenol
Le ouache Tylénol survient quand la complexité de ce qu’on a à faire semble à la limite de nos capacités cérébrales. On regarde ce ouache un peu embêté en se disant “ouache, comment je vais faire ça, c’est donc bien compliqué?!” C’est comme avoir à faire 240 push-ups de cerveau. L’intérêt du Tylenol, c’est qu’il nous sort de notre zone de confort. Si on va chercher l’aide pour passer à travers, on en ressort souvent en ayant appris quelque chose d’intéressant.

Ouache Daniel San
Vous vous souvenez de Daniel San qui doit polir des voitures alors qu’il voudrait tout de suite aller apprendre le coup de pied de la grue? Il se disait sûrement alors “ouache, c’est donc bien long et platt et j’aurais donc bien quelque chose de polus intéressant à faire.” Ce ouache implique souvent des processus lourds et laborieux. Il demande une grande abnégation. Le Daniel San, contrairement au Tylenol, n’est pas nécessairement complexe. Il demande surtout une suite d’actions qu’on doit répéter un nombre suffisant de fois pour qu’on se demande si on ne devrait pas automatiser sa réalisation. La limite du Daniel San survient lorsque le temps de réalisation correspond au temps que ça prendrait de l’automatiser. Dans ces circonstances, il est difficile de prendre une décision claire sur ce qu’on a à faire.

Ouache gros cave  (GC)
L’appelation “Gros cave”, une offense classique, désigne le ouache qui insulte notre intelligence. Le GC nous est souvent imposé sans explications qui justifierait de passer au travers. Non seulement ce qu’on a à faire est ouache, mais en plus on ne voit pas son utilité. Il est ainsi doublement insultant. Le GC est donc un autre type de ouache auquel s’ajoute une circonstance aggravante. Il n’en tient parfois qu’à nous de demander des clarifications pour enlever la couche GC d’un ouache.

Ouache chronique
Le ouache chronique est un ouache pernicieux. Il s’installe souvent sans qu’on s’en rendre trop compte. La raison est qu’initialement, il est plutôt un bof qu’on remarque peu qu’on vrai ouache flamboyant. Le caractère ouache découle de la périodicité du bof. Ces actions un peu déplaisantes deviennent des ouaches à mesure qu’elles se répètent. Naturellement, la vie est ainsi faite que ces actions surviennent souvent à des moments peu opportuns où on a des choses vraiment plus importantes à faire. Idéalement, on doit être sensible à l’émergence de ces ouaches pour tenter de les régler définitivement le plus rapidement possible.

Ouache ‘n wow
De la même manière qu’il y a le yin et le yang, le wok n’ roll et le beding bedang, il y a un type de ouache qui s’accompagne systématiquement d’un wow. Un peu comme le GC, le ouache ‘n wow est un ouache d’un autre type auquel s’ajoute un aspect différentiateur. Dans ce cas, on peu lui reconnaitre un aspect constructif fort. Je dirais que la plupart des projets qui ont de l’impact, peu importe le domaine, comportent systématiquement une bonne dose de ce ouache. Ceci corrobore l’affirmation souvent entendue que “si c’était facile, quelqu’un d’autre l’aurait fait.” Quand on comprend le wow poursuivi, ce ouache est une étape obligée qu’on accepte en serrant les dents et en travaillant fort et le plus inteligement possible.

Il y en a qui disent que dans la vie, on choisit sa prison. Une façon un peu moins extrême serait de dire que dans la vie, on choisi son ouache. Personnellement, j’essaie de rencontrer le dernier type le plus souvent possible.

[Photo: Billy liar sur flickr]